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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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Mission insertion. [PV : Elora]

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MessageSujet: Mission insertion. [PV : Elora] Lun 27 Oct - 20:47




Onze heure et demie.

Maria parcourait la salle principale du regard. Il n'y avait pas foule, mais un certain nombre d'élèves s'y étaient regroupés. Certains lui jetaient des regards en coin, l'air de se demander pourquoi ce type louche aux longs cheveux violets était planté là depuis dix minutes. Aujourd'hui, personne ne semblait avoir prévu de venir le voir : son carnet de rendez-vous était plus vide que l'espace sidéral. Alors, il mettrait ce temps libre à profit : à ce moment-là, il se demandait qui il pourrait aborder. Ça cogitait, dans sa tête. Il pouvait être intéressant d'aller voir les élèves qui semblaient visiblement peu désireux de s'offrir le plaisir de sa compagnie. Parce qu'ils seraient réticents à lui parler. Et que lui pourrait mieux profiter de la situation pour les prendre au dépourvu.

Il porta une main au menton, poussant une "Mhmm" qui signifiait bien son intense réflexion. Puis, finalement, il décida d'opter pour la plus réelle des justice : le hasard. Il alla se placer au centre de la salle, sortit de sa poche un petit objet : un dé à coudre - ce qu'il faisait ici, excellente question. Avec un grand geste, il ferma les yeux, fit un tour sur lui-même, et le jeta dans une direction indéterminée. Il repéra, en une minute qui parut extrêmement longue,  où avait atterri le petit projectile ; la table la plus proche serait celle de sa victime. C'était une jeune fille aux longs cheveux blonds et aux yeux écarlates, dont le nom lui revint immédiatement. Elora Hearne. Elle était venue assister à une ou deux séances, mais il n'avait pas vu chez elle de problème particulier. Un vent de déception. Il espérait voir un peu de nouveauté... Mais enfin, tant pis. Il n'avait qu'à pas laisser un dé à coudre décider pour lui.

Tous les regards étaient fixés sur la jeune fille. Certains compatissants, d'autres moqueurs. Un sourire énigmatique aux lèvres, Maria s'avança vers elle à grands pas. Arrivé là, il abattit ses mains à plat sur la table avec un grand PAF et, les yeux fixés sur la volontaire désignée, déclara :

- Oups. J'ai perdu ça.

Il se pencha pour attraper l'objet et le posa au centre de la table, avant de se tirer une chaise en face d'elle et s'asseoir sans demander la permission. Sans lui laisser le temps de glisser un mot, il engagea la conversation.

- Alors ? Toujours avec ton problème relationnel ? Ce n'est pas en restant assise seule à une table que ça s'améliorera, tu sais. Tu n'as pas envie de te sociabiliser un peu, comme tout le monde ? Ah... ça fait un moment qu'on ne s'est plus vus.

Il se pencha vers elle, se retrouvant à quelques centimètres de son visage.

- Mais ce n'est pas trèèèèès intéressant.... depuis le temps, tu n'as pas quelque chose de plus croustillant à me raconter ?  

Son sourire étrange, un peu malsain même, s'était étiré tandis qu'il la considérait en silence sans s'éloigner. Il n'avait pas trop d'espoir, il ne trouvait pas cette fille vraiment intéressante. Mais on ne savait jamais, peut-être qu'elle allait le surprendre. Il espérait. Sincèrement.

[HRP : scusaaaaa pour le début pas trop brillant xD]
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Mar 28 Oct - 5:01

Elora regarda son plat posé devant elle et soupira. L’angoisse lui coupait complètement l’appétit.

Elle avait finalement décidé de dire adieu à ses escapades nocturnes dans les cuisines, suite à de légères complications qu’elle avait rencontrées la dernière fois. Elle en était venue à la conclusion qu’elle devait manger à la cafétéria, comme tous les autres, à des heures raisonnables.

Bien qu’elle ne regardât pas autour d’elle, elle était consciente de tous les regards qui la sondaient tout autour. Elle était arrivée le plus tôt possible afin de se trouver une table vide, mais la cafétéria s’était rapidement remplie et il fallait dire que, dans ce lycée, une personne seule assise à une table ne passait pas inaperçue, à en croire que tout le monde aimait tout le monde, ici.

L’Évasion sursauta lorsque deux mains s’abattirent sur sa table en un bruit sourd.

Elle releva la tête et, à son plus grand désarroi, reconnu immédiatement M. Leowdaeg, le psychologue du lycée.

Elle avait assisté à deux séances avec lui, après qu’un de ses professeurs l’ait recommandé auprès de lui en remarquant ses légers troubles d’intégration auprès des autres étudiants. Cet homme était franchement étrange et elle s’était juré de ne plus jamais remettre les pieds dans son bureau.

Que faisait-il là ?

« Oups. J’ai perdu ça. »

Il se pencha et ramassa un dé à coudre qui était tombé sur le sol, à quelques pas de la table. Il le posa au centre de celle-ci puis, sans même ne prendre la peine de dire un seul mot, se tira une chaise afin de s’installer en face de la blonde.

De son côté, Elora ne savait que trop où regarder. Avait-elle encore le temps de se lever afin de s’enfuir de cet endroit maudit ? Non… Elle allait devoir trouver un prétexte afin de s’éloigner de cet étrange personnage au plus vite.

« Alors ? Toujours avec ton problème relationnel ? Ce n’est pas en restant assise seule à une table que ça s’améliorera, tu sais. Tu n’as pas envie de sociabiliser un peu, comme tout le monde ? Ah…ça fait un moment qu’on ne s’est plus vus. »

Les yeux de l’étudiante s’agrandirent tandis qu’elle tournait la tête à gauche et à droite, rencontrant plusieurs regards intrigués braqués sur elle sur son passage. Avait-il besoin de parler si fort ? Il était déjà assez évident qu’elle était solitaire, il n’y avait aucun besoin de le crier haut et fort dans un lieu bourré d’autant d’étudiants.

Elle sentait déjà son visage virer au cramoisi, intimidée par l’attention que le psychologue attirait sur eux. D’un coup, celui-ci s’approcha d’elle, son visage se retrouvant à une distance presqu’inexistante du sien. Elle figea, incapable de penser correctement, l’angoisse prenant le dessus sur ses nerfs.

« Mais ce n’est pas trèèèèès intéressant… depuis le temps, tu n’as pas quelque chose de plus croustillant à me raconter ? »

Un étrange sourire se forma sur le visage de l’homme ; rien de rassurant. Quelques secondes passèrent avant qu’elle ne pense à reculer elle-même son visage –ce qu’elle ne put faire qu’en reculant tout son corps, ainsi que sa chaise-, puis elle fronça les sourcils. À quoi s’attendait-il ? Avait-elle l’air d’une fille qui avait une vie trépidante ? Elle lui avait déjà dit tout ce qu’il y avait à savoir sur sa vie.

Elle soupira. Peut-être que si elle disait quelque chose qui puisse le satisfaire, il lâcherait prise et jetterait son dévolu sur quelqu’un d’autre.

…Mais il n’y a rien à dire !

Invente, idiote !

« Je… me suis fait plein d’amis, » lâcha-t-elle. « Je suis simplement en train de les attendre et il se trouve que…vous êtes assit à l’une de leurs places. »

Elle avait tenté d’avoir la voix la plus convaincante possible, mais celle-ci flancha, allant plus dans les désagréables aigües.

Échec total.

Elle toussa un peu, mal-à-l'aise et honteuse suite à sa pathétique tentative qui, en fait, ne lui donnait qu'un pauvre air désespéré.

« Êtes-vous venu me voir pour...une raison en particulier ? »
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Mar 28 Oct - 17:38




Maria regardait, non sans une once de satisfaction, la jeune fille perdre peu à peu ses moyens. Brusquement, elle eut le réflexe de se reculer, mettant au moins un mètre de distance entre eux. Il haussa un sourcil ; sa proximité était-elle si désagréable ? Bah, peu importait. Après avoir soupiré, elle se décida à lâcher quelques mots :

- Je… me suis fait plein d’amis. Je suis simplement en train de les attendre et il se trouve que…vous êtes assis à l’une de leurs places.

Il réprima un soupir las en entendant sa voix qui montait dans les aigus. Ne pas savoir mentir à ce point-là... c'était plutôt déplorable. Surtout que c'était loin d'être crédible, par dessus le marché. Cramoisie, visiblement morte de honte, Elora toussota avant de lui demander :

- Êtes-vous venu me voir pour... une raison en particulier ?

Il la détailla de nouveau, l'air maintenant très sérieux.

- Une raison en particulier ? Bien sûr ! Elora Hearne, tu as eu l'immense honneur d'être choisie par le dé à coudre !

Il désigna le petit objet, toujours au centre de la table. Avec un petit rire, il poursuivit :

- Tu sais, tu devrais vraiment faire des efforts, tu es une bien piètre menteuse, j'en aurais presque de la peine pour toi. C'est peut-être pour ça que tu es aussi seule : le mensonge, il faut savoir le maîtriser pour vivre en société !

N'ayant pas bougé depuis tout à l'heure, il se cala bien au fond de sa chaise. Ça n'était pas aussi confortable que son fauteuil, malheureusement. Il était de plus en plus déçu. Le dé à coudre avait vraiment un mauvais jugement. Des effrayés  de la foule et des gens, il en voyait souvent. C'était même un problème plutôt courant, en fait. Mais, en y réfléchissant bien, peut-être qu'à partir à un certain point, on pouvait creuser dans ce genre de phobie. Il n'avait jamais essayé d'y pousser plus profondément une personne qui en souffrait. Cela piqua son intérêt : À quoi cela pourrait-il mener ? Que peut-il bien se passer si l'on décide d'isoler une personne qui refuse la présence des autres ? Il avait appris, au cours de sa vie, que parfois les désirs répondent bien mal aux réels besoins.

- Tu ne manges pas ? On pourrait aller autre part, au calme si tu veux. Je sais que tu as du mal avec le regard des gens, mais tu vois, je n'ai pas envie de te lâcher et j'ai l'impression que ma présence intrigue tes camarades.

En effet, des œillades en coin leur étaient encore jetées, quand ce n'étaient pas carrément des regards fixes. Il attendait patiemment sa réponse, pas du tout dérangé par l'attention qui leur était portée. Derrière son masque, il continuait de la regarder avec attention. Finalement, cette patiente allait peut-être - peut-être - devenir intéressante, avec un peu de temps. Maria était curieux de savoir comment elle pourrait tourner, au bout d'une réelle discussion, et pas ce bouillon de phrases préméditées pour certains cas, qu'il avait l'habitude de servir quand il n'était pas intéressé par son rendez-vous. Il le faisait souvent, Elora n'y avait pas coupé.

Et puis, au pire, même si cela ne menait à rien, elle l'aurait aidé à tuer le temps.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Mer 29 Oct - 1:49

Le psychologue perdit son sourire, répondant ensuite à sa question avec tout le sérieux du monde :

« Une raison en particulier ? Bien sûr ! Elora Hearne, tu as eu l’immense honneur d’être choisie par le dé à coudre ! »

Puis, comme s’il s’agissait de l’une des merveilles du monde, il désigna le petit objet qu’il avait posé au centre de la table un peu plus tôt.

Elle pencha la tête vers la gauche, dévisageant l’homme, cherchant à savoir s’il était vraiment sérieux. Était-il possible qu’un psychologue soit beaucoup plus troublé que tous ses patients réunis ?

Il échappa un petit rire :

« Tu sais, tu devrais vraiment faire des efforts, tu es une bien piètre menteuse, j’en aurais presque de la peine pour toi. C’est peut-être pour ça que tu es aussi seule : le mensonge, il faut savoir le maîtriser pour vivre en société ! »

La blonde cala son visage dans ses mains, plus honteuse que jamais. Il avait tout de suite vu au travers de son mensonge ! Mais à quoi s’attendait-elle, non seulement c’était un mensonge pitoyable et, en effet, dit de manière très maladroite et très peu crédible, mais il demeurait quand même un psychologue diplômé –jusqu’à preuve du contraire- qui devait avoir vu une panoplie de gens de toutes les sortes passer dans son bureau. Il n’était pas stupide.

Lorsqu’elle releva la tête, il s’était appuyé sur le dossier de son siège, la constatant d’un air qu’elle était incapable de décrypter. Il semblait en grande conversation intérieure, plongé des ses pensées. Il semblait même ne plus lui accorder grande attention…

Si tu veux te barrer, c’est le moment ! Pensa-t-elle.

Juste lorsqu’elle reculait un peu sa chaise afin de se lever, Leowdaeg prit à nouveau la parole :

« Tu ne manges pas ? On pourrait aller autre part, au calme, si tu veux. Je sais que tu as du mal avec le regard des gens, mais tu vois, je n’ai pas envie de te lâcher et j’ai l’impression que ma présence intrigue tes camarades. »

Ça, elle n’avait pas besoin de lui pour la savoir : Il attirait déjà assez l’attention seulement par son accoutrement et sa présence par elle-même, mais le fait qu’il prenne la peine de venir discuter avec Elora Hearne, celle qui ne parle jamais, ne pouvait qu’attirer les regards.

Elle soupira, replaçant derrière son oreille une mèche de cheveux dorée qui lui tombait devant les yeux.

« Je croyais avoir répondu à toutes vos questions lors de nos rencontres… » Lâcha-t-elle.

Elle savait pourtant qu’il ne lâcherait pas l’affaire tant qu’il n’aurait pas obtenu ce qu’il voulait –bien qu’elle ne sache pas vraiment ce que c’était, ce qu’il voulait-

Cela dit, il marquait un point. Elle commençait à se sentir de plus en plus oppressée par l’attention que lui accordaient tous les étudiants présents dans la grande salle et elle savait que plusieurs écoutaient la conversation.

Elle se leva donc en soupirant, acceptant à contrecœur sa proposition.

Elle ne tenait tout de même pas à aller dans le bureau du psychologue, endroit qu’elle avait jugé le plus logique où il l’aurait emmené, elle opta donc pour son endroit préféré dans tout le lycée : la salle de musique.

Elle était toujours vide à cette heure-ci de la journée, ils pourraient donc s’y rendre et en finir rapidement.

Sans un mot, elle quitta la cafétéria, suivie de près par M. Leowdaeg.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Jeu 30 Oct - 0:20


Elora soupira, et lança en repoussant une mèche de cheveux qui était venue se placer devant son visage :

- Je croyais avoir répondu à toutes vos questions lors de nos rencontres…

Bien que cela ne put pas se voir derrière son masque, Maria leva les yeux au ciel. Qu'en savait-elle ? Il y a avait toujours de nouvelles questions à poser à quelqu'un. Toujours. Et ce, peu importe pour qui ; même les esprits les plus simples pouvaient présenter leur lot de surprises, en creusant un peu. Il commençait, par ailleurs, à se demander si elle allait accepter ou effrontément refuser sa proposition. Comment devrait-il réagir si elle venait à dire non ? Insister, la pousser dans ses retranchements ? Ou peut-être juste hocher la tête et la regarder s'éloigner, toute honteuse. Les deux solutions se valaient, d'un côté, et il hésitait entre elles lorsqu'il la vit se lever avec un soupir.

Une victoire de plus, ami psychologue. Il se leva à son tour de sa chaise, n'oubliant pas le petit objet qui gisait alors au centre de leur table, et la suivit de près. Ils ne parlèrent pas, chacun de son côté. Deux inconnus qui marchaient côte à côte. Inconnus, oui ; même s'il connaissait probablement l'intégralité de la vie de cette jeune fille qui marchait à côté de lui, ils n'y avait pas de complicité particulière entre eux. Il savait qu'elle était réticente à lui parler, ou même simplement à supporter sa présence, et lui ne lui vouait pas d'attention particulière. Ah ! Dé à coudre, sur quel sinueux chemin du destin puisse-tu mener ces pauvres êtres ?
En tous cas, celui sur lequel Elora dirigeait Maria était celui de la salle de musique. Intéressant, comme choix. On pouvait en tirer des conclusions. D'ailleurs, l'engrenage du cerveau de psychologue de l'homme se mit en route. La musique rapportait à beaucoup de choses, et, finalement, une telle décision n'avait rien d'étonnant venant d'elle.

Enfin arrivés, ils entrèrent. La salle était totalement vide. Il referma la porte derrière eux, et avisa un endroit où s'asseoir. Le premier qu'il remarqua fut le siège sans dossier devant le piano. Bien, ça ferait l'affaire. Il prit place et regarda l'instrument en face de lui, appuyant sur deux ou trois touches au hasard. Il eut un léger sourire.

- J'ai toujours détesté le piano. c'est banal comme instrument. Et toi, Elora ? La musique, ça te plait ?

Il laissa planer un instant de silence, mais enchaîna sans la laisser répondre.

- Franchement, tu n'es pas très surprenante. Sur dix endroits que tu aurais pu choisir, celui-ci aurait figuré parmi les trois premiers auxquels j'aurais pensé, en me mettant à ta place.

Il appuya de nouveau sur deux touches en même temps, provoquant une horrible fausse note. Sur ce, il se tourna vers la jeune fille, lui adressant un nouveau sourire peu rassurant.

- Je sais que tu n'as pas envie de me parler, mais là ce n'est pas comme quand tu venais me voir dans mon bureau, contrainte par ton professeur. Je m'ennuie et j'ai décidé d'essayer de jouer à un jeu : m'intéresser à toi ! Ça va être compliqué, tu n'as pas l'air vraiment prédisposée pour...

Il saisit le dé à coudre entre son pouce et son index, faisant mine de le détailler attentivement.

- En fait, je me pose une question... est-ce que tu serais capable de me surprendre ? Je ne sais pas moi, en faisant n'importe quoi, ce que tu veux...

Il ne détacha pas son regard de l'objet. Il n'avait pas trop d'attentes, c'était une question posée un peu dans le vent. Mais, si jamais, peut-être qu'il y aurait quelque chose de concluant au bout de tout cela.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Dim 16 Nov - 19:41

Comme très souvent, la salle de musique était vide. À force d’y aller aussi souvent, Elora avait retenu l’horaire de qui utilisait cette salle et quand, lui permettant d’éviter les rencontres le plus possible. Le regard de la blonde se posa sur le piano, son instrument de prédilection. Elle fit un pas vers le somptueux objet, mais fût devancée par le psychologue qui s’installa sur le tabouret situé juste devant, tapotant quelques notes sans grand intérêt. L’adolescente se contenta alors de demeurer debout, à quelques pas de piano.

« J'ai toujours détesté le piano. C'est banal comme instrument. Et toi, Elora ? La musique, ça te plait ? »

Elle fronça les sourcils. Le piano ? Banal ? Cet instrument n’avait absolument rien de banal ! C’était la seule chose qui lui permettait de s’épanouir dans ce quelle faisait. Un instrument ayant une telle capacité ne peut absolument pas être banal.

Il y eut un petit silence durant lequel l’Évasion se demandait ce qu’elle pourrait dire afin de faire ravaler ses paroles à l’odieux homme devant elle. Celui-ci enchaînant cependant, ne lui en laissant pas le temps :

« Franchement, tu n'es pas très surprenante. Sur dix endroits que tu aurais pu choisir, celui-ci aurait figuré parmi les trois premiers auxquels j'aurais pensé, en me mettant à ta place. »

Mais quand allait-il se taire ? À quoi s’attendait-il ? Elle n’allait quand même pas l’emmener dans un lieu inusité que pour lui faire plaisir… Elle poussa un profond soupir, sa patience commençant à dégringoler de plus en plus rapidement.

Leowdaeg se tourna ensuite vers elle afin de lui adresser un sourire ; le genre de sourire à craindre la part des gens comme lui.

« Je sais que tu n'as pas envie de me parler, mais là ce n'est pas comme quand tu venais me voir dans mon bureau, contrainte par ton professeur. Je m'ennuie et j'ai décidé d'essayer de jouer à un jeu : m'intéresser à toi ! Ça va être compliqué, tu n'as pas l'air vraiment prédisposée pour... »

Personne ne t’a rien demandé, pensa-t-elle, tout de même incapable de le dire à voix haute. Cet homme dégageait quelque chose qui l’intimidait, mais qui l’horripilait en même temps. Elle avait du mal à demeurer silencieuse devant lui, mais faisait tout de même un effort ; seulement parce qu’elle savait que tout ce qu’il souhaitait était de la voir craquer et voir autre chose transparaître de son masque de neutralité constante.

Il s’empara à nouveau du fameux dé à coudre qui avait su gâcher son heure de tranquillité et l’observe sous tous ses angles, comme s’il y cherchait quelque chose qu’il n’avait jamais vu auparavant.

« En fait, je me pose une question... est-ce que tu serais capable de me surprendre ? Je ne sais pas moi, en faisant n'importe quoi, ce que tu veux... »

Elora ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel. Elle n’avait aucune envie de jouer au jeu puéril de ce psychologue insupportable, car elle savait parfaitement que peut importe ce qu’elle ferait, il ne serait pas surpris et en tirerait des conclusions – faisant des liens avec sa personnalité refermée, rien qu’elle ne sache pas déjà.

Elle savait aussi que si elle refusait de faire quoique ce soit, ce serait comme de le laisser croire ce qu’il veut sur elle et se faire ses propres idées sur une personne qu’il ne connait qu’au travers de quelques discussions froides et dénuée de toutes autres motivations.

Elle s’avança donc vers le piano ; rien qui ne soit très surprenant en soi, en effet, mais peut-être qu’elle réussirait à le convaincre que cela n’avait rien de banal, si elle arrivait à lui jouer une pièce qui pourrait lui faire ressentir quelque chose ; n’importe quoi.

Le psychologue toujours installé sur le siège, elle demeura debout et laissa ses doigts glisser sur les touches, d’abord à un rythme lent, puis en accélérant ; passant aisément d’une touche à l’autre. Elle en oublia la présence de l’homme et tout ce qu’il pouvait penser, son regard cramoisi  ne se concentrant que sur le bel instrument.

Quelques minutes passèrent, puis Elora toucha la dernière note, laissant ensuite le silence retomber dans la pièce. Elle demeura face au piano, ne tournant pas tout de suite le regard vers le psychologue.

« Satisfait ? » Demanda-t-elle froidement après une minute.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Dim 16 Nov - 20:38


Elora s'avança vers lui et le piano. Elle ne semblait pas différente d'avant ; quoique, le psychologue crut ressentir une sorte d'agacement. Encore heureux, il savait qu'il tapait sur les nerfs des autres. Ce n'était pas comme s'il n'en jouait pas, car ça lui plaisait. Et il allait continuer.
Il la regarda faire sans bouger ni sourciller. Il la regarda se positionner, debout face à l'instrument, et y déposer les doigts. Il se souvenait qu'elle l'avait évoqué, le piano. Il n'avait pas creusé le sujet, ça ne l'intéressait pas. Les yeux rivés sur les mains qui bougeaient de plus en plus vite, il écoutait, un peu las. Moui. Elle jouait bien, cela ne faisait pas de doute. Très bien même. Mais enfin, c'était du piano. Sa mère aussi en jouait, avant de devenir folle. Et même quand elle l'était devenue, d'après son père, qui passait énormément de temps à l'hôpital psychiatrique avec elle. Pauvre Elora, il en avait presque de la compassion pour elle. Un doigté si fluide aurait presque pu attirer son attention si ça ne lui évoquait pas des choses auxquelles il n'avait pas forcément envie de penser.

- Satisfait ?

Cela ne se vit pas au travers de son masque, mais il déporta le regard sur elle. Il ne s'était pas aperçu que le morceau était terminé.

- Je vois, se contenta-t-il de dire.

Puis il laissa quelques longs instants de silence s'inscrire dans leur temps. Il se leva du tabouret, les bras croisés, se tapotant les lèvres du bout de l'index.

- J'aurais mieux fait de ne pas te demander d'improviser, apparemment, ce n'est pas ton domaine. Les gens renfermés sont soit très bons soit très mauvais dans des choses telles que le théâtre. Quoique, j'aurais dû m'en douter, vu tes capacités au mensonges...

Il soupira. Pas forcément parce qu'il était désespéré face à la jeune fille, mais parce que ces fichues pensées refusaient de lui sortir de la tête. Du calme, Maria. C'est stupide.

- Tu sais...

Il s'approcha d'elle, comme tout à l'heure, près. Pour la mettre mal à l'aise. Il lui en voulait, maintenant. C'était se laisser submerger par les émotions mais parfois il le fallait bien.

- ...Souvent, derrière un talent de musicien se cache une très belle folie.

Il parlait doucement, presque à voix basse. Son léger rictus, maintenant teint d'une note d'amertume, n'inspirait pas non plus quelque chose de bon. Son pouvoir, qui, de manière naturelle, était la plupart du temps plus ou moins actif, rendait l'atmosphère plus étouffante, au vu de l'état d'esprit dans lequel il se trouvait. Il pensait, ici, réellement ce qu'il disait. Il avait souvent vu un joli potentiel dans les âmes des musiciens. Le hasard du dé à coudre n'était peut-être pas si mauvais que ça, finalement. Son regard rivé sur elle et sa présence devenue plus écrasante, l'homme plus près encore, il reprit la parole sur un même ton bas. Un ton vicieux, répugnant, qu'on n'a pas envie d'écouter. Surtout seul dans une pièce avec ce genre d'individus. Mais il savait qu'Elora ne s'enfuirait pas ; que ce soit pour lui montrer un hypothétique courage ou lui tenir tête, elle resterait.

- Je serais bien curieux de voir ce qui se cache derrière cette qualité, mademoiselle Hearne.

Il avait trouvé ce qui était susceptible de l'intéresser ; maintenant, il allait falloir jouer pour qu'elle marche. Et il ne lâcherait pas l'affaire avant d'avoir ce qu'il voulait, ça non. Quand Maria commençait à s'amuser, Maria s'acharnait.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Dim 16 Nov - 21:54

« Je vois. »

C’est tout ? Un minuscule sourire étira les lèvres de la blonde. Avait-elle finalement réussi à le faire taire ? Vraiment ? Avec une certaine satisfaction, elle tourna la tête vers le psychologue qui se leva du tabouret, tapotant sa lèvre à l’aide de son doigt.

Son sourire quitta immédiatement son visage lorsqu’il se remit à parler.

« J'aurais mieux fait de ne pas te demander d'improviser, apparemment, ce n'est pas ton domaine. Les gens renfermés sont soit très bons soit très mauvais dans des choses telles que le théâtre. Quoique, j'aurais dû m'en douter, vu tes capacités aux mensonges... »

Elora fronça les sourcils. Il parlait toujours de la même manière, mais quelque chose semblait différent. Son attention ne semblait pas être concentrée sur jeune femme, même lorsqu’il lui parlait. Le fait que Leowdaeg porte un masque était sincèrement embêtant ; cela rendait la tâche beaucoup plus difficile lorsque l’on tentant de discerner des idées de ce qu’il pouvait penser. Il avait l’avantage ici ; il était capable de lire dans le regard cramoisi de l’adolescente comme dans un livre ouvert.

Il poussa un soupir puis reprit :

« Tu sais... »

Il s’approcha à nouveau d’elle, comme à la cafétéria quelques minutes plus tôt. Cette fois, la blonde fit un effort surhumain pour ne pas bouger ou même détourner le regard. Elle devait lui tenir tête pour qu’il finisse par la laisser tranquille, un jour ou l’autre. C’était vraiment regrettable de ne pas pouvoir voir clairement son regard derrière son masque ; elle aurait peut-être pu avoir des indices de se qui clochait chez lui.

L’atmosphère dans la pièce était devenue beaucoup plus lourde ; elle pesait sur les épaules de l’Évasion. Le psychologue n’affichait plus le même sourire qu’un peu plus tôt, celui-ci était nettement plus inquiétant. Son ton, son sourire, sa posture ; tout cela créait en Elora un certain sentiment indescriptible. C’était un mélange d’appréhension, de curiosité et un peut-être même d’un peu de peur… Mais pourquoi ? C’est un psychologue un peu bizarre, certes, mais pourquoi avoir peur de lui ? Malgré tout, elle devait lui tenir tête. Elle n’avait aucune intention de fuir cette fois ; elle y était déjà, alors pourquoi ne pas y aller jusqu’au bout et voir où tout cela mènerait ? Elle était loin de l’attention que les autres pourraient lui porter, mis-à-part celle du regard masqué du psychologue. Elle pouvait se permettre de dire ce qu’elle pensait réellement, seulement cette fois.

« ...Souvent, derrière un talent de musicien se cache une très belle folie. »

Elora prit une profonde inspiration, prenant quelques secondes pour penser aux paroles de Leowdaeg. Était-il vraiment possible de posséder une belle folie ? La folie, à ses yeux, n’avait rien de beau, ni même de positif. Puis, elle avait beaucoup de mal à trouver le rapport entre la musique et la folie.

Peut-être faisait-il exprès ? Il tentait de la déstabiliser, de lui mettre ses propres idées en tête.

« Je serais bien curieux de voir ce qui se cache derrière cette qualité, mademoiselle Hearne. »

Elle recula d’un pas lorsqu’elle se décida à finalement lui répondre :

« Ce n’est qu’une manière de s’exprimer, comme la parole ou l’écriture l’est pour d’autres. N’y voyez pas autre chose, » lâcha-t-elle. « Corrigez-moi si je me trompes, mais la folie peut se cacher derrière beaucoup plus de chose qu’un talent de musicien... »

Comme un psychologue qui se fie sur un dé à coudre pour choisir ses patients…Pensa-t-elle.

Elle avait parlé d’une voix basse, teintée de mépris. Elle n’aimait pas cette manie qu’il avait de tenter de la diagnostiqué chaque fois qu’elle posait un geste ou lâchait quelques mots. Elle avait l’impression qu’il ne faisait que la sonder et cela l’angoissait et Dieu sait qu’Elora ne gérait pas bien l’angoisse.

« Alors…pourquoi un talent de pianiste devrait-il absolument cacher quelque chose ? » Articula-t-elle lentement.

Tenir tête à cet homme lui demandait beaucoup plus de force mentale qu’elle ne l’aurait pensé…
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Dim 16 Nov - 22:35

- Ce n’est qu’une manière de s’exprimer, comme la parole ou l’écriture l’est pour d’autres. N’y voyez pas autre chose.

Elle avait reculé d'un pas. Il ne bougea pas. Maria se tut. Ne rien y voir d'autre ? Il y avait des tas de choses à voir derrière tout. Absolument tout, pour peu que l'on se penche sur la question. Pour lui, la musique ne servait pas à s'exprimer, mais à canaliser ; nuance très importante. Avant qu'il ne se décide à rajouter quoi que ce soit, elle poursuivit :

- Corrigez-moi si je me trompes, mais la folie peut se cacher derrière beaucoup plus de chose qu’un talent de musicien...

Il fronça les sourcils. Ce n'était pas ce qu'il avait dit. Mais il éprouvait une pointe de satisfaction : il semblait que la langue de la jeune fille commençait à se délier. Se frayer un chemin vers ce qui était intéressant dans son esprit n'allait peut-être pas être si compliqué que ça, au final.

- Alors… pourquoi un talent de pianiste devrait-il absolument cacher quelque chose ?

Elle avait du mal à parler. En plus de s'entendre, ça se sentait. Il ne sentait pas lorsque son pouvoir entrait vraiment en activité, mais savait qu'à cet instant, son aura avait pris plus d'ampleur, et pas pour renvoyer de bons sentiments. Là, il n'en avait pas et il n'avait envie d'en envoyer. Son but n'était pas de mettre Elora en confiance, mais de la bousculer. Etait-ce cela qui empêchait cette dernière de garder un calme total ? À noter, si ses capacités de mentaliste pouvaient lui servir comme moyen de pression morale sur elle. Il détenait un pouvoir très utile ; jamais il ne se lasserait de s'en servir.

Le psychologue tourna le visage vers le piano, se dirigeant à pas lents vers l'instrument.

- Tu n'as pas tort. La folie peut se cacher derrière tant de choses ! Mais ne dis pas que c'est juste un moyen de s'exprimer. Tu n'es pas encore folle, je l'aurais bien vu sinon - et crois-moi, je ne me comporterais pas du tout de la même manière avec toi, ajouta-t-il avec un sourire, qui disparut rapidement, mais c'est quelque chose de sous-jacent, d'enfoui. Pour tout le monde. Personne n'est sain d'esprit, juste conditionné.

Il posa une main sur le bois laqué du piano, d'un noir terriblement profond.

- C'est plus qu'une manière de s'exprimer : c'est une manière d'enfouir tout ça. Les gens qui ont besoin de la musique, de l'écriture, ou de je-ne-sais quel art s'en servent juste pour que ce qu'ils ne veulent pas voir remonter à la surface garde la tête sous l'eau.

Il soupira, ses doigts gantés caressant l'instrument d'un geste lent et mécanique.

- L'âme humaine est réellement passionnante, dans ses tréfonds. Quand on ne la regarde que de manière superficielle, elle est simple, facile à comprendre. Mais il y a une telle multitude de choses à voir derrière le moindre geste ! Pour beaucoup, c'est juste une façon de se prendre la tête. Il n'y a que quelques fous pour chercher à explorer les territoires arides de l'esprit.

Ses mots étaient guidés par sa passion, cela se sentait dans sa façon de parler. Maria aimait ce qu'il faisait. Réellement. Et chaque fois qu'il évoquait tout cela, chaque fois qu'il pouvait en parler, son engouement resurgissait de manière tout à fait remarquable.

- Et moi, j'adore ça ! Seulement, tous ne m'intéressent pas. Peu m'intéressent, même. J'ai essayé énormément de choses, pour trouver de quoi m'amuser ! Mais je n'ai jamais ce frisson, cette passion particulière.Je ne l'aurai pas avec toi, mais, j'ai décidé d'essayer de trouver quelque chose digne de piquer ma curiosité de chercheur d'esprit en toi. Eeeet... je suis persuadé que ton talent de pianiste est ce quelque chose.

Il releva les yeux vers elle, la regardant avec insistance.

- Dis-moi, qu'est-ce que tu cherches à enfouir sous cette masse de notes ?

Le geste de son bras s'était stoppé. Il commençait à aimer cette conversation.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Jeu 26 Fév - 1:28



Le psychologue écoutait ce qu’elle disait, mais elle était incapable de déchiffrer l’expression de son visage ; elle était incapable de savoir s’il la trouvait complètement idiote ou si elle avait enfin marqué un point. Il se dirigea vers le piano d’un pas lent, reprenant la parole :

« Tu n'as pas tort. La folie peut se cacher derrière tant de choses ! Mais ne dis pas que c'est juste un moyen de s'exprimer. Tu n'es pas encore folle, je l'aurais bien vu sinon - et crois-moi, je ne me comporterais pas du tout de la même manière avec toi, mais c'est quelque chose de sous-jacent, d'enfoui. Pour tout le monde. Personne n'est sain d'esprit, juste conditionné. C'est plus qu'une manière de s'exprimer : c'est une manière d'enfouir tout ça. Les gens qui ont besoin de la musique, de l'écriture, ou de je-ne-sais quel art s'en servent juste pour que ce qu'ils ne veulent pas voir remonter à la surface garde la tête sous l'eau. L'âme humaine est réellement passionnante, dans ses tréfonds. Quand on ne la regarde que de manière superficielle, elle est simple, facile à comprendre. Mais il y a une telle multitude de choses à voir derrière le moindre geste ! Pour beaucoup, c'est juste une façon de se prendre la tête. Il n'y a que quelques fous pour chercher à explorer les territoires arides de l'esprit.  Et moi, j'adore ça ! Seulement, tous ne m'intéressent pas. Peu m'intéressent, même. J'ai essayé énormément de choses, pour trouver de quoi m'amuser ! Mais je n'ai jamais ce frisson, cette passion particulière. Je ne l'aurai pas avec toi, mais, j'ai décidé d'essayer de trouver quelque chose digne de piquer ma curiosité de chercheur d'esprit en toi. Eeeet... je suis persuadé que ton talent de pianiste est ce quelque chose. »

Il releva les yeux vers Elora, la regardant comme s’il tentait de lire quelque chose dans son regard cramoisi. Elle baissa les yeux, et soupira. Elle n’arrivait pas à le saisir : il tentait de la faire parler, de la faire réagir – lorsqu’elle le faisait, il détruisait ses propos avec un jargon de psychologue que seul lui ne semblait réellement comprendre. Elle n’avait pas besoin de lui, ne pouvait-il pas seulement se contenter de comprendre cela?

« Dis-moi, qu'est-ce que tu cherches à enfouir sous cette masse de notes ? »

La blonde releva le regard vers l’homme. Elle fronça les sourcils. Il tentait de tout découvrir d’elle ; tout ce qu’elle cachait – lui qui, déjà, cachait son visage par un demi-masque, puis sa réelle personnalité, ses réelles pensées par toute cette théâtralité – ça ne pouvait pas être le « vrai » Maria qu’il dévoilait sous toute cette personnalité excentrique, ça elle aurait beaucoup de mal à le croire…

« Vous...me permettez une question ? » demanda-t-elle en passant à côté du psychologue afin de s’asseoir sur le petit tabouret devant le piano. Elle croisa les jambes ensemble, ses doigts s’entortillant nerveusement ensemble. « Votre boulot c’est de m’aider à me sentir mieux ? Ou bien de me convaincre du pire ? »

Sa voix tremblait, mais pour une fois, elle avait vraiment l’impression de dire ce qu’elle pensait. Elle ne parlait pas que pour se débarrasser de lui ; lui qui tentait tant de lui mettre ses propres idées dans la tête, elle allait tenter de faire de même.

« Personne n’est sain d’esprit ? » Cita-t-elle. « Alors, votre métier c’est quoi ? Nous diagnostiquer, puis c’est tout ? Découvrir qui est le plus fou ? »

Elle prit une grande inspiration. Elle sentait chacun de ses membres qui tremblaient ; elle n’était définitivement pas habituée à être aussi directe devant quelqu’un.

« Et si je vous disais que je cachais mon angoisse sous cette masse de notes ? Vous, que cachez-vous derrière votre masque ? »
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Lun 2 Mar - 1:36


En relevant le regard vers lui, Elora avait les sourcils froncés. Elle réagissait de mieux en mieux ! Satisfait, Maria le fut encore plus lorsqu'il l'entendit prononcer ces mots :

- Vous...me permettez une question ?

Une question, c'était rudement intéressant. Pas la question en elle-même, mais la démarche de la poser. Si elle le faisait aussi sérieusement et posément, c'était que la jeune avait un point à soulever, quelque chose à redire. Si elle avait quelque chose à redire, c'était qu'elle commençait à réellement entrer dans la conversation, à sortir de son espèce de timidité maladive. Quelqu'un qui ne disait rien, c'était pour lui quelqu'un de très ennuyeux. Avec un intérêt tout particulier, il la regarda s'installer, jambes croisées, sur un tabouret, et parler :

- Votre boulot c’est de m’aider à me sentir mieux ? Ou bien de me convaincre du pire ?

Ses doigts s'emmêlaient dans une étreinte nerveuse, sa voix tremblait. Elora se faisait violence, des efforts, elle luttait pour exprimer sa pensée - un peu hasardeuse, soit, mais terriblement juste. Il appréciait ce geste plutôt courageux, oui. Mais surtout parce qu'il parvenait enfin à déblayer le chemin qui menait à ses pensées. Il y eut cette pointe d'excitation que l'on ressent après avoir résolu une énigme sur laquelle on a passé du temps. Il se demandait ce qu'il allait pouvoir découvrir, où tout cela pourrait mener. Il était heureux, parce qu'il aurait sûrement bientôt la réponse à la question qu'il se posait : Que noyait l'introversion d'Elora Hearne ?

- Personne n’est sain d’esprit ? Alors, votre métier c’est quoi ? Nous diagnostiquer, puis c’est tout ? Découvrir qui est le plus fou ?

Cette remarque le laissa dubitatif. Elle était loin d'être stupide, admettons-le, et plutôt pertinente dans ses questionnements. Découvrir qui est le plus fou... Il aimait bien cette façon de tourner la chose. Surtout parce que c'était sûrement la chose la plus vraie qu'il avait entendue ce jour-là. Il la détailla ; elle tremblait de tout son corps. Lui faisait-il peur à ce point-là ? Il réprima le petit rire qui lui montait à la gorge. Cela l'amusait, de voir l'effet qu'il produisait sur les gens - plus encore quand il était de ce genre.
Seulement, Maria commençait à réellement être intéressé. On sortait des chemins battus, des discussions basiques de psychologue à patient, pour en arriver à quelque chose de plus palpitant : d'être pensant à être pensant. La haine sourde qu'il avait eue plus tôt était littéralement écrasée par ce sentiment naissant, et c'était plutôt bien.

- Et si je vous disais que je cachais mon angoisse sous cette masse de notes ? Vous, que cachez-vous derrière votre masque ?

Réponse bateau mais attaque directe, bien joué. La plupart du temps, on n'osait pas lui poser de questions à propos du masque. C'était trop bizarre, trop loin des normes. Pourtant ce n'était qu'un accessoire, mais si énigmatique que les gens en avaient peur. Il se sentaient menacés car ils ne pouvaient pas s'informer sur l'étrange personne en face d'eux. Et ça, c'était des conditions optimales pour tirer le meilleur de leur esprit.

Le psychologue attrapa un second tabouret pour s'asseoir face à la jeune fille.

- Ton angoisse ? Ton angoisse de quoi ? Ta vie doit être vraiment ennuyante si tu es toujours obnubilée par ce sentiment.

Il pencha légèrement la tête sur le côté et haussa les épaules avec un sourire en coin.

- Quant à mon masque, pourquoi cette question ? Il y aurait des tas de choses à retenir sur mon apparence ou ce que tu as vu de ma personnalité, mais c'est le point que tu choisis de soulever ? Intéressant.

Il poussa un soupir de satisfaction.

- D'ailleurs, enfin quelqu'un qui ne rejette pas la faute sur mes penchants sadomasochistes ! Je vous félicite, Mademoiselle Hearne, vous faites partie des rares à ne pas le décréter dès le premier regard. Un esprit sans perversion, ça ne m'étonne pas que tu n'ais pas beaucoup d'amis, glissa-t-il avec un petit rire.

Il fit craquer ses doigts dans geste excessivement large, puis reprit son calme le plus sérieux.

- Et puis, dis-moi, tu voudrais vraiment savoir ?

Maria braqua son regard sur elle ; même au travers de la barrière du masque, elle devait le sentir. Il était prêt à donner de sa personne pour en obtenir de l'autre.
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Mer 4 Mar - 3:15

« Ton angoisse ? Ton angoisse de quoi ? Ta vie doit être vraiment ennuyante si tu es toujours obnubilée par ce sentiment. »

Elle soupira. Obnubilée ? Elle n’était pas obnubilée par l’angoisse, c’est elle qui la contrôlait. Elle détestait s’entourer des autres justement parce que leurs présences, les regards qu’ils lui portaient ou les jugements qu’ils pourraient porter contre elle la faisaient paniquer. Elle devenait parano, imaginait toutes sortes de choses aussi invraisemblables les unes que les autres, mais qui, sur le coup, semblaient plausibles à ses yeux. Réussir à demeurer dans une pièce seule avec cet homme aussi longtemps relevait déjà de l’exploit.

Le psychologue pencha la tête sur le côté, il semblait se moquer d’elle, de ce qu’elle disait.

« Quant à mon masque, pourquoi cette question ? Il y aurait des tas de choses à retenir sur mon apparence ou ce que tu as vu de ma personnalité, mais c'est le point que tu choisis de soulever ? Intéressant. »

Le masque ? Comment relever autre chose ? Quelqu’un qui porte en permanence un masque aussi excentrique – probablement porté que pour être remarqué, ne pouvait pas être étonné que l’on pose des questions.

Il soupira en souriant.

« D'ailleurs, enfin quelqu'un qui ne rejette pas la faute sur mes penchants sadomasochistes ! Je vous félicite, Mademoiselle Hearne, vous faites partie des rares à ne pas le décréter dès le premier regard. Un esprit sans perversion, ça ne m'étonne pas que tu n'ais pas beaucoup d'amis. »

Elle fronça les sourcils. Elle voyait ce qu’il tentait de faire; il avait aimé qu’elle réagisse un peu plus tôt. Qu’elle pose des questions, qu’elle ne demeure pas passive et attende qu’il ne se décide à abandonner l’idée et qu’il lâche l’affaire – bien que ce fût sa première idée. Il tentait de la déstabiliser (et ça marchait. Comment diable un être comme lui avait-il bien pu être diplômé en psychologie?)

Il fit craquer ses doigts. Elora devait avouer qu’il était un impressionnant personnage ; dans sa manière de toujours tout faire d’une manière très théâtrale. Rien n’était banal chez lui.

« Et puis, dis-moi, tu voudrais vraiment savoir ? »

Il était redevenu sérieux d’un seul coup, il la sondait maintenant au travers de son masque. Elle sentait son regard braqué sur elle, attendant sa réponse.

Elle prit une légère inspiration qu’elle espéra subtile, puis lâcha :

« Vous semblez…vouloir vraiment tout savoir sur moi. Alors ne rien dévoiler sur vous serait…ce serait égoïste. »

Mais qu’est-ce qu’elle racontait ? Elle ne faisait que rallonger son supplice, ici. Pourquoi ne s’était-elle pas tenue à son premier plan et n’était pas demeuré muette ? Il en aurait eu marre et aurait jeté son dévolu (ou son dé à coudre) sur quelqu’un d’autre.

Elle reprit tout de même le peu d’assurance dont elle avait fait preuve un peu plus tôt et lâcha :

« Mon angoisse et ses raisons m’appartiennent, tout comme votre masque et votre manière d’être vous appartiennent. Pourtant… » Sa voix se mit à trembler à nouveau. « Pourtant, vous tentez obstinément d’en découvrir plus sur moi. Alors…Oui. Je veux savoir. »
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MessageSujet: Re: Mission insertion. [PV : Elora] Dim 8 Mar - 19:57


- Vous semblez…vouloir vraiment tout savoir sur moi. Alors ne rien dévoiler sur vous serait…ce serait égoïste.

Hum. Son argumentation s'affaiblissait. On ne demande pas à son médecin s'il a un cancer. Pourquoi lui raconterait-il sa vie, si ce n'est par envie ou stratégie ? Ils étaient loin d'être proches - c'est le cas de le dire, la jeune fille devait à peine le supporter - et ne se devaient rien l'un à l'autre. Au final, la comédie qu'ils jouaient depuis tout à l'heure n'avait aucun sens.
Mais Maria se complaisait dans ce genre de jeux éprouvants et futiles.

- Mon angoisse et ses raisons m’appartiennent, tout comme votre masque et votre manière d’être vous appartiennent. Pourtant… Pourtant, vous tentez obstinément d’en découvrir plus sur moi. Alors…Oui. Je veux savoir.

Son angoisse et ses raisons lui appartiennent ? Ben voyons. Si les sentiments de chacun appartenaient bien à quelqu'un, selon, c'était aux autres. Les sentiments, ça sert à se diriger dans sa vie, mais ça mène sa propre perte le plus souvent. On arrive loin et avec dignité quand on écoute son devoir, il est rare d'y parvenir à grand coups de passion. Mais les sentiments ont une autre utilité : être vus. Perçus, analysés. Des indicateurs. Maria les voyait ainsi, les sentiments, des pièges subtils avec une grand panneau qui portait une énigme - parfois d'une facilité déconcertante.
Que disaient les indicateurs d'Elora ? Rien de nouveau. Sa voix tremblait, encore, son être transpirait un mélange d'angoisse, d'appréhension, et d'un peu de volonté. Elle lui tenait tête. Et quand bien même ils n'étaient pas du tout à forces égales, elle n'abandonnait pas. C'était respectable, avouons-le.

Il ramena ses longs cheveux sur le côté, tripotant une mèche cueillie au hasard.

- Très bien. Le masque alors. Je pourrais te donner des tas de raisons : que je suis aveugle, par exemple. Mais je pense bien que malgré tous mes efforts, il est un peu trop tard pour te faire gober une chose pareille. Peut-être que j'ai fini par développer un complexe autour de mes yeux ? Ça peut sembler étrange, mais je suis sûr que venant de moi, l'étrangeté a pour toi changé de définition.

Il leva le petit doigt, avec, aux lèvres, ce même petit sourire en coin.

- Deuxième possibilité ; déranger, faire maturer les esprits. À quoi ramène le masque ? Jamais des bonnes choses. La culpabilité - quelqu'un qui se cache à quelque chose à se reprocher, dans l'imaginaire collectif - ou bien d'autres ressentiments. La dangerosité aussi, parce qu'on ne voit pas ce que c'est et que ce qu'on ne voit pas est menaçant. Je pourrais aussi porter un masque pour qu'on se pose des questions, donc. Mais il y a la troisième possibilité, le militantisme ! Je l'ai déjà évoquée tout à l'heure, c'est l'affirmation de ses penchants un peu déviants.

En évoquant ces fameux penchants, il eut une sorte de petit ricanement. Puis il mit devant le nez de la jeune fille une main avec trois doigts levés, l'air amusé, un brin narquois.

- Alors, selon toi , Réponse 1, 2, ou 3 ?

Oui, il avait cédé un peu facilement à sa demande. Mais il était curieux de voir ce qu'il se passerait en se montrant moins insistant.
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