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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid]

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MessageSujet: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Ven 7 Juil - 14:30


Aujourd'hui, j'ai décidé de sortir. Il me faut prendre l'air, oublier. J'ai même fait le choix de ne pas aller voir Owen. De toute façon, il est encore tôt, il doit encore dormir. Je ne voudrais pas réveiller mon prince. Finalement, c'est peut-être la Belle au Bois dormant et pas un prince. Owen ferait une très belle princesse quand on y pense. C'est amusant, je n'y avais pas tant réfléchi que ça avant. Dans tout ce qu'il fait, il pourrait toujours être le plus beau. J'ai peut-être une vision un peu biaisée, mais ce n'est pas grave. Moi, j'y crois et c'est l'important.
Je marche dans la rue, mais comme une habitude, je me dirige vers le bar d'Owen. J'y suis beaucoup trop allée, ça suffit. Je dois essayer de penser à d'autres choses. M'habituer à reprendre le cours de ma vie. Je devrais peut-être reprendre mes entraînements en danse contemporaine. J'ai dû perdre du niveau. Ou alors, retourner faire du shopping. Je n'ai assez de vêtements d'été. C'est une catastrophe ma vie en fait. Je dois me reprendre.

Je fais donc demi-tour. Je n'irai pas au bar, hors de question. Je dois faire quelque chose d'autre de ma vie. Abigail n'est plus là, mais elle n'aimerait pas me voir abandonner de la sorte.

Qu'est-ce que je vais faire ?

C'est terrible comme sensation. Depuis la mort d'Abi, j'ai toujours fait la même chose. J'ai eu peur de perdre le fil si je ne me fixais pas une routine. Au final, c'est encore pire. Je ne suis plus vraiment moi. Je suis comme un robot formaté. Je ne suis plus Astrid Kumarlik. J'ai raté quelque chose à un moment. J'étais bien avec Abi. Je me sentais bien. Je vais pleurer, je crois. Je réalise que j'ai vraiment tout perdu avec elle. Enfin non, j'ai pas tout perdu. Mais il me manque une partie de moi. Je me suis laissée aller. J'ai honte.
Je divague donc dans les tues du Quartier Est. Je vais dans un sens, puis dans un autre. Parfois, je regarde les petites boutiques, les marchands de glaces. Les enfants rient, s'amusent. Les couples s'enlacent, s'embrassent. C'est le bonheur de l'été. La saison estivale fait vivre les Bermudiens. Il y aussi ces bandes d'amis qui profitent de la vie ensemble. C'est ça que je devrais faire ! Retrouvez mes amis pour nos fameuses soirées endiablées. Ça fait vraiment trop longtemps. Les pauvres, ils se sont inquiétés pendant un bon moment. Certains s'inquiètent toujours. Ils sont adorables.

Je les ai laissés de côté eux aussi. J'ai vraiment laissé ma vie de côté juste pour essayer de m'en remettre. C'est normal d'un sens, mais ça ne m'a pas tant aidé que ça. La dernière fois, quand j'ai passé un super moment avec Sekai, là, j'ai eu l'impression de vivre. Et puis…

Je…

Plus un geste, plus une pensée, mon esprit s'est comme débranché. Je n'arrive plus à bouger. Je sens les larmes me monter. Je me sens mal, très mal. Ce que j'ai vu au bout de cette rue, c'est beaucoup de regrets qui en remontent. Qu'est-ce que j'ai fait ? Je suis une personne horrible. Je l'ai complètement oubliée. Je l'ai laissée de côté. Pourquoi j'ai fait ça ? Oh non. Les larmes coulent sur mes joues. Je sens mes jambes et mes bras trembler. En fermant les yeux, je revois son visage.

-Kris…

On ne s'est pas toujours comprises, mais qu'est-ce que je l'aime cette fille. Elle est adorable avec moi, vraiment. Elle n'en donne pas toujours l'impression, mais elle est une fille emplie d'amour, j'en suis certaine. Maintenant que je la revoie. Je ne peux m'empêcher de réaliser qu'elle m'a manquée. C'est en partie elle qui a provoqué le manque dans ma vie. Je me suis privée de sa présence rassurante et si particulière.
Je m'apprête à courir vers elle, mais je me souviens de ma tenue. Des petites sandales et une robe patineuse blanche. Je porte du blanc en honneur à Abi. Le noir, c'est trop triste, mais je ne pourrais pas me permettre de porter des couleurs, je n'y arrive pas. Alors j'ai opté pour le blanc. Mais la couleur n'est pas le problème-là. La robe est assez courte et si je cours, je risque de le regretter.

Je réfléchis quelques secondes, mais mon choix est vite fait. Je me mets à courir vers Kris. Elle ne m'a toujours pas vue. En arrivant près d'elle alors qu'elle me tourne le dos, je l'attrape et la sers dans mes bras. Je pose délicatement ma tête sur son épaule tout en continuant de pleurer. Les seuls mots qui parviennent à sortir de ma bouche entre deux sanglots sont les suivants :

-Kris… Tu m'as tellement manquée… Je suis désolée…

Je ne veux plus la lâcher, plus jamais.

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MessageSujet: Re: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Ven 14 Juil - 15:00


- Je reviens dans une heure, pas de bêtises hein !

Voilà ce qu'on avait pu entendre à travers la porte avant que le visage d'une jeune femme n'apparaisse dans l'embrasure de celle-ci, pour bientôt se diriger hors de l'un des immeubles décrépis du Quartier Nord.

Vêtue d'un simple jean troué, des baskets banales, d'un t-shirt gris et la tête coiffée d'une casquette rose cachant ses cheveux en bataille, Kristal venait de quitter son appartement, un sac à dos nonchalamment balancé sur son épaule.
Aujourd'hui, elle avait décidé de se rendre dans le Quartier Est afin d'y acheter de la nourriture pour chat, ainsi que quelques jouets pour Kuro. Depuis quelques jours, celui-ci était devenu particulièrement prompt à jouer et la jeune femme commençait à craindre bientôt perdre ses rideaux si elle ne trouvait pas rapidement quelque chose pour occuper son chat. C'est pourquoi elle était actuellement en train de se diriger tranquillement vers la rame de métro de son quartier, sans particulièrement se presser le pas.

Il ne fallut pas bien longtemps à la nymphe pour arriver à sa station et fort heureusement, sans avoir à déplorer un quai trop bondé. La température estivale sur l'île avait enfin commencé à revenir à une chaleur un peu plus supportable ces derniers jours, aussi il aurait semblé que les habitants de ce quartier avaient décidés de se déplacer à pied ou en vélo aujourd'hui, plutôt que de s'entasser dans un wagon de métro. Quelque chose dont la jeune femme n'allait certainement pas se plaindre.
Après seulement quelques minutes d'attente, son moyen de transport arriva bientôt à quai et sans trop attendre, Kristal entra dans l'un de ses wagons, s'adossant contre une barre une fois à l'intérieur de celui-ci. Tout comme le quai l'avait laissé présagé, il n'y avait pas trop de monde et pour une fois, le médecin eut la chance d'avoir le droit à un trajet tranquille jusqu'au Quartier Est où elle descendit, suivis d'une petite dizaine d'autres personnes.

Arrivée là-bas, il fallait admettre que la jeune femme prit tout son temps pour se diriger tranquillement vers l'animalerie où elle avait pris l'habitude d'acheter les fournitures de son chat. Elle avait pris d'affection cette petite boutique, celle-ci lui rappelant le jour où elle avait justement pris ce petit chaton sous sa veste pour l'adopter. Maintenant qu'elle y repensait, cela faisait pratiquement un an jour pour jour, une coïncidence plutôt amusante.
Lorsqu'elle ressortit de la boutique, la nymphe avait le sourire aux lèvres. Cette fois, Kuro allait être gâté : dans son sac qu'elle était en train de refermer s'entassaient un sac de croquettes, deux petites balles en mousse colorées, ainsi qu'un paquet de friandises pour chat au thon. Il n'y avait rien de mieux pour fêter l'année qu'ils venaient tous deux de passer ensemble.

Mais alors qu'elle était sur le point de remettre son sac correctement sur son dos, Kristal sentit soudain quelque chose la heurter dans son dos, lui faisant lâcher la sangle de celui-ci. Des bras vinrent ensuite entourer son ventre et avant que la jeune femme ne puisse réagir à cela, une voix familière s'éleva bientôt au niveau de sa nuque, tremblante.

- Kris… Tu m'as tellement manqué… Je suis désolée…

Il n'y avait absolument aucun doute quant à l'identité de cette personne.

- Astrid ?

Kristal resta quelques instants sans bouger, réalisant que son amie était bel et bien en train de sangloter sur son épaule.

Cela faisait plusieurs semaines que les deux jeunes femmes ne s'étaient pas vues et le médecin savait parfaitement pour quelle raison : Abigail. Astrid et la professeure d'Histoire Humaine avaient été très proches avant même que la nymphe ne débarque à nouveau à Xényla, et la mort d'Abigail avait été particulièrement difficile pour son amie. Peut-être n'avait-elle pas pris la bonne décision, mais Kristal l'avait laissée faire son deuil à sa manière : en lui donnant l'espace dont elle estimait qu'Astrid avait pu avoir besoin.
Dans tous les cas, son amie était maintenant avec elle, pleurant à chaudes larmes. Quelque chose qu'elle ne pouvait tout simplement pas laisser passer les bras ballants, aussi mauvaise pouvait-elle être en matière de réconfort.

C'est pourquoi elle desserra doucement l'étreinte d'Astrid autour de sa taille pour se retourner et lui faire face, avant de s'adresser à elle d'une voix douce.

- Hé, calme-toi. Pourquoi tu te mets dans cet état ?

Kristal leva une main pour essuyer avec précaution une larme sur le haut de la joue de son amie, avant de lui adresser un sourire réconfortant.

- Tu m'as manqué aussi, va.

Et sans un mot, la jeune femme s'approcha de son amie pour la prendre dans ses bras, plaçant délicatement la tête de celle-ci sur son épaule en lui caressant les cheveux.

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MessageSujet: Re: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Mer 19 Juil - 18:07

Kristal ne met pas longtemps à comprendre qui je suis. Mais elle ne dit que mon prénom. Elle ne bouge pas, ne parle pas plus. Moi, je ne fais que pleurer. J'essaye de me calmer, mais c'est compliqué. J'ai vraiment l'impression d'avoir manqué à mon devoir d'amie, de l'avoir laissée tomber. Enfin, ce n'est pas tout à fait ça. Ce n'est pas non plus l'inverse. C'est vraiment compliqué, je me suis peut-être vraiment mal prise pour essayer de faire mon deuil d'Abi. Mais tout est trop compliqué. Je sais très bien que rien n'est simple dans la vie, mais là. Il y a tellement de choses qui arrivent tellement vite. Il y a eu la mort de cet élève des Passions. Puis le meurtre de ma chère collègue. Et enfin, la disparition d'un autre élève, le pauvre petit Ambroise. Rien ne va plut du tout. C'est pas une vie qu'on a.
Mais je dois essayer de ne plus pleurer. Je vais finir par complètement tremper l'épaule de mon amie. Pauvre Kris, elle n'a rien demandé dans tout ça. Mais sa présence me fait tellement de bien. Elle a toujours la même odeur. Je ne sais pas quel parfum elle utilise, c'est peut-être l'odeur de son shampoing, je ne sais pas. Mais j'aime cette odeur, elle m’apaise en quelque sorte. J'ai réussi à l'associer à elle. C'est devenu quelque chose que j'aime et ça m'a vraiment manqué, comme elle.

Doucement, je sens que mon amie se sépare de moi, mes bras retombent le long de mon corps. L'étreinte est déjà terminée et je me sens déjà toute nue. J'ai besoin que ça continue encore, je ne veux plus la lâcher. Mais il faut bien revenir à la réalité, je ne pourrai pas la tenir toute ma vie.

-Hé, calme-toi. Pourquoi tu te mets dans cet état ?

Sa voix, si douce, si agréable me fait presque sourire. Mais je suis si triste de ne pas l'avoir revue plus tôt. Je me sens honteuse, mais tellement heureuse de la revoir également. Ce n'est pas facile comme situation, je ne sais pas vraiment quoi lui répondre.
Mais les gestes sont parfois plus parlants que les mots. La voilà qui essuie avec attention une larme qui coulait sur ma joue. C'est tellement empli de tendresse. Elle ajoute même un petit sourire. Il lui est tellement caractéristique. Il arrive à la rendre encore plus belle que d'habitude. C'est dommage qu'elle ne sourisse pas si souvent. J'aime quand elle sourit.

-Tu m'as manqué aussi, va.

Je ne pensais pas entendre ces mots sortir de sa bouche. Le geste qui les accompagne est encore plus improbable. Voilà qu'elle me prend à son tour dans ses bras. Mais c'est encore mieux qu'avant. Elle caresse doucement mes cheveux et je sens son cœur battre chaleureusement dans sa poitrine. Ce battement régulier fait doucement revenir le mien vers un rythme plus calme. Je me sens si bien dans ses bras, contre elle. C'est un moment emprisonné dans le temps. Je ne sais même pas si j'ai la force de le briser. Je n'arrive pas à parler, mais je continue de pleurer. Les larmes coulent doucement sur mes joues, puis viennent mouiller son t-shirt gris.
J'essaye de respirer calmement, j'y arrive. Et finalement, je tente de parler :

-Je… Je…

Non, il faut que j'y arrive. Je dois lui expliquer à quel point je suis désolée, à quel point je m'en veux. Tout n'est pas entièrement de ma faute, c'est évident. Mais je me sens si mal de ne pas avoir su garder contact. Je me suis séparée de la vraie vie, d'elle, de la personne que je considère comme ma meilleure amie.
Calmement, je me dégage de ses bras, j'ai toujours les larmes aux yeux, mais je dois me concentrer. Il faut que j'arrive à rester calme ne serait-ce qu'un instant. Après, je risque à nouveau de fondre en larmes et de plonger dans ses bras. Mais pour l'instant, je pose ma main droite sur mon bras gauche et je le frotte. C'est tout ce que j'ai trouvé pour tenter de penser à autre chose que l’irrépressible envie de la serrer dans mes bras. Mais très vite, mes deux mains se retrouvent réunies et je joue avec mes doigts. Je ne sais vraiment pas quoi faire de mes mains. C'est terrible cette sensation de culpabilité honteuse.

-Kris, je suis tellement désolée. Si je pleure, c'est que…

Je souffle légèrement avant de continuer. J'essaye même d'essuyer mes larmes avec mes mains, mais très vite, elles reprennent leur petit jeu. C'est vraiment tout ce que j'arrive à faire sur le moment.

-Y a deux raisons qui me font pleurer en fait... La première, c'est que je suis tellement heureuse de te retrouver. Je t'aime tellement, tu m'as manqué. Tu es tellement gentille, tellement adorable… Je ressens toute la chaleur de ton cœur, malgré les aspects froids que tu as parfois… C'est ça qui te rend si incroyable…

Un petit rire nerveux s'échappe de ma bouche. Je vais aborder la deuxième raison, celle qui me fait tellement mal.

-La deuxième… C'est que tu m'as manqué justement. Je me sens honteuse, j'ai l'impression d'avoir tout raté. Je me sentais perdue, abandonnée. Quelqu'un a mis fin à la vie de… Enfin… Abi n'est plus là. Elle était comme une sœur pour moi. Je n'ai pas su venir vers toi pour aller mieux. Je ne sais pas, peut-être que j'ai eu peur… Peut-être que… Je n'en sais rien… J'ai tout raté… Alors que tu es vraiment ma meilleure amie… Et…

Non, je ne peux plus continuer. Je m'arrête de parler et les sanglots recommencent. Mes bras retombent et je baisse la tête. Je ne veux pas qu'elle me voit pleurer. Mais c'est trop tard. Depuis que je suis là, je ne fais que ça. Je pleure et je pleure encore. J'affiche la pire image qu'une femme peut donner d'elle-même. Mais je n'arrive pas à faire autrement. J'ai honte, je suis si triste. J'ai vraiment tout raté.

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MessageSujet: Re: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Mer 26 Juil - 14:25


- Je... Je...

Dans les bras de la nymphe, Astrid était secouée de légers tremblements. Les mots ne semblaient pas vouloir traverser ses lèvres tandis que son amie continuait de passer doucement sa main dans ses cheveux, compréhensive. Elles avaient passé tant de temps sans se voir, cela venait tout simplement de frapper la jeune femme. Peut-être Kristal avait-elle eu tort de ne pas aller vers sa collègue plus tôt. Certainement, oui.
Tout le monde n'était pas comme elle, qui préférait la distance au réconfort en cas de douleur émotionnelle. Elle s'en rendait compte maintenant, qu'elle aurait probablement dû aller vers sa collègue, plutôt que de la laisser s'isoler sans rien faire. Les douces caresses qu'elle pouvait lui offrir maintenant n'étaient pas grand-chose, pour tâcher de se faire pardonner cette erreur.

Doucement, la tête blonde posée contre son épaule se dégagea d'elle, alors que les sanglots d'Astrid avaient finalement fait place à un instant de silence. Observant la jolie blonde aux yeux gonflés et rougis par le chagrin, Kristal était soudain particulièrement consciente des larmes qui trempaient son t-shirt. Des larmes dont elle se sentait responsable : bien sûr qu'elle avait eu tort de ne pas tendre la main à son amie, elle le comprenait maintenant.
Devant elle, la bibliothécaire ne cessait de jouer avec ses mains, comme si elle ne savait pas quoi en faire. Et sans qu'elle ne relève le regard vers elle, elle prit bientôt la parole, la voix tremblante.

- Kris, je suis tellement désolée. Si je pleure, c'est que…

Alors qu'une nouvelle larme fit son apparition au coin de son œil, Astrid essuya rapidement celle-ci en soufflant, ne laissant pas le loisir à son amie de réagir avant de reprendre.

- Y a deux raisons qui me font pleurer en fait... La première, c'est que je suis tellement heureuse de te retrouver. Je t'aime tellement, tu m'as manqué. Tu es tellement gentille, tellement adorable... Je ressens toute la chaleur de ton cœur, malgré les aspects froids que tu as parfois... C'est ça qui te rend si incroyable...

Jamais personne ne lui avait dit quoi que ce soit d'aussi gentil avant Astrid. Elle avait l'impression qu'en seulement une petite année, cette collègue avait réussi à comprendre tout de sa manière d'être, de l'amitié qu'elle pouvait porter à ceux qui lui tenaient malgré le fait qu'elle ne le démontrait que très rarement.
Avant elle, personne n'avait eu à la déchiffrer de cette manière.
Jun avait connu la Kristal de son enfance, qui jamais ne cachait quoi que ce soit, qui toujours était prête à faire les quatre cents coups. Quelque part, tous deux avaient grandi séparément après le lycée, mais s'étaient retrouvés comme s'il ne s'étaient jamais quittés et comme s'ils avaient toujours su comment fonctionnait l'autre. C'était tout simplement touchant, que quelqu'un comme Astrid - si drastiquement différente de Kristal et de ses airs parfois froids et détachés - puisse lui démontrer autant d'amour.

Le rire nerveux qui s'échappa des lèvres d'Astrid à la suite de ces mots fit mal au cœur du médecin lorsqu'elle l'entendit mais celle-ci se tut, prête à écouter la suite de ce que son amie avait à dire.

- La deuxième... C'est que tu m'as manqué justement. Je me sens honteuse, j'ai l'impression d'avoir tout raté. Je me sentais perdue, abandonnée. Quelqu'un a mis fin à la vie de... Enfin...  Abi n'est plus là. Elle était comme une sœur pour moi. Je n'ai pas su venir vers toi pour aller mieux. Je ne sais pas, peut-être que j'ai eu peur... Peut-être que... Je n'en sais rien... J'ai tout raté... Alors que tu es vraiment ma meilleure amie... Et...

Étranglée par les sanglots remontant dans sa gorge, Astrid s'interrompit avant de baisser la tête, des larmes recommençant à couleur le long de ses joues.
Voir son amie dans un tel état faisait mal à Kristal, si bien qu'elle n'attendit pas un instant de plus pour repasser ses bras autour de la bibliothécaire en pleurs. Elle se fichait bien de tremper davantage son t-shirt ou que les passants ne les observent avec jugement. Tout ce qui lui importait était de montrer qu'à présent, elle était bien la pour l'une des personnes les plus importantes dans sa vie - parce que oui, Astrid représentait bien plus qu'elle ne pouvait s'en rendre compte pour le médecin.

Caressant doucement le dos de son amie, la nymphe resserra ensuite son étreinte autour de celle-ci, un léger sourire aux lèvres.

- Shh...

Son amie lui faisait tant de peine à s'en vouloir de la sorte, alors même qu'elle n'avait strictement rien à se reprocher. Celle qui aurait dû être plus présente n'était autre que Kristal, qui avait mal réagi au mal-être de cette pauvre Astrid, sans comprendre qu'elle n'avait probablement fait qu'empirer la situation en lui laissant trop d'espace. Une erreur qu'elle avait bien l'intention de réparer, et ce même si cela ne relevait pas vraiment de son domaine d'expertise.
Desserrant légèrement son étreinte pour se remettre à caresser gentiment le dos de sa collègue, le médecin reprit ainsi la parole, doucement.

- Désolée. J'ai pas su comment réagir pour t'aider, tu n'as pas à t'en vouloir pour quoi que ce soit.

S'éloignant finalement de son amie pour se replacer face à elle, Kristal leva une main sur le menton de son amie, forçant ainsi celle-ci à la regarder droit dans les yeux. Ses yeux étaient si rouges, rendus brillants par les larmes qui ne cessaient de s'en échapper qu'elle ne put s'empêcher de montrer un sourire d'encouragement à Astrid, comme pour essayer de lui faire ravaler ses sanglots.
Force était de constater que l'état de la bibliothécaire la mettait légèrement mal à l'aise, et ce même si elle faisait de son mieux pour ne pas le montrer à celle-ci. Bien entendu, ça n'était pas parce qu'elle ne voulait pas de la présence de cette jeune femme avec elle, mais simplement parce que la nymphe ne savait en rien comment réconforter sa pauvre amie à l'air si abattue. Après tout, elle était la raison principale de ses larmes.

Une idée lui traversant toutefois l'esprit, Kristal posa ses mains sur les bras de son amie, tâchant de garder le regard de celle-ci fixé sur elle alors qu'elle s'adressa à nouveau à elle.

- Tu veux venir chez moi ? J'achèterai de la glace et on regardera le film de ton choix sur mon canapé, ça te dit ? Kuro te fera plein de câlins, tu verras, il est le champion pour te remonter le moral quand ça va pas, un vrai magicien du ronron.

Le sourire qui éclairait le visage du médecin en énonçant cette invitation n'aurait pu être plus sincère, et cela même si elle ne savait en rien si son idée pour remonter le moral de son amie aurait la moindre chance de fonctionner. Elle était pratiquement certaine que les pots de glace étaient un remède connu et agréé par tous contre la tristesse, et il lui semblait avoir déjà entendu Astrid lui dire qu'elle aimait regarder des comédies romantiques lorsqu'elle déprimait légèrement.
De son côté, elle savait que rien ne fonctionnait jamais mieux qu'un peu de temps avec son chat à s'allonger sur son canapé pour oublier ses problèmes. Les ronronnements de cette boule de poils avaient une véritable fonction thérapeutique, testée et approuvée.

Ne restait qu'à voir si cette proposition tentait son amie ou non car pour le moment, elle n'avait pas de meilleure option à proposer pour arrêter les larmes de sa bibliothécaire préférée.

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MessageSujet: Re: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Sam 5 Aoû - 21:09

[justify]C'est impossible pour moi de reprendre une respiration normale. Je n'ai pas envie de relever les yeux vers mon amie. J'aimerais tellement pouvoir la regarder dans les yeux et lui sourire. Mais je n'en ai pas la force. Cette honte au fond de moi, elle me ronge doucement. Je me sens tellement coupable. J'ai presque envie de me frapper.
Mais ce n'est pas du tout ce qui arrive. En un instant, me voilà de nouveau contre Kris. Elle m'a à nouveau prise dans ses bras. Les battements de son cœur, sa chaleur apaisante. S'il te plaît, ne me lâche plus jamais. Je me sens si bien. Je regrette tous ces jours passés loin d'elle. Depuis que je l'ai rencontrée, c'est bien cette période la pire. J'ai bien compris que cette jeune médecin a pris une grande place dans ma vie.

-Shh…

Doucement, elle passe sa main sur mon dos, comme une mère le ferait à une enfant venant de faire un cauchemar. Mais là, le cauchemar est bien réel. Mais sa douceur rajoute encore plus d'apaisement à la situation. Je me sens si bien dans ses bras. Mais ce n'est pas pour autant que mes larmes ne cessent de couler. Je ne peux rien y faire. Ma tristesse est bien plus forte que moi. Je l'ai laissé s'accumuler sans même que je ne me rende compte. C'est maintenant qu'elle explose. Je ne fais même plus attention à rien autour de nous. À chaque fois qu'elle me tient dans ses bras, j'ai l'impression que plus rien ne compte. J'aimerais tellement que ça soit vrai, mais mes larmes ne me laissent aucun répit.

-Désolée. J'ai pas su comment réagir pour t'aider, tu n'as pas à t'en vouloir pour quoi que ce soit.

J'essaye en vain de calmer mes sanglots, mais rien n'y fait. Le fait qu'elle me lâche n'aide en rien. Je n'étais pas prête à ce que ce contact si chaleureux s'arrête si vite. Il est très vite remplacé par une main qui se pose sur mon menton et me relève la tête. Kris me regarde en souriant faiblement. Un petit sourire qui fait tellement de bien. Il me suffisait de ce petit geste pour arrêter de pleurer. Enfin, cela se calme juste un peu. Le plus gros de ma tristesse s'est évacué d'un coup, sans s'arrêter.
Mais je me sens toujours si honteuse. Kris essaye vainement de me rassurer. Me dire que je n'ai pas à m'en vouloir partait d'une bonne intention. Mais ce n'est pas suffisant. J'ai vraiment l'impression d'avoir commis des erreurs. Chacun à sa manière de faire un deuil, mais la mienne n'était pas la bonne.

Encore une fois, mon amie change de position. Moi, je n'ai toujours pas bougé. Je ne sais plus quoi dire, ni quoi faire. Mais cette fois, elle m'attrape les bras. Elle a toujours son doux sourire sur le visage.

-Tu veux venir chez moi ? J'achèterai de la glace et on regardera le film de ton choix sur mon canapé, ça te dit ? Kuro te fera plein de câlins, tu verras, il est le champion pour te remonter le moral quand ça va pas, un vrai magicien du ronron.

Sa dernière phrase me fait sourire. J'ai même un petit éclat de rire. Elle a réussi à me sortir de mon état de larve dépressive. Je dois toujours l'être au fond de moi, mais cette invitation si soudaine me fait tellement plaisir. Des bonnes glaces, un film de mon choix, un petit chat tout mignon et surtout une excellente amie. C'est là le remède pour la tristesse. J'aurai dû y penser toute seule. Kris est vraiment géniale.
Je fouille dans mon sac et en sors un petit mouchoir. Avec, j'essuie mes joues mouillées par les larmes. Je dois toujours avoir les yeux rouges et gonflés. Et maintenant que j'y pense, mon maquillage a sûrement dû couler. Mas pour ça, je ne peux rien y faire. Je dois tellement faire de la peine à voir. Mais il faut bien que je sois un peu punie pour avoir oublié mon amie. Mon sort est de ne plus ressembler à rien aujourd'hui.

J'esquisse un sourire un peu forcé pour rassurer Kris, pour lui faire comprendre que tout va bien. Même si c'est complètement faux. C'est juste une petite attention pour lui montrer que ses efforts portent leurs fruits.

-J'accepte avec plaisir Kris…

Tout est tellement confus dans mon esprit. J'ai à nouveau envie de pleurer, mais seulement parce que je l'aime vraiment cette fille. Elle est adorable avec moi. Alors quand une nouvelle larme perle au coin de mon œil, je l'essuie directement avec mon mouchoir.

-Je suis tellement désolée de pleurer comme ça… C'est juste que…

Réalisant que j'allais encore me perdre dans de multitudes excuses, je m'arrête directement. Cette fois-ci, je lance un véritable sourire à mon amie. J'ai bien réfléchi à ce que je vais dire, alors je reprends ma phrase :

-C'est juste que je me demande vraiment quel parfum de glace on va prendre... Je crois bien qu'un grand pot de glace au chocolat et au beurre de cacahuète me ferait le plus grand bien. Et toi ?

J'ai vraiment envie de cette glace là. Ce n'est certainement pas la glace la plus saine de l'île. Mais qui a dit que les glaces devaient être bonnes pour la santé ? Et puis ce n'est pas parce que je suis une fille que je n'ai pas le droit de me faire plaisir. Je n'ai pas envie de me prendre la tête avec tous ces clichés que nous dicte la société. J'ai juste besoin de décompresser. Passer un bon moment avec Kris ne peut que me faire le plus grand bien. Cela fait bien trop longtemps qu'on a pas passé du temps ensemble. Je dois me rattraper. Elle n'a peut-être pas su comment réagir, mais je n'ai vraiment pas été d'une grande aide dans toute cette histoire. Quand il s'agit de faire les mauvais choix, je suis la meilleure. Mais cette glace, est un très bon choix, aucun doute la dessus.

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MessageSujet: Re: L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid] Dim 6 Aoû - 14:00


Un sourire bientôt suivi d'un léger éclat de rire vinrent remplacer les larmes d'Astrid, alors que celle-ci venait d'entendre la proposition de son amie - peut-être la proposition de manger un pot de glace allait-elle être le remède parfait pour tout ce chagrin que semblait ressentir la bibliothécaire ?
Plongeant doucement sa main dans son sac, Astrid en sortit un petit mouchoir avec lequel elle s'appliqua à essuyer tranquillement les larmes qui avaient baignées ses joues. La mine de la jeune femme avait certainement vu des jours meilleurs mais même ses yeux rouges et les creux sous ses yeux ne pouvaient cacher sa beauté intérieure, à cela Kristal ne pouvait s'empêcher de penser. Et même si le sourire qui s'étirait doucement sur les lèvres de son amie était forcé, les paroles qui les franchirent après cela traduisirent toute la sincérité du monde.

- J'accepte avec plaisir Kris...

Tâchant de sourire en retour à son amie, Kristal observa celle-ci essuyer une nouvelle larme qui venait de faire son apparition au coin de ses yeux.
Astrid semblait déstabilisée, perdue, loin de la jeune femme souriante que le médecin avait pour habitude de côtoyer avant cela. Ne restait qu'à espérer que cet état s'arrangerait effectivement après quelques heures ensemble à manger dans le canapé d'un vieux salon, devant un film quelconque, loin de tous ces problèmes qui ne demandaient qu'à se faire oublier.

- Je suis tellement désolée de pleurer comme ça... C'est juste que...

S'interrompant au milieu de sa phrase Astrid releva les yeux vers son amie, son visage se fendant bientôt d'un large sourire qui n'avait maintenant plus rien à voir avec ceux qu'elle avait pu faire jusqu'alors. Celui-ci semblait maintenant plus lumineux, plus sincère - plus proche de ceux qu'elle avait habitué Kristal à voir par le passé.

- C'est juste que je me demande vraiment quel parfum de glace on va prendre... Je crois bien qu'un grand pot de glace au chocolat et au beurre de cacahuète me ferait le plus grand bien. Et toi ?

Cette fois, ce fut au tour du médecin de voir son visage s'éclairer d'un sourire sincère, bientôt suivi d'un rire amusé. Elle ne voulait bien sûr en aucun cas laisser croire à Astrid qu'elle se payait sa tête, mais la jeune femme était simplement soulagée de voir que son amie était tout de même encore en mesure de faire preuve d'un semblant d'humour, sans se terrer dans sa tristesse. Il était bien plus agréable de la voir heureuse, c'était une évidence.
Quelque chose qu'il fallait qu'elle encourage, si elle voulait que son amie se sente mieux.

Posant une main sur l'épaule de la bibliothécaire Kristal ne tarda donc pas à prendre la parole, sur un ton qui se voulait léger, tout en plongeant son regard dans celui de son amie.

- Et un pot de glace chocolat-beurre de cacahuète pour deux, c'est noté !

Lâchant l'épaule de la jeune femme, elle se pencha ensuite pour ramasser le pauvre sac qu'elle avait laissé au sol depuis sa malheureuse chute, le balançant nonchalamment sur son épaule. Une fois chose faite, elle se retourna à nouveau vers Astrid, lui levant un index accusateur alors qu'un nouveau sourire venait s'étaler sur ses lèvres.

- Mais je te préviens par contre : interdiction de t'en vouloir pour quoi que ce soit une fois qu'on l'aura fini. On n'aura qu'à dire que ce pot représentera notre échec à communiquer comme des bermudiens normaux. En le mangeant, on mettra tout ça derrière nous.

Posant ses poings sur ses hanches un instant sans perdre de son sourire, la jeune femme soupira.
Il fallait dire que si elle cachait cela derrière des plaisanteries et de beaux sourires, Kristal n'aimait réellement pas voir son amie dans un tel état. Quelque part, elle se sentait particulièrement honteuse de ne pas avoir tendu la main plus tôt à quelqu'un qui avait une place aussi importante dans sa vie. Elle espérait bien réussir à faire disparaître son échec, à se rattraper de son mieux pour voir son amie redevenir aussi lumineuse qu'auparavant - et pourquoi pas peut-être l'aider à faire son deuil.

C'est donc toujours le sourire aux lèvres que la jeune femme tendit bientôt une main à son amie, tout en lui adressant un regard appuyé.

- Deal ?

Dans tous les cas, elle savait qu'elle ne laisserait pas le moindre choix à Astrid : les deux amies allaient passer un bon moment et vite mettre tout cela derrière elles pour reprendre le cours normal de leur vie. De cela Kristal allait s'assurer, elle se le promettait.

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Dr. Kristal Zhang Lya
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L'absence est l'ennemie de l'amour [Kristal & Astrid]
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