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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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Goodbye monster's child [Libre]

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MessageSujet: Goodbye monster's child [Libre] Dim 16 Oct - 22:34

C’était un jeudi après les cours, les activités de club venaient de se terminer et j’étais rentrée dans le dortoir, exténuée. En poussant la porte de la chambre numéro 10, celle que je partageais avec deux autres personnes, je fus surprise de constater que mes colocataires n’étaient pas encore là ; pas que j’en avais quelque chose à faire d’eux, au contraire, cela m’accordait calme et répit, pour un peu de temps tout du moins.

Il était l’heure de faire mes devoirs pour le vendredi alors je m’attablais à mon bureau, retirais mes gants et sortais mon agenda ainsi que mon emploi du temps, considérant ce dernier : Histoire, Philo, Langues humaines et EFD au programme de demain, un fabuleux programme de passion de deuxième année, plein d’heures de langues et d’histoire humaines. Là non plus je ne m’en plaignais pas, j’aimais beaucoup ces matières ; ce qui me posait déjà plus de soucis c’était la philosophie, je détestais cela. Vive les questions et les problèmes à la noix que l’on nous posait. Apparemment un humain avait dit « La philosophie n’est rien d’autre que l’amour de la sagesse. », cela me faisait bien rire, avais-je l’air d’aimer la sagesse ? Moi ? Déjà que les questions métaphysiques et morales me collaient la migraine alors les autres, vous n’imaginez même pas !

Bref, dans ces charmants devoirs, il y avait de la maudite philo. Le prof nous avait pondu un problème des plus charmant en plus ! L’avenir en était le sujet ; débrouillez-vous pour deviner quoi, je n’ai pas envie de le dire. Sans vraiment la motivation et l’humeur pour, je sortais un stylo de ma trousse et posais ma tête sur une main, réfléchissant sur quoi écrire.

Futur et avenir, ces mots m’évoquaient de bien mauvais souvenirs : parfois, quand ce monstre que j’appelais mère rendait totalement saoul et énervée et qu’elle se mettait à me frapper, elle répétait cette phrase en boucle, hurlant « Tu n’auras pas d’avenir, t’as pas le droit d’en avoir un ! T’en as pas le droit ! ». Pendant longtemps j’ai pensé que c’était vrai, même encore aujourd’hui je ne savais pas, je ne savais vraiment pas ce que j’allais faire de mon futur. Je n’avais aucun désir de carrière et concrètement aucun rêve à longue durée, le monstre m’avait pris tout ça.

Pourquoi avait-il fallu que je devienne ainsi ? Au fond, même si je le niais, l’indifférence et la solitude me consumaient progressivement, je ne savais pas comment changer, j’ignorais si je le voulais et surtout, si je le pouvais. J’étais comme une poupée cassée au fond. Les gens peuvent aimer d’être seuls mais personne n’arrive vraiment à le supporter longtemps, tout ceci est vrai, cela devient de plus en plus dur à vivre, mon masque de pierre se fend peu à peu.

J’étais dégoutée, j’étais triste, à présent je pleurais, mains sur le visage, je me cachais, je ne voulais pas que l’on me voie comme ça. Le stylo que j’avais lâché avait fait, en atterrissant, une jolie tâche d’encre bleue sur le bois clair du bureau. Je me sentais déshonorée et amer, j’en voulais à cette figure atroce de violence, cette figure maternelle tordue mais avant tout, je m’en voulais à moi, je m’en voulais d’être ainsi, je ne savais pas aimer cette moi actuelle.

Mes yeux rougis se tournèrent vers un petit miroir posé sur le bureau, je contemplais ainsi tout le désastre que j’étais, la glace reflétait l’enfant du monstre dans toute sa splendeur, j’étais ignoble : plus je vieillissais et plus mon visage devenait similaire à celui de ma mère…. J’en avais envie de vomir. J’étais sa chair, j’étais son sang, j’étais son portrait craché ; je devenais ou j’étais déjà ce que je ne voulais pas être si bien que j’aurais voulu me défigurer pour ne plus jamais avoir quelque chose de commun à elle, je ne pouvais cependant pas m’y résoudre totalement.

La seule chose qui me rendait différente était les écailles grises de mes bras, données par mon père, toutefois là encore, quelque chose venait me rappeler de si je venais : les quelques écailles jaunes qui cassaient l’harmonie monochrome. J’avais essayé autrefois de les peindre, cela n’avait pas marché, il n’est jamais agréable de se balader avec de la peinture sur la peau et puis, ça finit toujours par partir au bout de quelques jours.

Il était temps de prendre une résolution, même si c’était la plus mauvaise, la plus douloureuse et la plus stupide que j’avais à faire dans ma vie, je ne pouvais plus continuer ainsi, j’étais fatiguée ; fatiguée de toujours devoir faire bonne figure, fatiguée de ne pas pouvoir m’intéresser aux gens, fatiguée d’être seule, fatiguée de ce que je ressens, fatiguée de moi-même. Dans un pot à crayons sur le bureau, il y avait un cutter que je prenais.

Oui, je ne pouvais pas nier que j’avais peur, je pleurais toujours, mais je ne devais pas hésiter, ces écailles, je les avais en horreur. Je prenais un endroit de mon avant-bras droit où se trouvaient deux-trois jaunes, pas trop loin du poignet et je plantais d’un coup sec la lame. Une douleur intense et persistante se fit sentir et je me retenais tant bien que mal d’hurler, de plus en plus de larmes coulaient de mes yeux aussi bien que le sang qui coulait de la plaie en abondance. J’avais, après ce premier coup, envie d’arrêter, mais je ne pouvais plus reculer, je ne devais plus reculer, alors je continuais. Et je me mis à penser à autre chose pour avoir moins mal, alors je pensais à cette haine que j’éprouvais envers ma mère, ses coups, ses mots, les blessures qu’elle m’a faites, mon seul ami qu’elle a tué et, tout de suite, la douleur que j’éprouvais dans l’immédiat me semblait dérisoire face à tout ce que j’avais pu ressentir à cause d’elle.

Je la haïssais du plus profond de mon existence, si bien que j’aurais préféré la tuer de mes propres mains, à la place, je me vengeais sur sa chair. Oui, ce jour où elle a disparu me revenait en tête, cette joie malsaine m’enivrait une fois de plus, accentuée par ces coups de cutter. La vieille maison en feu m’accordait encore plus de plaisir, c’était ma délivrance, ma vengeance. Je riais d’un de ces rire qui vous déchirait de l’intérieur, j’étais comme possédée par un démon. Plus rien n’avait d’importance maintenant, même le liquide pourtant vital qui s’échappait par les nombreuses blessures en quantité inquiétante, j’en était fière.

La fièvre de la folie me poussa jusqu’à tremper un doigt dans le fluide sanguin qui tâchait bureau et sol pour écrire en gros sur mon cahier, en réponse à mon devoir : « L’AVENIR ?! IL FAUDRAIT DEJA QUE J’EN AIE UN ! ». Après avoir fait ceci, je balançais vivement le miroir et le pot à crayon à l’autre bout de la pièce avec mon bras gauche. Je continuais ainsi pendant une minute, le miroir était en morceau, les crayons éparpillés un peu partout mais je commençais à reprendre mes esprits.

L’adrénaline du moment partie, je me retrouvais tiraillée par une douleur plus forte que jamais, je ne me sentais pas du tout bien, j’avais perdu trop de sang, mon avant-bras droit était presque entièrement rouge, mes vêtements étaient tâchés. On aurait pu croire à une scène de meurtre, sans le cadavre ou presque.

Pourquoi avais-je fait cela ? Maintenant je le regrettais, ma tête tournais, ma vue se troublait, j’avançais vers la porte pour chercher de l’aide, tenant mon bras, j’ouvrais la porte comme je pouvais. Les quelques personnes qui traînaient dans les couloirs se mirent à me regarder bizarrement puis quelqu’un courut vers moi en me demandant si j’allais bien. Idiot, bien sûr que je ne vais pas bien ! Je pisse le sang là ! C’est ce que je voulais lui répondre mais je n’y arrivais pas, les seuls mots que j’arrivais à articuler étaient « sûr… je…pas…bien » et déjà je sentais mes jambes lâcher, mon corps tomber et la personne en face me rattraper.

J’avais déclenché un mouvement de panique parmi les gens du couloir, ils s’agitaient autour de moi, qui étais maintenant par terre, une personne m’avait pris en charge, je ne savais pas qui, je voyais trouble, je pensais que j’allais mourir, j’entendais des échos de voix criant d’appeler un médecin qui s’estompaient peu à peu, puis plus rien, j’avais perdu connaissance.

Quelques temps plus tard, je ne sais pas combien de temps après, je me suis réveillée dans un lit, je ne savais pas où j’étais, la lumière me faisait mal aux yeux et troublais ma vision. Alors j’étais encore en vie ? Mais genre vraiment ? Quelqu’un que je connaissais surement mais que je n’arrivais pas à reconnaître se pencha au-dessus de moi.

-Et bien, tu nous as fait sacrément peur ! On a tous crus que tu étais morte. Qu’est-ce qui t’as pris de faire ça ?

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Dim 23 Oct - 16:39


Des secondes. Des minutes. Des heures. Le temps qui s'écoule. Mais le temps, c'est quoi ? J'ai l'impression que personne n'est capable de le définir. Certains disent qu'il s'agit de la durée dans laquelle se succèdent les événements. D'autres que c'est un concept développé pour appréhender le changement dans le monde… Ça revient au même non ? Pour moi oui. Le temps, c'est juste… le Temps. C'est quelque chose qui s'adapte en fonction de ta vie. Le Temps est… vicieux ? C'est peut-être abusé. Mais je m'en approche. Lorsque tu vis quelque chose d'heureux, que tu es toi-même heureux, le Temps passera vite. Mais si tu souffres, si quelqu'un souffre… Alors, il fera en sorte de passer le plus doucement possible. Et c'est ce que je vis.

Je suis là, assis sur cette chaise. Pourquoi ? J'aimerais tant le savoir. J'aimerais que tout s'explique. Pourquoi rien n'est jamais simple ? Toutes les vies sont toujours parsemées d'obstacle. Des murs qu'il faut briser. Et si l'on n'y arrive pas ? Je dirais presque que l'on meurt… Mais je vais peut-être trop loin. Je suis là, dans cette chambre d'hôpital, à regarder dans le vide. Enfin le vide, ce n'est pas vide du tout. Erica… Pourquoi ? Pourquoi je me retrouve à attendre qu'elle se réveille ? Elle ne devrait pas être ici. C'est… Je ne comprends pas… Enfin. Je sais pourquoi elle est. Dans les faits… Enfin au final. Mais je ne comprends pas tout. Je suis perdu, je n'ai pas dormi depuis qu'on est là. Si je ne me trompe pas… Il s'est passé presque une journée. Je ferme les yeux et je revois tout… C'est comme si je revivais la scène.

Je suis tranquillement à la bibliothèque, comme à mon habitude. Je lis un tout nouveau livre que Mlle Kumarlik a fait parvenir. C'est très intéressant, plus une encyclopédie qu'un simple livre d'ailleurs. Il regroupe tous les pays d'Europe connus par nous. J'adore l'Europe, c'est vraiment le continent que je préfère chez les Humains. Ils ont l'air si proche de notre culture. J'en suis arrivé à l'Arménie quand je vois quelqu'un entrer rapidement dans la bibliothèque. C'est Gwendal, un Passion avec lequel j'aimerais bien m'entendre. Il vient vers moi, ce qui est rare avec lui. J'ai assez facilement remarqué qu'il ne va pas souvent vers les gens. Ce qui signifie qu'il y avait vraiment quelque chose d'important. Il ne semble pas aller bien et je le vois à son visage. Et c'est là que ça commence à chavirer. Erica... C'est Gwendal qui est venu me prévenir de ce qui arrive, ce qui est arrivé. Je crois que je me mets même à trembler. Je n'aime vraiment pas ça. Erica… Beaucoup de sang. C'est peut-être ça le problème de Gwendal ? Je sais qu'il est hybride requin…Mmh…

Enfin bref, je le suis sans hésiter. Je crois que je n'ai jamais aussi vite abandonné un livre sur une table. Il m'explique la situation plus en détail sur le chemin. Plus il parle, plus je me sens mal. Je ne comprends pas… Je ne veux pas comprendre. Qu'est-ce qui se passe dans nos vies ? Sérieux. Ce lycée est la meilleure chose qu'il me soit arrivée en terme relationnel… Mais j'ai l'impression qu'il nous brise petit à petit. Qu'il est impossible de ressortir du lycée comme on y est entré…Avant de me laisser, Gwendal me demande s'il peut venir dans notre chambre le temps que la sienne soit nettoyée. J'accepte sans vraiment m'en rendre compte. La seule question qui me traversait l'esprit c'est le pourquoi du comment. Il y avait tant de sang que ça ? Je n'aimais pas ça du tout…

Gwendal me laisse au moment où nous arrivons dans le couloir des dortoirs. Je vois tout le monde attroupé. Est-ce que les secours sont là ? Je crois. J'en suis presque sûr. Je me faufile vers le centre de la foule. On me laisse passer et quand on ne me laisse pas, je pousse. C'est rare que je fasse ça, mais là… Erica… Qu'est-ce qu'elle a fait ? Je finis par arriver près d'Erica. Les secours sont là et ils l'ont déjà mis sur un brancard. Je vois le sang. J'ai heureusement – si je peux le dire – aucun problème avec le sang. Mais là… Pourquoi ? Aaah je n'aime pas ça. Combien de fois je l'ai déjà dit ? Je ne sais pas. Mais je suis obligé de le dire. Ils commencent à faire bouger la foule pour pouvoir l'emmener, en hésitant je lance :

-S'il vous plaît... Laissez-moi venir avec vous !

Ma voix est hésitante, mais je suis sûr de moi. Je veux rester avec elle. Parce que moi, j'aurais aimé qu'on le fasse. Je ne veux pas qu'elle se réveille seule. Non, je ne veux pas. Personne ne devrait se réveiller seul après ça. Je ne sais pas ce qu'est ''ça'' mais voilà… Je veux l'accompagner.
Un urgentiste – enfin, je crois que c'est ça le nom – me regarde rapidement et accepte sans trop poser de questions. Il doit certainement avoir l'habitude. Ou quelque chose comme ça… Mais voilà, je les accompagne. Ils ont pris l’ascenseur, ce qui est toujours plus pratique que les escaliers. Je ne sais vraiment pas comment le vivre sur le coup. Tout va super vite. Je n'arrive pas à réfléchir et je les suis juste. On monte dans l'ambulance et je reste dans mon coin le regard dans le vide.

Une fois à l'hôpital, tout s'enchaîne rapidement. Ça bouge dans tous les sens, on emmène Erica à un endroit, on me demande de rester à un autre. J’attends. J'attends encore. On me pose même des questions sur ce qu'il est arrivé, mais je suis incapable de répondre. C'est toujours comme ça, je ne suis jamais là. Mmh… Je reste assis. Je regarde vers là où on m'a dit qu'elle allait revenir. Une heure. Deux heures. Je ne sais pas. Est-ce qu'elle va bien ? Sûrement pas. Mais est-ce qu'elle va mieux ? Ils ont pu l'aider. Il n'y a pas d'autres possibilités. Ils y arrivent toujours non ? Enfin non… Pas toujours. Mais…
Je finis par craquer et pleurer. Sans vraiment pouvoir m'en empêcher. J'en ai marre. Le mal nous suit toute une vie. Le mal fait partie de nous. Il consume chaque personne d'une manière différente. J'ai envie de voir Erica revenir, mais en même temps, je me dis : « Et si elle ne revenait pas ? ». Je ne veux pas penser à ça. Mais c'est tellement possible… Tout est possible et… Un Passion, ce n'était déjà pas assez ? Bien sûr que non. Il faut que le sort s'acharne, le mal. J'imagine le pire… Je ne devrais pas, je le sais. Mais…

Rien. Heureusement, tout va bien. Enfin non… Tout ne va pas bien. Tout va mal là. Mais des gens – des infirmières, des médecins, appeler ça comme vous voulez – finissent par la ramener. Elle dort... Je crois. Je le suis jusqu'à une chambre, vide. J'ose demander comme elle va et une femme me répond simplement :

-Elle va s'en sortir.

Quelques mots, presque froids, mais ils me suffisent. Sur le moment, j'aurais pu la prendre dans mes bras en pleurant de joie, mais je n'en fais rien. Je ne fais que sourire et la remercier. Je m'assois sur une chaise et j'attends, encore. Je pourrais attendre toute ma vie pour qu'elle se réveille. Vraiment.

Et je rouvre les yeux. J’attends toujours. Après toute une nuit, toute une matinée, toute un après-midi. J’attends. Et j'ai eu raison d'attendre, je le sais. Erica va se réveiller, je le sais. Et… Oh ! Elle a bougé non ? Je suis sûr qu'elle a bougé ! Comme si ma vie en dépend, je me relève et vais vers le lit. Oui, c'est ça ! Elle a les yeux entrouverts. Je suis vraiment heureux. Un grand sourire apparaît sur mon visage, accompagné même de quelques larmes. Non mais je vous dis… Cette situation m'a vraiment chamboulé. Je n'aime pas ça…
Je réunis un maximum de force pour parler de la manière la plus normale possible, comme je le fais d'habitude quoi.

-Et bien, tu nous as faits sacrément peur ! On a tous cru que tu étais morte. Qu’est-ce qui t’as pris de faire ça ?

Oui enfin bon… Là, ce n'est pas trop normal non plus. Croire qu'elle était morte, je n'aurais pas dû le dire… Certes, je l'ai malheureusement pensé à un moment et je l'ai mal vécu. Mais voilà… Je n'aurais pas dû lui dire. J'en suis certain. Mais… Voilà. J'ai envie qu'elle aille mieux. Je ne veux pas qu'elle soit comme ça. Dans ma tête y a plein de questions. Je ne sais même pas ce que c'est ''ça'', enfin, je ne sais toujours pas. Elle a des bandages aux bras, et pour moi ça ne veut pas dire grand-chose… Et en même temps si. C'est juste… Enfin… Je veux comprendre. Si elle va mal, elle peut m'en parler. Et… Elle peut ne pas le faire également… Comme elle veut.

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Mer 2 Nov - 0:44


Avant que Erica ne se soit réveillé. Il y a eu du mouvement dans la chambre. Mais ayant les yeux fermés, je n'ai pas pris la peine de m'y intéresser. Une voix. La voix de Sekai. C'est tout bonnement impossible. Mon esprit m'a joué des tours. Sekai ne peut pas être là. Qu'est-ce qu'elle ferait là ?
Et pourtant au fond de moi je l'ai su. Après un petit moment de silence j'ai pu entendre :

-Regarde elle se réveille !

Et c'est ça, en partie, qui m'a poussé à rouvrir les yeux. Tout n'est pas que dans ma tête. Je suis fatigué mais pas encore fou. Sekai est bien là, sur le second lit.

Mais maintenant… Je ne sais plus quoi dire. Je reste là à regarder Erica. J'en ai peut-être même déjà trop dit. J'ai envie de pleurer et de sourire. Une seule personne qui me crée tant d'émotions en un seul lieu. Ça m'arrive tout le temps, mais étrangement, je préfère quand ce ne sont que des bonnes émotions.
Elle me regarde, elle ne va sûrement pas mieux, mais au moins elle est réveillée. Je suis rassuré… Mais j'ai peur. J'ai peur de tout et de rien. De rien et de tout. Pourquoi je suis là déjà ? Rien ne m'y oblige. J'aurais du envoyer quelqu'un de moins sensible que moi… Vraiment. Là, si elle parle, je vais certainement mourir. Ou fondre en larmes au minimum.

Erica sembla réunir tous ses forces pour ouvrir la bouge. Parle pas s'il te plaît… Je sais que je t'ai posé une question, mais ne parle pas… Trop tard…

-Sha…ne… Dan…son…

C'est cela oui ! Qu'elle dise mon nom me fait presque sourire. Mais en même temps comment m'oublier... Maintenant que je la vois comme ça, je me dis que j'ai peut-être un peu abusé par le passé. Je veux dire... À  chaque fois, je l'ai traîné partout. À l'Aquarium, je l'ai traîné avec moi. Lors du travail en groupe, je l'ai traîné avec Gwendal. Mmh… Voilà quoi…
Erica tourne la tête vers Sekai. Je ne lui ai toujours pas parlé depuis qu'elle est là. Je ne sais même pas ce qu'elle m'a dit avant. Je ne l'ai pas entendu, ou peut-être seulement pas écouté. Mais Erica semble vouloir lui parler elle. Ah non... À moi. Je ne sais plus quoi penser de la situation. Je ne sais plus rien. Rien de tout ça ne devrait être réel.

-C’est… qui ?

Elle me parle donc à moi. C'est vrai qu'elle ne connaît pas Sekai… Et… Je ne sais absolument pas ce qu'elle fait là. Je vais donc faire d'une pierre, deux coups en répondant à Erica :

-Cette fille s'appelle Sekai… Et je… Je ne sais absolument pas ce qu'elle fait là.

Même dans ce genre de situations, j'utilise un figure de style qui sert à poser une question à quelqu'un sans lui parler. Genre… De l'implicite non ? Je ne sais plus trop… Je peux l'utiliser, mais je suis incapable de le nommer. Je suis pas en état. Enfin, mon état est pas définissable non plus.
Après avoir regardé tout ce qui l'entourait, Erica continue de parler. C'est douloureux de la voir se démener comme ça. Je déteste ça… Elle me fait mal au cœur. J'aime pas ça…

-C’est …quoi ça, … est où…là ?

Je réalise que Sekai n'a pas répondu à ma question avant qu'Erica ne reparle. Peut-être qu'elle ne l'a pas comprise, ou peut-être qu'elle n'a juste pas voulu parler dans un tel moment. Je ne sais pas… Je pense que – à sa place – je n'aurais pas voulu parler. Si je ne connaissais pas Erica et que j'étais dans sa chambre à ce moment-là, je tenterais de fuir discrètement je crois…
La pauvre me semble perdue, complètement perdue… Je déteste la voir comme ça. Elle n'est pas super souriante d'habitude c'est vrai. C'est une habitude à prendre et tout le monde ne le fait pas. Mais… Là, c'est pire que de ne pas sourire. Ce visage. On pourrait presque lire la morte dessus. Et je dis presque, parce que je ne veux pas le faire. Elle est vivante, elle est avec nous. Tout va bien… Tout va très bien…

Non mais… Tout va pas très bien. Je vais pleurer, je vous jure. Dans ces moments, j'ai besoin de quelqu'un pour me soutenir. J'adore aider les gens, mais je ne suis pas toujours assez fort pour ça. La pauvre… Elle a besoin de quelqu'un qui est capable de rester stable. Quelqu'un qui sache comment faire. Moi je sens que je vais finir par craquer. La fatigue et c'est situation n'arrangent rien à ma sensibilité surdimensionnée.
Mon esprit n'a même pas le temps d'assimiler la première question, qu'Erica en pose une seconde :

-Il…s’est passé…quoi ?

Elle fait comme l'effet d'une bombe dans ma tête. Justement c'est ça le problème… Moi je n'en ai aucune idée. Je ne peux pas l'aider. Tout ce que je sais, c'est… Tout ce sang… Trop de sang… Des blessures aux avant-bras… Erica… Je ne sais pas du tout ce qu'il s'est passé. J'aimerais tellement te répondre, mais je ne peux pas.
Il aurait pu se passer tellement de choses. Trop de choses… J'ai envie de le savoir, peut-être qu'avec ses informations je pourrais enfin l'aider. Mais en même temps, je n'ai pas envie… Rien qu'en fermant les yeux deux secondes, je vois rouge. Mais pas n'importe quel rouge, du rouge sang. Un rouge que je n'aime pas… Les yeux de Mio ne sont pas de ce rouge-là… Je le sais, j'ai toujours du mal à arrêter de les regarder. Le rouge que je vois en fermant les yeux, n'est pas agréable et il me force à les rouvrir rapidement.

Mais là… J'aurais adoré les gardé fermés. J'aurais adoré ne pas voir qu'Erica pleure. Mais non… C'est inévitable. Elle est là à pleurer. Je me sens mal pour elle… Je déteste voir les gens pleurer. Quand quelqu'un pleure, je pleure aussi… Ma fichue sensibilité… Une grande qualité, mais tellement contraignante…
Je n'ai jamais vu Erica pleurer avant. J'aurais aimer ne jamais la voir pleurer, mais… J'ai l'impression que toutes les personnes que je rencontre doivent pleurer à un moment. Je n'aime pas cette idée, je ne veux pas qu'elle soit possible. Elle pleure et elle a le droit. Moi, je dois tenter de pas succomber trop à mon esprit. Elle pleure et moi aussi. Je tente d'essuyer mes larmes mais ce qu'elle dit n'aide en rien :

-Je ne… voulais pas… revenir.

Pourquoi elle dit ça ? Est-ce qu'elle le pense vraiment ou c'est juste pour me mettre encore plus mal ? Parce que là, c'est parfaitement réussi… Je crois que je ne vais pas réussir à arrêter de pleurer. Pleurer ça fait du bien. Se retenir pas du tout… Mais là… Je ne devrais pas pleurer devant elle, ça ne se fait pas… Enfin je ne sais pas. Je ne sais plus quoi faire. Que quelqu'un fasse quelque chose ! Et…

-N-Narra ?

Ce mot est sorti tout seul de ma bouche, seule chose que je réussis à prononcer en voyant une fille entrer dans la pièce. Et effectivement, c'est bien elle. Qu'est-ce qu'elle fait là ? Je comprends encore moins sa présence que celle de Sekai. Est-ce qu'elle a entendu mon appel de détresse ? Impossible… Je ne l'ai même pas dit à voix haute.
Narra avance vers le lit d'Erica et se place juste en face. Elle ne fait ni attention à Sekai, ni à moi. Seule Erica semble lui importer. Je la vois dérouler une feuille de papier puis la déchirer. Mais… Mais pourquoi ? Je suis toujours incapable de comprendre cette fille. Même après la soirée mouvementée que nous avons passée ensemble. Je ne la comprendrais jamais je crois. Et encore moins avec ce qu'elle ajoute ensuite :

-Vis.

Un simple mot accompagné d'un geste. Mais pas n'importe lequel ? Elle commence à déboutonner son haut. Avant je ne la comprenais pas, maintenant je ne veux plus la comprendre. Mais pourquoi ? Mais… Oh ? Mais… Des cicatrices. Je ne les avais pas remarquées cette fameuse soirée-là. En même temps, je ne voulais pas la regarder… Elle n'avait pas de haut.
Non, je ne veux vraiment pas la comprendre. Je ne veux plus. Il y a tellement de choses que je veux comprendre en ce moment, à cet instant, mais Narra c'est impossible. Je ne vais pas tenté de m'obstiner. Elle peut être vraiment gentille et elle tient parole, mais son comportement est trop compliqué pour moi. Narra est une personne compliquée, trop compliquée.

Mais elle à au moins le mérite de m'avoir aidé moi. Je suis tellement occupé à me poser des questions sur ses actions, que je ne pleure plus pour Erica. Je me sens toujours très mal, mais je ne pleure plus. En tout cas, plus pour le moment.
J'ai l'impression de servir à rien là. Je ne sers à rien concrètement. Je choisis de me rasseoir sur ma chaise. Je vois le regard de Sekai, toujours sur son lit. Je ne sais pas ce qu'il laisse transparaître de son état d'esprit. Mais comme si j'ai besoin de la rassurer ne je ne sais quoi, je lui fais un sourire qui tente de dissimuler mon état à moi. Je ne sais pas ce qu'elle fait là. Je ne sais pas ce que Narra a fait et fait là. Je ne sais pas ce que je fais là depuis le début. Mais surtout, je ne sais pas pourquoi Erica est là, elle ne devrait pas être là...

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II ▲ Elève
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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Mer 21 Déc - 21:10

Ô faiblesse qui est mienne, ô larmes qui ruissellent sur mes joues, l’incompréhension vous cause, la dépression vous unit fatalement.
Si on m’avait un jour dit que je serai dans une pareille situation, pour sûr que je n’y aurais pas cru. En tant qu’être fier, je me suis toujours refusée d’exprimer une quelconque sorte de tristesse en public, tel une âme vide, un coquillage inhabité, ballotté par les flots ; une plume qui se laisse entraîner au gré des tempêtes, des ouragans. Puis j’ai coulé, j’ai coulé au fond d’un abîme si sombre et si froid, traînée par ces chaînes que je n’ai pu briser. Comme aveugle, j’étais incapable de distinguer toute la lumière autour de moi, plongée dans cette nuit sans fin. Lassée, j’ai fini par abandonner, par lâcher prise, j’ai dérivé sans avoir pu m’effacer et me voilà échouée sur un rivage inconnu.

Mais qu’y a-t-il donc au plus profond de mes pleurs ? Je n’en savais rien, la chaîne qui s’était brisée en moi avait apporté un typhon de sentiments qui m’étaient impossibles à refouler ; débordants, ils s’écoulaient par mes yeux. Plus les secondes défilaient, moins je ne comprenais la situation dans laquelle j’étais, mon cerveau ralenti ne suivait plus la lourde cadence imposée par les évènements, je ne réfléchissais plus, je ne voulais plus réfléchir, c’était trop douloureux. « Je ne voulais pas revenir », ces mots, c’était ma souffrance qui s’exprimait.

Pleurant les yeux clos pour ne plus distinguer les pauvres gens autour de moi, j’entendis le bruit de l’ouverture puis de la fermeture d’une porte, quelqu’un était entré dans la pièce, encore une personne pour voir à quel point j’étais pathétique…. Il suffit d’un simple mot de Shane, un seul, pour me faire ouvrir les yeux, distinguant la nouvelle arrivante aux longs cheveux blancs. Oui, c’était bien Narra, on pouvait la reconnaitre entre mille ; ainsi, elle avait elle aussi voulu venir voir le spectacle.
Postée devant le lit, elle avait un morceau de papier dans la main qu’elle déroula sous mes yeux. Ce papier, je m’en souvenais bien, tâché de mon sang, gorgé de la douce folie de cet après-midi-là. J’ignorais comment elle l’avait obtenu et je ne souhaitais pas le savoir ; ce morceau de feuille, c’était le témoignage d’une démente, de ma part intérieure, possédée par l’enivrante envie de vengeance qui vous ferait faire n’importe quoi pour sa simple satisfaction, celle qui m’avait empêché d’abandonner l’affaire. Narra déchira le papier, un geste simple et pourtant empli de sens à mes yeux, comme si elle effaçait tout ça, gracieusement, avec la plus grande des facilités…. J’ai baissé le regard comme pour fuir, de honte.

-Vis.


De quelle magie pouvait donc bien être imbibé cet unique mot et à quel point pouvait-il raisonner au fond de mon cœur en ruines ? Avait-il le pouvoir d’éradiquer le monstre destructeur et son engeance ? Pendant un instant, j’ai pensé que oui ; la magie transportée par ces trois lettres pouvait stopper l’éboulement constant de ma vie. Ce mot, cet ordre, c’était la première fois que l’on me le formulait, même si c’était aussi la première fois que je me retrouvais dans un pareil gouffre, cela me donnait une impression jusqu’ici inconnue, celle d’avoir, au moins une fois dans mon existence, été considérée, telle que j’étais réellement aux yeux de quelqu’un, sans ce masque de pierre pour entraver la transparence….

Je ne savais pas ce qu’il y avait dans la tête des autres et encore moins dans celle de Narra, avait-elle réussi à lire dans mon âme ? Etonnamment, il me sembla que oui. Pourquoi était-elle en train de déboutonner son haut ? Je n’allais pas tarder à m’en rendre compte. Lorsqu’elle écarta finalement les deux bords de son T-Shirt, je remarquais la présence de quelque chose sur elle, que je n’arrivais pas à voir correctement de ma position. Je tournais mon regard vers Shane, positionné tout près de moi, à ma gauche. Je parvenais parfaitement à lire son malaise sur son visage, sa peine, je m’en sentis coupable ; pour une fois, ce garçon avait une autre place que le gêneur dans mon esprit. Il échangea un sourire avec l’autre fille, celle qu’il avait appelé Sekai, un sourire qui était différent de celui qu’il arborait quotidiennement, un poil triste peut-être ; elle lui en rendit un à sa manière, on voyait bien qu’ils avaient tous deux pleurés.

J’attendis quelques secondes avant d’essayer de bouger, soulevant mon bras gauche comme si il était en plomb, attrapant et tirant sur le bras de Shane pour m’aider à me redresser et m’asseoir, tout un sport pour une action pourtant banale. Mon autre bras, que je ne sentais pas jusqu’à présent, se mit à manifester sa présence par une douleur aigue persistante, m’arrachant au passage un grognement de souffrance. Je n’aurais surement pas dû bouger, il me fallait serrer les dents, ça allait passer, ça devait passer.

Mes yeux revinrent ensuite sur Narra où je pus mieux distinguer ce qu’elle essayait de me montrer… ah… c’était donc ainsi ? Elle avait sur elle une cicatrice d’une drôle de forme, un Y. J’avais fini par réaliser pourquoi elle m’avait tellement intéressée lorsque nous nous étions rencontrées dans sa cabane, cela devait être l’instinct ou le destin mais il me semblait que l’Unique ne m’avait pas fait rencontrer cette fille par hasard. Ces marques… ce sont les preuves d’une souffrance passée, d’un quelconque « combat » contre l’adversité alors, j’ai su qu’elle m’avait comprise au final et qu’elle m’ordonnait d’avancer quand même. Toujours agrippée fortement à Shane pour ne pas tomber, je me mis à regarder Narra dans les yeux, surement du regard le plus transparent et honnête que je pouvais faire de toute ma vie. Je ne pleurais plus à présent, mon attention était focalisée sur elle.

-Ah… à toi aussi… on a détruit ta vie, hein….


J’ignorais ce qui lui était arrivé et je ne pense pas que mon cœur voulait le savoir, tout ce que je désirais, c’était une confirmation ou non de mes dires, un simple oui ou un simple non, je ne lui demandais pas de justification, mais il allait peut-être falloir que moi j’en fournisse une, bien que cela me faisait toujours mal au fond….

-Merci…

J’esquissais un léger sourire un peu triste tout en baissant les yeux, Narra avait réussi à m’apaiser par ses actions. Ce n’était pas un merci vide de sens, adressé à une unique personne ; généralisé, il exprimait ma gratitude envers ceux qui sont venus me voir alors que je n’étais pas censé être grand-chose pour eux, ils ne me connaissaient pas vraiment, tout comme moi j’ignorais tout d’eux. Shane, lui, avait semblé avoir passé une éternité ici sans dormir, ça se voyait à son visage, visiblement épuisé, comme moi mais dans une autre mesure. Il était ainsi injuste qu’il ait attendu tout ce temps pour rien. S’ils voulaient, j’allais leur révéler le pourquoi du comment, à condition que ce ne soit pas ébruité partout….

-Vous savez… je ne m’appelle pas vraiment… Erica.


Tout le monde au lycée avait tendance à penser que c’était mon prénom sans réaliser qu’il n’était qu’un pseudonyme que j’avais consenti à garder par habitude, ils m’appelaient tous comme ça. Cette révélation était un point de départ, une mèche qui pouvait s’enflammer….

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Ven 23 Déc - 17:44

Rire. Sourire. C'est tout ce qui nous reste face à ce monde où même les enfants lancent des bombes.
Rire. Sourire. Il n'y a rien d'autre à faire qu'à leur apprendre que face à ta colère, Il ne faut pas se méprendre.


Comprendre. Encore une notion qui dépend de la personne. La compréhension varie selon la personne et son expérience. C'est un moyen pour rester ancré sur la terre et ne pas tomber. Ne pas comprendre c'est tomber et si on tombe sans se relever c'est la défaite. Chercher la réponse c'est le début de la victoire et, au bout du compte, c'est tout ce qui importe. Je n'ai pas besoin de voir pour savoir qu'une seule personne présente dans la chambre comprenais la signification de mes actes. Elle comprend tout simplement parce qu'elle sais que c'est d'être ou d'avoir été détruite. Réduite en lambeaux jusqu'à ce qu'on en vienne à commettre l'irréparable. Perdre pied et sombrer dans la folie. Ho oui la folie je la connais malgré qu'elle n'ai pas eu la même que moi. La folie de se détruire, c'est la pire de toute. Pour les autres, je ne sais rien mais ils ont sans doute connu des peines et des souffrances ou, à l'inverse, ils ont vécu une vie insouciante et dans ce cas la chute sera encore plus dure pour eux. Ce sera une chute sans filet.
Je reboutonne mon t-shirt sans lâcher Erica des yeux. Ne surtout pas regarder ailleurs, les souvenirs d'une vie oubliée pourraient revenir.

"Ah… à toi aussi… on a détruit ta vie, hein…."


Sa question frappe là où ça fait mal. J'ai l'impression d'étouffer alors que le souvenir de ce cylindre de plastique enfoncé dans la gorge, envoyant de l'air refait soudain surface. Pourquoi je pense à ça ? Ce n'est pas le moment, je me force à respirer calmement et hoche simplement la tête avant de me décider à parler....enfin je tente plus de m'arrêter de parler que l'inverse parce que les mots sortent tout seul.

"Oui. On a détruit ma vie, mais en retour j'ai détruit la leur. Ma haine à été mon carburant, le dégoût, mon moteur. Je n'ai jamais abandonnée, je suis en vie parce que je sais que ça fait chier un tas de monde. Peu importe l'avis, peu importe les règles, peu importe les autres. T'es en vie, montre le à tous et si ça les emmerdes tant pis pour eux !"


Vivre. Survivre. Il faut tout essayer de s'en sortir, regarder droit devant, c'est là qu'est notre avenir.
Vivre. Survivre. Si tu n'a pas la force de lutter, moi je te tends la mains, prends là je veux t'aider.


Mon flot de paroles insensée fini par s'arrêter. Pourquoi j'ai dis ça ? Je ne sais rien, sans doute un message que j'ai voulus faire passer. Je ne sais plus. Un simple non aurait suffit, ce serait un mensonge. Un simple oui aurait mieux valut, ce serait la vérité.
FAUX ! On ne m'a pas détruite ! Et elle non plus d'ailleurs, nous sommes toute les deux en vie, nous sommes vivante, les deux autres avec nous sont vivant aussi. Vivante, pas détruite.

"Merci…"


Je m'aperçois que je sert les poings depuis que j'ai déchirée la feuille. Mes phalanges ont blanchi, phalanges qui retrouvent leur couleurs une fois les poings ouvert. Elle ne m'a pas lâchée du regard. Que veut-il dire d'ailleurs ? Reconnaissance ? Sincerité ? Honneteté ? Ennui ? Compréhension ? Je ne sais pas, incapable de deviner les gens ne m'interesse pas assez pour que je comprenne et je m'en fiche elle dit merci et ça me suffit. Je jette un coup d'oeil rapide à Shane et Sekai. L'un à l'air d'un zombie sous lsd et l'autre ne semble d'avoir ce qu'elle fait ici ni ce qu'elle doit faire.

"Vous savez… je ne m’appelle pas vraiment… Erica."


C'est si important que ça ? Un nom c'est ce qui nous identifie et si il nous plaît pas suffit de changer. Pour tout le monde elle s'appelle Erica et elle s'appellera Erica quelque soit les circonstances car elle est connu sous ce prénom là. Alors qu'est-ce que ça peut faire que ce ne soit pas son vrai prénom. De toute façon on continuera de l'appeler Erica par choix et parce que nous y sommes habitué. Le reste n'a, au final, que peu d'importance. Je ne dis rien, elle semble vouloir parler, nous dire quelque chose qui lui semble important. Je la laisse faire, les deux autres finiront bien par dire quelque chose. Moi, j'en ai déjà dis trop.....pourquoi jai dis ça ? Pourquoi ?

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Dim 5 Fév - 14:45


Sekai a répondu à mon sourire. Elle ne va pas bien. Elle est là, sur ce lit, mais elle n'a pas l'air de savoir ce qu'elle fait là. Elle me fait de la peine, tout le monde ici me fait de la peine. Sekai, parce qu'elle se met dans les pires états pour rien. Erica, parce qu'elle ne devrait pas être dans cette situation. Narra, parce que malgré ces efforts, elle reste incompréhensible pour moi. Et puis moi, parce que j'aimerais aider, mais je ne sais pas quoi faire.
Je reste là, sans rien dire, sans bouger. Le temps semble arrêté, mais pourtant, tout va si vite. Il ne se passe rien, mais pourtant, toute une vie défile. Mais je ne sais pas laquelle de nos vies bouge le plus en ce moment. Toutes nos vies défilent sans nous. Nous sommes figés dans cet endroit pour une seule et même raison, une seule et même personne. Erica…

D'ailleurs, je la sens s'agripper à mon bras. Que fait-elle ? Je dévie enfin mon regard vers autre chose : elle. J'ai l'impression qu'elle essaye de se lever. Est-ce qu'elle fait bien ? Je n'en suis pas certain. Tout est si flou pour moi, alors pour elle, ça doit être pire. Je n'aime pas cette situation, je ne l'aime pas depuis le début. Elle semble avoir mal, ce qui est normal. Et ce n'est pas qu'une impression, le bruit qu'elle émet ne laisse plus aucun doute. J'ai de nouveau envie de pleurer. C'est n'importe quoi, que quelqu'un mette fin à tout ça.
Mais non, je dois rester droit, je dois rester là. Je me sens comme investi de cette mission, veiller sur elle. Je l'ai fait toute la nuit, je n'arrêterai pas maintenant. Je n'arrêterai jamais. Je suis parmi les plus vieux des Passions, je suis comme leur grand frère pour tous. C'est comme ça pour moi, je ne les lâcherai jamais. Erica a besoin de moi, même si je suis certain qu'elle ne se l'avoue pas. Et moi, j'ai besoin d'elle, aussi, je le sais.

Maintenant qu'elle est assise sur son lit, Erica fixe Narra. Elle ne la lâche pas du regard, comme elle ne lâche pas mon bras. Ce n'est pas du jugement qu'elle lui offre, non, pas comme moi. Mais son regard retranscrit quelque chose. Je ne le ressens pas de mon côté, mais c'est quelque chose de fort à mon avis. Je n'ai jamais vu Erica poser ce type de regard sur quelqu'un. Chaque situation nous révèle une facette d'une personne. Nous devons être privilégiés de découvrir celle-ci.

-Ah… à toi aussi… on a détruit ta vie, hein….

Cette phrase, si difficile à dire, si pleine de sens. Erica aurait une vie détruite, comme Narra si j'en crois ses dires. Quelque chose de puissant, de blessant, de destructeur tout simplement. Mais cela n'a pas l'air simple, cela n'a pas l'air facile. Rien n'est facile dans la vie, il faut juste être assez fort pour surmonter les choses. JE ne pensais pas l'être moi, mais au fur et à mesure, je me rends compte que je suis fort. Je suis assez fort pour contrer tous les obstacles que la vie a mis sur mon chemin. Du moins, pour l'instant, rien ne m'a vraiment arrêté. J'ai seulement été freiné.

-Oui. On a détruit ma vie, mais en retour, j'ai détruit la leur. Ma haine à été mon carburant, le dégoût, mon moteur. Je n'ai jamais abandonné, je suis en vie parce que je sais que ça fait chier un tas de monde. Peu importe l'avis, peu importe les règles, peu importe les autres. T'es en vie, montre le à tous et si ça les emmerdes tant pis pour eux !

Je ne m'attendais pas à une réponse de Narra. Elle est capable de tout. Ce n'est pas le fait qu'elle ait répondu qui me le fait comprendre, mais sa réponse en elle-même. Ses mots sont très clairs, il ne vaut mieux pas contrarier cette chère nymphe du feu. Elle a vécu des choses que je ne veux pas savoir et j'ai bien l'impression qu'elle ne veut plus jamais les vivre. C'est compréhensible. Quand un malheur nous tombe dessus, on ne veut plus jamais qu'un autre s'abatte sur nous.
J'assiste à cette scène en tant que spectateur, Sekai encore plus. Comme si nous étions de trop. Mais pourtant, le simple fait qu'Erica se tienne à moi me réchauffe le cœur. C'est comme si je la soutiens, comme si elle a besoin de moi pour tenir, rester debout. C'est une belle métaphore qui fait battre mon cœur. Je suis là, pour une raison. J'aime ce que je fais et c'est ça ma mission.

-Merci…

Ce mot, si important, si puissant. Il permet même à Erica d'afficher un sourire. Je me sens encore mieux. C'est de cela dont j'avais besoin, juste la voir sourire. J'ai attendu toute la nuit pour ça. Elle ne va toujours pas bien, mais ce petit geste, me fait plaisir. J'ai encore senti de la tristesse en elle, mais Erica avance. Narra a finalement réussi quelque chose, rien que pour ça, j'ai envie de la remercier moi aussi. Est-ce que l'on peut me croire si je dis que j'ai presque même l'envie de la prendre dans mes bras.

-Vous savez… je ne m’appelle pas vraiment… Erica.

Pardon ? Mais pourquoi dit-elle ça ? J'ai du mal à assimiler cette phrase, cette information. Est-ce qu'elle comporte une chose capitale pour l'histoire ? Je ne comprends pas. Elle ne s'appelle pas Erica. Qu'est-ce qu'on doit comprendre quand elle dit ça ? Que dois-je comprendre ? Je lance un regard d'incompréhension vers Sekai, qui ne semble pas plus comprendre que moi. Ensuite, c'est vers Narra que je le lance, elle ne laisse rien transparaître, comme si elle s'en moquait.
Je réfléchis. Mon esprit est embrouillé par cette nuit sans sommeil. Toute une nuit à avoir peur, mais à espérer. Au fond de moi, j'avais essayé de me convaincre que je n'avais pas besoin d'avoir des craintes. Que de toute manière, Erica allait se réveiller. Et c'est fait, elle est là. Elle se tient à moi d'une simple pression. Je le savais, je le vois.

Mes yeux se ferment un instant. Si Erica n'est pas son vrai prénom, pourquoi se fait-elle appeler ainsi ? C'est une des questions qui essaye de se trouver une réponse. Mais ce qui m'intrigue le plus, c'est le pourquoi du comment. Pourquoi nous l'annonce-t-elle maintenant ? Si elle fait ça, ça ne peut qu'avoir un lien avec ce qui arrive. Si elle est ici, c'est pour une raison. Il n'y a pas d'autre solution. Elle veut nous dire pourquoi, c'est pour ça qu'elle a commencé à parler. Dois-je la couper dans sa lancée pour tenter d'en savoir plus ou dois-je la laisser continuer. Qu'y puis-je ? Qu'y puis-tu ? Qu'y puit-elle ? Bon, je rouvre les yeux et me lance.

-Mmh… Tu ne t'appelles donc pas Erica ?

Ma curiosité, dans n'importe quelle situation, me devance toujours. J'ai besoin de savoir, et là, encore plus. Ça concerne une personne que je porte dans mon cœur. Rien ne m'empêchera de comprendre, sauf elle. Mais elle semble prêter à parler, alors rien n'arrêtera son avancée. Sauf si je continue à parler, je ne devrais pas interférer. Je m'excuse :

-Pardon, je ne voulais pas… Vas-y, je te laisse parler.

Je suis fatigué. J'ai besoin de dormir. Mais je ne pourrai dormir que lorsque je serai certain qu'Erica va mieux.

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Ven 24 Fév - 5:20

Le passé, le présent, le futur. Qui y avait-il de plus étrange que ces concepts temporels ? Une bonne partie des gens ne peuvent s’empêcher de vivre dans leur passé, pensant y retrouver ce qu’ils y ont perdu. Ces gens-là, ils se font du mal pour une chose vaine, ce que l’on a perdu ne reviendra pas, peu importe à quel point pleure, peu importe à quel point on prie, un mort reste mort, une fleur fanée ne fleurira plus, ma plume ne flottera jamais plus au vent. D’entre les trois concepts, le plus effrayant reste l’avenir car nul ne sait ce qui nous adviendra. Serons-nous heureux ? Serons-nous tristes ? Aurons-nous une famille, un travail, des amis ou bien mourrons-nous tôt ?
D’aussi loin dont je pouvais me souvenir, j’avais toujours été terrorisée par l’avenir et mon passé m’était insupportable, dépouillée de ces deux concepts, il ne me restait qu’un présent déformé. Aujourd’hui, il me fallait replonger dans de vieux souvenirs, des douloureux pour une partie, mais aussi quelques bons. Je savais que ce n’était pas sans émotions que j’allais remonter tout cela, peut-être allais-je verser des larmes ou me mettre en colère, personne ne le savait.

J’ignorais ce que chacune des personnes autour de moi aujourd’hui avaient bien pu vivre, certains avaient probablement vécu bien pire que moi, à leurs yeux, ma souffrance sera surement dérisoire et injustifiée dans ce cas-là. J’avais appris au final que ce que je supposais sur Narra était vrai, une vie détruite… mais elle avait eu l’occasion de se venger, ce que je n’aurais possiblement plus jamais, le monstre ayant disparu de ce monde, il n’allait sans doute plus revenir. Ça devait faire 6 longues années que j’étais aveuglée par la haine, j’avais détruit tellement de choses, tellement de vies innocentes, j’avais loupé tellement d’occasions qui n’allaient plus jamais se présenter à moi.
Tous furent plus au moins surpris d’apprendre que ce nom que je portais n’était qu’un faux, une contrefaçon. Il me sembla que ce fut trop pour la prénommée Sekai car elle s’était déjà levée du lit où elle se trouvait quelques instants auparavant, se courbant devant nous.

-J’espère que tu te rétabliras bien ! Au revoir ! Oh et… Ravie d’avoir fait ta connaissance ! Repose-toi bien et reviens vite au lycée !


Elle s’approcha de mon lit et me sourit, un magnifique sourire pour moi, je ne savais pas quoi faire pour lui répondre, j’étais désorientée, mes mots se refusaient de sortir de ma bouche. A la place de sons, je l’ai regardé dans les yeux, un regard pourvu de gratitude qui l’accompagna jusqu’à ce qu’elle eût quitté la pièce. J’étais étonnée que quelqu’un dont j’ignorais l’existence quelques minutes avant puisse réagir ainsi, c’était une rencontre que je n’allais pas oublier de sitôt. Comme la fille était partie, la discussion pouvait donc reprendre.

-Mmh… Tu ne t’appelles donc pas Erica ?

Shane était bien le cliché du Passion, curieux comme il fallait. Quant à Narra, elle ne montra pas plus que ça de signe de curiosité, mais elle, elle savait mon vrai prénom, je le lui avais déjà dit.

-Pardon, je ne voulais pas… Vas-y, je te laisse parler.

Le bras droit de ma classe semblait vraiment au bout de sa vie, avec ses cernes sous les yeux, je sentais la nécessité de faire en sorte à ce que mon récit soit le plus court possible. De toute façon, autant d’années de vie à raconter en détails, ça ne pourrait pas se faire en une journée, et certains éléments n’avaient pas besoin d’êtres sus par une tierce personne, il me fallait donc faire un résumée de ma vie. J’avais peur, je tremblais à cette idée de raconter tout ça pour la première fois car oui, ce qui allait être dit par la suite, j’étais l’unique personne encore ici pour en témoigner. Ma main serra le bras de Shane un peu plus fort alors que je fermais les yeux et prenais une grande inspiration. En expirant, je rouvrais mes paupières, regardant dans le vide, je ne voulais pas voir leurs visages sinon je ne pourrais pas parler, je n’en aurais pas le courage. Je savais par où commencer, je devais commencer par là.

-Oui Shane…. Mais avant toute chose, j’ai une question à vous poser…. Essayez d’imaginer une personne, celle pour qui vous ressentez une terreur pire que pour toute autre chose, une terreur qui ferait que si vous la voyiez, vous seriez figés d’effroi. Cette peur immense est couplée avec une haine meurtrière envers cette dite personne. Je vous demande donc d’essayer d’imaginer ce que vous feriez si à chaque fois que vous passez devant un miroir, ce n’est pas vous que vous voyez, c’est elle.

Sur le coup, j’avais senti un profond malaise au fond de moi, une boule au ventre. J’essayais de repenser à ce fameux après-midi qui m’avait amené en ce lieux. Cette personne dont j’avais vu le visage, celle que je craignais le plus, celle que j’aurais volontiers tué si j’avais eu plus de courage… tout ça, c’était ma mère. Je me revoyais dans la chambre à ce moment-là, en tous points misérable. J’aurais bien aimé sauter du lit et m’enfuir en courant, seulement je pouvais à peine me mouvoir, même si la parole semblait être revenue comme normalement. J’essayais de cacher mes yeux avec ma frange en baissant ma tête, je ne voulais pas que l’on voie ce que cela me faisait ressentir.

-Je pense que c’est en partie cette situation qui fait que je suis ici aujourd’hui…. Permettez-moi de refaire les présentations même si je pense que Narra, tu as déjà entendu ce nom. Je suis enchantée de faire votre connaissance, je suis Bleunwen Gouellec et ça doit bien faire 11 années… que je suis sur la liste des enfants disparus.

Un sourire triste, c’est tout ce que l’on put distinguer sur mon visage, j’avais fini il y a quelques temps par vérifier si cette information était vraie, c’était le cas, j’y étais toujours. On ne pouvait pas en vouloir aux autorités, j’avais falsifié jusqu’aux papiers d’inscription du collège et du lycée, personne ne pouvait savoir que la petite Bleun était en encore en vie. J’ignorais à quel point ça pouvait faire bizarre à mes interlocuteurs d’entendre ça mais je ne pouvais pas simplement m’arrêter ici, ça apportait trop de questionnements.

-J’avais quoi ? Cinq ans quand ma mère m’a enlevée, c’est depuis ce jour que l’on m’appelle Erica. Je ne sais pas comment elle s’y est prise mais elle a réussi à faire en sorte que j’oublie tout. Au final, mon prénom d’origine n’était plus le mien, encore aujourd’hui je considère Erica et Bleunwen comme des personnes totalement différentes, c’est ce qu’elle m’a fait croire.

Un nom vide et un passé oublié, ce jour-là, maman a tué pour la première fois Bleunwen, elle lui a arraché l’une des seules choses qu’elle possédait : son existence. Bleun, c’était la grande sœur d’esprit de Erica, c’était aussi le nom du corps de cette dernière mais ce n’était pas moi, je refusais encore et toujours de l’admettre, même si je le savais. L’existence de Bleu, je l’avais apprise en lisant le carnet de ma mère, celui que j’avais demandé à Narra de brûler.

-Ma mère et moi avons vécu comme des fugitives jusqu’à mes 13 ans, l’âge où je suis allée pour la première fois à l’école. Durant une partie de ces années, la seule chose que je pouvais faire, c’était d’attendre que ma mère rentre à la maison en regardant la mer depuis une petite fenêtre. Au début, maman était la seule personne dont je me souvenais, c’était quelqu’un de gentil mais tout a fini par changer. Elle est devenue un monstre, rentrant bourrée et à moitié folle le soir, elle me tabassait jusqu’à s’endormir. Malgré tout, je l’aimais toujours même si j’avais peur.

En y repensant, je ressentais à nouveau ses coups, ça me faisait mal. Je crois qu’un jour, elle m’avait brisé une ou deux côtes en me frappant, la vive douleur était restée pendant un long moment, je ne pouvais malheureusement pas voir de médecin pour savoir. Je mordais ma lèvre inférieure tant j’avais l’impression d’avoir de nouveau mal, je devais inconsciemment broyer le bras de ce pauvre Danson à ce moment-là. Plus on avançait dans mon récit, plus j’avais l’impression de revivre mes souvenirs, comme si Shane et Narra n’étaient plus autour de moi, je commençais à m’exprimer comme si je redevenais une enfant. Je leur aie ainsi raconté quelques détails sur les livres que le vieux professeur m’avait prêté, cette raison qui m’avait amené à devenir une Passion.

-Je me suis fait un ami, mon seul ami, c’était un chat tout orange, il m’accompagnait lors de mes sorties quand maman n’était pas là. J’aime beaucoup les chats, mais lui, c’était le plus beau de tous les chats. Un soir, maman est rentrée avant, elle… elle a vu le chat, elle a pris un couteau et… et… elle a tapé le chat avec… c’était tout rouge et…et après elle m’a attrapé… et…

Je n’en pouvais littéralement plus, mon cerveau avait fini par se bloquer, je ne voulais plus me souvenir de rien, je n’avais plus la force d’agripper Shane ou de me tenir assise, je me suis laissée tomber sur Danson. Si on regardait mon visage à cet instant, on pouvait voir que j’étais traumatisée, des larmes tombaient en silence, je n’émettais plus aucun son mais je tremblais, plus que jamais.

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Sam 25 Fév - 2:03

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Que faut-il faire dans ces moment-là ? Est-ce qu'il faut juste s'asseoir, écouter et attendre ? Se contenter d'être une masse en attendant que tout se termine. Ne rien dire soi-même et laisser à ceux qui savent manier les mots. Est-ce que ça donne le sentiment d'être insensible à ce qui se passe autour de soit ? C'est à se demander pourquoi les gens pensent que si on ne dit rien c'est qu'on n'a rien à dire ou, que ça ne nous intéresse pas. Dans ces cas-là, on se met à douter. Douter de soi-même et douter de tout. Se rendre compte qu'on s'est toujours tue et au final, il n'y a que la solitude au bout du chemin.

Pff, jamais personne ne s'est dit que si on ne disait rien, c'est parce qu'on ne savait pas quoi dire. Non, ça, ça leur passe au-dessus de la tête. Quand ne sait pas quoi dire, quand est aussi maladroit avec les mots, ce n'est qu'un puits d’incompréhension et de solitude qui nous attend. La solitude ? Elle n'arrive plus à faire peur quand on y est habitué. Mais penser que nous sommes des êtres asociaux et insensibles tous ça parce qu'on n'arrive pas à mettre de mots sur ce qu'on veut, ça c'est juste insupportable. De l'incompréhension, viennent les conflits. Pourquoi ? Parce qu'on a su écouter. Parce qu'on n'a pas su répondre. Parce qu'on a réussi à se faire comprendre. C'est quelque chose que certains veulent changer, chose qui ne s'annonce pas facile. Pas facile car, qui va vouloir aider ? Ces personnes-là sont considérés comme des gens à éviter, à qui, il ne faut absolument pas parler sous peine d'attraper la même maladie qu'eux. Ceux qui acceptent d'aider seront soit considéré comme fou, soit comme des héros, mais en aucun cas comme une personne normale. Vous pensez que c'est une vision biaisée de la réalité ? Sans doute que vous avez raison, mais c'est comme ça que beaucoup d'entre-nous voyons la chose

Sauf que tous n'ont pas besoin d'aide ou de la pitié des autres, ils se relèvent, se battent et réussissent. C'est long, faut être patient, ne jamais abandonner même quand on doute. Et au final, une fois la chape de plomb franchi, la lumière. La victoire et la satisfaction d'avoir réussi à s'élever soi-même. Celle d'avoir réussi à faire taire les mauvaises langues.
Mais pour le moment, c'est une personne qui s'est abîmée dans les ténèbres, qu'il faut secourir.

"Oui Shane…. Mais avant toute chose, j’ai une question à vous poser…. Essayez d’imaginer une personne, celle pour qui vous ressentez une terreur pire que pour toute autre chose, une terreur qui ferait que si vous la voyiez, vous seriez figés d’effroi. Cette peur immense est couplée avec une haine meurtrière envers cette dite personne. Je vous demande donc d’essayer d’imaginer ce que vous feriez si à chaque fois que vous passez devant un miroir, ce n’est pas vous que vous voyez, c’est elle."

Après réflexion, un souvenir revint, a-t-elle déjà fait mention de son prénom ? ...probable. il faudra qu'elle le redise, que le souvenir revienne totalement. En attendant, imaginer ce qu'elle demande est un exercice étrange. Qu'est-ce cela va bien apporter ? D'autres souvenirs remontent, pas assez effrayant pour provoquer l'effet demandé par celle qu'a voulu abandonner. Pas de souvenir, mais un rêve, plus qu'un rêve, un cauchemar récurrent qui surgit dès que l'envie de dormir survint. L'image d'une jeune fille aux traits tellement ressemblants que ça en est troublant et auréolée d'un feu blanc aveuglant. Tellement intense que la sensation que votre chair fond est instantané. Les yeux fous, d'un noir abyssal d'où s'échappent des larmes ébène. Puis vient la voix. Aussi ressemblante que les traits. Cassante comme du verre et aussi coupante qu'une lame de rasoir. Enfin le rire, ce rire qui montre que rien ne pourra sauver cette personne. Le rire annonçant la fin, seule au milieu de rien, du feu, partout. Aussi blanc qu'un flash lumineux. Aussi implacable qu'une coulée de lave.
Cette vision arrivant au galop, forçant à serrer les poings et agiter la secouer la tête pour la faire partir est ce qui pouvait se rapprocher le plus de ce qui était demander. Il faudra attendre pour avoir la réponse. Attendre que le calme soit revenu, car un violent combat mental était en cour et la température à l’intérieur de l'aura avait fait un bond. Il faudra donc attendre l'arrivée du calme.

Durant cette attente Érica continua de parler d'elle. De qui elle était et de qui elle était devenue. Un passé tragique, un autre. Un de plus venant compléter la longue liste de malheurs qui parsèment l'histoire de l'île. À croire que cet endroit est maudit et que la plupart des naissances et l'éducation, qui en découle, ont été frappées à un moment ou à un autre par un cruel coup du destin. Sur cette île, la mort est reine. C'est son domaine.
Bleunwen, ce prénom n'était pas inconnu, elle l'avait, en effet, déjà prononcée par le passé. Mais au début ça donnait l’impression que c'était un pseudo, un surnom, après réflexion c'est un bien drôle de surnom.

"Ma mère et moi avons vécu comme des fugitives jusqu’à mes 13 ans, l’âge où je suis allée pour la première fois à l’école. Durant une partie de ces années, la seule chose que je pouvais faire, c’était d’attendre que ma mère rentre à la maison en regardant la mer depuis une petite fenêtre. Au début, maman était la seule personne dont je me souvenais, c’était quelqu’un de gentil mais tout a fini par changer. Elle est devenue un monstre, rentrant bourrée et à moitié folle le soir, elle me tabassait jusqu’à s’endormir. Malgré tout, je l’aimais toujours même si j’avais peur."

Quand on perd tout repère, on finit par arriver à des notions erronées. C'était quelque chose qui était toujours difficile à comprendre, voir même illogique. Comment aimer quelque chose qui nous veut du mal ? Il n'y avait pas que ça, raconter ces choses faisait mal. C'était si visible que ça en devenait dérangeant...gênant. C'était justement ce genre de moment où les mots se perdent et qu'on ne sait plus quoi dire. On ne sait plus car, on sait bien que ça n’atténuera pas les souffrances. On peut juste s’asseoir et attendre. Attendre et être là. Mais ceux qui veulent changer en ont marre de rester en spectateur, ils veulent agir, réagir. Mais comment réussir à consoler rassurer et consoler quelqu'un quand on a passé le plus clair de son temps à être une statue de cire ?
Le moindre que l'on puisse faire c'est au moins se lever pour se placer à côté de la personne blessée. Oui, on peut au moins faire ça, histoire de décharger un peu celle-ci, qui la rassure de par sa simple présence. C'est fou comment une présence peut rassurer et encourager, on ne s'en rend pas compte, au premier abord, pourtant c'est ce qui devrait nous sauter aux yeux.

Puis, vint le point de rupture. Celui qui brisa l'être à demi-couché dans le lit. Perdre un être auquel on tient sous ses yeux, d'une façon aussi violente, c'est une expérience cruelle que personne ne devrait subir. La voila au plus bas, accrochée au seul réconfort qu'elle a à portée. Une autre réaction possible c'est d'aller épauler les deux personnes. Ce qu'on peut faire tout de suite. S'agenouiller et aider dans des mouvements maladroits mais avec conviction. Quand on veut vraiment aider, cela se voit dans les gestes. Mais il ne faut surtout pas partir. Surtout pas, c'est la plus mauvaise idée que l'on puisse avoir. Non, il faut rester, rester jusqu'à ce que le calme revienne. Déjà, la remettre dans une position un peu plus confortable pour elle comme pour lui puis repasser de l'autre côté du lit, une main sur l'épaule. Une main qui peut transmettre de la chaleur. Celle du feu, la chaleur de la vie. Quoi de mieux que cette chaleur pour montrer que malgré tous ce qu'elle a vécu, elle est encore vivante et qu'elle se relèvera ? Une chaleur douce, diffuse, apaisante. C'est ce dont elle avait peut-être besoin en ce moment. Ça et le réconfort des présences dans cette chambre sans doute les paroles aussi.

Un moment plus tard, d'autre mots brisèrent le silence. Elle avait posée une question alors autant y répondre.

"Mon pouvoir. C'est lui qui m'inspire la plus grande terreur que je puisse imaginer. La peur qu'il s'empare totalement de mon être. Si je devais la voire, devant un miroir, je le briserais. Je gagnerai, un point c'est tout."

Oui. Si elle devait revenir dans le cauchemar, alors elle serait un adversaire de plus à vaincre. Même si la peur paralyse les membres et noue les entrailles. Se relever, encore et encore. Affronter et vaincre, tel est le propre du vivant. Perdre n'est pas une option. Perdre face à ce mal n'est pas même une notion existante. La victoire est le seul maître de ce combat. La détermination se lit dans le regard et dans la posture. Droit dans les yeux, une dernière phrase fût entendue avant de laisser place au silence...ou à quelqu'un qui aurait quelque chose à dire.

"J'ai la force en moi pour éliminer tous les obstacles, Shane l'a aussi et toi aussi. Il suffit juste de la réveiller !"

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MessageSujet: Re: Goodbye monster's child [Libre] Mar 18 Avr - 20:13


Je m'en fous.

Non mais vraiment. Dans quel monde, on vit ? Ça n'a plus aucun sens. Rien n'a de sens. Je ne sais plus où j'en suis, ni pourquoi je suis là. Est-ce que ça revient au même ? Même ça, je ne sais plus. Qu'est-ce qui se passe en fait ? Mais je m'en fous, c'est bien ça. Je n'ai pas besoin de savoir. C'est bien également ce qui a poussé Sekai à nous quitter. La pauvre, elle ne devait pas savoir ce qu'elle faisait là. Mais je la comprends tout à fait. C'est vraiment trop étrange comme situation. Est-ce qu'à un moment quelque chose de normal va se passer ? Je n'en suis pas certain.
Tout ce dont je suis sûr là, c'est que j'aide Erica d'une certaine manière. Si elle se tient à moi, c'est que je dois l'aider. Ou alors je ne comprends vraiment rien. C'est sûrement ça. Je suis fatigué. J'aurais dû dormir, mais je n'en avais pas envie. Qu'est-ce que je vais faire ?

-Oui Shane…. Mais avant toute chose, j’ai une question à vous poser…. Essayez d’imaginer une personne, celle pour qui vous ressentez une terreur pire que pour toute autre chose, une terreur qui ferait que si vous la voyiez, vous seriez figés d’effroi. Cette peur immense est couplée avec une haine meurtrière envers cette dite personne. Je vous demande donc d’essayer d’imaginer ce que vous feriez si à chaque fois que vous passez devant un miroir, ce n’est pas vous que vous voyez, c’est elle.

Une personne contre qui je ressens une terreur pire que tout autre chose ? Je ne vois personne à ce niveau. Il n'y a personne dont j'ai peur. C'est tellement étrange ce qu'elle nous demande de faire. J'ai bien évidemment peur de certaines personnes, comme tout le monde. Mais, pas à ce point, pas aussi fortement.
Je continue d'écouter tout ce qu'elle a à nous dire. Ses mots semblent venir difficilement. Mais pourquoi se force-t-elle ? Nous n'avons même pas besoin de savoir tout ça. C'est sa vie. Pas la nôtre. Je n'ai pas besoin de savoir ce qu'elle est, ni qui elle est. Ce qui importe, c'est le présent. Même si elle dit s'appeler Beurette ou quelque chose du genre, je m'en fous. Elle est Erica Gouellec, jeune Passion dans le lycée de Xényla. Je suis là parce que je veux être là. Ce qui est indéniable. Mais au final, je crois bien que je ne sais plus trop pourquoi je suis là. Narra a l'air de savoir elle, c'est perturbant.

Toute l'histoire d'Erica ne me laisse pas de marbre. J'ai presque envie de me boucher les oreilles. C'est juste horrible. Est-ce que c'est possible d'avoir une vie aussi triste ? C'est tellement. Waouh.
Je crois que me boucherais les oreilles si Erica ne me tenait pas le bras. Je ne veux pas en entendre plus. Ce n'est pas possible. J'essaye de rester calme en perdant mon regard sur autre chose. Tient ? Narra a des reflets violets ? Depuis quand ? C'est intéressant dis donc. Je vais regarder ça maintenant. C'est vraiment spécial. C'est vraiment le paroxysme de je ne sais quoi. Oulalah.
Je suis fatigué. Je suis au bout. Je n'arrive même plus à pleurer. J'ai déjà tout donné non ? Je suis en train d'aller mal. Je le sais. Ça ne va plus. Pourquoi est-ce qu'Erica s'acharne sur mon bras comme ça ? Je veux bien qu'elle me tienne, mais elle commence à me faire mal.

-Je me suis fait un ami, mon seul ami, c’était un chat tout orange, il m’accompagnait lors de mes sorties quand maman n’était pas là. J’aime beaucoup les chats, mais lui, c’était le plus beau de tous les chats. Un soir, maman est rentrée avant, elle… elle a vu le chat, elle a pris un couteau et… et… elle a tapé le chat avec… c’était tout rouge et…et après elle m’a attrapé… et…

Et elle me tombe dessus. Je sais vraiment plus quoi dire. C'est vraiment la fin là. Elle aurait jamais dû parler. Elle n'avait pas besoin. Vraiment pas. Je regarde dans le vide qu'est Narra. Je vois que du vide. Rien ne va plus. J'ai l'impression de devenir fou. Est-ce que je suis fou ? Ça expliquerait tout.
Sans que je ne le comprenne vraiment, Narra se déplace et remet tout en ordre. C'est comme le travail d'une femme de ménage. Rien ne va. En fin non, là ça va. Erica est à nouveau couchée et Narra s'est postée de l'autre côté du lit.

Est-ce qu'elle a bien dit que sa mère a tué son chat ? Mais c'est horrible ? Qui fait ça ? Mais sa mère bien sûr. Je suis fatigué. Tuez-moi. Non, c'est inapproprié. Je n'aurai pas dû venir. Mais si, Erica en a besoin. Ou alors elle a besoin de Narra ? Peut-être que je me fais des films. Peut-être que tout ça est un film. Un film triste. Avec une fin heureuse ? J'espère.
Narra se met à parler. Mais qu'est-ce qu'elle dit ? Je ne comprends plus. Je suis pas bien. J'ai besoin d'air, je crois. Je n'aurais pas dû abuser de l'alcool. Mais je ne bois jamais. Je n'ai pas bu là. Ah.

J'ai entendu mon nom. C'est tout ce que je comprends. J'ai la tête qui tourne.

-Je… Je…

Je… Je…

-Est-ce que… Je peux sortir ?

Pourquoi je demande l'autorisation ? Peut-être parce que je respecte Erica et que j'ai l'impression que quitter cette pièce serait lui manquer de respect. Je crois que c'est ça. Je n'en sais rien. Mais je me lève en m'aidant bien de ce qui peut m'aider.

-Erica… Je suis désolé. Je voulais t'aider, mais je ne peux pas. Je n'en suis pas capable. Narra est bien plus forte que moi… Enfin… Je… Je veux dire. Je n'ai pas les épaules pour assumer tout ça. J'ai rien compris… Je ne dois pas être à votre niveau…

Je ne pleure toujours pas. Je suis lessivé. C'est comme si sur l'instant, je ne vis plus vraiment. C'est n'importe quoi ici. Tout est n'importe quoi. Qu'est-ce que je fais là ?

-Je… reviendrai…

C'est peut-être un mensonge. Je n'en sais rien. Je ne sais plus rien. Je n'ai jamais rien su. Qui suis-je pour mériter de croire savoir quelque chose ? Personne.
Je marche alors vers la porte, sur les pas de Sekai. J'aurai dû la suivre quand il était encore temps. Maintenant, tout est trop tard. Je connais toute l'histoire et je m'en veux. Je n'aurais pas dû savoir. Je m'en vais.

▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬▬


¤~----< Shane fait tomber la nuit en DarkOrange. >----~¤



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