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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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La fin d'une dignité. [Gwendal]

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MessageSujet: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mar 4 Oct - 21:45

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Aujourd'hui je ne voulais pas aller en cours. J'avais déjà fait l'effort d'y aller hier toute la journée. Deux jours de suite ce serait beaucoup trop pour ma phobie sociale. Mon lundi a était déjà suffisamment laborieux comme ça.

J'ai dû faire mon maximum pour paraître invisible au reste de ma classe. Je me suis simplement assise tout au fond, à droite, juste à côté de la fenêtre, la place parfaite quand on ne veut pas se faire remarquer. Ça a payé, personne n'est venu me parler. Pendant les poses je faisais mine de lire un livre ou d'être occupée sur mon téléphone.

Mon camouflage aurait put être parfait, mais voilà, c'était sans compter sur cet idiot de Charly qui vient me taper la causette dès qu'il en a l'occasion. Il me tape sur les nerfs à essayer de se rapprocher de moi, même physiquement, il n'a pas dut voir la distance de sécurité que je m’efforce de garder avec les autres. Ça n'est que grâce à cette distance que je peux espérer avoir des nuits reposantes.

C'est d'ailleurs à cause de lui que je suis obligée de m'isoler dans ce jardin. Je ne voudrais pas courir le risque de tomber sur lui - je ne connais pas encore son emploi du temps. Je soupire et stoppe ma marche nonchalante. Mon PC me manque...

Le soleil tape fort aujourd'hui. Je décide d'enlever mon sweat noir oversize et de le nouer autour de ma taille. J'esquisse un petit sourire en détaillant la façon dont je me suis habillée ce matin - il faut dire que je prend simplement les  premiers trucs qui me viennent sous la main.

J'avais enfilé une paire de baskets montantes sans même prendre la peine de faire mes lacets, un jean gris que je passe mon temps à remonter tant il est grand, et un débardeur blanc, large évidemment. Je me plains tout le temps de mes formes de planche à pain et de mon physique de gamine, mais ce genre de tenue ne fait rien pour arranger les choses...

- C'est pas comme si j'en avais vraiment quelque chose à faire... Murmurais-je pour moi-même, avec un léger sourire désabusé.

Je décide d'arrêter de regarder mes pompes et je relève la tête. Mon regard se pose involontairement sur un jeune homme, qui ne m'avait pas semblé être là il y a encore quelques minutes. Moi qui voulais être seule... C'est bizarre tout de même, il n'est pas en cours ? Et puis peu de gens viennent ici d'habitude, du moins c'est l'impression que j'ai eu.

Je le détaille quelques instants, comme j'ai l'habitude de faire, j'analyse les personne que je vois, si jamais je devais avoir à faire à elles un jour. Il me parait super grand du haut de mon 1m50. Il a des cheveux rouges... non plutôt fushia en fait. Des yeux plus ou moins de la même couleur et des dents sacrément pointues. Je mettrais ma main à couper que ce gars et un hybride de prédateur.

A première vue il n'a pas l'air d'une personne facile à vivre. Je ferais mieux de détourner le regard avant qu'il ne se rende compte que je le fixe, je ne voudrais pas l'énerver. A moins que ça ne soit déjà trop tard.

Merde, il approche vers moi et il a pas l'air de vouloir faire ami-ami. Qu'est-ce que je fais ? Raphaëlle, réfléchis bordel ! Le voilà devant moi, il me regarde de haut. Je me sens toute petite devant lui. J'enfonce ma tête dans mes épaules et regarde nerveusement autour de moi, fuyant son regard et cherchant une échappatoire.

Voilà une année scolaire qui commence bien !



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 13:14


C'est pas possible, sérieusement, pas déjà.

Dans les couloirs du lycée, me voilà, à moitié en train de courir. Pourquoi ? Parce que je suis en retard. D'un bon quart d'heure. Je fais toujours attention pourtant, je garde un œil sur l'horloge murale de la piscine pour ne pas risquer d'être confronté à ce genre de problème et je pars toujours assez en avance pour ne pas avoir à courir vers ma salle de cours.
Mais voilà, il fallait que ça m'arrive. Il fallait que cette saloperie d'horloge s'arrête.

Ce matin, on avait sport. Mais grâce à une autorisation spéciale, j'ai eu le droit d'utiliser ces deux heures pour mon propre entraînement personnel au bassin. Je retiendrai mes idées de génie. Je le sais, hein, pourtant, que je vois pas le temps passer quand je nage. Mais non. Il fallait que je me mette dans la merde tout seul. Quand j'ai compris - trop tard, bien sûr - que les aiguilles de l'horloge ne bougeaient plus, je suis sorti en trombe du bassin. Et encore, si Yamina et sa classe n'avaient pas débarqués là pour leur propre cours de sport, j'aurais jamais remarqué que j'étais en retard.
Je vous laisse imaginer la vitesse à laquelle je me suis précipité dans les vestiaires pour me sécher et me rhabiller. J'ai à peine pris le temps d'enfiler un jean, j'ai failli me ramasser contre le sol en remettant mes chaussettes et mes baskets en sautillant à cloche-pied vers la sortie des installations sportives, et j'ai même pas mis de t-shirt sous mon survêt' noir et rouge. La dèche totale. Je crois que je me suis jamais autant dépêché de ma vie, sérieusement.

Donc je cours. Vers ma propre mort, très certainement. Parce que de dix heures à midi, on a Histoire Humaine. Avec O'Neill. Je tourne à gauche dans le couloir, je suis presque arrivé. Je vais me faire allumer.

Après une glissade plus ou moins contrôlée, j'arrive devant la porte de sa salle de classe. J'ai une de ces allures. Mes cheveux sont encore trempés, j'ai pas eu le temps de fermer mon sac de sport et j'ai le torse à l'air. Ça va pas le faire. Je pose le sac, puis referme ma veste de survêt'. Je me penche vers mon sac pour le fermer lui aussi quand je réalise quelque chose. Dites-moi que j'ai pas fait ça...

Je fouille frénétiquement mon sac de sport.

C'est pas possible. J'ai pas mes affaires de cours. Elles sont toujours dans mon casier à la piscine.
C'est mort. Je peux pas me pointer en cours avec vingt minutes de retard et sans mes affaires. O'Neill me tuerait. Elle a beau enseigner ma matière préférée et aimer mon implication, elle rigole pas avec ce genre d'écarts. On est encore qu'au début de l'année scolaire, ça la fout mal ce genre de retard débile.

Je reste planté un moment devant la porte, à réfléchir au sens de ma vie. J'ai pas le choix, je vais devoir lui présenter mes excuses à la fin du cours, je peux pas l'interrompre maintenant, ça va juste la foutre en rogne.

Là, j'ai vraiment la haine.

J'ai plus qu'à aller me laisser mourir dans la salle de repos. Merveilleux. Et je vais devoir demander à quelqu'un de ma classe de me laisser ses notes pour rattraper ces deux heures de cours. Ma-gni-fique.
Je déambule donc à nouveau dans les couloirs, mon sac sur l'épaule. Et j'ai même pas le temps de pester contre l'univers que je suis déjà devant la porte. Je l'ouvre donc. Et merde. Nope. Ça va pas le faire ça. Je vois un groupe entier de ces déchets d'Origines qui passent leur temps à sécher leurs cours - déjà qu'ils en ont quasiment pas, je comprends pas ce qu'ils foutent dans ce lycée s'ils ont rien de mieux à faire que glander. Parmi eux, je reconnais une poignée de filles. J'arrête pas de les voir partout, c'est pas croyable, toujours à glousser quand je passe. Et ça manque pas, voilà qu'elles gloussent. Hors de question que je reste ici.

Je referme la porte aussi vite que je l'ai ouverte dans un long soupir, puis tourne les talons. Quelle matinée formidable, vraiment. Je vais où moi maintenant ? Il est trop tôt pour aller manger, et j'ai aucune envie de retourner dans ma chambre.
En marchant au hasard dans les couloirs, je vois une petite ouverture vers l'extérieur. Tiens, je suis jamais allé là avant, on va voir ce que c'est. De toute façon, j'ai tout le temps du monde devant moi maintenant. Ha ha. Je me dirige donc là-bas, réajustant la lanière de mon sac sur mon épaule. Une fois passée l'ouverture, j'arrive dans une sorte de petit espace vert, un jardin, en somme. Je laisse mon regard se balader d'une côté à l'autre de ce jardin. C'est vraiment joli par ici, en fait. Et calme. Je me demande pourquoi j'ai jamais vu cet endroit auparavant.

Par contre, je sais pas pourquoi, mais je me sens observé. Ah. Mon regard s'arrête sur quelque chose. Ou plutôt quelqu'un. Je suis pas tout seul ici. Quelqu'un m'observe vraiment. Elle a l'air minuscule, dans des vêtements beaucoup trop grands pour elle, son visage à moitié caché par des cheveux noirs hirsutes.
Je lève un sourcil et secoue légèrement la tête, mon regard planté sur son visage.

- Oui ?

Elle répond pas. Elle me regarde même pas dans les yeux. Et j'ai l'impression qu'elle ignore royalement mon interjection.
Ok. Alors ça par contre, ça a le don de m'énerver. Alors oui, je sais, j'ai une propension légèrement abusive à l'énervement. Mais mettez-vous à ma place. Tous les jours j'ai droit à des regards de jugement de la part des personnes que je croise, sans que jamais personne n'ose l'ouvrir pour me dire son problème. Au début, c'est flatteur. Ensuite on se rend compte qu'en fait non, c'est juste lourd.

Je me dirige donc vers elle, en essayant de ne pas lui lancer un regard trop assassin. Je veux pas la traumatiser, mais je vais lui apprendre la politesse. C'est pas de chance pour elle que ma frustration de la journée lui retombe sur la gueule, mais il faut que ça sorte.
Une fois devant elle, je fais glisser mon sac de sport de mon épaule pour le faire retomber lourdement contre le sol. Je croise les bras et la toise de haut en bas. Maintenant que je suis juste à côté d'elle, je constate qu'elle est vraiment petite. Et le fait qu'elle enfonce sa tête dans ses épaules arrange pas cette impression. Mais elle dit toujours rien. C'est pas croyable. Je fronce les sourcils, mon regard profondément encré dans ses grands yeux verts.

- Si t'as un problème, exprime-toi.

Va chier la subtilité. J'ai pas la foi de prendre des pincettes aujourd'hui.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 14:05

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- Si t'as un problème, exprime-toi.

Je m'efforce de le regarder dans les yeux. Je me sens rougir à vue d’œil, autant de honte que... par ce qu'un beau garçon vient juste de franchir ma distance de sécurité. Un beau garçon ? Depuis quand j'ai ce genre de pensés moi ?! Raphaëlle Willow qui aurait une poussée d'hormones ? Impossible ! Remarque ça ne serait pas dommage ! Un jour, peut-être, j'aurais autre chose que des pectoraux !

Je ne sais pas quoi dire. Déjà qu'en temps normal je ne suis pas à l'aise avec la discussion, alors là. Il me toise de haut et me lance un regard noir. Je ne sais vraiment pas où me mettre.

- J-je... Je...

Bravo ! Tu viens définitivement de perdre tous tes moyens ! Déjà qu'il doit me trouver impolie de l'avoir dévisagé comme ça, alors maintenant il doit me prendre pour une grosse cruche incapable d'aligner deux mots...

J'ai beaucoup de mal à soutenir son regard, je fini par détourner les yeux, beaucoup trop gênée par la situation et par cette proximité. Je frotte nerveusement mon bras - aussi maigrichon que pâle - avec la paume de ma main. Sans même m'en rendre compte, je commence à me mordiller la lèvre inférieure.

Mon regard se perd dans le vide pendant que je réfléchie à une solution pour me sortir de là. Une idée me vient subitement, sur le coup elle me semble plutôt bonne et elle l'aidera sûrement à se calmer. Aller Raph tu as jouer des millions de personnages différents dans toute sorte de RPG, jouer la comédie ne doit pas être si compliqué pour toi ! J'inspire un grand coup et tente de paraître moins nerveuse, retrouvant le courage de planter mes grandes iris vertes dans les siennes.

- En.. en fait, je me disais que t'étais plutôt mignon e-et je voulais savoir si t'accepterais de me donner ton numéro de téléphone !

Facepalm.

Dans ma tête ça sonnait bien, mais prononcé à voix haute, je me sens encore plus gênée et ridicule ! Avec un peu de chance ça va l'amuser, il va se moquer de moi et me laisser tranquille ! Oui ça va ce passer comme ça !

Me sentant encore plus embarrassée je recule de quelques pas, essayant de rétablir ma distance de sécurité. Si j'avais su ce qui allait se passer ce matin, j'aurai pris plus de temps pour me préparer, j'aurai surtout bien pris le temps de nouer ces putains de lacets !

Ni une ni deux, je me prend les pieds dedans et bascule en avant. En perdant l'équilibre j'envoie mes mains devant moi et m'agrippe à la première chose qu'elles rencontrent. Alors que je suis soulagée de m'être rattrapée avant de tomber je prend conscience que je n'ai fais que me mettre dans une situation encore plus inconfortable.

Mes paumes étaient posées sur son torse et mes doigts fins, ce sont crispés sur son vêtement. Mon front était posé contre lui, au moins ma tête baissée ne lui permettait pas de voir mon visage écarlate.

J'aurais préféré que ça s'arrête maintenant. Je n'aurais eu qu'à lâcher un "excuse moi" et partir en courant. Mais il fallait que mon pouvoir surgisse à nouveau, pour me mettre encore au plus mal.



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 16:30


Elle peut plus se cacher là, parce que je la lâche pas des yeux. Je la mets mal à l'aise ? Tant mieux. Au moins maintenant elle se rend compte que je suis un être vivant, pas une plante verte. Par contre, maintenant que je la vois de plus près, je me rends compte qu'elle a les plus grosses cernes sous les yeux que j'ai jamais vu de ma vie. Genre, woh, elle dort jamais cette nana ?

- J-je... Je...

La petite balbutie, elle sait pas quoi dire visiblement. Eh ouais, ça calme quand on ignore plus les regards déplacés hein ? J'aurais dû faire ça plus tôt avec les autres élèves je crois, je m'attendais pas à ce que ça soit si efficace que ça. Par contre, j'y suis peut-être allé un peu fort à la fixer sans ciller, parce qu'elle a complètement détourné les yeux et ses joues sont totalement rouges maintenant. Je crois que j'ai un peu tendance à sous-estimer à quel point mon visage peut être intimidant. Mais le mal est fait, tant pis, c'est pas mon problème.
Voilà qu'elle se gratte le bras maintenant. Et qu'elle se mord les lèvres. Je suis vraiment si effrayant que ça ? Je suis pourtant encore relativement calme là : si on oublie ma posture de force, j'affiche juste un visage neutre.

Je vois ses yeux fureter quelque part sur le côté pour se fixer dans le vide quelques instants. Elle inspire ensuite longuement, avant d'enfin replanter son regard dans le mien. Allez petite, il serait temps que tu assumes et que tu me répondes maintenant.

- En.. en fait, je me disais que t'étais plutôt mignon e-et je voulais savoir si t'accepterais de me donner ton numéro de téléphone !

Bah voilà, c'était pas si diff... Quoi ? Pardon ?!

Je crois que je m'attendais à tout sauf à ça.
Elle me prend complètement de court, et ça doit probablement se traduire à mes expressions faciales. Je sens que ma bouche est ouverte, on va vite fait arranger ça. Mais j'ai bien entendu au moins ? Elle est passée d'une extrême à l'autre là, c'est complètement ahurissant. D'abord elle me fixe sans le moindre respect, puis elle ose pas me regarder dans les yeux quand je lui pose une question, et la minute d'après elle se confesse à moi ?

C'est peut-être mon côté un peu amer qui parle, mais ça sent la morue cette histoire.

Je la vois piétiner sur place, elle est vraiment pas à l'aise. Tu m'étonnes. Moi j'essaye encore de comprendre ce qu'il vient de se passer. Nan parce que c'est surréaliste là. C'est la première fois de ma vie que je la croise quand même. Mais elle est vraiment sérieuse ? Elle attend vraiment une réponse ?

Tu te fous de moi ?

C'est ce que j'ai envie de lui demander. Mais je le fais pas. Parce que plus je la regarde, moins j'ai l'impression qu'elle me ment. Sans déconner. Elle est passée du blanc au rouge, sans passer par la moindre couleur intermédiaire, ça peut pas être une mise en scène, si ? Je suis complètement perdu. Je suis censé répondre quoi moi maintenant ? Je l'ai quand même à moitié agressé, je me sens bien con maintenant.

Alors que je la vois reculer pour s'éloigner de moi, mes yeux se posent sur ses pieds. Euh. Meuf, tes lacets sont complètement défaits, c'est pas une bonne idée de faire des petits pas comme ça. Faut que je la prévienne, sinon elle va complètement se rétamer la tronche contre le sol, et je voudrais quand même pas que ça arrive.
Je décroise les bras et amorce un pas dans sa direction pour la prévenir, en levant un bras pour pointer du doigt ses pieds.

- Atten...

Trop tard. J'ai même pas le temps de finir ma phrase que je la vois s'encoubler sur ses lacets avant de perdre l'équilibre et de commencer à tomber.

Je peux pas rester là sans rien faire, on a beau le croire en me voyant, je suis pas un monstre. Surtout que c'est de ma faute si elle a commencé à paniquer et à reculer. Raah... Pourquoi c'est toujours à moi que ce genre de truc arrive ? Fait chier.
Heureusement pour elle, j'ai quand même de bons réflexes. J'arrive donc à me placer de sorte à ce qu'elle tombe sur moi, plutôt que contre le sol. La petite a aussi un minimum d'instinct de survie, parce qu'elle a réussi à s'agripper à mon survêt' avec ses petits poings. Je baisse la tête pour regarder comment elle s'en sort, mais je vois rien de plus que ses cheveux. Sa tête est complètement enterrée dans le tissu de mon vêtement.

- Euh... Ça va petite ?

Cette question est totalement rhétorique, oui. Mais qu'est-ce que je peux dire d'autre dans ce genre de situation ?

Après quelques secondes de blanc de ma part, je pose mes mains sur ses épaules pour l'aider à se redresser un peu et l'éloigner un peu de mon torse. On va pas abuser non plus, je veux bien amortir sa chute, mais je suis pas une matelas non plus. J'ai fait ma part de gentillesse en lui demandant comment elle se sentait, c'est déjà pas mal.
Je plante mes yeux rouges dans les siens, sans cacher mon irritation.

- Tu peux pas regarder où tu mets les pieds ?

Bon. J'aurais pu être un peu plus subtil. Et plus amical, c'est vrai. Mais j'y peux rien, les trucs comme ça, ça m'agace. Je sais que c'est pas politiquement correct de lui reparler aussi froidement quand je suis partiellement la raison de sa chute, mais c'est mon ton par défaut, c'est comme ça. Et puis c'est vrai quoi, qui oublie de faire ses lacets à notre âge ? C'est pas croyable quand même.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 18:37

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- Euh... Ça va petite ?

Je suis incapable de bouger ou même de parler. Ça voix me semblait de toute manière bien trop floue pour que je puisse saisir le sens de ses paroles. Je reste contre lui tandis ce qu'une vague de scènes s'abat violemment sur mon esprit.

Je voyais la scène à travers les yeux de ce garçon. Il était assis dans une pièce sombre et peu accueillante - comme le reste de la maison d'ailleurs. Soudain le bruit de la porte d'entrée qui s'ouvre le fit se lever. Il se précipita devant l'homme.

Il était grand, très grand. Le garçon devait être probablement petit lui. Sa voix fluette ne fit que confirmer ma théorie.

- Papa ? Que ce passe-t-il ? Demanda-t-il en voyant son œil ensanglanté. Où est maman ? Pourquoi elle n'est pas avec toi ?

Il serra les dents avant de le saisir par le col et de le soulever du sol. L'enfant avait peur, moi aussi. Il lui lança un regard noir de son œil unique avant de lui dire froidement :

- Vas crever dans ta chambre, toi.

Je sens mon cœur se serrer et les larmes me monter aux yeux. Comment un père peut être aussi dur avec son fils ? Le mien a toujours était un papa poule, affectueux et dévoué ! Comment ils peuvent être aussi différents ?!

Alors que j'espérais mon calvaire fini mon pouvoir décida que je n'en avais pas encore vu assez.

L'enfant se tenait immobile devant le cercueil. Une belle femme au cheveux roses pastels se trouvait à l’intérieur, ses mains croisées sur son ventre. Elle semblait si paisible qu'on aurait pu la croire simplement endormie. Sa peau était d'une telle blancheur qu'on la devinait froide sans même la toucher.

C'était sa mère, ça ne fait aucun doute. Il glissa une rose entre ses mains et son ventre avant de se tourner vers sa famille, les yeux pleins de larmes. Il y avait trois garçons aux cheveux noirs, ils devaient avoir entre dix et quatorze ans. Ils se tenait immobile à côté de son père. Se pourrait-il qu'ils soient tous les trois ses frères ? Pourtant aucun d'eux ne semblent affectés par la mort de leur mère...

Mon cœur était lourd ça faisait déjà beaucoup à encaisser d'un coup. Mais là encore, ça n'était toujours pas suffisant ! Il me fallait cette dernière vision pour m'anéantir...

Il était penché au dessus d'une étendue d'eau, je pu clairement reconnaître le jeune homme aux cheveux fushia, mais avec des traits bien plus juvéniles, dans le reflet du bassin. Son visage était ruisselant d'eau, mais on pouvait quand même percevoir ses larmes perler aux coins de ses yeux.

Soudain une main puissante l'attrapa par les cheveux et appuya fort sur sa tête, la plongeant dans l'eau. Je ne savais pas combien de temps ça faisait qu'il était là-dessous, mais je commençais sérieusement à m'étouffer et à manquer d'air. Quelle horrible souffrance que celle d'avoir l'impression de se noyer !

Il sortit sa tête de l'eau avant qu'il ne devienne inconscient et dit d'une voix froide :

- Tu vas te transformer, oui ?

C'était la voix de son père. Il lui enfonça à nouveau la tête dans l'eau et répéta l'opération, si bien que la douleur que je ressentie à cet instant là, me semblait bien plus douloureuse que la mort elle-même. J'aurais clairement préféré mourir que de supporter ça.

- Tu peux pas regarder où tu mets les pieds ?

Je reviens enfin à moi. Mes yeux écarquillés, perdus dans les iris rouges plantés en face de moi. Je deviens blanche, puis commence à virer au bleu. J'ouvre la bouche et porte une main à ma gorge tentant vainement de respirer. Je me sens faiblir. Les larmes coulent à flots sur mes joues et mes jambes flageoles.

Je sens enfin l'air pénétrer dans ma gorge et pousse vivement les mains du jeune homme de mes épaules, avant de m'écrouler à genoux au sol. Je tousse à en cracher mes poumons et tente de reprendre ma respiration.

- Ne-ne me touches plus !! Criais-je en larmes, encore essoufflée.

Je reste au sol, n'ayant pas la force de me relever et tente en vain d'essuyer le torrent de larmes, qui s'écoule de mes yeux, avec le dessus de mes mains. Je ravale difficilement mes sanglots et tremble de tout mon corps. Rien qu'en repensant à tout ça, je ressens un pincement au cœur. C'est trop d'émotions pour moi d'un coup ! Il faut que ça sorte !

- Ton père est la pire des pourritures ! Comment peut-il être aussi froid et méchant avec son fils ! Et puis depuis quand on essaye de noyer ses enfants hein ?! Je me remet à tousser en repensant à ça. C'est de la torture ni plus ni moins ! J'en ai connue des belles merdes... mais alors lui... mais lui... c-c'est la pire d-de t-toutes...

J'éclate en sanglots dans mes mains. Je ne sais plus quoi faire. D'un côté j'ai tellement mal à cause de ce que je viens voir, mais d'un autre côté je me sens minable, de me retrouver dans un tel état devant quelqu'un que je viens à peine de rencontrer.



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 21:45


Ok. Pause. Je crois que j'ai dit quelque chose qu'il fallait pas.

J'étais en train de lui parler quand la petite a commencé à écarquiller les yeux, son teint virant au blanc livide. Et j'ai à peine eu le temps de remarquer ce changement de pigmentation cutanée que son visage est passé à une teinte bleue des plus inquiétantes. Comme ça, sans transition.
Je la vois ensuite ouvrir la bouche et porter ses mains à sa gorge, comme si elle cherchait de l'air. Qu'est-ce que... Des larmes commencent à couler sur ses joues maintenant, mais qu'est-ce que j'ai fait ? Les mains toujours posées sur ses épaules je sens son corps bouger, ce qui attire mon regard vers ses jambes : par l'Unique, c'est quoi ces tremblements ?

J'ai à peine le temps de reporter mon attention sur le visage de la fillette que celle-ci lâche ma veste pour m'attraper les bras et me repousser en arrière. Elle est pas bien forte, mais la soudaineté de cette action suffit largement à me faire lâcher prise et reculer de quelques pas. Désorienté, je la vois tomber genoux au sol, toussant à plein poumons.

Mais bordel, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Ne-ne me touche plus !!

Au sol, elle est complètement en larmes. Et malgré le fait qu'elle ait réussi à me hurler dessus, son souffle est saccadé, comme si elle s'étouffait. Je comprends pas, il y a encore quelques minutes, elle allait parfaitement bien cette petite, c'est quand même pas moi qui l'ai mise dans cet état... si ? Je réfléchis à toute vitesse, cherchant une explication à cette réaction exagérée. Peut-être qu'elle a une sorte de trouble social ? Qu'elle angoisse quand on la touche ? Ça semble plausible, je suis sûr d'avoir déjà entendu parler de ce genre de maladie. Ouais, ça doit être ça.
Je l'observe essuyer les larmes qui coulent sur ses joues. Est-ce que j'ai dit que j'étais légèrement mal à l'aise maintenant ? Parce que je le suis, ça, c'est certain. Je me sens responsable, c'est une horreur. Et pourtant j'ai rien fait. Elle tremble tellement, c'en est presque effrayant.

- Ton père est la pire pourriture ! Comment peut-il être aussi froid et méchant avec son fils ! Et puis depuis quand on essaye de noyer ses enfants hein ?!

Alors là, je me raidis sec. Et je sens mon teint devenir livide. Mon sang ne faire qu'un tour dans ma poitrine. Une claque froide me frappe en pleine gueule.

Qu'est-ce qu'elle vient de dire ? Ou plutôt, surtout... Comment elle sait ça ?

C'est la première question que je me pose. J'ai jamais parlé de mon père à personne, que ça soit ici ou ailleurs, encore moins de la mauvaise relation que j'entretiens avec lui, alors d'où est-ce qu'elle peut bien sortir tout ça ? Et pourquoi elle me balance ça comme ça, d'un coup ?
J'ai pas le temps de me poser plus de question que ça qu'une toux de sa part fixe à nouveau mon attention sur elle.

- J'en ai connu des belles merdes... mais alors lui... mais lui... c-c'est la pire d-de t-toutes...

Sa voix tremblait tellement qu'il fallait bien que ça finisse par se rompre : voilà qu'elle éclate en sanglots derrière ses mains. De mon côté, je reste parfaitement figé. J'observe son petit corps recroquevillé devant moi, chacun de ses mots résonnant affreusement dans ma tête. J'ai l'impression d'entendre ma propre voix, mes propres sanglots d'il y a plusieurs années de ça. Mais c'est quoi ce bordel putain ?
Dans un souffle, un murmure trahissant mon incompréhension s'échappe de mes lèvres.

- Qu'est-ce que tu viens de dire ? Comment...

Je m'interromps et secoue la tête. Non. Tais-toi Malenkov. Il y a plus urgent, là, tout de suite.

J'avance d'un pas vers la fillette, puis m'accroupis face à elle. Je garde malgré tout une distance raisonnable entre nous, parce qu'elle a visiblement besoin d'air - et qu'elle m'a quand même expressément demandé de ne pas la toucher. Et que je comprends toujours pas ce qui lui arrive, accessoirement. Elle a vraiment pas l'air bien, autant physiquement que moralement.
Je penche légèrement la tête pour essayer de capter son attention, cachée derrière ses mains, et lui adresse un regard concerné. Comment vous voulez rester stoïques face à quelqu'un dans cet état ? J'ai beau être persuadé n'avoir rien fait qui puisse la blesser en la rattrapant, elle me donne l'impression de souffrir. Sauf que je comprends pas ce qui cloche.

Je lève une main vers elle, avant d'interrompre mon geste. C'est vrai. Pas la toucher. Je me contente donc de m'adresser à elle d'une voix douce.

- Calme-toi, tu vas bien ? T'as mal quelque part ?

Je crois que je viens de poser la question la plus stupide de mon existence. Bien sûr qu'elle va pas bien, elle vient tout juste de s'étouffer en face de moi sans aucune raison apparente et elle pleure sur le sol d'un jardin en compagnie d'un mec qui l'engueulait encore il y a quelques minutes. Et croyez-moi, je fais le malin, mais j'en mène pas large non plus. J'essaye encore de me remettre du choc de l'avoir entendu parler de mon père comme ça.
Sauf que j'ai pas vraiment d'autre choix que d'essayer de noyer le poisson de mon mieux : il faut que je la calme. Et que je lui enlève tout de suite l'idée que je puisse avoir un père violent de l'esprit. A tout prix, même.

- Je sais pas ce qu'il vient de se passer, mais tu dois avoir rêvé, tu te trompes. J'ai... J'avale difficilement ma salive. J'ai jamais eu le moindre problème avec mon père.

Je marque une pause pour inspirer un grand coup, avant de pointer mon torse du pouce en forçant un léger rire pour détendre l'atmosphère. Ça sonne affreusement faux, mais ça passera peut-être.

- Et puis je suis un hybride requin, comment veux-tu qu'on me noie ?

Ça m'arrache la gueule de mentir comme ça à propos de la personne que j'exècre le plus au monde en affichant un sourire sur mon visage, mais je vois pas quoi faire d'autre.

Je comprends pas. J'ai jamais vu cette gamine auparavant, je vivais à l'autre bout de l'île jusqu'à récemment et personne n'a jamais été témoin de la moindre violence dont pouvait faire preuve mon père à mon égard quand j'étais plus jeune. Ça doit être un hasard. Il faut que ça soit un hasard.
Je veux pas qu'on apprenne ça ici. Surtout pas. J'ai pas besoin de ça.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 5 Oct - 22:35

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- Je sais pas ce qu'il vient de se passer, mais tu dois avoir rêvé, tu te trompes. J'ai... J'ai jamais eu le moindre problème avec mon père.

J'aurais tellement préféré si tu savais. J'aurais préféré avoir rêvé, un rêve n'est clairement pas aussi douloureux. Je pose mes mains à plat, sur le sol devant et compte jusqu'à 10 dans ma tête pour me calmer. Mes larmes cessent de couler, j'hoquette encore légèrement mais je me sens déjà beaucoup mieux. J'essuie mes yeux humides avec une des manches de mon sweat.

- Et puis je suis un hybride requin, comment veux-tu qu'on me noie ?

Je relève la tête vers lui et le regarde calmement, tentant de reprendre mon visage inexpressif. Mon regard que je voulais pourtant sans émotions se fait, triste et compréhensif. C'est la première fois que je ressens quelque chose comme ça. D'habitude je ne ressens pas une once de pitié pour les gens, ils sont tous pourries de toute manière, mais lui... Après avoir vécu toute son enfance en seulement quelques secondes, j'avoue que je ressens quelque chose de bizarre... Ça ressemble à de la compassion. Je pousse un soupire avant de parler, sans le quitter des yeux.

- Quand tu avais quelque chose comme cinq ans, ta mère est morte et ton père a perdu un de ses yeux. A son enterrement tu l'as regardé avec une certaine amertume, lui et trois garçons bruns entre dix et quatorze ans, tes frères je présume. Tu leurs en voulaient de ne peux montrer le moindre signe de tristesse suite au décès de ta mère. J'affiche un léger sourire, pour la première fois depuis longtemps. C'était une très belle femme d'ailleurs, elle avait l'air d'une mère aimante. Je me dis que si j'avais connu ma mère elle aurait était un peu comme ça elle aussi...

Qu'est ce qui t'arrives Raph ? Ressaisis-toi bon sang ! Depuis quand tu parles autant ? Tu souris ? Et tu parles de ta mère ? Tout ça à un garçon dont tu ne connais même pas le prénom ! Je ne comprend pas ce qu'il m'arrive.

- Je sais que ton père t'a noyé quand tu avais une dizaine d'années. De ce que j'ai compris il voulait que tu te transformes. Enfin, c'est vraiment horrible de faire subir une telle chose à quelqu'un, encore plus à son fils. Cette douleur que l'on ressent, lorsque nos poumons sont totalement vides et que l'eau commence à s'infiltrer à l'intérieur, est juste abominable. Et le pire c'est que ça continue encore et encore, te laissant juste le temps de reprendre à peine ton souffle pour ne pas tomber dans l'inconscient.

Je sens les larmes me venir à nouveau. Je ferme les yeux et inspire un grand coup, avant de replonger mon regard dans le siens. Je pense que je commence à comprendre. Je comprend sa douleur et sa solitude. Si je fais ça c'est tout simplement par ce que moi aussi je voudrais que quelqu'un comprenne ce que je ressens. Nous sommes pareils lui et moi...

- C'est bizarre que je connaisse tout ça alors que je ne sais même pas comment tu t'appelles hein ? C'est juste mon pouvoir... Mon horrible pouvoir. Je peux voir le passé ou le futur de quelqu'un quand je rentre en contact avec lui, parfois la vision se déclenche directement, parfois je le vois en rêve, et crois moi... je vois rarement des choses joyeuses. D'ailleurs comme tu as pu le remarquer, je ne fais pas que le voir je le vie. Je viens de vivre exactement la même chose que toi en seulement quelques secondes. Tu comprends mieux mon état maintenant.

J'y crois pas c'est la première fois de ma vie que je parle autant... Ce garçon a vraiment un effet bizarre sur moi, je ne sais pas si c'est une bonne chose. Après tout, je ne vois pas pourquoi il serait différent des autres. Je ne dois pas lui accorder ma confiance.

Je tente de me relever en tanguant fébrilement sur mes jambes, je suis épuisée, j'aurais bien besoin d'une bonne sieste. Une fois que j'ai retrouvé mon équilibre je le regarde avec mon visage redevenu inexpressif, seule la fatigue se lit dans mon regard.

- Comme je sais toutes ces choses sur toi je pense que je devrais au moins de donner un nom, je m'appelle Raphaëlle.



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Dim 9 Oct - 14:53


Pendant que je lui parle, la petite bouge. Je la regarde poser ses mains sur le sol et essuyer ses yeux d'un revers de la main. Je redresse légèrement la tête, alors qu'elle lève enfin les yeux vers moi. Mais à son regard, je comprends tout de suite qu'elle n'a pas gobé le mensonge que je viens de lui présenter sur un plateau doré. Non. C'est certain. Je vois de la tristesse dans ses yeux. De la pitié, même. Tout ce que je voulais éviter.
Elle soupire et prend une lourde inspiration.

- Quand tu avais quelque chose comme cinq ans, ta mère et morte et ton père à perdu un de ses yeux.

La douche froide est totale. Je perds immédiatement le sourire faux que j'affichais encore une fraction de secondes plus tôt.

Comment...

Mais elle ne laisse pas le temps à la moindre réflexion de ma part et enchaîne.

- A son enterrement tu l'as regardé avec une certaine amertume, lui et trois garçons bruns entre dix et quatorze ans, tes frères je présume. Tu leur en voulais de ne pas montrer le moindre signe de tristesse suite au décès de ta mère.

Je sens mes poings se serrer en même temps que ma mâchoire. Je veux pas qu'elle parle de ça. De quel droit elle s'immisce dans ma vie privée comme ça ? Elle sait rien, elle sait pas ce que j'ai pu ressentir à ce moment-là, alors pourquoi j'ai autant l'impression qu'elle tape dans le mille ?

Arrête. Tais-toi.

- C'était une très belle femme d'ailleurs, elle avait l'air d'une mère aimante. Je me dis que si j'avais connu ma mère, elle aurait été un peu comme ça elle aussi...

Je secoue la tête. Je comprends pas. Je veux pas comprendre. Je veux pas écouter ce qu'elle me dit.
Et en même temps, je sens que ses mots me touchent. Quand je l'entends complimenter ma mère, je sens une pointe de chaleur chatouiller mon cœur malgré moi, et mon inconscient ne peut pas s'empêcher de se demander ce qui a bien pu arriver à la sienne. Mais au lieu de m'apaiser, ses paroles ne font que renforcer ma colère. Je vais pas me laisser attendrir par la révélation à propos de sa mère, c'est hors de question : cette gamine a fouillé mon passé. Elle est allée fourrer son nez là où ça ne la regardait pas. Il y a pas d'autre explication.

Mais elle arrête pas là, non, elle continue de parler, alors que je fais de mon mieux pour garder mon calme.

- Je sais que ton père t'a noyé quand tu avais une dizaine d'années. De ce que j'ai compris, il voulait que tu te transformes. Enfin, c'est vraiment horrible de faire subir une telle chose à quelqu'un, encore plus à son fils. Cette douleur que l'on ressent, lorsque nos poumons sont totalement vides et que l'eau commence à s'infiltrer à l'intérieur, est juste abominable. Et le pire c'est que ça continue encore et encore, te laissant juste le temps de reprendre à peine ton souffle pour ne pas tomber dans l'inconscient.

En l'écoutant, j'ai l'impression de revivre toutes ces scènes. Comment elle peut savoir tout ça ? Comment elle peut décrire avec autant de précision les sensations que j'ai pu avoir ? Je suis perdu, tout simplement perdu. J'ai envie de me prendre la tête entre les mains, de me frapper, en espérant que ça me réveille de ce stupide cauchemar insensé.
Elle ferme les yeux en inspirant un grand coup, avant de replonger son regard embué dans le mien. Un regard que je soutiens, tout en l'ignorant. Je ne la vois pas, je ne fais que l'écouter. J'attends juste qu'elle arrête de parler.

- C'est bizarre que je connaisse tout ça alors que je ne sais même pas comment tu t'appelles hein ? C'est juste mon pouvoir... Mon horrible pouvoir. Je peux voir le passé ou le futur de quelqu'un quand je rentre en contact avec lui. Parfois la vision se déclenche directement, parfois je le vois en rêve, et crois-moi... je vois rarement des choses joyeuses. D'ailleurs comme tu as pu le remarquer, je ne fais pas que le voir, je le vis. Je viens de vivre exactement la même chose que toi en seulement quelques secondes. Tu comprends mieux mon état maintenant.

De toutes les personnes sur lesquelles je pouvais tomber, il fallait que je tombe sur la pire possible, bien évidemment : il fallait que je tombe sur quelqu'un qui pouvait découvrir absolument tout ce que je cache depuis des années rien qu'en me touchant.
Si ses révélations au sujet de son pouvoir ne m'avaient pas autant énervé, je pense que j'aurais eu de la compassion pour elle. C'est vrai, je souhaite à personne de vivre ce que j'ai vécu, surtout pas à quelqu'un que je connais pas. Elle a vraiment dû passer un très mauvais moment, y a pas de doute là-dessus, mais ça n'arrive pas à faire disparaître ma rancœur, qui est principalement dirigée envers moi-même. J'ai été bien trop inconscient. J'aurais pas dû l'approcher en premier lieu, j'aurais mieux fait de l'ignorer comme les autres et de me barrer, j'aurais pas fini dans cette situation irréaliste.

Je la vois se lever péniblement. Ses jambes tremblent, mais je n'esquisse pas le moindre geste de soutien à son égard. J'ai appris ma leçon. Hors de question que je la touche à nouveau.

- Comme je sais toutes ces choses sur toi je pense que je devrais au moins de donner un nom, je m'appelle Raphaëlle.

Je m'en fous, je veux plus jamais la revoir, j'avais pas besoin de savoir son nom. Je fronce les sourcils.

- Je...

Je m'interromps, pour me relever à mon tour et lui faire face de toute ma hauteur. Je sais même pas ce que j'allais lui dire, mais j'ai changé d'avis. Il faut absolument que je pose directement les points sur les i avec elle.
Tout ce temps, j'étais tellement dans mes propres pensées que j'avais même pas remarqué que je ne l'avais toujours pas quitté des yeux une seule seconde. Mais je la regardais sans la voir. Maintenant, ça a changé, mon regard s'est durci. C'est vraiment sur elle que mon attention se porte. C'est ses grands yeux verts et fatigués que je fixe sans ciller.

- Ne parle plus jamais à personne de ce que tu viens de voir. Efface-ça de ta mémoire.

Le ton de ma voix est froid et sec, mon regard est dur. Je crois que j'ai jamais autant pensé ce que je venais de dire. Cette fille... si elle dit quoi que ce soit à propos de ce qu'elle a vu, je suis juste fini. On me laissera plus jamais tranquille.
Il faut absolument que je la dissuade tout de suite de chercher à me connaître plus, alors je vais pas faire dans la finesse.

- Ne m'approche plus.

Je me baisse pour attraper mon sac de sport, avant de le balancer sur mon épaule. Je me retourne ensuite pour me diriger vers la sortie du jardin, ma main gauche crispée sur la anse de mon sac. Je sais que ça se fait pas de se barrer comme ça, mais je peux pas regarder son visage une minute de plus. J'ai besoin de réfléchir, j'ai besoin d'assimiler tout ça. Si je reste plus longtemps en sa compagnie, elle pourrait encore me balancer d'autres trucs à la gueule, et ça j'y suis pas préparé. Ça me rend dingue cette situation dans laquelle je me suis fourré. Plus vite je vais me barrer, moins il y aura de chances qu'elle en découvre plus à propos de moi.

Mais arrivé à la délimitation entre le jardin et le couloir, je sens comme une pointe de remord remonter au creux de ma poitrine. Je marque un arrêt, sans me retourner.

- Ah. Et... c'est Gwendal. Malenkov.

Je reste seulement quelques instants debout là, avant de reprendre la direction du couloir pour m'éloigner au plus vite de cet endroit. Je sais pas pourquoi j'ai pris la peine de faire ça, je lui dois rien. Elle en sait déjà beaucoup trop à propos de moi. Mais c'est sorti tout seul. Je sais pas, je suis peut-être pas aussi insensible que je voudrais le croire. Ça doit être ça ouais.

F'chier.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Lun 10 Oct - 20:08

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Gwendal Malenkov. Quelque chose me dit que je ne suis pas prête d'oublier ce nom. Je le regarde disparaître au loin alors qu'un soupire s'échappe de mes lèvres, malgré mon visage inexpressif. Je me laisse tomber sur un banc à proximité encore sonnée de tout ce que je viens de prendre en pleine figure.

Je ne lui en veux pas d'être parti comme il l'a fait, je le comprend. Si j'avais vécu - c'est un peu le cas d'ailleurs - ce qu'il a vécu je n’apprécierais certainement pas qu'on me balance tout ça en pleine poire. Je n'ai pas pu me contrôler, c'est la première fois que je parle autant depuis un bon moment. Les visions que je venais d'avoir m'avaient bien trop affecté pour que je puisse tout garder pour moi. C'était sorti sans que je ne m'en rende vraiment compte. Quelque part je me dit que ça serait bien si je pouvais parler aussi facilement de ce que je ressens, comme tout à l'heure. Mais bon, ma phobie sociale ne va pas se résoudre par ce que je suis tombée dans les bras du beau gosse du lycée.

On est pas dans un de ces films à l'eau de rose !

Cette pensée fit se dessiner sur mes lèvres un léger sourire moqueur. C'est vrai ! Si ça avait était le cas on aurait eu un coup de foudre l'un pour l'autre, il m'aurait dit que je suis la plus belle et m'aurait décomplexé, je serais devenue sociable et populaire grâce à son soutien, on se serait mariés et on aurait eu beaucoup d'enfants ! Ridicule. Mon sourire moqueur se transforma en rire silencieux.

- Comme si on pouvait me trouver jolie, d'abord. Murmurais-je pour moi-même.

Je sors mon smartphone et branche mes écouteurs. Je les glisse dans mes oreilles avant de mettre en marche ma musique, volume à fond. J'écoute un peu de tout musicalement, aussi bien du hard rock que du classique. En ce moment je suis dans ma période électro. Les basses du morceau d'un de mes groupes préférés - Knife party - résonnent dans mes oreilles alors que je lance un mmo mobile, que j'ai commencé il y a peu.

Je reste assise sur ce même banc toute la journée, ma piste de musique en boucle dans les oreilles, faisant level up mon guerrier. Le "bip" de mon téléphone, m'indiquant que le niveau de batterie commençait à se faire bas, me fit lâcher un grognement de mécontentement. J'avais déjà utilisé ma batterie externe pour le recharger, elle était à sec maintenant. Il ne me reste plus qu'à retourner jusqu'à ma chambre...

Je ferme mon jeu, mais garde ma musique dans mes oreilles, je ne vais pas non plus laisser cette fichue batterie me dire ce que je dois faire ! Mes yeux se lèvent enfin de mon écran. Le soleil commence déjà à décliner à l'horizon. Je suis vraiment restée là toute la journée, à jouer, sans même avaler la moindre nourriture ? Je sens que mon corps va encore me faire regretter d'avoir sauté le repas de midi...

Alors que je m'engage dans les couloirs de l'établissement je me perd rapidement dans une vague d'élèves, venant sans doutes de finir leurs cours. Ma musique m'empêche de devoir supporter leurs voix. Pour éviter de croiser malencontreusement des regards, je me met à regarder l'écran de mon téléphone, en continuant de marcher. Soudain ma rencontre de ce matin avec ce fameux Gwendal me revient à l'esprit.

J'eu pour idée de taper son nom dans le moteur de recherche, peut-être qu'il me donnera des informations intéressantes. Je continue d'avancer tête baissée sur mon écran, faisant défiler les différentes suggestions. Gwendal Malenkov, l'espoir de la natation des moins de 18 ans.

Intriguée je clique sur le lien de la page et tombe sur un article détaillant tout son parcours sportif. Wouah c'est impressionnant ! J'aimerais bien être capable d'effectuer de telles prouesses ! Je fais défiler l'article, à l'appuie une photo de Gwendal, en maillot de bain, au bord d'une piscine venant certainement de nager quelques longueurs, à en juger par la quantité d'eau ruisselante le long de son corps si finement sculpté. Je ne peu m'empêcher de rougir à la vue d'une telle photo.

Tellement plongée dans sa contemplation, avec ma musique qui détourne davantage mon attention du monde environnant, je ne m'attendais absolument pas à me faire arracher mon téléphone des mains. Mes écouteurs se détachèrent de mes oreilles, me rendant ainsi l'ouïe.

Je lève brusquement les yeux vers les personnes responsables. Une bandes de trois poufs, surement de la classe Origine. Elles ricanent en voyant ce qu'affiche mon smartphone, avant de baisser les yeux sur moi.

- Bah alors ? On bave devant un beau gosse ? Comme si t'avais la moindre chance petit thon.

Je serre les dents et baisse la tête. Outch. Bien sûr, j'ai pas pour objectif de sortir avec Gwendal - comme elle l'a si bien dit je n'ai pas la moindre chance, je ne me trouve même pas jolie, mais l'entendre de cette manière ça ne peut que être blessant. Je lève à nouveau mes yeux vers elles, fixant celle qui vient de se moquer de moi, sans ciller. Je ne savais pas quoi faire.

Soudain le fameux "beau gosse" arracha mon téléphone des mains de mes agresseuses, en leurs lançant le regard auquel j'ai eu le droit plus tôt dans la mâtiné, regard qui les fient rapidement déguerpirent. J'écarquille légèrement les yeux en le voyant, ne pouvant contenir ma surprise, je ne m'attendais pas à ce que quelqu'un prenne ma défense et encore moins que ça soit lui.

Il posa les yeux sur mon écran de téléphone. Le rouge me monta aux joues et mon cœur commença à battre aussi fort que les basses qui résonnaient de mes écouteurs jusqu'à moi, tant le volume était élevé.

J'ai encore envie de me cacher, mon dieu, c'est fini il va me prendre pour une psychopathe ! C'est à ce moment là que je me sens défaillir. Je savais que mon corps allait me faire payer le fait de n'avoir rien avalé de la journée. Mon visage passant du rouge, au blanc, je m'appuie mollement contre le mur du couloir et plonge ma main dans ma poche.

Je suis sûre qu'il m'en reste un ! Ah ! Je sors de mon pantalon un morceau de sucre et en défais l'emballage individuel, je le regarde avec un air victorieux, avant de le poser sur ma langue et de le laisser fondre les yeux fermés, tentant de reprendre mes esprits. J'ai toujours un morceau de sucre sur moi, ça m'évite de faire un malaise quand je fais une crise hypoglycémie.

Je rouvre les yeux une fois ma respiration calmée et les pose sur Gwendal. C'est pas tout, mais j'aimerais bien récupérer mon téléphone. Je tend la main vers lui, essayant de le lui faire comprendre, alors que les basses de mes écouteurs résonnent encore, dans le couloir désormais vide.



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Dim 23 Oct - 12:30


Inutile de faire un pavé pour raconter la suite de ma journée, parce que je pense que si je le faisais, il serait tellement empli de rage que j'en serais moi-même écœuré.

Pour la faire simple, après avoir quitté le Petit Jardin, je suis allé directement dans ma chambre pour me changer et enfiler un jogging. Honnêtement, je sais même plus si mes colocataires étaient là quand je suis passé, mais si elles l'étaient, je leur ai pas adressé la parole. Une fois changé, je suis parti faire un footing pour me calmer : je serais bien allé nager, mais avec les Libertés qui avaient cours, je pouvais pas vraiment me repointer là-bas comme une fleur.

Je sais pas combien de temps j'ai couru, mais je sais que j'ai failli m'étaler la tronche contre le sol en me prenant les pieds dans un truc qui traînait sur le sol. Autant dire que si le footing avait réussi à me calmer un peu, cette quasi-chute a annulé tous ses effets.
C'était un genre de livret, ou de carnet, je sais pas trop, j'ai pas pris le temps de l'analyser plus que ça. J'ai décidé que c'était le signe qu'il fallait que je retourne au lycée en tout cas. Je sais pas trop pourquoi, mais je l'ai ramené et je l'ai rangé dans ma table de chevet une fois de retour au dortoir. J'avais vraiment pas la tête à lire après ce début de journée merdique.

Le reste de ma journée, c'était rien de spécial : rage, douche, rage, ennui profond, rage. Plus ou moins.

Et donc, maintenant, je suis dans les couloirs du lycée, sac sur le dos, sortant de la salle d'Histoire Humaine. Je viens de m'excuser auprès de Mlle O'Neill pour mon absence du matin, et j'ai réussi à en ressortir en vie. Les couloirs commencent à lentement se vider, tout le monde se dirige soit aux dortoirs, soit à la cafétéria.
Mais alors que je me promène tranquillement le long des couloirs en essayant d'ignorer le monde qui m'entoure, j'entends du grabuge qui capte mon attention.

- Bah alors ? On bave devant un beau gosse ? Comme si t'avais la moindre chance, petit thon.

Roh putain. C'est quoi encore ça ?

Je tourne la tête en direction des voix nasillardes et insupportables. Mais qui vois-je ? La petite fouineuse de ce matin, qui se fait visiblement emmerder par un groupe de cruches comme on en trouve des tonnes parmi les Origines. Et elles lui ont pris son portable, on dirait. C'est quoi ce vieux racket cliché au rabais ? Et cette insulte gratuite ?

Qu'on soit bien d'accord. Je ne me veux pas le défenseur de la veuve et de l'orphelin - ça collerait pas avec mon besoin d'espace et de tranquillité, ni à l'image de mec qui s'en fout que je veux me donner, c'est un coup à finir entouré de beaucoup trop de gens -, mais je vais pas rester là sans rien faire. Je la connais, elle est dans une situation qui pue, et elle a pas l'air de vouloir se dresser face à ses agresseuse en papier mâché. Et ça, moi, j'accepte pas.

Je sens que je vais le regretter, mais tant pis.

J'approche du petit groupe et arrache le portable des mains de la blondasse qui a parlé plus tôt. Et voilà que ça glousse encore. Je comprends vraiment pas ce genre d'énergumènes, ça me dépasse. Je leur adresse mon regard le plus assassin, ça va les calmer.

Ah ouais on fait plus les malines, ça piaille moins d'un coup. Et ça demande pas son reste avant de partir - même pas avoir besoin d'ouvrir la bouche pour les convaincre de déguerpir, c'est tout un art.
Faut pas croire, j'allais pas les frapper : je lève pas la main sur une fille comme ça, ça serait de l'abus de force. Contre une vraie nana capable de se défendre, pourquoi pas - et encore, il me faudrait une bonne raison -, mais pas contre une poupée du genre, qui trashtalk tout ce qui bouge pour se rendre plus intéressante. Je suis un peu sanguin, mais je suis pas un déchet qui cogne tout ce qui bouge non plus, faut pas déconner.

Tiens, j'avais pas fait attention, mais j'entends une basse rythmée vachement forte qui sort des écouteurs accrochés au portable dans ma main. Je sais que ça se fait pas, mais je baisse les yeux pour jeter un œil à l'écran. Il est pas verrouillé tiens, il est même en train d'afficher une... Oh. Ah. Je crois que je viens de comprendre ce qui vient de se passer.
C'est vraiment étrange de regarder une photo de soi-même dans le portable d'une quasi inconnue, c'est moi qui vous le dis. Pas parce que la photo me gêne - j'ai pas vraiment eu le choix de prendre l'habitude, à force -, mais surtout parce que je m'y attendais vraiment pas. Le « beau gosse » c'était moi, donc. C'est concept. Mais attendez... c'est carrément un article à propos de moi ça, je reconnais la photo. Elle était en train de faire des recherches sur moi ?

Je tourne la tête vers elle, pour planter mon regard dans le sien. Mais sérieusement, c'est qui cette fille ? Je la vois rougir, mais avant d'avoir le temps de lui dire quoi que ce soit, je la vois devenir totalement livide.

Woh, il se passe quoi ?

Elle s'appuie contre le mur, ça a vraiment pas l'air d'aller fort... Mais je vais pas refaire la même erreur que ce matin, il est parfaitement hors de question que je repose la main sur elle un jour. Du coup, j'ai l'air con, mais je me contente de vérifier que personne ne vienne nous faire chier, comme il y a quand même encore deux ou trois personnes qui passent dans le couloir. Pas un seul clampin pour venir l'aider d'ailleurs : c'est beau le soutien dans ce lycée, merci le jeu des clefs.
Elle a pas l'air de le vivre trop mal en tout cas, parce qu'elle se redresse un peu. Elle a sorti quelque chose de son pantalon. Un sucre. Qu'elle ne tarde pas à ingurgiter. C'était donc une crise d’hypoglycémie, je comprends mieux. Mais j'ai l'impression qu'elle a rien mangé depuis des jours, c'est pas un pauvre sucre qui va arranger ça.

Je vous jure, c'est ma dernière bonne action envers elle.

Elle tend la main vers moi pour que je lui passe son portable. Ouais mais non. D'abord, elle va me suivre. On est seuls maintenant en plus, donc je peux plus compter sur qui que ce soit d'autre pour faire ça à ma place.
Je glisse son portable dans ma poche et lui adresse un signe de tête en direction du couloir derrière moi, avant de prendre la parole d'une voix sèche.

- Suis-moi.

Bah quoi, je sais que si je lui passe son portable maintenant, elle va jamais me suivre. Alors on fait ce qu'on peut. Elle me remerciera plus tard. Enfin... Non, elle va probablement pas apprécier que je la force à me suivre, mais c'est pour son bien.

Je marche un peu le long des couloirs, avant de trouver une salle de classe vide. Je pose la main sur la poignée et... c'est ouvert, parfait. Je m'y engouffre donc, avant de poser mon sac sur le bureau, que je me mets immédiatement à fouiller quand j'entends les pas de Raphaëlle s'arrêter à proximité de moi.
Il ne me faut pas longtemps pour trouver ce que je cherchais : une tablette de chocolat noir et un paquet de petites brioches au lait. Quand on fait du sport, on a toujours de quoi tenir la route, surtout quand on est un gouffre à nourriture comme moi.

Je m’assois ensuite sur le bureau et lui tends la nourriture de la main gauche, tout en sortant son portable de ma poche de l'autre main pour le poser à côté de moi.

- Mange. Ensuite je te le rendrai.

Oui, c'est du chantage. Et non, j'ai aucune honte d'en faire. Tout ce qui m'intéresse, c'est de la faire manger quelque chose pour qu'elle reprenne un peu de couleurs. Elle en a besoin. Je vais pas lui piquer son portable, je m'en fous un peu, mais ça me permettra en plus de lui faire comprendre qu'elle ferait mieux de simplement m'ignorer et ne plus chercher la moindre information à mon sujet.
Une fois qu'elle prend ce que je lui tends, je m'adresse à nouveau à elle en plantant mon regard dans le sien, sans perdre de mon ton froid.

- Je sais que ça me regarde pas, mais tu peux pas te laisser marcher dessus comme ça. Tu vaux mieux que ça.

Faut pas croire, je digère toujours pas ce qu'il s'est passé ce matin, mais je peux pas non plus la laisser se faire mener par le bout du nez par des moins que rien qui pensent valoir mieux qu'elle. Je sais ce que c'est. Et personne ne devrait se laisser faire comme ça, c'est juste un coup à finir par croire qu'on est réellement un raté.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Lun 24 Oct - 15:35

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Alors que j'avais simplement l'intention de prendre mon téléphone et de partir sans demander mon reste, il me fait comprendre qu'il n'est clairement pas de cet avis. Il met tranquillement MON portable dans sa poche avant d'emboîter le pas.

- Suis-moi.

C'est une blague ? Pas plus tard que ce matin il ne voulait plus me voir et là, il vole à mon secours tel un preux chevalier servant, faisant fuir ces pimbêches, avant de prendre mon smartphone en otage pour me forcer à le suivre ? Mais je rêve ! Je ne peux m'empêcher de ressentir une pointe d'agacement alors que je marche derrière lui tête baissée.

Si ça ce trouve, c'est un espèce de pédophile qui fantasme sur des animés lolicons ! Je savais que j'aurais pas du lui faire confiance ! Il va m'emmener à l'écart pour pouvoir me violer !

Puis alors que mes pensés me semblaient de plus en plus crédible, une fois arrivés dans une salle de classe vide, il me tend un paquet de brioche et une tablette de chocolat. Ah.

Je ne suis pas trop sucre en fait...

Finalement je vais garder cette réflexion pour moi, la théorie de l'otaku extrémiste fan de lolicon n'est toujours pas écartée, je ne préfère pas prendre le risque de l'énerver. Je n'aimerais pas me retrouver en uniforme de collégienne, coiffée de deux couettes et être obligée de l'appeler grand frère...

Je prend donc ce qu'il me donne avec un peu de réserve et de méfiance. C'est vrai après tout, il était énervé contre moi pourquoi est-ce qu'il se soucierait de mon état maintenant ?

- Mange. Ensuite je te le rendrai.

Je soupire intérieurement et lance un regard en biais à mon téléphone posée à côté de lui. On dirait bien que je n'ai pas le choix. Je m'aide de mes bras pour m'asseoir sur le bureau en face de lui, avec évidement moins d'aisance que monsieur 1m80...

J'ouvre une brioche en deux et y glisse quelques carrés de chocolat à l'intérieurement. Je la referme et la tient entre mes deux petites mains, je ne peux m'empêcher de la fixer, essayant de me convaincre que j'allais devoir la manger. Je ne m'étais pas rendue compte de la proportion qu'avaient prie mes troubles alimentaires. Je lève furtivement les yeux vers lui avant de les reposer sur ma brioche. Ça fait tellement longtemps que je n'ai pas mangé devant quelqu'un que je me sens mal à l'aise.

Je prend finalement une petite bouché, la tenant toujours à deux mains tel un hamster et mâche lentement. Je lève à nouveau les yeux vers lui quand il reprend la parole.

- Je sais que ça me regarde pas, mais tu peux pas te laisser marcher dessus comme ça. Tu vaux mieux que ça.

Il avait raison, ça ne le regarde pas. Et puis, je vaux mieux que ça ? Qu'est ce qu'il en sait d'abord ? J'avale difficilement ma bouchée avant d'en prendre une deuxième. Mon regard se perd sur le carrelage au sol, pendant que je mastique lentement, réfléchissant à ce que je pouvais bien lui répondre.

Il n'y avait pas un bruit dans le couloir et la lumière orangée qui passe à travers les vitres, donne une atmosphère étrange à la scène. Je commence à me sentir vraiment mal à l'aise. Ce gars a le don de m'intimider. Une fois ma bouche vide j'inspire profondément et le regarde dans les yeux.

- Tu m'as bien regardé ? Qu'est ce que je peux bien faire contre elles avec mon ridicule corps tout frêle ? Et puis... Je ne suis pas comme toi, monsieur le sportif qui a confiance en lui et en ses allures de beau gosse.

Je ne peux m'empêcher de prononcer les deux derniers mots avec une voix ridiculement aiguë, mimant cette pimbêche qui s'est moquée de moi quelques minutes plus tôt.

Je fini ma brioche et pousse un profond soupire. C'est vrai ? Qu'est-ce qu'on peut y faire de toute façon ? Je vais juste me faire discrète comme je fais toujours et espérer que je passe inaperçue à chaque fois qu'elles seront dans les parages.

Alors que mon regard dérive dans le vide depuis quelques minutes, je ne peux m'empêcher de balancer mes jambes, qui sont bien loin d'atteindre le sol. Je remet la bretelle de mon débardeur, qui a tendance à glisser, en place et le regarde nerveusement. Son comportement avec moi est quand même très bizarre.

- Enfin bref... T'as l'intention de jouer les grands frères protecteurs encore longtemps ? Demandais-je trahissant à nouveau ma nervosité en sa présence, en détournant les yeux.

Je dois dire que cette façon qu'il a de me traiter comme si j'étais une enfant m'agace un peu - bien que ça ne soit pas le seul à le faire. C'est vrai, je complexe suffisamment sur mon physique de gamine sans qu'on vienne me le rappeler en permanence.



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Dim 13 Nov - 16:17


Je comprends pas cette gamine. Je l'ai déjà dit, et je le redis encore.

Je sais pas combien de temps ça lui a pris pour croquer dans la brioche que je lui ai passé, mais je crois que j'avais jamais vu ça avant. La nana est pratiquement tombée dans les pommes devant moi et elle se permet de faire la difficile sur la bouffe que je lui donne ? Navré que le chocolat noir ça soit pas ton délire, mais si t'as besoin de sucre, tu vas pas faire ta princesse et tu vas accepter ce qu'on t'offre.
Et puis c'est pas comme si je l'avais empoisonné cette nourriture, elle a pas besoin de me dévisager comme ça, y'a rien à craindre, sérieusement.

Mais bon. Finalement, elle mange.

Et une fois une première brioche avalée, elle inspire un grand coup en me regardant droit dans les yeux. Elle a pas l'air franchement secouée par ce que je lui ai dit.

- Tu m'as bien regardé ? Qu'est ce que je peux bien faire contre elles avec mon ridicule corps tout frêle ? Et puis... Je ne suis pas comme toi, monsieur le sportif qui a confiance en lui et en ses allures de beau gosse.

Mais c'est qu'elle se permet de se foutre de ma gueule en plus ? C'était indispensable le petit couinement insupportable là ? Je sais honnêtement pas quelle tronche je suis actuellement en train de tirer devant elle, mais ça doit certainement pas présager quoi que ce soit de bon.

Beau gosse ? Tu parles.

Je savais pas que les cheveux fuchsia et les dents de monstre c'était attirant, franchement, ravi de l'apprendre. Parce que sérieusement, ouais, je sais que si on me coupe la tête, j'ai un corps de rêve. Je suis pas totalement con non plus, je me rends compte de ça : je suis un nageur de très haut niveau, et j'entretiens mes muscles comme il faut. Mais pour ce qui est de mon faciès, on repassera hein.

Et qu'est-ce que ça peut m'énerver, les gens qui utilisent l'excuse de leur faiblesse physique pour ne pas se défendre. C'est pas parce que t'as pas de muscles que tu dois laisser les autres te cracher dessus sans rien dire, sérieusement.
Est-ce que je me suis laissé faire quand mon père me frappait et me forçait à essayer de me transformer ? Non. Est-ce que j'étais assez fort pour véritablement lui opposer la moindre résistance ? Clairement pas. Mais au moins, je restais pas totalement passif à attendre que quelqu'un d'autre vienne m'aider.

A la voir soupirer et regarder dans le vide comme si rien de tout ça n'avait la moindre importance, j'ai envie de lui en mettre une. De la secouer. Sans déconner.

- Enfin bref... T'as l'intention de jouer les grands frères protecteurs encore longtemps ?

Paye ta reconnaissance quoi.

Ça m'énerve. Elle est même pas capable de me regarder dans les yeux quand elle me parle. Et ce terme... « grand frère protecteur »... elle aurait pas plus mal choisir ses mots. Je voulais être sympa, vraiment hein, mais plus maintenant. Va chier la délicatesse, elle est pas en sucre, je vais pas l'épargner juste parce qu'elle ressemble à une gosse.

- Non.

Ma réponse est aussi sèche que courte. Parce que non ma petite, les grands frères protecteurs, ça n'existe pas, alors compte pas sur moi pour faire semblant d'en être un.

Je me lève d'un bond souple, pour m'avancer vers le bureau sur lequel elle s'est assise, avant de poser son portable à côté d'elle. Je plante ensuite mes yeux dans les siens, jusqu'à ce qu'elle daigne me rendre la pareille. Parler à quelqu'un sans que cette personne ne me regarde dans les yeux, je supporte pas vraiment vous voyez. Surtout quand ce que j'ai à lui dire est très sérieux.

- L'unique raison pour laquelle je t'ai fait venir ici, c'est pour te dire que si tu cherchais encore quoi que ce soit à mon propos, je laisserai pas ça passer comme je viens de le faire.

On grince un peu des dents, on la darde d'un regard noir et on lui fait bien comprendre qu'on est pas là pour rigoler.
On n'a pas élevé les cochons ensemble, comme on dit chez les humains, alors elle va vite comprendre que je ne tolérerai aucun écart de sa part. C'est pas parce qu'elle a vu une ou deux choses à propos de mon passé que je vais lui dérouler le tapis rouge pour lui raconter ma vie et mon œuvre.

Je m'éloigne légèrement d'elle, sans la quitter des yeux, d'un pas lent - dramatisme, quand tu nous tiens. A quelques mètres d'elle, je croise les bras et lui adresse le sourire le plus malsain que je sois capable de faire. Pour une fois, ma dentition immonde sera mon plus grand atout : l'intimidation, c'est un jeu d'enfant quand on étale des monstres pareils, capables de déchiqueter n'importe quoi.

- T'as vu de quoi on est capables dans la famille, alors évite de me chercher si tu veux pas en faire les frais.

Alors oui, sur ce coup-là, c'est le plus gros mensonge du monde que je viens de lui dégueuler sur un plateau d'argent. Mon père est une ordure que je sais capable du pire sur ses propres enfants, et j'ai quand même hérité une bonne portion de son sang chaud, mais jamais je ne m'abaisserai à son niveau. Jamais.

Mais ça, elle a aucun moyen de le savoir.

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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 28 Déc - 12:05

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- T'as vu de quoi on est capables dans la famille, alors évite de me chercher si tu veux pas en faire les frais.

Je ne peux m'empêcher d'hausser un sourcil alors qu'il essaye de m'intimider. Franchement ce gars est vraiment bizarre. Il m'aide alors que je me fais harceler par des pestes puis me donne à manger et l'instant d'après il tente de me faire peur.

Désolé mon gars mais ça prend plus.

Je ne doute pas qu'il peut être intimidant la première fois qu'on le rencontre - d'ailleurs ce matin j'ai bien faillis faire sur moi - mais au fond c'est un gros nounours j'en suis persuadée. Il joue les gros dur et ce cache derrière sa carapace, mais quelque part je vois encore en lui l'enfant torturé par sa famille. En y repensant ça m'a encore plus frappé quand je lui ai raconté son passé ce matin.

Voulant m'amuser à le provoquer encore un peu je ne peux m'empêcher d'afficher un léger sourire en coin.

- Désolée Gwendy ça prend plus sur moi. Dis-je avec un ton légèrement amusé.

Je sais que le petit surnom va l'agacé, c'était calculé. Fallait pas s'amuser à menacer la pauvre enfant innocente que je suis. J'attrape mon téléphone et le fourre dans la poche de mon baggy, avant de descendre en sautant de la table. Oula mauvaise idée ! Baisse de tension.

Je tourne de l'oeil et commence à basculer en avant. Par réflexe j'envoie les mains devant moi. Ça va pas recommencer ! Par chance le bureau se trouvait juste derrière lui et je pus m'y rattraper sans le toucher. C'est passé in extremis cette fois !

Retrouvant un peu mon équilibre et mes esprits je m'écarte de lui en me raclant brièvement la gorge.

- Je ne devrais pas me lever aussi rapidement... Bredouillais-je ayant subitement perdue toute mon assurance.

Une fois mes idées plus clair je tente de reprendre un peu de contenance et je me dirige vers la sortie de la salle. Je me retourne une dernière fois vers lui et lance avec désinvolture.

- Ne te prends pas pour le centre du monde, je fais des recherches sur toutes les personnes que je rencontre, j'aime avoir une longueur d'avance sur les autres, ça compense mon incapacité physique à me défendre. Sur ce, tu m'excuseras, mais mon ordinateur m'attend.

Je lui fais un bref geste d'au revoir de la main et sort finalement de cette salle de classe. Je me dirige vers le dortoir encore plongée dans mes pensés. C'est la première que j'ai autant d'échanges avec une personne, je me demande ou cette histoire va finir par me mener. Peu importe, je nous voit mal finir par devenir les meilleurs amis du monde de toute manière !



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MessageSujet: Re: La fin d'une dignité. [Gwendal] Mer 28 Déc - 13:12


Quand je disais que je ne comprenais rien au fonctionnement interne de cette petite complètement... je sais même pas ce qu'elle est en fait, voilà qu'elle change de nouveau d'attitude à mon égard. Sans rire, on dirait qu'elle fait tout pour m'emmerder celle-là, je vais finir paranoïaque avec ses conneries.
La voilà qui hausse un sourcil avant de m'afficher un insupportable sourire en coin.

- Désolée Gwendy ça prend plus sur moi.

Je vous jure, là, je prends vraiment sur moi pour ne pas lui en mettre une.

Alors qu'elle glisse son portable dans sa poche et qu'elle saute de la table sur laquelle elle était assise depuis plusieurs minutes, mes poings se resserrent. Si elle m'approche, petite chose fragile ou pas, je lui casse les dents.
Mais bien sûr, à peine elle pose un pied sur le sol qu'elle se remet à tanguer, et la voilà qui tombe en avant vers le bureau derrière moi.

Heureusement pour elle qu'elle a assez de réflexe pour se rattraper toute seule, parce que j'allais clairement rien faire pour l'aider. Sans compter le fait que j'ai déjà dit que je la toucherai plus jamais : je veux pas qu'elle fouine plus dans ma vie en me touchant, c'est donc pas étonnant que je me sois décalé pour ne rien risquer.
Y a un moment où il faut qu'elle se débrouille toute seule quoi, merde.
Mais bon, au moins ça m'a vaguement calmé, de la voir tomber encore une fois.

Elle se racle la gorge, alors qu'elle fait quelques pas pour s'éloigner un peu plus de moi.

- Je ne devrais pas me lever aussi rapidement...

Si j'étais pas aussi amer du surnom qu'elle m'a donné juste avant, je crois que je l'applaudirais. Mais je vais pas lui faire cet honneur. Et il est passé où son petit air hautain et supérieur de tout à l'heure ?
Visiblement loin, très loin. Retour vers la petite fillette fragile. Quand je disais qu'elle était incompréhensible.

J'ai rien à lui dire, alors j'attends. Et je fais bien, parce qu'elle commence enfin à se diriger vers la sortie de la salle. Notre petite entrevue est donc sur le point de se terminer, il était temps.
Une fois là-bas, je l'observe se retourner vers moi. Elle a visiblement quelque chose de plus à dire avant de partir on dirait, même si j'ai franchement aucune envie de l'écouter parler à nouveau.

- Ne te prends pas pour le centre du monde, je fais des recherches sur toutes les personnes que je rencontre, j'aime avoir une longueur d'avance sur les autres, ça compense mon incapacité physique à me défendre. Sur ce, tu m'excuseras, mais mon ordinateur m'attend.

Sur ce, tu m'excuseras mais j'ai une furieuse envie de te frapper au visage.

Mais je vais pas le faire. Parce que je suis pas un putain de sauvage. Et parce qu'elle n'en vaut clairement pas la peine.
Cette gamine est parfaitement insupportable.

Je soupire et retourne m'asseoir sur le bureau de la salle, avant de plonger ma main dans mon sac de sport. Si je veux pas revenir dans ma chambre avec des envies d'assassinat, il vaudrait mieux pour mes colocataires que je mange quelque chose.

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