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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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Allo? ... PARDON?! [Junstal]

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MessageSujet: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 4 Sep - 21:02

Cette journée aurait pu être génial.
Nan mais franchement hein.
Elle AURAIT pu.

La reprise des cours s'était très bien passée, j'avais un emploi du temps tranquille, mes élèves faisaient pas chier. Franchement, c'était une bonne journée.
En plus, en rentrant j'étais seul. Le rêve.
Alexei passait de plus en plus de temps avec sa copine, c'était presque trop calme.

Enfin bref. La début de la fin avait démarré quand je reçu un appel d'un numéro inconnu.
Déjà, c'était pas dans mon habitude de répondre à ce genre de trucs. Mais dans mon profond ennuie j'allais décrocher. De toute manière il n'y avait pas un "01" du genre démarcheur téléphonique donc soit.

-Allo?

-Vous êtes bien M.Akatsuki?

La voix m'était parfaitement inconnue.

-Lui même.

-Bonsoir, commissariat du quartier Ouest à l'appareil.

PARDON?

-Suite à une altercation entre plusieurs personnes dans un bar nous vous appelons pour bien vouloir venir identifier une des personnes concernées.

C'est quoi ce bordel? Un élève qui avait besoin d'un responsable légal?

-C'est un individu de sexe féminin, cheveux... Blancs. Ce serait une de vos collègues.

KRISTAL?

-Nous allons vous la passer, un instant.

PUTAIN DE MERDE, ILS M'AVAIENT FAIT FLIPPER CES CONS. "IDENTIFIER" + UNE DESCRIPTION CA SE DIT D'UN CADAVRE BORDEL DE MERDE.

Hum.

Tout ça pour qu'au final, Kris m'explique au téléphone que je devais faire un crochet par l’hôpital pour chercher ses papiers.
Mais qu'est-ce qu'ils foutaient là-bas en la possession de Park Chul Hei le célèbre chirurgien génie des Bermudes, j'en avais foutrement aucune idée.
Je nageais dans l’incompréhension. Fuck it. J'avais pas le temps.

En plus de ça, je devais me dépêcher d'aller le rencontrer pour ensuite chercher Kris au poste. EN SACHANT QU'ELLE ÉTAIT ENFERMÉE AVEC DES TYPES ULTRA DOUTEUX.
Génial. Franchement génial.

Et ma bagnole était chez le garagiste en sachant qu'il pleuvait sa race.
Youpi.

Rouler en moto sous la flotte, en stress et en excès de vitesse. Voilà le résumé de ma soirée.

Une fois à l’hôpital, je me garai comme une merde avant de me précipiter à l'intérieur.
La foutu secrétaire à l'accueil voulait même pas entendre ce que j'avais dire.
J'EN AVAIS PAS DE RENDEZ-VOUS PUTAIN.

Heureusement, un grand type en blouse blanche débarqua.
C'était lui le célèbre chirurgien?
IL AVAIT L'AIR PLUS JEUNE QUE MOI!
Enfin bref, il me passa les papiers sans trop poser de questions ce qui était cool.
Je ne comprenais absolument pas pourquoi un mec aussi beau, prestigieux et riche était assez proche de Kristal pour posséder ses papiers.
Mais j'avais tellement de questions sans réponses en tête que j'avais abandonné l'idée de comprendre.

Une autre virée en moto sous la visibilité de merde de cette nuit pluvieuse plus tard et j'étais au commissariat.
J'avais eu ma dose de stress pour les 3 années à venir.
Mes élèves allaient prendre cher le lendemain si ils me faisaient chier.

Une fois dans la battisse (bien trempé). On me guida vers l'agent qui m'avait appelé.
Je pus lui montrer les papiers (et les lire en même temps) pour que l'autre sorte.


Nom : /
Nom d'emprunt : Lya
Prénom : Zhang
Espèce : Nymphe
Lieu de naissance : /
Date de naissance : 04/12/1993




Whut?
C'était quand même pas des faux papiers, si?
Zhang? Nom d'emprunt?
Ce bordel me donnait mal à la tête, un truc de dingue.

L'agent accepta donc de libérer Kris après m'avoir expliqué ce qu'il s'était apparemment passé au bar.
Elle me devait deux/trois explications.
Sans déconner.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Lun 5 Sep - 21:52


Deux heures plus tôt.

Assise seule à une table du fond de l'un des nombreux bars peuplant le quartier Est, une jeune femme aux cheveux blancs et au regard éteint observait son verre vide. A première vue, rien ne semblait la faire se démarquer du reste de la clientèle - si l'on oubliait ses cheveux aux reflets de couleur plutôt singulière et ses yeux violets. Elle portait des habits plutôt passe-partout qui n'aidaient pas réellement à lui donner un âge : des baskets en cuir vert, un slim noir troué au niveau des genoux, un ample t-shirt de la même couleur dont le col large laissait dévoiler une partie de son épaule gauche, le tout agrémenté d'un simple collier choker en cuir, également noir. Autour d'elle, la clientèle semblait calme, l'ambiance générale restait tranquille, pas de soucis en perspective. C'était la première fois qu'elle se rendait là, et ce avec un objectif bien précis : boire du soju. Beaucoup de soju.

Bien que la rentrée au lycée Xényla s'était faite quelques jours plutôt, Kristal n'y avait toujours pas remis les pieds depuis plusieurs semaines. Le médecin - une fois n'est pas coutume - doutait. Avait-elle la moindre légitimité de retourner là-bas après ce qui était arrivé au petit Ambroise il y a de ça maintenant presque deux mois ? Après tout, n'était-ce pas elle qui avait encouragé le jeune homme à sortir de l'infirmerie plus tôt que son traitement ne le conseillait ? N'était-elle pas la personne à avoir poussé les médecins de l'hôpital de l'île à se ranger sur son avis ? Et qu'y avait-elle gagné ? Un enfant paralysé à vie qui lui rappelait constamment l'état de son propre frère pour qui elle ne pouvait rien faire.
Perdue dans ses réflexions, la jeune femme avança tranquillement sa main en direction de sa petite bouteille. Tout en douceur, elle empoigna celle-ci, avant d'en déverser une première lampée dans son petit verre. Alors qu'elle reposait la bouteille de sa main gauche pour porter son verre à ses lèvres de l'autre main, elle interrompit son geste, voyant trois larges silhouettes apparaître sur sa droite et s'arrêter devant sa table. Elle n'attendait pourtant personne. Elle était en train de se retourner vers les eux lorsqu'elle en vit un lever le bras au-dessus de sa tête, sans avoir le temps de réellement analyser son geste.

Splash

Un horrible liquide collant et puant l'alcool venait d'être versé sur le sommet de sa tête, non sans totalement tremper l'avant de son t-shirt au passage. A l'odeur et  à la quantité de liquide qui coulait le long de ses vêtements, il devait s'agir d'une bonne pinte de bière. Kristal leva les yeux vers la personne qui venait de signer son arrêt de mort, pour constater que les trois visages qui lui faisaient face ne lui étaient pas inconnus. Dans son dos, un chauve plutôt massif, un brun un peu moins large sur sa gauche, et le plus proche d'elle, un autre brun plus chevelu qui avait l'air particulièrement fier de son geste. Trois larbins inutiles d'un gang avec lequel elle avait régulièrement de petites démêlées dernièrement.
L'homme le plus proche d'elle posa son verre vide sur la table, avant de se pencher vers elle en souriant.

- Alors Doc... on se cache ? Il t'attend tu sais. Et si tu nous suivais gentiment dehors, hmm ?

Kristal laissa échapper un bref rire, peu impressionnée. Ces abrutis en étaient donc arrivés à l'intimidation pour la convaincre de rejoindre leurs rangs ? Pitoyable. Elle savait très bien que si elle les poussait tous trois à en venir aux mains, ils risquaient bien plus gros qu'elle - principalement parce que ce gang se voulait de rester discret dans ses activités. Leur supérieur avait fait une grave erreur de confier à des types de ce genre le soin de la ramener.
L'homme dans son dos ayant pris la liberté de poser ses mains sur ses épaules pour la forcer à rester assise, Kristal fit signe au chevelu qui venait de parler de s'approcher, sa main droite toujours posée sur son verre de soju. Naïf, l'homme se baissa pour coller son visage à une poignée de centimètres de celui du médecin, dégageant une odeur d'alcool plus forte encore que celle qui imprégnait les vêtements trempés de la jeune femme.

D'un geste vif et précis, Kristal envoya le contenu de son verre au visage du pauvre larbin, avant de se réinstaller tranquillement au fond de sa chaise. Alors qu'il s'essuyait le visage en foudroyant la jeune femme du regard, visiblement à deux doigts de se jeter sur elle pour lui en mettre une, le médecin lui adressa un sourire narquois, bien décidée à le pousser à bout.

- Et si vous alliez vous faire foutre ?

__________________

Présent.

- Mademoiselle, levez-vous et suivez-moi à côté s'il vous plaît.

Assise sur le béton froid, le dos appuyé contre les barreaux de sa cellule, Kristal ouvrit les yeux en entendant le policier de garde s'adresser à elle tout en insérant ses clefs dans la serrure de la porte en métal. L'attente était donc finie ? Face à elle, trois grands types à l'air antipathiques et plutôt amochés la regardaient d'un œil torve. L'un d'entre eux se mit à tousser, le visage tordu dans une grimace de douleur, répandant quelques gerbes de sang sur le sol. Nez cassé. Adressant un sourire satisfait à ses compagnons de cellule, la jeune femme se leva, époussetant rapidement ses vêtement au passage. C'était plus un réflexe qu'une réelle tentative de se rendre plus présentable, ses vêtements humides pullulant déjà une immonde odeur d'alcool au rabais. Une fois debout, elle pivota pour faire face au jeune policier qui lui fit signe de passer devant elle, le temps de refermer la cellule derrière elle. Une fois chose faite, il lui ouvrit la voie pour la mener vers le bureau du commissariat.
Ils arrivèrent rapidement sur place, une silhouette familière attendant la jeune femme face à l'un des bureaux de la pièce, où un autre policier était penché sur des papiers. Avant d'avoir l'occasion de saluer son collègue qui avait dû faire le déplacement pour rapporter ces documents pour elle, Kristal dût remplir un certain nombre de détails administratifs requis pour sa sortie, cette opération durant encore quelques minutes. Une fois tout cela réglé, on lui rendit ses papiers en mains propres, la priant de ne plus s'impliquer dans ce genre de situation. La jeune femme les assura que tout cela n'avait été qu'un concours de circonstances malheureux totalement indépendant de sa volonté puis les remercia, avant de se diriger vers la sortie du bâtiment, un Jun parfaitement silencieux sur ses talons.

Une fois tous deux à l'extérieur, le médecin resta quelques instants sous le porche, constatant que la pluie tombait à verses. Elle jeta un œil dépité à ses vêtements totalement inappropriés pour l'occasion, puis à son collègue. Celui-ci était complètement trempé, au point où la jeune femme sentit une pointe de remord monter en elle : elle n'arrivait pas à déterminer si elle était heureuse ou non de retrouver la compagnie de son ami.
Le médecin n'avait pas eu l'occasion de reparler à Jun depuis la Battle School - ou plutôt, elle l'avait consciencieusement évité pour ne pas avoir à le confronter après lui avoir brisé deux cotes et l'avoir laissé apercevoir les traces de sa vie mouvementée sur son corps durant leur combat. Sans compter l'accident d'Ambroise et la reprise de ses activités illégales, comment pouvait-elle le regarder en face après tout cela ? Elle savait d'avance qu'elle allait regretter d'avoir eu besoin de l'appeler ce soir à cause de l'emploi du temps trop serré de Park Chul Hei.

Les yeux fixés sur les arbres environnants, Kristal brisa le silence, cachant son malaise avec un faible sourire.

- Hey... Ça faisait longtemps, comment ça va ?

Elle avança de quelques pas, pour se placer en haut des marches, ignorant la pluie tombant sur elle. Jun, sans grande surprise, était resté silencieux. Loin d'en être étonnée, la jeune femme se retourna, puis passa brièvement sa main dans ses cheveux trempés, décidant d'ajouter quelque chose avant de s'en aller, évitant toujours soigneusement le regard de son ami.

- Hum... Merci, pour les papiers. Tu peux rentrer si tu veux, désolée du dérangement.

Quelque part, loin, très loin, Kristal caressait l'espoir que son collègue hausse simplement les épaules et l'abandonne à son sort comme elle le lui suggérait. En toute honnêteté, maintenant qu'elle se retrouvait hors de sa cellule, en sa compagnie, elle regrettait l'appel qu'elle avait passé. Elle se sentait maintenant plus exposée encore que lorsqu'elle avait ces trois gorilles face à elle. Elle n'avait pourtant rien demandé à personne en décidant d'aller boire un verre au bar, pourquoi avait-il fallu que ses plans de déprime solitaire se voient gâchés par trois abrutis écervelés ?

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Jeu 13 Oct - 15:31

Nous voilà, dehors.
A l'entrée, sous cette putasse de pluie. Ca me changeait tient.
Après un cours silence qui me parut pourtant une éternité, Kristal daigna enfin m’adresser la parole :

-Hey... Ça faisait longtemps, comment ça va ?

Je haussai un sourcil.

Bah qu'est-ce que tu crois? Ca va super! J'suis trempé, j'ai flippé à l'idée de te retrouver baignant dans ton propre sang et j'ai failli assassiner une secrétaire. Nan franchement, super journée. En plus tu pue l'alcool.

Tch.

-Hum... Merci, pour les papiers. Tu peux rentrer si tu veux, désolée du dérangement.

AH MAIS T'AS CRU? Tu me dois beaucoup d'explications.

Elle ne m'avais pas adressé un mot depuis la BS -où j'ai, soit dit en passant, découvert des blessure par balles sur son corps-, j'avais dû lui chercher ses papiers chez un inconnu ultra célèbre en découvrant qu'elle avait un autre prénom, qu'elle s'était frittée avec des gangsters à la cons et elle espèrait que je laisse passer ça?
Oh que non, jeune fille. T'es dans la merde.

Je me contentai de lui adresser mon meilleur regard de "Tu veux mourir?" avant de tout simplement choper son bras et l'entraîner avec moi.
Plus loin dans la rue, j'avais repéré à l'allée un stand de streetfood abrité. C'est à dire, l'espace était couvert par une tente.
On allait avoir besoin de beaucoup soju et de viande, c'était clair.

Une fois arrivé à une table quelconque, nous nous assîmes. Je posai mon casque à ma droite.
Elle avait pas le choix de faire de même de toute manière.
Je la regardai droit dans les yeux, tout en passant ma main gauche dans mes cheveux imbibés d'eau pour les plaquer vers l'arrière.

-T'as deux/trois trucs à m'expliquer là. Généralement je m'incruste pas dans la vie des gens mais faut pas pousser mémé dans les orties, hein. J'estime que tu me dois au moins ça.

Un léger blanc s'en suivi.

Je fis donc signe à la personne qui tenait l'endroit, lui adressant quelques brèves paroles se résumant en "Alcool", "nourriture" et "Merci". Je retournai ensuite à nouveau mon attention vers Kris.

-Commençons simplement : comment tu t'es foutue dans la merde avec ce genre de gars cette fois-ci?

J'ai vaguement curieux en fait. Mais j'attendais surtout le moment opportun pour chacune de mes autres questions. Le timing était la clé. Je devais commencer de manière douce pour ensuite aller vers les sujets qui fâchaient. Le soju allait m'aider en la rendant moins têtue.

Cette soirée était loin d'être finie.
Surtout que la connaissant, elle allait être buttée quoi qu'il advienne et fera tout pour ne pas répondre à mes questions.
Dommage pour elle, j'étais casse-bonbons -et fier de l'être- comme gars, je pouvais me montrer trèèès persistant. Et elle le savait pertinemment.

Nos morceaux de boeuf fumants et le soju étaient arrivés. Une bouteille chacun... Normalement.
Mais ça c'était sans prévoir qu'elle se les approprierait les deux.

Bon bah ça ira plus vite que prévu.

Tant pis, j'attaquais la viande. Je la fixais toujours, mon menton posé sur mon bras droit accoudé à la table.
Elle allait bien devoir s'expliquer. Elle était prise dans mes filets.
Et la fuite n'était pas une possibilité.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Jeu 13 Oct - 21:55


Le regard assassin que Jun adressa à sa collègue lui suffit pour achever de confirmer ses craintes : elle n'allait pas pouvoir s'en sortir aussi facilement cette fois-ci, il n'allait certainement pas la laisser rentrer chez elle sans rien faire. Et en effet, le petit professeur de littérature avança soudainement vers elle sans un mot et lui attrapa le bras droit, avant de l'entraîner à sa suite. Bien qu'elle aurait pu lui opposer résistance, sans trop savoir pourquoi, Kristal se laissa faire, se contentant de le laisser la guider au bas des escaliers, puis le long de la rue. Quelques déambulations plus tard, le duo trempé par la pluie battante arrivait au pied d'une tente abritant un stand de restauration pratiquement déserté - ce qui n'était pas franchement étonnant, au vu de l'heure tardive -, dans lequel Jun s'engagea, entraînant toujours sa collègue à sa suite.
Ils s'assirent ensuite tous deux à une petite table, sur laquelle le petit homme déposa un casque de moto. Kristal ne put s'empêcher de remarquer ce détail et de légèrement tiquer : pourquoi diable Jun était-il donc venu en moto par ce temps alors qu'il possédait une voiture ? Mais la jeune femme préféra taire cette question pour le moment, voyant son ami planter ses yeux argentés dans les siens tout en se passant la main dans les cheveux pour dégager son visage ruisselant d'eau.

- T'as deux/trois trucs à m'expliquer là. Généralement je m'incruste pas dans la vie des gens mais faut pas pousser mémé dans les orties, hein. J'estime que tu me dois au moins ça.

Bien que Kristal n'avait aucune envie de l'admettre, son collègue avait parfaitement raison. Elle l'avait tout de même dérangé plutôt tard dans la soirée pour le faire débarquer au commissariat de la ville sans la moindre explication, il était donc plutôt compréhensible que Jun ne se contente pas de lui sourire et de la laisser vivre sa vie. Elle lui devait effectivement bien quelques explications. Mais l'idée qu'il cherche à fouiller dans sa vie était loin de lui plaire, au point où elle cherchait encore sans trop y croire comment elle pourrait bien lui fausser compagnie.

Alors que le médecin gardait le silence, à réfléchir à la probabilité qu'elle parvienne à fuir cette situation, son collègue héla la personne en charge de la tente et se chargea de commander de quoi boire et de quoi manger, sans demander son avis à la nymphe. Elle était maintenant totalement piégée : Jun avait pris le contrôle total de la situation, il n'y avait plus la moindre échappatoire. Kristal réprima un soupir de capitulation, alors que le regard sévère de son collègue se plantait à nouveau dans le sien, demandant son attention.

- Commençons simplement : comment tu t'es foutue dans la merde avec ce genre de gars cette fois-ci ?

Une chose était certaine, il n'y allait pas par quatre chemins, et il aurait probablement encore une multitude d'autres questions à lui poser après celle-ci. Kristal détourna les yeux et posa ses deux mains à plat sur la table, s'adossant au fond de sa chaise en se préparant mentalement à devoir répondre à un interrogatoire de sa part de la manière la plus évasive possible.

- J'ai déjà à moitié répondu à ça au commissariat : c'est pas moi qui ait cherché la merde, j'ai juste un don pour m'attirer les emmerdes.

On sentait une certaine lassitude non dissimulée dans le ton de la voix du médecin. Après tout, il est vrai qu'elle n'avait jamais demandé à ce qu'on vienne la déranger dans sa petite soirée dépressive - ces trois abrutis s'y étaient incrustés sans y être invités. Elle accompagna sa dernière phrase d'un geste de l'index en direction de sa propre tête, un sourire blasé ancré sur le visage pour illustrer l'aspect habituel que pouvait avoir ce genre de situation pour elle. Jun savait aussi bien qu'elle à quel point elle pouvait avoir raison : l'ayant côtoyé de près pendant un an, il avait pu admirer sa capacité à l’œuvre plus d'une fois - bien que ce type d'ennuis n'étaient rien à côté de ceux qu'elle avait pu s'attirer par la suite, mais ça, il n'avait pas besoin de le savoir.
La pluie suintant de ses cheveux commençant à devenir plutôt désagréable à couler de son front à son menton, Kristal passa à son tour une main dans ses cheveux, dégageant ceux qui lui barraient le visage pour les amasser du côté droit de sa tête. Elle reprit ensuite la parole, sans changer le ton de son discours, un air relativement agacé ayant toutefois fait son apparition sur ses traits.

- Ils sont venu me briser les ovaires sans raison parce qu'ils voulaient s'asseoir à ma table. Je venais à peine de me poser, j'avais envie de boire seule, je les ai gentiment envoyé chier et une chose en entraînant une autre... Elle soupira longuement, tapotant la surface de la table des doigts de sa main droite, avant de plonger brièvement son regard dans celui de son collègue, laissant un sourire apparaître au coin de ses lèvres. Disons juste qu'ils ont pas aimé ma réponse et que ça a légèrement dérapé.

Dire que l'histoire qu'elle venait de lui livrer était incomplète aurait été un doux euphémisme, mais on pouvait noter l'effort que la jeune femme avait tout de même fait pour rester relativement fidèle à la réalité. Jun n'avait aucunement besoin de savoir tous les détails de l'altercation, et il était parfaitement exclu qu'elle lui admette qu'elle connaissait déjà ses agresseurs avant ce soir-là. La réponse qu'elle lui avait adressée était probablement déjà assez détaillée pour qu'il en soit contenté : son collègue n'allait tout de même pas s'attendre à ce qu'elle lui narre en détail ses exploits en combat qui avaient accompagné cette altercation, c'était plus qu'inutile - bien qu'il fallait admettre qu'elle leur avait fichu une sacrée dérouillée dont il aurait potentiellement pu être fier, dans d'autre conditions.

Alors qu'elle venait à peine de terminer ses explications, Kristal pût voir du coin de l’œil le gérant de la petite tente se diriger vers leur table, un plateau rempli dans les mains. En quelques foulées, le voilà qui posait une assiette devant chacun d'entre eux, ainsi que deux bouteilles de soju qu'il plaçait au milieu de la table. Il leur tendit ensuite leurs couverts, deux serviettes, ainsi que deux petits verres. Le médecin sourit légèrement à la vue de ceux-ci : elle n'allait certainement pas utiliser ces verres minuscules bien longtemps, de ça elle était relativement certaine.
Tandis que Jun restait accoudé sur la table à l'observer après avoir entendu ses explications, Kristal, elle, s'empara des deux bouteilles de soju qu'elle posa à côté de son assiette. Son collègue ne réagit pas particulièrement à cette action, puisqu'il se mit simplement à commencer à manger un premier morceau de sa viande. La nymphe prit alors la parole le plus naturellement du monde, tout en servant deux premiers verres.

- Laisse-moi te débarrasser de ça. Elle fit un signe de la tête en direction du casque traînant sur la table. Si t'as l'intention de rouler, c'est pas plus d'un verre.

Elle lui tendit ensuite l'un des verres, gardant le deuxième pour elle-même. Le moment était probablement mal choisi pour lui faire la morale, mais les instincts médicaux et la morale de la jeune doctoresse avaient parlé pour elle. Ou plutôt... ça, et son besoin immédiat et irrémédiable de boire de l'alcool fort, et en grande quantité : c'était pour ça qu'elle était sortie à la base, après tout.

L'espace d'une fraction de secondes, Kristal se demanda même si un coma éthylique pourrait être une solution envisageable pour éviter les questionnements de son collègue, mais son pragmatisme vint directement lui rappeler à quel point son organisme tenait bien ce genre de boisson. Sans parler du fait qu'elle doutait fort que son collègue la laisse tranquillement se ruiner la santé sans réagir. Non, vraiment, il n'y avait définitivement aucun moyen d'éviter d'avoir à parler, à son plus grand malheur. Ne restait plus qu'à espérer que Jun ne serait pas trop curieux à propos de sa petite vie cachée.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 30 Oct - 16:26

- J'ai déjà à moitié répondu à ça au commissariat : c'est pas moi qui ait cherché la merde, j'ai juste un don pour m'attirer les emmerdes.

C'était une demi-réponse ça.

- Ils sont venu me briser les ovaires sans raison parce qu'ils voulaient s'asseoir à ma table. Je venais à peine de me poser, j'avais envie de boire seule, je les ai gentiment envoyé chier et une chose en entraînant une autre...-elle soupira puis me fixa en "souriant"- Disons juste qu'ils ont pas aimé ma réponse et que ça a légèrement dérapé.

Je soupirai. C'étais bien digne d'elle tout ça. Elle m'exaspérait un peu. Même moi j'avais réussi à me "ranger".
Et elle m'avait pas connu mes premières année. J'étais tout le temps en bringue avec des gens. Et je gagnais toujours. Ce qui me valu (à mon plus grand malheur) une réputation auprès des nanas du lycée. Rien que d'y penser me donnait envie de vomir. Moi je frappais les gens qui m'insupportaient et elles me prenaient pour un saint.

L'image de Kristal qui me faisait la leçon sur ma consommation d'alcool me faisait rire. Elle était passée où la gamine de 12 ans? Et puis je ne comptais pas boire plus d'un verre de toute manière. Tch.
Elle m'avait pris pour qui, nan mais oh.

Je voyais très bien l'air blasé de la doctoresse. Mais j'allais pas céder pour si peu. Elle était prise dans mes filets.
Pauvre petite chose.

-Question suivante.

Je m'arrêtai un instant pour la fixer.

-C'était qui le guignol en blouse blanche? Et me répond pas simplement par son nom. Tout le monde le connait. La vrai question c'est surtout : Pourquoi il avait te papiers?

T'inquiètes meuf, je vais aussi t'en poser des questions sur tes fameux papiers, ça viendra après.

Nan mais sérieusement. On donne pas ses papiers à quelqu'un, aussi proche soit-il. Et puis je devais comprendre quoi? Qu'il était plus important dans sa vie?
Genre la meuf m'a menti sur son nom alors qu'on était -soi-disant- ultra potes et lui il a carrément ses papiers?
C'était quoi ce délire.
Genre monsieur était plus beau, plus riche, plus jeune et plus célèbre que moi donc il était assez bien pour elle.
Un pote de lycée? Ha! Fallait croire que c'était pas si important que ça.
Je me disais bien que c'était bizarre qu'on perde si brutalement contact.
Elle devait être trop occupée a faire l'Unique ne sait quoi avec son chirurgien.
Mais surtout, d'où? D'où elle le connaissait.

Bien que je le canalisais en extérieur. Je bouillonnais.
Elle m'avait menti sur son prénom. Putain.
Alors que l'autre trouduc, lui, le connaissait.
Raaaaah.

Attendant (plus ou moins) patiemment ma réponse, je descendis mon verre.
J'attendais les bras croisés, au fond de ma chaise.
La question qui me brûlais les lèvres, c'était surtout quant à l'identité de "Kristal".
Patience Jun... Patience...


hrp:
 

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Jeu 3 Nov - 16:36


En attendant que son collègue ne réagisse à ce qu'elle venait de lui livrer, Kristal porta une main à son verre, avant de vider celui-ci d'une traite. Plus le silence s'étalait entre eux, plus elle redoutait qu'il ne se contente pas de ce minimum syndical d'explications. Observant les deux bouteilles de soju à sa droite du coin de l’œil, elle gardait néanmoins son attention portée sur l'homme qui lui faisait face, en l'attente d'une réaction de sa part.

- Question suivante.

En brisant le silence, le petit professeur de littérature vint confirmer les craintes de Kristal. Ses yeux gris fermement plantés dans ceux de la doctoresse, Jun semblait déterminé à ne pas s'arrêter là. Si sa collègue lui avait bien donné les explications qu'il lui avait demandé, il semblait qu'il avait décidé de rattraper tout le temps où elle avait cherché à éviter ses questions depuis la Battle School - et ce, à son plus grand malheur.

Le point positif, c'était que les explications du médecin quant à son arrestation semblaient lui avoir suffit, ce qui était déjà une très bonne nouvelle.

- C'était qui le guignol en blouse blanche ? Et me réponds pas simplement par son nom. Tout le monde le connaît. La vrai question c'est surtout : Pourquoi il avait tes papiers ?

Son collègue venait de lui couper l'herbe sous le pied avant même qu'elle n'ait le temps de lui donner le nom de celui qu'il venait de qualifier de « guignol ». Kristal releva néanmoins légèrement un sourcil, plutôt étonnée de l'intérêt que Jun portait à Chul Hei : elle qui s'attendait à ce qu'il lui pose un festival de questions concernant ses papiers justement, elle n'aurait pas cru que l'identité de la personne les lui ayant donnés lui importerait le moins du monde.
Honnêtement, elle préférait largement qu'il s'attarde sur ce genre de détail plutôt que sur tout le reste. Elle observa donc son verre, avant de le vider à son tour, puis reporta son attention sur son collègue. Posant un coude sur la table, elle s'appuya sur sa main gauche, cherchant à trouver le meilleur moyen de répondre à ses deux questions.

- Hm. Je le connais depuis quoi... cinq- six ans, je crois ? De l'hôpital.

La jeune femme aurait pu apporter plus de précisions quant à la nature de leur rencontre et de leur relation, mais elle n'y voyait pas la moindre utilité. Elle avait rencontré Chul Hei alors qu'il n'était encore qu'un interne et qu'elle entamait la dernière année de sa thèse. A l'époque, on lui avait donné le privilège de pouvoir observer de véritables chirurgiens en action dans le bloc opératoire malgré son jeune âge, la nymphe ayant prouvé son intelligence et sa connaissance aiguë en médecine dépassait même celle de plusieurs de ses aînés plus expérimentés.
C'est dans ce contexte qu'elle s'était liée d'amitié avec le jeune Dr. Park. Même si parfois elle regrettait cette rencontre du fait de la trop grande propension de celui-ci à parler de tout et de rien, elle avait le plus grand respect pour les aptitudes chirurgicales de cet homme, au point où elle avait confié les soins de son frère à celui-ci.

Mais elle doutait fortement que ce genre d'histoire intéresse le moins du monde le petit homme qui la fixait avec intensité. Il ne lui demandait pas de lui raconter ses études après son départ de Xényla, encore moins de lui expliquer ses recherches, et elle n'avait certainement pas l'intention de lui dire que cet homme s'occupait de Zhu.

- Mais c'est pas intéressant et c'est pas ce que tu me demandes.

Elle se redressa légèrement, puis attrapa ses couverts, avant de commencer à couper sa viande. Tout en faisant cela, elle reprit la parole, les yeux rivés sur son collègue.

- La seule raison pour laquelle il avait mes papiers, c'est parce que je suis passée à l'hôpital hier pour aller leur donner une liste des médicaments qu'on n'avait plus en stock au lycée. La rentrée qui approche, tout ça.

De sa main gauche, Kristal planta sa fourchette dans un morceau de viande avant la porter à sa bouche, tout en se servant un deuxième verre de sa main droite. Sur ce premier point, elle ne mentait pratiquement pas. Pratiquement. Elle s'était bel et bien rendue là-bas la veille pour commander de quoi remplir les stocks de l'infirmerie, mais sa carte n'était déjà plus en sa possession à ce moment-là.

Cela faisait déjà plusieurs années qu'elle évitait de se balader avec des pièces d'identités sur elle. Du fait de ses activités plus ou moins légales dans le quartier Nord, elle avait pris l'habitude de toujours garder la moindre preuve de son identité dans des endroits sûrs. Il était parfaitement hors de question qu'elle mette en danger son frère hospitalisé en laissant traîner son nom n'importe où : si elle avait décidé de ne plus utiliser que le nom de « Kristal » au lycée et de garder l'anonymat le plus total dans sa clinique, ça n'était pas pour qu'un patient mécontent ne découvre son nom et l'utilise pour atteindre la seule famille qui lui restait.
Dernièrement, plusieurs détails dans sa clinique semblaient lui indiquer que quelqu'un était venu la fouiller en son absence. Son deuxième logement se situant dans le même quartier, la jeune femme avait décidé de ne pas prendre le moindre risque en confiant ses papiers à la seule personne qu'elle savait qu'on ne relierait jamais à elle : Chul Hei. Personne ne les voyait jamais ensemble, et le jeune homme avait accepté de ne pas lui poser de questions lorsqu'elle les lui avait confié.

- J'avais la tête ailleurs, j'ai oublié de reprendre ma carte et comme il me connaît bien, il l'a gardé pour que je vienne la récupérer plus tard. M'enfin bon, l'important c'est que je les ai récupéré maintenant, non ?

Elle leva ensuite son verre à l'attention de son collègue, avant d'en vider le contenu.
Cette fois, le mensonge était plutôt gros, bien que raconté avec flegme. Kristal n'était pas tout à fait sûre que son collègue y croirait, mais elle ne voyait pas non plus pourquoi il remettrait ses paroles en question.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Lun 20 Fév - 23:27

-Hm. Je le connais depuis quoi... cinq- six ans, je crois ? De l'hôpital.

J'étais censé l'applaudir ou bien ?
Tu connais un chirurgien. Tu le connais de l'hôpital. Quel scoop.
J'étais partagé entre l'envie de me facepalm et celle de l'interrompre pour lui faire comprendre l'inutilité de cette explication. Au final, j'avais juste décidé de rien faire. De toute manière c'était pas le premier de mes problèmes l'autre guignol.
Et j'attendais la suite.

- Mais c'est pas intéressant et c'est pas ce que tu me demandes.

Si un peu quand même. Mais bon. Passons.

- La seule raison pour laquelle il avait mes papiers, c'est parce que je suis passée à l'hôpital hier pour aller leur donner une liste des médicaments qu'on n'avait plus en stock au lycée. La rentrée qui approche, tout ça.

Je savais même plus quoi croire. Cette excuse semblait tout sauf valide tellement le truc était gros mais à côté, la meuf elle m'avait sans peine caché un élément aussi énorme que SON VRAI PRÉNOM.
Ses réponses évasives et brouillon commençaient à me taper sur le système.
J'avais l'impression d'interroger une lycéenne qui aurait "rien à perdre" à foirer son orientation quoi. Plus mes questions allaient être précises, plus elle allait me faire des doigts. Mes années de pédagogie me l'ont montré bien souvent, j'avais même pas besoin d'être parent pour savoir comme ça marchait.
Ca me donnait pas envie d'avoir un enfant en tout cas. J'avais de toute manière trop de travail à gérer Junior. J'étais franchement inquiet sur comment elle s'était débrouillée toutes ces années.

Il était peut-être temps de se ré-intéresser à ma viande pour faire passer un peu la conversation.
Kristal -enfin, est-ce que ça valait la peine de l'appeler comme ça ?- Savait pertinemment que mon silence en disait très long sur mon avis sur la situation.

-J'avais la tête ailleurs, j'ai oublié de reprendre ma carte et comme il me connaît bien, il l'a gardé pour que je vienne la récupérer plus tard. M'enfin bon, l'important c'est que je les ai récupéré maintenant, non ?

Il te connais "bien". Bien plus que moi ouais.
Je penchai un peu ma tête sur le côté toujours aussi consterné de la situation actuelle. Les bitchfaces ça me connaissait, c'était l'état fondamental de mon visage.Et puis c'était quoi ces conneries ? Le parfait génie avait "la tête ailleurs" ?

-Ouais. On va dire ça.

Plus la conversation avançait, plus j'avais l'impression d'être pris pour un pigeon. J'en faisais abstraction comme je pouvais.
Je faisais de mon mieux pour réagir un minimum puisque comme ça au moins elle me parlait.
En plus elle buvait sans arrêt donc a un moment j'allais peut-être pouvoir en tirer avantage.
Ouais, j'étais vraiment désespéré au point de compter sur la quantité croissante d'alcool dans le sang de mon ancienne camarade de chambre.

J'essayais de faire de l'ordre dans ma tête, d'analyser ses réponses mais il y avait juste trop de zones d'ombre. Et puis merde, j'étais incapable de démêler le vrai du faux dans tout ce que j'entendais. Ca me filait la migraine. Ou alors j'étais juste en train de tomber malade à cause de la douche froide. Ou les deux à la fois.
Tout mon corps était imbibé d'eau, c'était insupportable. J'avais juste envie de prendre une douche, une vraie, une chaude, et me coucher. Dans le silence. Au sec.
Ugh. Que je me sentais sale.

Là j'avais franchement besoin d'une intervention divine.
Jade, si tu m'entends, c'est le moment ou jamais de m'aider de là-haut.
Je soupirai.

Il était temps d'aborder tout ce qui fâche.
Je reposai le verre d'eau minérale -et oui je ne buvais pas que de l'alcool, contrairement à quelqu'un- et je posai mes mains jointes sur le bord de la table.

-Bon, rentrons dans le vif du sujet.

J'avais pas relâché mon regard un instant depuis le début de notre mise au point.

-En supposant que ces papier ne sont pas faux -ce que j'espère sincèrement-, on en parle de ton identité "Zhang" ?

Oui j'avais volontairement appuyé le prénom. Mon agacement était plus que présent.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 2 Avr - 20:23


Face au médecin, c'était un Jun à l'air plus que sceptique qui plongeait actuellement son regard dans celui de la jeune femme. La tête penchée sur le côté, il ne cachait pas le moins du monde la consternation que semblait lui avoir inspiré le petit discours de sa collègue : plus que cela même, Kristal aurait juré sentir une pointe d'agacement monter en lui.

Mais plutôt que de chercher à meubler le vide, elle resta silencieuse, attendant simplement qu'il ne prenne la parole pour exposer le fond de sa pensée. Ce qu'il ne tarda d'ailleurs pas à faire.

- Ouais. On va dire ça.

Son ami n'était pas convaincu, cela se voyait, mais il avait au moins décidé d'accepter les réponses qu'elle lui avait donné. Alors qu'il semblait réfléchir à ce qu'il voulait lui dire, Kristal décida de profiter du temps de réflexion de son collègue pour continuer de manger le plat posé devant elle. Jun avait l'air d'avoir beaucoup de choses à lui demander, ce qu'elle pouvait tout à fait comprendre, aussi elle n'allait pas l'interrompre outre mesure - c'était dans son propre intérêt.
Mais alors qu'elle remplissait une énième fois son verre, un soupir s'échappa des lèvres de son collègue, avant que celui-ci ne pose son propre verre sur la table. Ce geste avait attiré l'attention de la jeune femme, qui le regardait à présent dans les yeux. Lentement, il posa ses mains jointes sur la table, le regard braqué sur elle.

- Bon, rentrons dans le vif du sujet.

On aurait facilement pu sentir la tension qui venait de s'immiscer dans l'air entre les deux jeunes adultes, tant le silence qui avait suivi cette phrase était pesant. Au-dessus d'eux, la pluie martelait leur abris de fortune de plus belle, donnant à cette scène un aspect presque dramatique. Il était rare qu'ils se trouvent tout deux dans un contexte de discussion aussi froid et pesant, ce qui mettait presque le médecin mal à l'aise : comment avaient-ils pu en arriver là ?
Cette soirée ne se déroulait décidément pas comme elle l'avait prévu.

- En supposant que ces papier ne sont pas faux - ce que j'espère sincèrement -, on en parle de ton identité "Zhang" ?

Bien qu'elle s'attendait inévitablement à ce qu'il lui pose cette question, Kristal n'en resta pas moins légèrement vexée par la manière dont son ami l'avait posé. Elle avait bien conscience que ses papiers pouvaient sembler relativement frauduleux lorsqu'on ne les regardait que d'un coup d’œil rapide et désintéressé, mais de savoir que son ami pouvait croire qu'elle lui demanderait de mentir à la police avait quelque chose d'affreusement blessant.
Elle secoua donc la tête de gauche à droite tout en sortant ses papiers de sa poche, posant ceux-ci face à son collègue pour qu'il les ait sous les yeux avant de s'adresser à lui.

- Ils sont vrais, tu peux les regarder tant que tu veux. Tu penses vraiment que je pourrais t'impliquer dans ma merde en te demandant de ramener des faux papiers à la police ?

Cette fois, c'était au tour de la jeune femme de soupirer longuement. Il y avait maintenant bien longtemps qu'elle aurait dû parler de ses origines à Jun, et elle ne pouvait s'en prendre qu'à elle-même si maintenant son ami pouvait douter d'elle et se méprendre à son sujet. Mais elle n'aimait pas avoir à parler d'elle, et elle savait déjà que ce qu'elle était sur le point de dévoiler à son collègue risquait de changer le regard qu'il portait sur elle - et éventuellement amener à plus de questions auxquelles elle n'aurait pas envie de répondre.
En toute honnêteté, elle n'était pas sûre de la meilleure chose à faire. Ou plutôt si, mais elle craignait la réaction de son ami.

Pendant un instant, Kristal baissa les yeux du regard de son collègue, fixant successivement son verre vide, puis l'une des bouteilles qui trônait à sa droite. Elle savait qu'elle allait regretter le choix qu'elle était sur le point de faire, aussi elle décida qu'un petit remontant ne serait pas de trop pour lui donner un peu de courage.

Sans un mot, elle reposa ses couverts, puis tendit la main vers la bouteille entamée. Lorsqu'elle porta celle-ci à ses lèvres, elle la vida de son contenu d'une traite, la reposant rapidement sur la table aussi brutalement qu'elle l'avait empoigné. Une fois le liquide ingurgité, elle posa ses coudes sur la table, avant de se prendre la tête dans les mains.
D'un geste lent et contrôlé, elle massa ensuite ses cheveux pour les plaquer en arrière, tandis qu'elle relevait les yeux vers Jun, le regard las.

- Nos parents nous ont abandonnés, Zhu et moi, quand on avait quatre ans.

Il n'y avait pas de rancœur dans sa voix, elle avait énoncé cela le plus naturellement du monde, comme une évidence. C'était probablement un peu brutal comme introduction, mais la jeune femme ne voyait pas comment s'expliquer autrement. Il n'y avait pas de raison d'y aller par quatre chemins, alors autant commencer par le plus évident, le reste irait plus rapidement de la sorte.
Les yeux plantés dans ceux de son collègue, elle reprit.

- Alors ouais, officiellement, je m'appelle Zhang. Mais c'est uniquement parce que j'ai jamais pris la peine de faire les démarches pour faire de Kristal mon prénom officiel. C'est aussi pour ça que la case pour mon nom de famille est comme elle l'est. Lya, c'est pas considéré comme un "vrai" nom de famille, c'est un nom provisoire donné à tous les gamins qu'on n'adopte pas, là où j'ai grandi.

En fait, maintenant qu'elle avait réussi à se lancer, la nymphe avait l'impression que les mots sortaient de sa bouche sans même qu'elle n'ait à y réfléchir. C'était un peu comme si elle déversait son sac, en quelque sorte. Elle qui avait toujours évité de parler de son passé, elle était presque surprise de s'entendre raconter tout cela aussi naturellement. Il fallait croire qu'elle avait toujours été prête à en parler à quelqu'un, mais simplement qu'elle n'en avait jamais encore eu l'occasion.
Un léger sourire aux lèvres, elle continua.

- Ça doit être hilarant pour toi d'imaginer que je puisse m'appeler comme ça, en fait. Zhang. Mais si je me fais appeler Kristal, c'est pas tant parce que je voudrais fuir mon passé ou une autre connerie dramatique du genre - j'veux dire, ça fait longtemps que j'ai accepté le fait de ne pas avoir de famille, et j'ai pas envie qu'on me plaigne pour ça.

Jouant du bout de ses doigts sur le goulot de la bouteille de soju qu'elle venait de vider il y a encore seulement quelques minutes, elle continua ses explications, replantant son regard dans celui de Jun.

- En fait, avant d'arriver à Xényla, on n'a jamais quitté l'orphelinat qui nous a recueilli et là-bas, les autres gamins avaient du mal à nous différencier. Je te laisse imaginer que les prénoms aidaient pas vraiment. Donc Zhu a décidé qu'il m'en fallait un qui fasse plus "fille", et on a commencé à m'appeler Kristal.

C'était ironique, maintenant qu'elle y pensait : alors que son frère avait essayé de rendre son nom plus féminin, la jeune femme s'était vite retrouvée avec un surnom plus masculin encore que son prénom d'origine. Inconsciemment, un sourire mélancolique s'étala un peu plus sur son visage à cette pensée, comme souvent lorsqu'elle pensait à sa proximité d'antan avec son jumeau.
Kristal secoua la tête, tâchant de se débarrasser de ces pensées superflues : elle n'avait pas besoin de s'infliger ça maintenant.

Cessant de pianoter sur la bouteille, elle passa une nouvelle fois sa main dans ses cheveux. En faisant cela, elle rit légèrement - plus nerveusement qu'autre chose d'ailleurs -, avant de reprendre.

- Je suis désolée, j'aurais dû t'en parler plus tôt, mais c'était jamais le bon moment. Ma rentrée au lycée, les cours, ton départ, l'a... Elle déglutit légèrement, s'empêchant de laisser le mot "accident" échapper à ses lèvres, puis adressa un vague sourire à son collègue avant de reprendre. La vie quoi.

Le médecin se félicita mentalement d'avoir réussi à éviter la catastrophe en mentionnant son frère par inadvertance. Jun allait déjà avoir bien assez d'informations à digérer d'un coup, et la jeune femme ne se sentait décidément pas encore prête à parler de ce qui lui était arrivé après le départ de son ami du lycée.
Ce qu'il ignorait ne pourrait lui pas faire de tort, et même l'ingurgitation précédente d'alcool n'allait rien changer à sa position vis-à-vise de cela.

Se recalant légèrement sur sa chaise, la nymphe repassa une main distraite dans ses cheveux, chassant une mèche mouillée qui avait eu le temps de retomber sur son visage. Calmement, elle reprit ensuite la parole, n'ayant toujours pas quitté des yeux les iris gris de son ami.

- Mais si je te dis tout ça, c'est pas pour que tu me prennes en pitié, j'ai pas besoin de ça. Je pense juste que s'il y a bien une personne qui devrait avoir le droit de savoir tout ça, c'est quand même toi.

Kristal redoutait quelque part la réaction que son ami pourrait avoir à l'annonce qu'elle venait de lui faire : elle venait tout de même de lui dévoiler une partie relativement importante de sa vie, même si pour elle elle ne représentait finalement pas grand-chose. Elle ne voulait pas être définie par l'abandon qu'elle avait subi, elle avait depuis longtemps laissé de côté les ressentiments qu'elle avait pu avoir pour ses parents lorsqu'elle était enfant, et elle comprenait à présent que c'était probablement cela qui l'avait empêché de parler de son enfance à Jun.
Plus que l'excuse du manque de temps, ou d'un simple oubli de sa part. Elle ne voulait simplement pas que son regard change.

C'était étrange, finalement, qu'elle n'ait jamais pensé à lui révéler ces détails de sa vie plus tôt : il était probablement son ami le plus proche, et il ne savait pratiquement rien d'elle, en fin de compte.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Sam 22 Avr - 19:14

La jeune femme devant moi secouai la tête. Visiblement "déçue".
Dans cette situation, j'étais probablement bien plus en position pour être déçu de la personne en face de moi mais soit.
Elle déposai les-dits papiers sur la table.

-Ils sont vrais, tu peux les regarder tant que tu veux. Tu penses vraiment que je pourrais t'impliquer dans ma merde en te demandant de ramener des faux papiers à la police ?

Oui.
Je le pensai très fort mais ne dit rien. Je haussai simplement les sourcils. A libre interprétation.
Quand je me remémorais notre comportement de sales gosses par le passé, j'avais étrangement l'impression qu'elle aurait pu continuer sur un sentier quelque peu divergeant.
Enfin, cette impression était probablement fortement influencée par les cicatrices louches que j'avais pu constater lors de la BS.

Ma collègue empoigna sa bouteille brusquement après avoir rompu le contact visuel. Je fus témoin d'un merveilleux cul-sec. Je n'allais pas l'arrêter dans sa descente d'alcool puisque mon but était qu'elle me parle.

-Nos parents nous ont abandonnés, Zhu et moi, quand on avait quatre ans.

De tous les trucs qu'elle aurait pu me sortir, je m'attendais pas à ça. Vraiment. Si j'avais eu quelque chose en bouche à ce moment-là, ça aurait été très cartoonesque.
Je ne cachais pas vraiment ma surprise. Mais j'étais plus choqué qu'elle ne m'ait jamais rien dit que de la savoir, elle et Zhu, orpheline. C'était un peu égoïste de ma part de penser un truc pareil à la vue de tout ce que je ne lui avait jamais dit mais merde ! C'était frustrant.

-Alors ouais, officiellement, je m'appelle Zhang. Mais c'est uniquement parce que j'ai jamais pris la peine de faire les démarches pour faire de Kristal mon prénom officiel. C'est aussi pour ça que la case pour mon nom de famille est comme elle l'est. Lya, c'est pas considéré comme un "vrai" nom de famille, c'est un nom provisoire donné à tous les gamins qu'on n'adopte pas, là où j'ai grandi.

Bien que je commençais à accepter l'idée qu'elle soit dans une telle situation, cela semblait tellement invraisemblable que je n'en ai jamais rien su. Pourtant j'étais bien placé pour savoir que la vie ne faisait pas de cadeau mais j'étais tellement centré sur ma petit vie de merde que je n'avais même pas imaginé que mes amis aient le droit au même traitement. Voir pire.

-Ça doit être hilarant pour toi d'imaginer que je puisse m'appeler comme ça, en fait. Zhang. Mais si je me fais appeler Kristal, c'est pas tant parce que je voudrais fuir mon passé ou une autre connerie dramatique du genre - j'veux dire, ça fait longtemps que j'ai accepté le fait de ne pas avoir de famille, et j'ai pas envie qu'on me plaigne pour ça.

Lolnope c'est pas drôle. Des fois je me demandais franchement qu'elle image elle avait de mon humour. Même s'il est douteux.
Après, je comprenais le délire. Moi non plus au lycée je ne voulais pas qu'on me regarde comme une pauvre chose. Enfin... Toujours maintenant. J'allais pas me mettre du jour au lendemain à me présenter comme veuf si c'était pour voir des meufs randoms me regarder comme un chaton perdu.

Elle jouait avec sa bouteille vide. Moi j'étais tellement dans un état entre le choc, l'analyse et la perte de foi en l'Unique.

-En fait, avant d'arriver à Xényla, on n'a jamais quitté l'orphelinat qui nous a recueilli et là-bas, les autres gamins avaient du mal à nous différencier. Je te laisse imaginer que les prénoms aidaient pas vraiment. Donc Zhu a décidé qu'il m'en fallait un qui fasse plus "fille", et on a commencé à m'appeler Kristal.

Tout le bordel dans ma tête faisait beaucoup plus sens d'un coup. Je ne dit rien.
Je continuais de la fixer. Pris dans son récit, je ne remarque même pas que ma main droite triturait la chaînette de mon pendentif. Ce collier ne me quittait jamais, il représentait trop pour moi. Cela trahissait sans que je ne puisse faire quoi que ce soit l'état de tension de mes nerfs. Il y avait tant de choses que Kristal ignorait.

Seule la partie ironique de mes pensées avait l'air de fonctionner à ce moment là.
Forcément, quand elle mentionne la "féminité" du prénom choisit par son frère. Je me disais que le pauvre avait échoué à essayer de faire de cette fille autre chose qu'une androgyne. Il l'avait un peu enfoncée parce que "Kris" y avait pas pire pour prêter à confusion. Mon humour incroyable trouvait ça très drôle. Il fait même apparaître un petit sourire en coin.

Elle aussi visiblement trouvait ça drôle. Mais elle secoua la tête, je supposais pour sortir de ses pensées.

-Je suis désolée, j'aurais dû t'en parler plus tôt, mais c'était jamais le bon moment. Ma rentrée au lycée, les cours, ton départ, l'a... -elle déglutit- la vie quoi.

Je ne pouvais qu’acquiescer intérieurement. C'était tout sauf facile de trouver des moments pour parler.
Quelque part, mon pauvre petit cœur était un peu soulagé qu'elle me parle de tout ça. Nous étions bien loin des scénarios farfelus que mon cerveau avait bien pu imaginer. Je ne me cachais malgré tout pas le fait qu'il restait des zones d'ombres relativement inquiétantes dans cette histoire.

-Mais si je te dis tout ça, c'est pas pour que tu me prennes en pitié, j'ai pas besoin de ça. Je pense juste que s'il y a bien une personne qui devrait avoir le droit de savoir tout ça, c'est quand même toi.

Je n'avais à aucun moment eu pitié de Kristal. Qu'elle idée. Ce n'était pas mon genre de m'apitoyer sur ce genre de choses.
Mon égo était soulagé aussi. On était quand même proches putain, bien sûr que je méritais de savoir tout ça. Quand même, j'étais pas juste un vieux chirurgien rencontré à l’hôpital ou je ne sais quoi.

Je soupirai de semi soulagement et de semi-descente de pression.
Je décidai de jouer la carte de l'humour parce que je n'avais franchement aucune idée de quoi lui dire.
Tout en faisant cela, je reculai mon dos sur le dossier.

-Je dois avouer être relativement déçu là. Je pensais que tu savais, depuis le temps, que tes antécédents je m'en bat les couilles mais wow quoi. Genre tu pourrais être fille de pète-secs, éleveuse d'alpagas ou gangster que je te considérerais toujours comme Junior, la surdouée un peu casse-couille qui est arrivée dans ma vie du haut de son mètre 30 à 12 ans.

J'avais l'impression que ma tentative pour alléger l'atmosphère marchait plutôt pas mal.

-Et puis bon. J'aurais préféré une histoire un peu plus intéressante. Je sais pas moi... Du trafic d'enfants ? Ca aurait été plus badass. Peut mieux faire, manque de créativité.

Au fond c'était sacrément mieux de savoir un peu plus de choses sur elle. Par pitié, que quelqu'un arrête mon inner-prof. Je me mettais à faire des blagues qui ressemblaient à des remarques de bulletins un 4 septembre c'était grave.

J'engouffrai de la viande dans ma bouche. Maintenant qu'elle n'avait pas un vieux goût amer dû à l'ambiance pourrave, c'était bien mieux.

En vrai, j'étais peut-être censé en dire un peu sur moi en échange de toutes ces infos. J'avais pas franchement envie mais continuer de l'interroger c'était de l'abus.

Merde.

Qu'est-ce que je pouvais bien lui dire ?
J'avais pas franchement d'idée de pirouette pour amorcer un "et au fait, ma mère est morte pendant ma dernière à Xényla et mon père c'est un fdp lol mdrrr tavu on a deux vdm".
Peut-être qu'il valait mieux ne rien dire si elle ne me demandait rien.
Mais du coup je n'avais absolument rien de profond à lui dire, c'était un peu gênant.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Mer 26 Avr - 14:00


Durant tout le moment où Kristal avait parlé, beaucoup d'expressions s'étaient succédé sur le visage de son collègue. Cela n'avait rien d'étonnant, bien sûr, étant donné le nombre d'informations que la jeune femme lui envoyait d'un coup. Celle-ci lui fut toutefois reconnaissante de ne pas l'interrompre une seule fois, se contentant de patiemment l'écouter en silence : la jeune femme ne s'en était jamais rendue compte avant, mais elle ressentait vraiment le besoin de se libérer de tout cela.

Lorsqu'elle avança dans son monologue, le médecin put voir son collègue commencer à distraitement jouer avec le haut de la chaîne du collier ornant son cou, celui-ci ne s'en rendant visiblement pas compte alors qu'il l'écoutait parler. Kristal ne releva toute fois pas particulièrement ce détail, elle-même ayant ressenti le besoin d'occuper ses mains en tapotant sa bouteille de soju.
Un vague sourire apparut toutefois sur le visage de Jun lorsqu'il l'entendit la jeune femme parler de l'origine de son prénom actuel : lui aussi devait trouver cela ironique qu'elle ait fini avec un surnom plus androgyne encore que son prénom initial, ce qu'elle trouvait en un sens étrangement rassurant. Elle était simplement contente de voir que l'ami lui faisait face ne lui offrait pas un visage emprunt de pitié, mais qu'il lui montrait plutôt une certaine forme de compréhension.

Lorsque la nymphe eut enfin fini de lui dire tout ce qu'elle pouvait avoir sur le cœur concernant son passé grisâtre, un léger silence eut le temps de s'installer, durant lequel la pluie continuait de tambouriner au-dessus d'eux. Mais cette fois, l'atmosphère pesante des blancs précédents qu'il avait pu y avoir dans leur discussion semblait s'être pratiquement entièrement dissipé.
Jun soupira alors, avant de laisser aller son dos contre le dossier de sa chaise, pour rompre le silence en prenant à son tour la parole.

- Je dois avouer être relativement déçu là. Je pensais que tu savais, depuis le temps, que tes antécédents je m'en bat les couilles mais wow quoi. Genre tu pourrais être fille de pète-secs, éleveuse d'alpagas ou gangster que je te considérerais toujours comme Junior, la surdouée un peu casse-couille qui est arrivée dans ma vie du haut de son mètre 30 à 12 ans.

Pour la première fois depuis le début de la soirée, le visage de Kristal se fendit d'un sourire sincère, accompagné d'un soulagement interne immense. Elle qui avait eu si peur que le regard de son ami ne change en apprenant son passé, celui-ci venait de lui prouver que ces angoisses avaient été parfaitement futiles, voire même infondées. Jun restait Jun après tout, comment avait-elle pu oublier cela ?
La jeune femme aurait toutefois difficilement pu dire ce qu'il l'amusait le plus dans la réponse de son collègue : le fait qu'il lui manque légèrement de respect en blaguant sur la fillette qu'elle était au lycée, ou le fait qu'il n'était pas si éloigné de ses passe-temps actuels en la citant comme potentielle gangster ? Encore que, sur ce point-là, il fallait dire que Kristal mettait un point d'honneur à se différencier de ces gens-là. Si elle se retrouvait souvent à devoir soigner des personnes peu recommandables, cela ne faisait pas d'elle l'une des leurs et d'après elle, le serment d’Hippocrate ne pouvait pas uniquement être appliqué à ceux qui étaient bien intégrés à la société.
Un patient était un patient, quelle que soit son identité.
Cette pensée arrangeait ses finances, ainsi que sa bonne conscience.

Mais la jeune femme n'eut pas le loisir de se perdre davantage dans ses pensées que le petit homme face à lui reprit, le regard toujours fixé sur elle.

- Et puis bon. J'aurais préféré une histoire un peu plus intéressante. Je sais pas moi... Du trafic d'enfants ? Ça aurait été plus badass. Peut mieux faire, manque de créativité.

L'humour de cet homme pouvait parfois être désespérant de mauvais goût, mais Kristal aurait menti si elle n'avait pas avoué avoir trouvé cette remarque amusante. Observant son collègue se pencher pour prendre un peu de sa viande, elle attrapa elle-même ses couverts, coupant quelques morceaux de la sienne tout en lui répondant, hochant légèrement la tête dans une moue faussement désolée.

- Excuse-moi, je ferai des efforts d'imagination la prochaine fois, je voudrais pas trop te décevoir non plus.

Plantant sa fourchette dans l'un des morceaux qu'elle venait de couper, la jeune femme porta ensuite celui-ci à sa bouche, ayant l'impression que le goût de celui-ci était soudain bien meilleur qu'auparavant. Ce devait être grâce à la descente de la pression qu'elle sentait sur ses épaules depuis le début du repas - ou peut-être parce que l'alcool avait finalement commencé à faire un peu d'effet sur elle, elle n'aurait su dire.
Tout ce qui importait, c'était que Kristal avait un peu moins l'impression de s'enfoncer dans un tourbillon de malaise par rapport à précédemment. Ça, et que lorsqu'elle finirait la deuxième bouteille du soju, elle parviendrait peut-être même à oublier la raison première de son besoin de se changer les idées ce soir-là, avant que tout ne dérape pour qu'elle finisse dans cette situation avec Jun.

Rapprochant la deuxième bouteille d'alcool d'elle pour se remplir un verre, la jeune femme reprit bientôt la parole, offrant un sourire en coin à celui qui lui faisait face.

- Et puis tu fais le malin, mais t'as plus original toi, peut-être ?

Elle n'avait dit cela que pour le titiller bien sûr mais après une seconde de réflexion, Kristal se rendit compte de quelque chose qu'elle avait encore laissé de côté jusqu'alors : elle ne savait strictement rien du passé de son ami. À bien y réfléchir, elle réalisait même que jamais elle ne lui avait posé la moindre question à propos de sa famille, ou de l'environnement dans lequel il avait bien pu évoluer. Diable, elle ne lui avait même jamais demandé le moindre détail sur sa vie personnelle entre son départ du lycée et leurs retrouvailles de cette année.
En définitive, elle ne savait pratiquement rien de cet homme qui était pourtant certainement la personne la plus proche d'elle.

Maintenant que la question était posée, il fallait dire qu'elle attendait sa réponse d'une impatience retenue.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 30 Avr - 19:20

Voir Kris sourire après ma remarque pourrie m'enlevai grand poids des épaules. L'atmosphère en était devenue moins étouffante. J'aurais pas pu rester sous cette tente plus longtemps si c'était pour passer une soirée encore plus merdique dans la dépression et la mauvaise humeur.

-Excuse-moi, je ferai des efforts d'imagination la prochaine fois, je voudrais pas trop te décevoir non plus.

Je lui adressai un simple regard pour répondre. Un regard de type "c'est bien, je suis fier de toi". Un peu le genre de regard que j'adressais à mes meilleurs élèves en classe mais avec le demi-sourire narquois en plus.
Mine de rien, j'étais quand même content de la voir commencer à vraiment manger. C'était complètement irresponsable de boire un alcool si fort en si grande quantité l'estomac vide. A croire qu'elle avait toujours un esprit d'ado et pas d'adulte.
Ce qui en soi n'était pas étonnant en fait.

J'oubliais tout le temps notre écart d'âge depuis que nous avions repris contact.
Et à chaque fois que je m'en rappelle, je suis par la même occasion frappé par la dur réalité. J'avais déjà 29 ans en Novembre de cette année. C'était fou de penser que j'étais si vieux.

-Et puis tu fais le malin, mais t'as plus original toi, peut-être ?

Touché.

J'avais pas pensé au retour de flamme.
Avec tout ce qu'elle avait déballé ce soir ça allait pas me tuer de lui dire quelques trucs.
Comment lui dire par contre ?

-Oh malheureusement pour toi ma vie n'est apparemment pas intéressante pour notre cher psychologue alors je doute que tu la trouves originale.

Par où aborder tout ça...

-Il était une fois une enfance tout à fait banale, lambda et inintéressante. Progressivement, le petit Akatsuki a grandi pour devenir le mec vachement social et abordable que t'as rencontré au lycée, et encore, si y avait pas eu sa mère dans sa vie il serait probablement devenu un thug ou je ne sais quel membre de clan douteux. D'ailleurs elle était malade et l'élevait seule. Il allait au lycée pour elle, clairement. Elle a succombé à la maladie le 13 Novembre de sa dernière année. Du coup il vécut seul cette année là, heureusement qu'il était majeur 3 jours après l'évènement tragique. Sinon, Il a un "père" mais pour faire simple, ce déchet qu'il ne considèrerait jamais comme tel a laissé sa pauvre dame en détresse à son château tout sa vie et s'est cassé avec le pognon quand elle est décédée. Le jeune en bon anti-héros a laissé grandir sa haine envers lui et si ce mec a les couilles de se pointer devant le dans le futur, on en conclura avec la triste histoire de ce personnage secondaire qui était un mec bien avant de craquer face à ses démons et qui en deviendra le méchant du récit en éliminant la source de ses problèmes. Fin de l'histoire.

Je ne voulais pas aller plus loin ou plus en détail. Je n'étais pas prêt du tout à parler de la période post-lycée. De toute manière elle venait d'en apprendre déjà beaucoup sur moi. Je haïssais parler de moi donc elle pouvait bien se contenter de ça.

Le récit aurait pu tourner autrement honnêtement, si seulement la side-story du grand amour qui apprend lentement au anti-héros à pardonner s'était bien terminée. Cette épisode à juste rajouté une deuxième chose que je ne pardonnerais jamais d'exister à la liste.
Je me rendis compte que je tripatouillais bien trop mon collier et le lâchai enfin. Il ne fallait surtout pas que j'attire l'attention dessus. Une seule question suffisait à me mettre dans un position trop délicate pour que je puisse la maîtriser.

J'étais pas prof de littérature pour rien en fait. J'aurais pu déformer ma vie et en faire un roman. Qui sait, j'aurais peut-être pu devenir célèbre et ne pas finir prof dans le lycée d'un malade masqué.
Remarque, il était peut-être pas trop tard. J'avais matière à écrire des dramas en m'inspirant de faits réel. Entre Kristal et moi, y avait un paquet de fric à se faire.

-T'as vu, c'est pas folichon comme histoire. Ça manque de meurtres et de trahison. Mais bon, je fais avec.

J'accompagnai ces paroles d'un haussement des épaules nonchalant.
Mes paroles étaient discutables : si on considérait le Bug comme un meurtre de masse alors il manquait que la trahison. Après, même si l'évènement restait inexplicable je m'imaginais mal une personne à l'origine de cette catastrophe.

J'engouffrai plus de viande dans ma bouche.
Je m'étais impressionné moi-même en lui racontant ça. Je n'en avais que parlé à M.Perault par le passé. Ce n'était pas un sujet à propos duquel je parlais. L'avantage d'être presque trentenaire c'était bien de ne pas subir de questions sur ses parents. J'étais pas trop du genre à m'ouvrir à qui que ce soit en plus, il fallait bien l'admettre. J'aimais aider les autres et les écouter mais parler de moi c'était tout autre chose. Je pouvais utiliser mon expérience pour les comprendre, c'était déjà pas mal.



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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 14 Mai - 21:22



Plantant une nouvelle fois sa fourchette dans un morceau de viande qu'elle venait de découper dans son assiette, Kristal avait gardé les yeux fixés sur son collègue, voyant celui-ci légèrement bouger après avoir entendu sa question. Jun n'avait pas l'air particulièrement dérangé qu'elle lui demande de lui parler un peu du passé qu'elle ne lui connaissait pas, mais si la jeune femme ne venait pas de descendre une bouteille entière de soju, elle aurait probablement remarqué que face à elle, celui-ci semblait réfléchir rapidement.

Au lieu de cela, elle se contenta de mâcher tranquillement sa nourriture, alors que son ami prenait la parole, l'expression de son visage ne trahissant en rien ce qu'il pouvait bien ressentir vis-à-vis de ce qu'elle lui avait demandé.

- Oh, malheureusement pour toi ma vie n'est apparemment pas intéressante pour notre cher psychologue, alors je doute que tu la trouves originale.

Une fois de plus, un demi-sourire fit son apparition sur le visage de la jeune femme à l'entente de ces mots. De tous leurs collègues, le psychologue de ce lycée était probablement l'être le plus étrange que Xényla ait porté, dépassant même leur CPE pourtant déjà bien éloigné du commun ds mortels. La jeune femme doutait que cet homme masqué ne considère la vie de qui que ce soit de son entourage comme « intéressante », ayant une vision - disons, plus particulière de la vie que des personnes « normales » comme Jun ou elle-même.
Mais Kristal préféra ne rien dire en réaction à cela, attendant plutôt que son collègue ne reprenne, celui-ci semblant de toute façon sur le point d'aborder le sujet qui l'intéressait.

Et en effet, le petit homme reprit bientôt la parole, du ton las d'un narrateur contant les aventures du héros le plus commun et basique possible.

- Il était une fois une enfance tout à fait banale, lambda et inintéressante. Progressivement, le petit Akatsuki a grandi pour devenir le mec vachement social et abordable que t'as rencontré au lycée, et encore, si y avait pas eu sa mère dans sa vie il serait probablement devenu un thug ou je ne sais quel membre de clan douteux.

À l'entente des adjectifs « social » et « abordable », la jeune femme haussant un sourcil moqueur à l'adresse de son ami, réprimant un nouveau sourire. Elle n'était pas étonnée qu'il fasse de l'humour, bien sûr, mais elle trouvait ces mots ironiquement parfaits pour le décrire. Elle avait toutefois du mal à imaginer comment cet homme aurait pu basculer dans l'univers douteux des clans et des hors-la-loi, se demandant si une mère avait pu avoir tant d'impact que cela sur sa vie pour qu'il devienne celui qu'il était aujourd'hui.
Mais elle n'aurait clairement pas le temps d'y réfléchir davantage, puisqu'il ajouta déjà :

- D'ailleurs elle était malade et l'élevait seule. Il allait au lycée pour elle, clairement.

Tout cela ne présageait rien de bon pour la suite de l'histoire, de cela elle ne douta pas une seule seconde.
Versant un peu du contenu de la deuxième bouteille de soju dans son verre, le médecin redoutait les prochains mots qu'elle entendrait de la bouche de son ami, qui ne tardèrent pas à se faire entendre.

- Elle a succombé à la maladie le 13 Novembre de sa dernière année. Du coup il vécut seul cette année-là, heureusement qu'il était majeur trois jours après l'évènement tragique.

Kristal aurait aimé avoir tort à cet instant, adressant à Jun un léger hochement de tête de compassion polie. Elle ne pouvait pas réellement comprendre la douleur de la perte d'un parent, n'ayant aucun souvenir de ceux qui l'avaient abandonnée, mais cela ne pouvait que lui rappeler ce qui était arrivé à son frère après le départ de son ami, quelques mois après la mort de la mère de celui-ci.
La vie devait être bien cruelle, pour avoir fait de cette année scolaire un point commun aussi sombre pour les deux jeunes adultes.

- Sinon, Il a un "père" mais pour faire simple, ce déchet qu'il ne considérerait jamais comme tel a laissé sa pauvre dame en détresse à son château tout sa vie et s'est cassé avec le pognon quand elle est décédée. Le jeune en bon anti-héros a laissé grandir sa haine envers lui et si ce mec a les couilles de se pointer devant lui dans le futur, on en conclura avec la triste histoire de ce personnage secondaire qui était un mec bien avant de craquer face à ses démons et qui en deviendra le méchant du récit en éliminant la source de ses problèmes. Fin de l'histoire.

Décidément, il fallait croire que la vie n'avait pas décidé d'épargner Jun beaucoup plus qu'elle. Kristal avait rarement vu son ami parler de quiconque avec autant de ressentiment dans sa voix, c'était une nouvelle facette de lui qu'elle découvrait face à elle. Elle l'avait déjà vu en colère, ou encore dédaigneux envers des personnes qu'il n'appréciait pas, mais même sous l'emprise de l'alcool, le médecin sentait la haine qu'il dirigeait vers ce père qui l'avait abandonné.
Quelque part, elle était presque désolée pour lui de ne pas être à sa place : il était bien plus simple de n'avoir aucune haine envers un abandon dont on ne se souvenait pas.

Le professeur de littérature cessa enfin de jouer avec la chaîne ornant son cou, sa collègue remarquant à peine qu'il ne l'avait pas lâché durant les dernières minutes qui s'étaient déroulées. Celle-ci n'y avait jamais fait attention auparavant, mais avait-il toujours eu cela autour du cou ? Mais avant qu'elle n'ait le temps de se poser la moindre question supplémentaire concernant ce bijou, Jun éleva une fois de plus la parole, la coupant dans son début de réflexion.

- T'as vu, c'est pas folichon comme histoire. Ça manque de meurtres et de trahison. Mais bon, je fais avec.

Le jeune homme agrémenta ses paroles d'un léger haussement d'épaules, avant de se pencher à nouveau vers son assiette, pour bientôt y prendre un peu plus de nourriture. Face à lui, Kristal hocha vaguement la tête sur le côté, avant de s'adresser à lui sur le même ton à moitié humoristique.

- C'est déjà pas mal comme ça. Personnellement, j'achète.

Pour être tout à fait honnête, la jeune femme était contente de l'avoir entendu lui livrer un peu de tout cela, ayant l'impression de mieux comprendre l'ami qu'elle pensait pourtant déjà connaître. Sa vie n'avait pas été un conte de fées pour lui non plus, mais elle était au moins heureuse qu'il soit parvenu à devenir l'homme bon qu'elle connaissait malgré cela, espérant pour lui qu'il n'aurait pas à revoir son père et risquer de mettre en péril cette qualité.
Il valait mieux que cela, après tout.

Elle prit un autre morceau de viande et le mangea rapidement, décidant de réagir encore aux dernière paroles de Jun.

- Mais si tu veux vraiment du meurtre et de la trahison, on peut toujours s'arranger. J'ai quelque chose qui s'y apparente en stock, je te l'offrirai avec joie.

Elle ne savait pas trop pourquoi elle ressentait le besoin de rebondir sur cette blague de son collègue et de la mêler à ses petits problèmes, mais Kristal avait dit cela le plus naturellement du monde, dans une tentative d'humour plutôt sombre. La logique aurait probablement voulu que le médecin pense à sa clinique douteuse et à toutes les personnes peu recommandables qu'elle avait bien pu accepter de soigner dans sa vie, mais elle songeait toutefois à quelque chose de bien différent.
La chose qui l'avait fait sortir ce soir-là, en premier lieu.

Affichant un air détaché alors qu'elle commençait à jouer de ses doigts sur les bords de la bouteille devant elle, elle leva bientôt la tête vers son collègue, reprenant la parole d'un ton léger.

- T'as du entendre parler du jeune Ambroise Lockhart, non ? Le Passion qui était gravement malade quand je suis arrivée au lycée.

La jeune femme soupira, les yeux à présent fixés sur la bouteille de soju entre ses mains. Le sourire au coin de ses lèvres aurait difficilement pu être plus forcé, Kristal n'étant certainement pas encore en mesure de blaguer à propos de l'un des patients qui lui tenaient le plus à cœur. Rien ne lui faisait plus mal que de repenser à ce qu'il lui était arrivé, cet incident n'ayant strictement rien d'une plaisanterie. Et pourtant elle essaya tout de même de le faire, dans un effort de dédramatiser tout ce qu'elle avait en tête depuis l'accident malheureux qui avait frappé cet enfant.
Une erreur dictée par l'alcool dans son sang, très certainement.

- J'imagine que le soigner pour ensuite faire une erreur de jugement et le laisser sortir trop tôt de l'infirmerie compte comme une trahison. Parce que j'aurais du voir qu'il n'était pas prêt, et que les médecins de l'hôpital avaient raison d'être réticents à ne pas le garder enfermé plus longtemps. À toi de décider si la trahison s'applique envers lui ou envers mes compères, je te laisse le choix.

L'espace d'une seconde, un sourire spastique qui n'avait rien de joyeux se forma sur ses lèvres, avant qu'elle ne porte sa dernière bouteille de soju à ses lèvres pour la vider d'une traite. Elle avait décidément besoin d'ingurgiter tout l'alcool possible maintenant qu'elle commençait à aborder le sujet d'Ambroise, comme si le liquide brûlant sa gorge la purgerait de l'impression de saleté qui imprégnait son être.
Une saleté due à son erreur, due aux conséquences qu'elle avait eu sur ce pauvre enfant.

Reposant la bouteille - maintenant aussi vide que sa voisine - sur la table, Kristal entoura à nouveau celle-ci de ses deux mains, plantant son regard un instant dans celui de son collègue. Le gris froid de ses iris lui fit réaliser qu'elle commençait à légèrement trembler, probablement à cause de ses vêtements trempés et du temps qui s'était rafraîchi avec cette pluie torrentielle.
Haussant les épaules en soupirant, elle détourna bientôt son regard de son ami, souriant amèrement alors qu'elle reprenait, le ton moqueur.

- Et pour le meurtre... la perte de l'usage de ses jambes ça revient à la même chose, pour un gamin de cet âge, non ? On n'a qu'à dire que je lui ai tué son enfance, à lui aussi.

Oui, à lui aussi.

Il était impossible pour la jeune femme de ne pas dessiner un parallèle entre ce qui était arrivé à son jeune patient récemment et l'accident qui avait frappé son frère à la fin de leur premier année à Xényla. Elle l'avait trahi en ne voyant pas son état, en n'étant pas présente à ses côtés au moment où son premier AVC l'avait frappé. Elle avait assassiné leur précieuse relation complice, leur semblant de famille, en s'enfonçant dans des magouilles à la limite de l'illégalité contre son gré, pour essayer de rattraper sa première erreur.
Si Ambroise avait perdu son enfance en perdant l'usage de ses jambes, Zhu avait perdu la sienne à passer celle-ci à l'hôpital, seul. Et Kristal avait mal au cœur rien que d'y repenser : de son point de vue, elle avait détruit deux vies.

Elle avait tout simplement perdu toute envie d'essayer de faire de cette conversation quelque chose d'humoristique. Pire que cela, elle avait l'impression de faire preuve de manque de respect en abordant ce sujet avec légèreté.

Ses mains entourant toujours la bouteille de soju pratiquement vide, elle lança un bref coup d’œil à son collègue, avant de se retourner pour chercher puis suivre du regard la personne qui leur avait servi leurs plats et leurs boissons un peu plus tôt. Sa gorge sèche ressentait le besoin de se remplir de plus d'alcool brûlant, ce qu'elle ne tarda pas à faire savoir à l'homme lorsqu'elle le vit s'arrêter à la table adjacente à la leur.
Se penchant légèrement en arrière pour tapoter son épaule en requérant son attention, Kristal s'adressa à lui, tâchant de lui présenter un visage poli.

- On prendra une bouteille de plus, s'il vous plaît.

Par « on », la jeune femme voulait bien sûr parler d'elle-même.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Dim 25 Juin - 20:57

-C'est déjà pas mal comme ça. Personnellement, j'achète.

Génial. On tenait un concept.
Restait plus qu'à devenir des scénaristes ou des romanciers et hop, en route vers la célébrité et la richesse. Adieux, salaire miséreux de prof.

-Mais si tu veux vraiment du meurtre et de la trahison, on peut toujours s'arranger. J'ai quelque chose qui s'y apparente en stock, je te l'offrirai avec joie.

Elle était obligée de dire ça ? Toutes mes suspicions les plus bizarres et les moins légales venaient de refaire apparition dans mon cerveau noyé par l'eau qui infiltrait mon corps jusqu'à la moelle.
J'étais pas vraiment sûr d'avoir envie d'entendre la suite. Et puis quoi encore, elle allait m'annoncer qu'elle était mafieuse ?

-T'as du entendre parler du jeune Ambroise Lockhart, non ? Le Passion qui était gravement malade quand je suis arrivée au lycée.

Je hoche la tête en acquiescement.
J'étais mi-rassuré, mi-intrigué. Quel était le rapport ?
Tout le monde était au courant à Xényla, je ne voyais pas vraiment ce que cela venait faire ici. Certes, l'histoire était triste, mais pas de quoi faire un blockbuster.
...
Même pour moi, cette dernière remarque était trop déplacée pour être drôle en fait.

-J'imagine que le soigner pour ensuite faire une erreur de jugement et le laisser sortir trop tôt de l'infirmerie compte comme une trahison. Parce que j'aurais du voir qu'il n'était pas prêt, et que les médecins de l'hôpital avaient raison d'être réticents à ne pas le garder enfermé plus longtemps. À toi de décider si la trahison s'applique envers lui ou envers mes compères, je te laisse le choix.

Je soupirai silencieusement. Kris était visiblement très affectée par ce qui s'était passé.
Je savais pertinemment qu'elle n'allait pas m'écouter même si je lui disais le fond de ma pensée.
A mes yeux, on y pouvait rien. C'était pas la faute des médecins. Ambroise avait enchaîné malchance sur malchance. Tout se serait très bien passé si il n'avait pas été victime d'une attaque. Un humain ne peux pas prédire ça.

C'était pas franchement plaisant de la voir boire avec un sourire amer. Elle détourna même son regard.
J'allais pas la bouffer, elle le savait.

-Et pour le meurtre... la perte de l'usage de ses jambes ça revient à la même chose, pour un gamin de cet âge, non ? On n'a qu'à dire que je lui ai tué son enfance, à lui aussi.

Je tiquai sur le dernier mot. Comment ça, "aussi" ? De qui parlait-elle ?
Je n'aimais pas du tout ce quelle me disait. Pas que je croyais qu'elle avait tué quelqu'un, mais plutôt entendre la pauvre estime qu'elle avait d'elle et ses actions. Elle était clairement déprimée.
Qui sur terre pouvait aimer voir son amie la plus proche dans cet état ?

Elle me faisait réaliser pourquoi je n'avais jamais parlé de mes problèmes auparavant. L'idée de faire se sentir mal les personnes autour de moi à cause de mes propres problème me dégoûtait. En plus, il n'y avait rien de plus dur que d'exposer ses blessures à autrui. Je la respectais d'autant plus de faire ça avec moi. Même si elle avait de l'alcool dans le sang, c'était une preuve irréfutable de sa confiance en moi. Moi, je n'avais jamais eu le courage de faire ça. Et je ne l'avais toujours pas.

Il y eu un moment de silence pendant lequel elle jouait avec sa bouteille vide, le regard dans le vide.
Elle pris ensuite la décision de "nous" reprendre une bouteille. C'est pas comme si j'avais pu boire de la soirée. De toute manière, j'allais probablement devoir nous ramener donc c'est pas comme si je pouvais.

Je décidai enfin de prendre la parole, sans trop savoir quoi dire. Le réconfort c'était pas mon truc.

-Tch. T'as rien d'une meurtrière. Ton métier c'est de soigner les gens. Je pense pas trop m'avancer en disant que t'as tué personne et que c'est pas près d'arriver. A chacun sa vie de chiotte. T'es orpheline, mon père est un crevard et Ambroise a eu un accident. Indépendamment de toi, ou de tes soins. T'es pas le centre du monde hein, tout dépend pas de ta petite personne alors contente toi de boire et de remercier l'Unique que Lockart aie survécu à cet attaque de je ne sais quel taré. Erreur de jugement ? Tu t'es prise pour quoi, l'Unique ? Encore une fois, son accident n'a rien à voir avec ta décision, t'es pas devin ma vieille. Tu penses que vouloir le laisser être libre et heureux c'est condamnable ?

Je soupirai. C'était un sentiment bizarre que de balancer des trucs à coeur perdu.

-Moi, je pense que non. En témoigne le tatouage recouvrant mon dos.

Je m'entêtais à vouloir résonner une personne saoule. Je savais pourtant que c'était débile, mais je ne pouvais pas m'en empêcher. Il fallait l'admettre, la voir comme ça, ça mettait un sacré coup dans les sentiments.

J'avais finis ma nourriture depuis un petit moment déjà, et j'avais la gorge en phase de décès avec l'humidité et le froid.

-Sinon, dépêche toi de finir ta bouteille, j'ai pas envie de moisir ici plus longtemps. On a qu'à boire chez moi, ce sera moins cher. Je paie l'addition et on se casse. Je te ramène de toute façon, donc t'as pas le choix.

A ces mots, je me levai pour aller payer auprès de la personne au comptoir.
L'affaire fut vite réglée.

Je vins me remettre à la table en attendant que Kristal finisse sa boisson.
J'avais encore beaucoup de questions, mais je n'avais pas envie de la pousser plus loin. De toute manière elle était pas très fraîche et clairement congelée.

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MessageSujet: Re: Allo? ... PARDON?! [Junstal] Ven 14 Juil - 12:30


Kristal ne se rappelait pas s'être un jour sentie aussi morose, aussi inutile qu'en cet instant. Elle avait beau se rendre compte que les bouteilles de soju qu'elle descendait ne faisaient qu'empirer la chose, elle n'avait pour autant pas trouvé de solution plus efficace pour régler ce problème. C'était comme ça qu'elle avait appris à régler ses soucis par le passé et même si aujourd'hui elle savait que la présence de son ami à ses côtés la soulageait un peu, elle n'était pas encore prête à totalement se reposer sur lui, à lui confier tout ce qui pouvait bien la tourmenter.
Elle ne voulait pas lui imposer cela.

Il ne fallut pas longtemps pour que la boisson commandée par la jeune femme ne soit déposée devant elle, sans qu'un mot n'ait eu le temps d'être échangé entre elle et son collègue. La nymphe en profita donc pour porter son goulot une première fois à ses lèvres mais avant que celui-ci ne les touche, la voix de Jun s'élevant face à elle interrompit son geste.

- Tch. T'as rien d'une meurtrière.

Kristal leva légèrement la tête à ces mots, bien que son regard ne quittait toujours pas la bouteille entre ses doigts.

- Ton métier c'est de soigner les gens. Je pense pas trop m'avancer en disant que t'as tué personne et que c'est pas près d'arriver. À chacun sa vie de chiotte. T'es orpheline, mon père est un crevard et Ambroise a eu un accident. Indépendamment de toi, ou de tes soins.

Tout en écoutant son ami parler, le médecin avait reprit son geste pour boire quelques gorgées de sa bouteille. Quelques gorgées qui la vidèrent pratiquement à moitié avant qu'elle ne la repose sur la table, sans que son attention ne se porte sur autre chose que les mots qu'elle pouvait entendre.

Oui, son métier était de soigner les gens, et c'était cela même qui lui donnait l'impression d'avoir trahi Ambroise. Cet enfant avait compté sur elle, tout comme ses collègues, tout comme son frère avec eux, et elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'elle leur avait à tous tourné le dos. L'alcool l'empêchait de réfléchir de manière sensée, de se rendre compte que Jun ne faisait que lui dire des choses dont elle était parfaitement consciente.
Pour une fois dans sa vie, elle se laissait penser de manière immature, un peu égoïstement.

- T'es pas le centre du monde hein, tout dépend pas de ta petite personne alors contente toi de boire et de remercier l'Unique que Lockart ait survécu à cette attaque de je ne sais quel taré. Erreur de jugement ? Tu t'es prise pour quoi, l'Unique ? Encore une fois, son accident n'a rien à voir avec ta décision, t'es pas devin ma vieille. Tu penses que vouloir le laisser être libre et heureux c'est condamnable ?

Il interrompit sa tirade pour soupirer tandis que Kristal se mit à tapoter les bords de sa bouteille, le regard planté sur la surface de la table.

Il avait raison, bien entendu qu'elle le savait, mais avait-elle envie de le reconnaître ? Avait-elle envie de réaliser qu'elle était en droit de faire des erreurs ? Que même son pouvoir et ses connaissances ne pouvaient lui permettre de sauver les personnes auxquelles elle tenait ? La jeune femme ne pouvait s'empêcher de penser à l'ami qui lui faisait face : et si la prochaine fois c'était lui, la victime de ses erreurs ?
Elle n'était pas devin, non, mais la jeune femme était tout simplement incapable de ne pas remettre en question absolument chaque décision qu'elle avait pu faire dans sa vie. Si la liberté avait un prix si lourd, en valait-elle vraiment le coup ? N'était-elle pas condamnable en ces conditions ?
Le médecin ne put s'empêcher de baisser les yeux dans un soupir, la gorge nouée.

- Moi, je pense que non. En témoigne le tatouage recouvrant mon dos.

Relevant la tête, Kristal plongea son regard dans celui de son collègue pour le fixer un moment, sans pouvoir trop s'expliquer pourquoi. Tout se bousculait tant dans son esprit qu'elle n'arrivait pas à répondre quoi que ce soit à Jun, sachant que parler trop risquait de lui faire dire des choses qu'elle pourrait regretter - qu'ils pourraient regretter tous les deux.

- Sinon, dépêche-toi de finir ta bouteille, j'ai pas envie de moisir ici plus longtemps. On a qu'à boire chez moi, ce sera moins cher. Je paie l'addition et on se casse. Je te ramène de toute façon, donc t'as pas le choix.

À ces mots, son ami se leva pour se diriger vers le comptoir, avant même que Kristal ne puisse songer à refuser qu'il lui paye ses consommations. Elle se contenta donc de soupirer, portant sa bouteille à sa bouche pour en boire quelques gorgées d'alcool brûlant, sans quitter Jun des yeux. Étrangement, la chaleur qui se répandait dans sa gorge ne parvenait pas à réchauffer son corps engourdi par le froid et l'humidité.
Il avait certainement raison, il valait mieux pour elle qu'elle ne continue pas de boire ici trop longtemps, même si cela la tuait d'admettre qu'elle pouvait avoir besoin de l'aide de son ami pour renter.

Lorsque celui-ci revint à leur table, il ne fallut pas longtemps à la jeune femme pour accéder à sa requête et vider totalement sa boisson, probablement bien trop rapidement aux yeux d'une personne parfaitement sobre. Une fois chose faite, elle reposa le récipient vide sur la table et planta son regard violacé dans celui de Jun, sans ciller.

- T'as pas besoin de faire tout ça pour moi tu sais, je suis plus la gamine d'il y a dix ans de ça. Je suis capable de m'occuper de moi-même toute seule.

Un frisson parcourut son corps alors qu'elle remontait la manche de son t-shirt qui avait commencé à glisser de son épaule droit, pour ne pas laisser celle-ci dénudée trop longtemps. Elle commençait à être particulièrement consciente de l'eau qui dégoulinait de ses cheveux dans son dos, et la brise fraîche qui traversait leur abris de fortune lui donnait l'impression de devenir plus insistante qu'à leur arrivée ici.
Marquant une pause silencieuse de seulement quelques secondes, Kristal reprit vite la parole, toujours sans lâcher son ami des yeux.

- Mais...

Elle ne pouvait pas cacher le fait qu'elle soit malgré tout reconnaissante envers Jun d'être là ce soir, de l'avoir récupérée au milieu de la nuit malgré des semaines sans qu'elle n'ait daigné lui adresser la parole et de lui avoir prêté une oreille attentive comme il venait de le faire. C'était une sensation relativement chaleureuse et nouvelle, de se rendre compte qu'elle n'était peut-être pas si seule qu'elle ne voulait le croire jusqu'alors.
Même si elle pouvait ne pas toujours se comporter comme une amie idéale, il était toujours là.

Elle sourit faiblement à cette idée, sans quitter son collègue des yeux.

- Désolée. Merci, en fait. T'as raison, on ferait mieux de rentrer.

Posant ses mains à plats sur la table, elle recula ensuite sa chaise pour se lever, l'équilibre étonnamment solide. L'alcool avait bien entendu fait son petit effet sur elle, mais il ne semblait heureusement pas avoir particulièrement touché sa capacité à se mouvoir correctement, puisqu'elle n'eut aucun mal à contourner sa chaise pour rejoindre son collègue de l'autre côté de la table. Ses pas se faisaient certainement plus hésitants qu'à l'accoutumée, mais elle n'en tanguait heureusement pas pour autant.

Arrivée au niveau de Jun, la nymphe le regarda un instant en hésitant, avant de prendre sa main pour l'inviter à la suivre à l'extérieur de la tente. Même si elle n'y voyait pas trouble, elle avait décidé qu'un peu d'aide supplémentaire de la part de son ami ne serait pas de refus, quelque chose qu'elle n'admettrai probablement jamais, une fois bien sobre. Elle avait simplement inconsciemment besoin de le savoir prêt d'elle, certainement.
Alors elle serra sa main dans la sienne, lui laissant à peine le temps de récupérer son casque sur la table pour les diriger tous deux au seuil de leur abris. Et lorsqu'ils arrivèrent là, elle relâcha la main de son collègue presque aussi vite qu'elle avait pu la prendre, tournant le dos à Jun pour éternuer.
Elle avait bel et bien pris froid, finalement.

Dans un soupir silencieux, Kristal s'engagea donc sous la pluie battante, sans vraiment réfléchir à quoi que ce soit. Elle ressentait simplement le besoin de marcher, si bien qu'elle en oublia qu'elle n'avait strictement aucune idée de l'endroit où Jun avait bien pu garer le véhicule qui les ramèneraient tous deux chez eux.

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Dr. Kristal Zhang Lya
Ce médecin pansera vos plaies en Lightseagreen.

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