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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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Séance surprise [MARIA]

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MessageSujet: Séance surprise [MARIA] Mar 26 Juil - 9:48


Après un énième soupir, je sais que je ne dormirais définitivement pas. J'ai attendu 7:00 pour être certaine que ce n'était pas la pleine lune qui agissait mais non. Décidément, il y a vraiment un truc qui m'empêche de dormir. Ça fait tout de même une semaine d'affilée que je n'arrive à rien. Si j'avais pas l'anti-cernes de Duvley, je ressemblerais à un tas. Mais je sens, au fond de moi, qu'il y a quelque chose qui gêne, qui me sert le ventre, la poitrine. Ça me dérange, ça me fait mal. Si j'arrive pas à l'enlever, à l'expliquer, je suis partie pour ne pas dormir jusqu'à la fin de mes jours.

Alors je me lève, lentement, et me glisse dans la salle de bain. Pas de grande toilette, je fais le strict minimum pour pouvoir ensuite utiliser le miroir et la trousse de maquillage. Il me faut un teint frais si je ne veux pas qu'on s'inquiète. Merci fond de teint, anti-cernes, eye-liner, mascara et fard à joues. Grâce à ça, je peux donner le genre et avoir un minimum de conviction. Comme vêtements, je vais pas chercher le complexe. Un mini short en jeans taille haute, des creepers noires et un crop top gris, me voilà paré pour la journée.

Avec un faible sourire, je sors de ma chambre et m'engage dans les dédales de ce lycée. Pendant les vacances il n'y a rien à faire. Je n'ai pas envie de me baigner, j'ai pas d'argent pour faire quelque chose en ville, j'ai la flemme de faire du sport dans l'une des nombreuses installations sportives que nous avons. Bref. J'ai la flemme de tout. Et puis j'ai envie de parler. Mais pas à une personne comme Duvley. Non, j'ai besoin d'un spécialiste. Bah voilà ! Je sais ce que je vais faire. Je saute sur mon téléphone et envoie un texto à Mr Leowdaeg. Il est trop sympa comme mec, un peu etrange mais sympa. C'est le plus puissant membre du personnel après le Principal. C'est aussi le suppléant de ma classe, c'est à dire, mon tuteur jusqu'à la fin de ma scolarité. Il m'a même offert le portable que j'utilise maintenant.

À l'heure annoncée du rendez-vous, je me pointe devant la salle de repos. J'ai préparé une petite surprise à Mr Leowdaeg, pour qu'il voit à quel point sa petite disciple travaille bien. En effet, notre psy de service est en réalité hylophobe, c'est pourquoi, je vais l'emmener au lieu que je souhaite réellement en utilisant sa propre peur. Petite technique apprise après des heures à ses côtés. Toujours retourner l'autre contre soi-même. J'adore faire ça. Et mon pouvoir s'y prête tellement.

Alors, lorsqu'il arrive, je me cache et active mon pouvoir. Tandis que je me dissimule derrière mes illusions, une fausse forêt apparaît et crée un chemin amenant au réfectoire. Je le suis sans un mot, sans un bruit, jusqu'à la porte de la cuisine. Dès qu'il y entre, je brise l'illusion et me glisse à ses côtés, le sourire aux lèvres. Il ne m'en voudra pas trop, enfin j'espère. Une fois ses émotions remises, je l'attrape par le bras et lui fais traverser le dédale des cuisines vides.

- Bon, en vrai Monsieur, j'ai besoin de vous. Mais vu que j'avais la flemme bah, j'ai pas pris un rendez-vous normal.

Ah, qui a cru que j'allais m'excuser, sérieusement ? Je ne m'excuse jamais. En tout cas, pas pour ça. Je finis par nous dégoter une petite place entre deux rayons de casseroles et de plats. Une fois confortablement assise, j'invite le psy à prendre exemple. Puis je le regarde avec des yeux de phacochère angoissé.

- Monsieur. Ça va pas du tout. J'arrive pas à dormir depuis une semaine, j'ai la boule au ventre, blocage de poitrine. Bref ça va pas, j'ai besoin d'aide.

Absolument parfait Eva ! Tu ne lui donnes aucun indice. Comme c'est pratique ! Enfin bon, il est psy, un peu dérangé, il va bien comprendre qu'il faut le faire parler, sinon ça a pas aller.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Mar 26 Juil - 12:33


Maria soupira en entendant son téléphone sonner. Quelle genre de sadique avait inventé cet instrument ? Lui qui avait prévu de dormir un peu plus ce matin. On venait d'assassiner à grands coups de machette sa grasse mâtinée. Il espérait bien qu'une raison solide motivait l'envoi de ce texto.
C'était Evangeline, une petite Origine dont il avait la charge. Maria ne ressentait pas souvent de la sympathie, mais cette gamine lui plaisait bien. Elle avait un sacré caractère, elle venait d'un milieu pourri, et elle se faisait respecter. Il y avait comme une égalité de position entre eux : s'il était, Principal mis à part, l'adulte le plus puissant du lycée, elle était l'élève la mieux gradée. Même si elle était bien plus aimée que lui. Mais ça, c'était un détail. En tous cas, elle trônait en bonne place dans sa liste mentale de personnes à qui accorder de l'attention.

Il se leva. Par contre, il ne manquerait pas de lui rappeler que lui aussi avait des vacances et que s'il pouvait profiter d'une heure de sommeil supplémentaire, ce n'était pas de trop. Il avait encore du temps avant le rendez-vous fixé, et n'eut donc pas à se préparer plus vite que d'habitude. Un chignon et quelques fringues plus tard, il quittait la maison. Sur la table du salon il avait déposé tout ce qui serait nécessaire à sa cousine pour déjeuner - eh oui, Maria était capable d'attentions désintéressées. Quoique, il avait peut-être deux ou trois questions à lui poser.
En marchant, il guetta. On pouvait rencontrer des perles rares à tout moment de la journée.

Il se glissa dans les couloirs pas déserts, mais bien moins remplis que d'habitude. Il n'y avait personne. Jetant un coup d'oeil de droite et de gauche, il décida d'attendre. La maligne, elle devait lui préparer quelque chose. Et si ce n'était pas le cas, elle avait gagné quelques heures enfermées dans son bureau avec lui. Ce qui n'était pas censé être une récompense. Un peu de patience fut récompensée ; le décor changea autour de lui. Il adorait le pouvoir de la jeune femme, on pouvait faire ce qu'on veut des gens, avec. Mais il déchanta un peu en voyant quel genre de tableau elle lui dressait. Une forêt. Bon dieu, pourquoi lui avait-il lâché cette information ? Il ne se sentait pas bien. Vraiment pas. Mais il allait faire honneur à sa petite disciple qui s'était entraîné dur pour parvenir à de tels résultats. Il suivit le chemin.
C'était le pire des trajets de toute sa vie. Il priait pour n'avoir croisé personne, parce qu'il lui était impossible de masquer son angoisse incontrôlable. Il savait comment ne pas céder à la panique. Mais le poids de la peur lui comprimait la poitrine et déversait un liquide glacial à l'intérieur de son crâne. Pourquoi une telle émotion existait-elle ? Pourquoi lui ne pouvait pas la contrôler ? C'était ridicule. Cette  peur-là était un échec, il n'avait jamais réussi à s'en débarrasser. Pourtant il en connaissait l'origine et la teneur. Il semblait qu'elle était bien trop ancrée dans son esprit.

Enfin, le cauchemar s'arrêta. Il se trouvait dans les cuisines. Comme soulagé d'un coup du poids de toute la misère du monde, il prit appui sur le dos, se débattant avec sa respiration.

- Bon, en vrai Monsieur, j'ai besoin de vous. Mais vu que j'avais la flemme bah, j'ai pas pris un rendez-vous normal

Elle était à côté de lui, la fourbe. Maria était partagé entre une intense fierté et une sacrée colère. Mais il fallait dire, ça, c'était une entrée soignée. Ça lui plaisait. Il sourire un peu faiblard perça sur son visage.
Finalement, quand il se sentit un peu mieux, Evangeline l'invita à s'asseoir entre les ustensiles de cuisine. C'était original, comme lieu de consultation. Pas très hygiénique, mais original. Et personne n'oserait les déloger de là - quel bonheur de se trouver tout en haut de la chaîne !

- Monsieur. Ça va pas du tout. J'arrive pas à dormir depuis une semaine, j'ai la boule au ventre, blocage de poitrine. Bref ça va pas, j'ai besoin d'aide.

Maintenant, c'était elle qui paraissait inquiète. Il préférait ça.

- Syndrome traumatique ? Lâcha-t-il un peu mécaniquement.

Il haussa un sourcil. Restes de ses lointaines études à l'Université. À travers son masque, il avait les yeux bien plantés dans les siens.

- Il y aurait des choses que tu as oublié de me dire, Evangeline ?

Et si oui, elle lui dirait. Tout. Elle n'était pas vraiment sa patiente, mais il n'appréciait pas du tout qu'elle lui cache des choses. Il se souciait ; il voulait savoir.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Jeu 28 Juil - 15:46


Bon. Je veux bien comprendre qu'il s'agit d'un très bon psy. Mais peut-il vraiment me répondre du tac au tac juste après m'avoir entendu dire une phrase ? J'en doute fort. Syndrome traumatique. Ça veut dire traumatisme ça ? Pourquoi diable aurais-je un traumatisme ? Et de quoi ? Un peu interloquée, je hausse le même sourcil que lui.

- Il y aurait des choses que tu as oublié de me dire, Evangeline ?

Bah non. Je fronce les sourcils en remontant le fil de ma mémoire. La Dream Team ? Non, il est au courant de mon but et tout. Il a même compris ma petite remarque lorsque j'ai annoncé que je refaisais un Xényla miniature. Ma déprime après le départ de Benji, ça je lui ai raconté de fond en comble. J'ai même dû l'agacer plusieurs fois avec la profonde morosité que je dégageais à ce moment-là. Ensuite, il n'y a pas grand chose. Mon arrivée au lycée et des débuts dans l'ombre jusqu'à ma nomination en tant que déléguée. Avant ça, une famille de merde, bien conne et bien chiante. Encore avant, des orphelinats pourris, et encore avant ça, mon abandon. Enfin non. Pas vraiment un abandon puisque je sais seulement que mes parents ont été tués. Mais vu que je m'en fous un peu, j'ai pas été chercher plus loin. De toute manière, je suis une Evans maintenant. Pas besoin de chercher des inconnus déjà morts.

Bref, rien de tout ça ne m'évoque un traumatisme particulier. Je fais la moue et regarde fixement le masque de mon maître.

- Bah non. Je veux dire, je vous ai tout raconté, de ce que je me souviens quoi. Y a la séparation avec Benji qui a été dure, l'orphelinat, du moins ce que je m'en rappelle et puis les Evans. Eux, c'était les pires. Entre les lentilles pour cacher mes yeux, les insultes, les coups des gamins, ceux du père, la...

Oh. D'un coup, ça vient de me serrer la gorge. Je ne peux plus parler, même l'air peine à passer. Tout est serré en moi, ma tête a comme un bourdonnement sauf qu'il n'y en a pas. J'ai mal à la poitrine, pas vraiment au ventre. Mes membres se serrent, je commence à me recroqueviller mais je ne sais pas de quoi je me protège. Il y a quelque chose qui ne va pas et je suis dans l'incapacité de dire quoi. Mes déglutissions sont de plus en plus complexe, un froid glacial s'empare de mes veines, coule dans mon corps sans que je puisse l'arrêter. Il y a vraiment un truc qui cloche. En position fœtale dans un coin, je commence à ressentir la peur, émotion bien lointaine et enfouie pendant si longtemps. Expliquer ce qui me fait peur serait impossible. C'est tout et rien à la fois. C'est à l'intérieur comme c'est à l'extérieur. C'est les autres autant que moi. Et c'est pour ça que je ne sens pas tout de suite les larmes qui tombent à grosses gouttes sur mes jambes, sans s'arrêter, sans aucune raison. J'observe Mr Leowdaeg. Pour une raison qui m'est obscure, je ne souhaite pas qu'il m'approche. Je refuse, au fond de moi, cette idée me révulse. Mais, tout me révulse. Ce mur qui me touche, cette structure métallique qui retient tant de casseroles, si froide, ce sol dur. Une seule chose est sûre, ça ne va pas bien. Je lui dis, d'ailleurs.

- Monsieur... Ça va vraiment pas... Je sais pas ce qu'il se passe...

Tout va mal. Alors si il est psychiatre, il doit bien pouvoir m'aider.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Sam 30 Juil - 22:40


Evangeline regardait fixement le masque, et sans le savoir, elle plantait ses imposantes prunelles rouges directement dans celles du psychiatre. Elle visait juste, cette petite, il ne regrettait pas de lui avoir porté de l'intérêt.

- Bah non. Je veux dire, je vous ai tout raconté, de ce que je me souviens quoi. Y a la séparation avec Benji qui a été dure, l'orphelinat, du moins ce que je m'en rappelle et puis les Evans. Eux, c'était les pires. Entre les lentilles pour cacher mes yeux, les insultes, les coups des gamins, ceux du père, la...

Maria connaissait l'histoire. C'était mal, mais il aimait bien l'entendre. Peut-être le soulagement cruel de savoir que, juste à côté de soi, il y avait pire que lui. Entre l'ignorance et la maltraitance, soit, il n'y a qu'un pas, mais la violence est autre. Il n'aurait pas aimé se retrouver à la place de la jeune fille. Mais s'il appréciait le malheur des autres, c'était surtout par curiosité mal placée. Il était censé en soigner le souvenir, mais préférait quelques peu l'entretenir. Ou du moins, prendre soin de son fruit.
Mais il y avait un problème, ici. Elle n'avait pas fini sa phrase. Les fortes têtes viennent toujours à bout de leurs mots. Qu'y avait-il derrière ces points de suspension ? Il fronça, presque imperceptiblement, les sourcils en l'observant succomber à une sorte de panique. Chacun son tour. Tous les sens de Maria étaient en éveil ; prédateur en chasse, il notait chaque détail dans un coin de sa tête. Quelque chose d'intéressant se passait, il n'en manquerait pas une miette. Le psychiatre prenait entière possession de ses fonctions.

- Monsieur... Ça va vraiment pas... Je sais pas ce qu'il se passe...

Ah, ça, il l'avait remarqué. Elle espérait sûrement quelques paroles réconfortantes, mais si le psychiatre aimait à savourer longuement certains repas, il ne valait parfois mieux pas lui ouvrir l'appétit. Ils étaient proches du but ; pas de longue conversation, on allait précipiter les évènements. Sans prévenir, Maria activa son pouvoir, laissant à Evangeline le plaisir de savourer un air terriblement lourd. Proie prise au piège.

- Toutes mes excuses, Evangeline, mais tu me connais.

Ce n'était pas si sûr. Le sourire qu'il lui adressa paraissait détestable, en de telles circonstances. Il maîtrisait bien ses capacités, maintenant, et intensifia un peu plus son influence sur la pièce. C'était nécessaire pour la travailler... au corps, si l'on pouvait dire les choses ainsi.

- La quoi, Evangeline ? Non, tu ne m'as pas tout dit. Mais ça ne va pas tarder, n'est-ce pas ? Est-ce que tu t'en souviens toi-même ? En tous cas, moi je vais te dire une chose : le mot qui te manque, il te dérange. Laisse-le sortir, ce n'est pas plus compliqué.

Il n'y avait chez lui nulle trace de pitié ou de compassion face au désespoir évident de la jeune fille. Il était à deux mètres d'elles mais son aura avait pris une telle consistance que c'était comme s'il s'employait par la force à faire rentrer sa cible à l'intérieur du mur derrière elle. Ce n'était pas avec de la douceur qu'on - qu'il - faisait ressortir la douleur, mais avec de la violence. Evangeline était une fille intelligente ; elle comprendrait que c'était pour ne pas perdre de temps qu'il se montrait si brutal. Un nouveau sourire.

- Ca va te revenir, ne t'inquiète pas. On n'oublie jamais véritablement.

Il n'y avait plus qu'à attendre. Avide, il observait.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Sam 6 Aoû - 17:07


Mal. J'ai mal et je ne sais pas où. L'atmosphère est chargée de peur, de ma peur. Et puis, elle est lourde. Si lourde. Elle m'écrase et je ne peux rien faire à part plus paniquer. Je me sens oppressée. Mon cou me serre. Mon soutien-gorge me comprime. Mes vêtements sur mon corps me font mal. Pourquoi ils me touchent. Je ne veux pas être touchée. Plus jamais. Je ne veux plus vivre ça. Mais quel est ce ça ? Pourquoi est-ce que je le rejette ? Je ne veux pas de ça. Je ne comprends pas ce ça. Mr Leowdaeg me parle. Je ne comprends pas. Je n'entends pas. Ça ne sert à rien, ce ça m'oppresse. Et je ne sais rien. Je ne comprends rien. Pourquoi est-ce qu'il me sourit ? Pourquoi son visage se trouble et une autre vision s'y colle ? Je ne comprends rien, s'il vous plaît, Monsieur. Expliquez-moi. Je veux comprendre. Juste comprendre.

- La quoi, Evangeline ? Non, tu ne m'as pas tout dit. Mais ça ne va pas tarder, n'est-ce pas ? Est-ce que tu t'en souviens toi-même ? En tous cas, moi je vais te dire une chose : le mot qui te manque, il te dérange. Laisse le sortir, ce n'est pas compliqué.

Le laisser sortir ? Mais je ne connais pas ce mot. Et puis même si c'était le cas, il ne voudrait pas. Ma gorge est bloquée, je suffoque toujours. Tout me pèse. Tout est lourd, oppressant. Je voudrais le calmer mais on m'en empêche. Je halète même si ma poitrine me serre. La douleur est horrible. J'ai comme un point, là, en plein sur le plexus solaire. J'ai envie de crier mais je ne peux pas. J'ai envie de pleurer les larmes de mon corps mais j'ai l'impression que je le fais déjà. Pourtant, ce n'est pas assez. J'ai besoin de m'exprimer mais rien ne va. Ça m'oppresse. Le mur me fait mal. J'ai l'impression qu'il mutile mon dos, ma chair. Pourquoi ai-je si mal sur mon corps ? Pourquoi ai-je soudain envie que mon short se transforme en pantalon ? Pourquoi ai-je tant de mal à accepter le regard de cet homme ? Je ne veux pas qu'on me regarde. Je ne veux pas qu'il me regarde. Je veux être seule. Toute seule. Mais pourquoi ? Pourquoi je ressens ça ? Qu'est-ce qu'il ne va pas avec moi ?

- Ça va te revenir, ne t'inquiète pas. On n'oublie jamais véritablement.

De nouveau je suffoque. Je comprends ce qu'il dit. Ce mot, il veut sortir. Il faut que je le sorte. Mais pourtant, je rechigne. Je sens, au fond de moi, que quand je le dirai, la digue de la douleur sautera. Je souffrirai comme jamais j'ai souffert. Alors je le retiens. Juste un peu. Mes larmes coulent toujours. Je suffoque toujours. Je suis toujours recroquevillée. Toujours. Toujours.

- La... la... la cave.

C'est y est. Je l'ai dit et mes larmes ont triplé. Je ne pensais pas en avoir encore assez. Pourtant elles sont bien là. Je ne ressens plus rien à part une douleur plus grande encore. Jamais je n'ai pleuré comme je pleuré maintenant. Je cache mon visage entre mes mains. Ne me regardez pas. Je ne le veux pas. Arrêtez. Je veux juste être seule. Pourquoi vous êtes là ? Pourquoi vous me regardez avec vos yeux si dérangeant. Seule. S'il vous plaît. Laissez moi juste seule. Parce que là, les souvenirs reviennent. Un peu, puis d'un coup. Comme une bombe. Comme si je l'avais toujours su. Pourtant, je m'en rappelle tout juste. Ça apparaît comme une évidence mais je ne comprends pas. Explique. Ce mot s'imprime en moi comme une marque au fer rouge. Il faut que j'énonce tout ça à voix haute. Que j'en parle pour comprendre. Mais qui y a t'il à comprendre ? Un jeu. C'est seulement un jeu.

- Il est là... Mais il fait noir... On voit pas grand chose. Il dit juste que c'est un jeu... qu'on s'amuse juste et qu'il n'y a rien de mal.

L'air. Pourquoi il part ? J'ai besoin d'air. J'arrive plus à pleurer sinon. Déjà que mes mots se perdent dans mes pleurs, on va pas me les enlever eux aussi. Il y a quelque chose. Il faut juste que je finisse de parler. Comme ça on pourra m'expliquer. Pourquoi j'ai ce souvenir en tête ? Et pourquoi d'autres arrivent à la suite ?

- Il... Il est au dessus de moi... Je crois qu'il sourit... Il dit qu'on va s'amuser. C'est bizarre, je pense pas que ce soit vrai... Le mur est froid. Le sol aussi... Lui... Il rit... Il pousse des bruits bizarre... Il était bizarre je crois... Mais ça avait pas l'air drôle. J'ai mal moi... Un jeu ça fait pas mal, dites... Pourquoi ça ferait mal, un jeu ?

Oui. C'est vrai ça. Pourquoi ça ferait mal un jeu ? Pourquoi j'ai mal à la poitrine ? Pourquoi je suis assaillie de questions ? Je ne comprends plus rien. Je ressens juste une peur énorme, une angoisse monstre. Un sol froid, un mur froid. Comme dans le souvenir. Mais là c'est du carrelage. Je crois qu'avant, c'était du béton. Je suis pas sûre. En tout cas, ça piquait.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Lun 8 Aoû - 23:01


Evangeline, au bord de la suffocation, était dans un état second ; le psy, lui, plutôt satisfait. Les résultats venaient. Si ses techniques manquaient de délicatesse, elles avaient le mérite d'être expéditives. Heureusement, il en avait vu, des gens pleurer dans son bureau, alors il n'avait aucun mal à comprendre ce qu'elle disait - il ne faut pas croire, c'est comme un autre langage. Et il comprenait aussi parfaitement ce qu'elle lui décrivait. Au final, les viols, c'était presque courant. Mais pas moins destructeur.
La part de lui-même qui s'était, plus tôt, sentie offusquée descendit de ses grands chevaux. Evangeline ne le lui avait pas volontairement caché : pour pallier à ce traumatisme difficilement surmontable, l'esprit de la jeune fille avait déposé un délicat voile d'oubli sur ce souvenir. Courant, et efficace. En revanche, ça n'effaçait rien. Le mal était dissimulé, pas supprimé. C'était là que des gens comme lui entraient en jeu. Il secoua doucement la tête avec un vague sourire ironique.

- Non, Evangeline, un jeu n'est censé faire mal. Mais il y a des jeux où l'on ne demande pas à tout le monde s'il est d'accord pour participer.

Il réduit l'intensité de son pouvoir. L'abcès maintenant crevé, il n'était guère plus nécessaire de rajouter à la souffrance de sa patiente. Il rajouta un peu de distance entre eux, l'observant comme s'il était en train de la sonder. En fait, c'était probablement ce qu'il s'employait à faire. Après le bâton, la carotte.

- C'est bien, tu l'as sorti, ce souvenir. Oublier, c'est un mécanisme de défense qui ne fonctionne qu'un temps : on se retrouve toujours confronté à son passé, tu sais. Chacun est doté d'une incroyable mémoire, c'est simplement que certains s'en servent mieux que d'autres. On va mettre un mot sur ce que tu as vécu, tu veux ? Il faut nommer les choses dont on a peur pour mieux les affronter. Chère Evangeline, tu as subi un viol.

Maria était à peu près sûr qu'elle n'avait pas écouté la moitié de ce qu'il avait dit. Mais il était tout aussi persuadé qu'elle avait capté le plus important. Il leva l'index.

- Mais ce n'était que la première étape ! La deuxième demande d'aller un peu plus dans le détail. On connaît le "La", mais maintenant j'aimerais savoir le "Il". Qui c'est, "Il", Evangeline ?

Il fallait mettre un visage sur le coupable. Imperturbable, il attendait. Il ne remit pas son pouvoir en marche, car il n'estimait pas cela nécessaire. Les barrières étaient tombées.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Mar 16 Aoû - 19:24


Ça continue. J'ai toujours mal, j'ai toujours des images qui s'impriment en moi d'un seul coup. Elles viennent toutes en même temps, tout arrive et me laisse démunie. Pourquoi l'esprit fonctionne comme ça ? Pourquoi te laisse-t'il une bombe avant de te dire démerde toi ? Je suis pas un génie moi, je comprends pas tout. Pourquoi dois-je absorber tout ça ? Pourquoi cela ne peut-il pas venir au fur et à mesure. Qu'on comprenne petit à petit. Qu'on avance avec ses souvenirs sans se laisser submerger. Là je suis submergée. Enfin, je crois. Je me sens comme telle du moins.

- Non, Evangeline, un jeu n'est pas censé faire mal. Mais il y a des jeux où l'on ne demande pas à tout le monde s'il est d'accord pour participer.

Je hoche la tête, sans vraiment comprendre. C'est vrai. Il y a des jeux où l'on ne demande pas la permission. Comme le jeu des clés, mais c'est marrant. Pourtant, dans mon souvenir, ce n'est pas marrant. Il n'y a rien de drôle, c'est même plutôt violent. Violent. Oui, c'est violent. Tout d'un coup, mois souvenirs prennent une autre forme. Tout n'est que contrainte dedans. Je n'y ai pas mon mot à dire là dedans. Et j'ai l'impression qu'ils sont loin comme tout proche. 13 ans. Ça s'imprime, là, dans mon crâne. Le jeu a commencé à treize ans. Il y a 5 ans.

- On va mettez un mot sur ce que tu as vécu, tu veux ?... Chère Evangeline, tu as subi un viol.

Ces mots. Maintenant qu'ils sont prononcés, ils me semblent d'une évidence et d'une banalité monstre. Pourtant, je ne connais pas trop. Le concept de viol ça reste tout de même très abstrait. Quand les gens en parlent, c'est violent, brutal. Mais ça peut être aussi doux et ferme. Vu que le principe c'est de passer outre un refus. Tout peut vite devenir un viol. Un jeu peut se transformer en viol. Et on s'en rend pas tout de suite compte. Du moins, pas dans l'inconscient. C'est si étrange. Mr Leowdaeg vient de prononcer les mots qui semblent me construire comme l'inverse. Il me forge une identité, un événement de ma vie où je peux y mettre un nom. Mais en même temps, ce mot me fragilise. Car il me rappelle que mon corps a subi quelque chose dont mon esprit ne se remet pas. Suis-je souillée ? J'ai l'impression que oui. Est-ce de ma faute ? J'ai l'impression que non. Alors pourquoi est-ce que la culpabilité m'envahit ? Pourquoi est-elle là ? Je n'ai rien fait, n'est-ce pas ? Rien de mal.

- Mais ce n'était que la première étape ! La deuxième demande d'aller un peu plus dans le détail. On connaît le "La", mais maintenant j'aimerais savoir le "Il". Qui c'est, "Il", Evangeline ?

Il. Pourquoi le chercher ? Pourquoi devoir encore puiser dans ses souvenirs ? Dans ses douleurs si nouvelles pour moi. Je ne veux pas aller plus loin, l'oubli me paraissait très bien comme solution. Mais sa voix, c'est comme si elle m'y oblige. Ces mots viennent me poser le questionnement dans mon être. Ils piquent le côté malsain de ma curiosité. Qui m'a fait ça ? Je ne veux pas savoir pour me venger. À quoi cela sert de se venger ? Juste savoir. L'esprit est étrange. Il nous demande de faire des choses que l'on ne comprend pas. D'analyser des choses qui nous échappent. Vraiment, je veux me sortir de ça. Mais toujours ses mots. Toujours.

- Il... Je sais pas qui c'est, il...

Les contours sont mal définis. Les souvenirs sont brouillés, les images incomplètes. J'ai l'impression que je le connais. La cave, le décor, cela me semble familier. Comme une maison de films d'horreur. C'est si étrange. Je regarde cet homme qui est, sans aucun doute, l'un des meilleurs modèles que je n'aurai jamais. Là, ses mots n'aboutissent pas.

- Je ne sais pas... C'est flou... Je le connais... Il m'est familier...

Toujours le même souvenir. Toujours. Mais d'autres reviennent aussi. Et là encore, toujours la même ombre. Qui est cet homme ? Moi, je ne le sais pas. Peut-être le saura-t'il.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Dim 28 Aoû - 19:46


Le Il n'était pas décidé à sortir. Il crapahutaient lentement sur les sentiers de sa mémoire. Ensemble. Mais il n'est pas simple de guider quelqu'un sur un chemin que l'on ne connait pas soi-même ; il savait, par chance, comment s'y retrouver. Au final, les esprits reposaient tous sur quelques bases communes. Comment se diriger, c'était facile, à peine amusant, ça ne lui demandait pas d'efforts, à lui. Ce qui l'intéressait n'était rien d'autre que l'aboutissement de ce voyage. Et ils s'en rapprochaient délicieusement.

Mais il semblait que l'esprit d'Evangeline avait installé de hautes et épaisses barrières autour de ce souvenir douloureux. Ce n'était pas nécessairement synonyme de force mentale. Il l'entretiendrait à ce sujet : l'oubli est une faiblesse, qu'une personne avec un potentiel comme le sien ne pouvait se permettre. Elle l'écouterait, il le savait. Obéir ? Peut-être pas, elle était trop maligne pour ça. Mais la jeune Origine garderait au moins ses mots en mémoire. Il appréciait.
Leur marche était trop lente. Maria, plus que soigner, voulait savoir.

- Nous allons éclaircir cela ensemble, Evangeline. Je te promets que d'ici cinq minutes, ce sera terminé, et nous saurons de qui il s'agit. Penses-y très fort, à ce souvenir flou.

En vérité, il ne savait pas si cela allait fonctionner comme il le voulait. Il tendit la main et saisit celle d'Evangeline. La barrière qui séparait sa conscience de celle de la jeune fille s'ouvrit, il sentit la pièce autour de lui se renverser, alors que son regard, derrière le masque, se vida de toute lueur. Cela ne dura qu'une ou deux secondes avant qu'il ne revienne à lui. Sa tête lui semblait lourde, comme à chaque fois, mais piocher dans les souvenirs des gens avait toujours quelque chose d'exaltant. Il la lâcha pour se masser doucement la tempe, le temps de retrouver ses esprits. Il alla s'adosser aux côtés de la jeune fille. Il se sentait étrangement apaisé.
Très satisfait, même. Car le souvenir n'était pour lui pas flou du tout. Par l'Unique ! Son pouvoir avait visé juste !
Ou bien la scène s'était répétée beaucoup trop de fois.

- Bien. Ecoute-moi, et dis-moi si la scène te parle.

Il se plongea dans les pensées désormais siennes, se concentra.

- Je suis contre le mur, dans une pièce humide. Le sol est froid, la pierre est froide, tout est froid. Il fait presque noir, une petite fenêtre tout au fond apporte tout juste assez de lumière pour distinguer ce qu'il y a autour de moi. Ca ressemble à un établi, il y a des étagères, un plan de travail, des outils un peu en bazar. Mais c'est une cave, non ?

Il marqua une légère pause. Non pas qu'il attendait une réponse, mais pour ne pas perdre cette image. Il ne pouvait pas l'inscrire dans sa propre mémoire, il le savait. Mais il gardait toujours le mince espoir de pouvoir conserver ne serait-ce qu'une bribe de ce qu'il récoltait dans la tête des autres. Il n'y avait rien de mal à rêver, après tout.

- Il y a du mouvement. On ouvre la porte. Je ne regarde pas tout de suite qui entre. C'est comme si... je savais déjà qui venait d'entrer. (un mince sourire naquit sur ses lèvres) Tu le savais, Evangeline, n'est-ce pas ? Il approche, il a le pas lourd et ça résonne sur le sol. Ah ! Je le vois. Le peu de cheveux qui lui reste est grisonnant. Plus tout jeune.

Il tourna le visage vers elle.

- Je crois qu'on tient notre "Il", Evangeline. Est-ce que c'est plus clair, pour toi ? Je ne le nommerai pas à ta place. C'est à toi de le faire. C'est aussi à toi de continuer la scène.

Dur, mais nécessaire. C'était son souvenir à elle. Il avait déjà été bien gentil de lui commencer le travail - non pas qu'il n'y trouvât aucun intérêt personnel ; il se délectait de sa curiosité satisfaite. Mais maintenant, il avait la carte de la route à parcourir : leur voyage en serait grandement facilité.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Mer 21 Sep - 17:24


Pourquoi ces questions ? Va-t'il m'annoncer que c'est de ma faute ? C'est peut-être vrai après tout. Si il est venu me violer c'est parce que je lui ai fait de l'effet. Enfin, je pense. Mais ça n'a pas de logique. Si je lui ai fait de l'effet ce n'est pas de ma faute, si ? On ne peut pas me reprocher d'être jolie ? On ne peut pas. J'en suis certaine. Alors pourquoi ce doute s'installe. Rassurez-moi. Je n'y suis pour rien, s'il vous plaît.

- Nous allons éclaircir cela ensemble, Evangeline. Je te promets que d'ici cinq minutes, ce sera terminé, et nous saurons de qui il s'agit. Penses-y très fort, à ce souvenir flou.

Pourquoi ça ? Il me fait mal ce souvenir. Même si il revient au galop à chaque seconde, comme pour rattraper toutes ses années d'enfouissement. Par l'Unique, mais lâchez-moi, laissez-moi tranquille. Puis, pourquoi il prend ma main ? Pourquoi le souvenir s'impose encore plus ? Je n'en peux plus. Vraiment plus. Je veux juste en finir. M'en sortir. Il me lâche. Merci monsieur, je ne vous en serais jamais autant reconnaissante. Je crois que je n'aime pas qu'on me touche.

- Bien. Écoute-moi, et dis-moi si la scène te parle.

Non. Je ne veux pas. Pourquoi énoncez-vous à haute voix ce que j'ai vécu ? Pourquoi avez-vous besoin de m'en parler. Puis comment vous savez ma vie ?

- Je suis contre le mur, dans une pièce humide. Le sol est froid, la pierre est froide, tout est froid.

Direction la cave. Contre un mur. Tout est froid autour de moi. C'est pas très bien éclairé. Pourquoi me dit-il ça ?

- Il fait presque noir, une petite fenêtre tout au fond apporte tout juste assez de lumière pour distinguer ce qu'il y a autour de moi.

On dirait un établi avec le peu de lumière qu'il y a. Une table, des étagères, des trucs pour faire du bricolage. Je connais cette pièce. Je suis seule. Pour l'instant personne n'est entré. C'est toujours comme ça. Il attend toujours avant de venir. D'abord il me jette dans la pièce, que je m'habitue à l'obscurité. Pour que je le vois. Ah. Il y a du bruit. Il entre, je le sais. Tapie contre mon mur, je rêve de m'y enfoncer. Je sais que mon pouvoir ne peut rien faire contre ça. Il est trop faible et cet homme est ma plus grande peur. Comment le contrer ? Du coin de l'oeil, je le vois. Toujours autant le crâne grisonnant qu'il y a une heure. Toujours cette démarche pâteuse de beauf de la bourgeoisie. Qui aurait cru qu'on avait de pareil cas chez les riches ?

Il s'approche encore, me caresse la joue, me parle. Je ne l'écoute pas. Je préfère cacher ma tête entre mes bras et me recroqueviller sur le sol. En observant ma descente, je le devine sourire. Il sourit tout le temps dans ses moments là. Mais la lenteur ne lui plaît pas. Ses mains enserrent mes bras et me tirent vers le haut. Je cris, comme la fillette que je suis, mais il s'en fiche. Ça l'en ferait bander même. Alors je me débats. Parce qu'aujourd'hui j'en ai la force. Je sais que cela ne va mener à rien mais j'essaie quand même. Lorsque mon pied atteint son tibia une troisième fois, il rugit et me lance sur l'établi.

Ça fait mal. Par l'unique, que ça fait mal. Les larmes aux yeux, je gémis et me recroqueville. Parce qu'il m'a attrapé la cheville et le tire sur la jambe. Pas cette fois. Pitié, pas cette fois. Les outils sur les murs ne servent pas à découper les planches. Du moins, pas quand je suis là. Il les utilise pour découper mes chairs. Mes pauvres chairs sur mes jambes. Non, cette fois, il y va fort. Je vais avoir mal, je le sens mais je ne comprends pas ça qu'il se passe. Jamais. En un seul violent coup, il me perfore le bas-ventre. Une énième fois. Parce que je l'ai trop longtemps regardé avec mes yeux rouges quand je l'ai servi.

- Père...

Jamais je n'ai autant craché des mots. J'ai même l'impression que je les vomis. Mais ça a le mérite de me ramener à la réalité. Les larmes aux yeux et ceux-ci écarquillés, je me tourne vers le psychologue.

- P-Pourquoi ?

Oui. Pourquoi ? Pourquoi ça, pourquoi lui, pourquoi des pourquoi ? Pourquoi ?
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Mar 11 Oct - 21:59


Evangeline semblait en proie à de terribles émotions. Ce qui était, d'une part, plutôt compréhensible. Pourquoi ? Maria n'en savait rien. Enfin, si. Il avait ses théories, bien sûr. Il les avait toujours. Et les hommes avaient la curieuse tendance à tous se ressembler ; il était triste de constater que les violeurs d'enfants n'étaient pas d'une telle rareté. Dire qu'après, c'étaient des pratiques comme les siennes qu'on osait critiquer.
Il la regarda, de marbre.

- Je ne suis pas persuadé qu'il soit nécessaire de savoir pourquoi, Evangeline.

Il prit la liberté de marquer une pause.

- Il y a des tas de raisons qui auraient pu pousser cet homme à te faire des choses pareilles, mais aucune ne les justifie. On tire parfois son plaisir de la souffrance des autres, tout simplement. Ou il y a la toute bête excuse du traumatisme d'enfance. Mais cela pourrait aussi être beaucoup plus complexe, peut-être que ton "père" souffrait d'un trouble beaucoup plus profond. Quoiqu'il en soit, au final, nous ne sommes pas ici pour parler de lui.

Il n'était pas persuadé que la jeune fille se trouva tout à fait désireuse d'entendre la psychanalyse de son agresseur. Il lui adressa un sourire qui s'apparentait peut-être à quelque chose de bienveillant.

- Je suis fier de toi, Evangeline, tu as accompli un grand pas. Se souvenir, c'est affronter la situation. Elle cessera de te ronger de l'intérieur. La prochaine étape sera de rationaliser tout cela. Quand on concrétise un souvenir, par exemple avec de l'écrit, on lui fait perdre de sa réalité. Toutes ces terribles réminiscences vont devenir une histoire sur du papier, quelque chose de concis et dénué de sentiments. Il faudra le rendre impersonnel. Mais pour l'instant, je doute que tu sois prête.

Enfin, ça, c'était le premier exercice qu'il préparait pour elle. S'il fonctionnait bien, il resterait là-dessus. Sinon, il trouverait une autre stratégie pour lui venir en aide. Il comptait bien l'aider à surpasser son traumatisme - au moins, à vivre avec. Il refusait de voir un tel potentiel gâché par un passé difficile. Celui-ci devait la forger, pas la détruire. Il voulait voir Evangeline devenir un roc. Elle pouvait faire de grandes choses. Pour cela, il fallait avant tout devenir une grande personne.
Il s'était depuis un moment assuré d'y veiller personnellement.
À l'aide de son pouvoir, il adoucit l'atmosphère.

- Tu voudrais continuer à en parler ou c'est trop pour aujourd'hui ?

Maria donnait rarement le choix à ses patients ; c'était faire preuve d'une incroyable gratitude.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Sam 15 Oct - 19:10


Cet homme est une statue de marbre. On ne voit pratiquement aucune de ses émotions sauf quand il désire les montrer. Lui, il est fort, il arrive à vivre, survivre dans ce monde et même dominer. Peut-être peut-il devenir mon pilier, celui qui me tient, me retient. Celui qui me soude à ce monde pour ne pas que je parte. Ce qu'il me dit, je ne l'écoute pas. Il me semble qu'il parle de cet horrible personnage. Quel idiot, je ne veux pas entendre parler de lui. Monsieur, vous ne pouvez pas parler de lui. Restez concentré sur moi. Je suis votre unique élève, celle que vous voulez voir s'élever et venir à vos côtés. Votre disciple. Parlez-moi monsieur, parlez de moi.

- Je suis fier de toi, Evangeline, tu as accompli un grand pas.

Oui monsieur, vous avez raison. Je suis celle qui fait votre fierté. Pour toujours.

- Se souvenir, c'est affronter la situation. Elle cessera de te ronger de l'intérieur. La prochaine étape sera de rationaliser tout cela. Quand on concrétise un souvenir, par exemple avec de l'écrit, on lui fait perdre de sa réalité. Toutes ces terribles réminiscences vont devenir une histoire sur du papier, quelque chose de concis et dénué de sentiments. Il faudra le rendre impersonnel. Mais pour l'instant, je doute que tu sois prête.

J'en serais capable. Je le sais, je le sens. Alors je hoche la tête, pour approuver ses dires. Dès que mon esprit sera reposé, je viendrais le voir. Lui. Mon pilier. Il m'aidera. Tout cela disparaîtra, s'effacera. Et moi, je serai la Grande Eva. Celle dont tout le monde se souviendra. Celle qui établira son pouvoir sur l'ensemble de Xényla. Celle qui aura pour maître le meilleur de tous les psychiatres.

- Tu voudrais continuer à en parler ou c'est trop pour aujourd'hui ?

Le choix qu'il me laisse est inespéré. Je secoue la tête avant de décoller ma langue de mon palet. Ma gorge est sèche et parler est difficile.

- Je.. Je vais rentrer... Et me doucher.

Lentement, je me relève. Puis, un pas après l'autre, j'arrive à avancer et dépasser monsieur Leowdaeg. Ravie de ce succès, je continue de marcher et quitte les cuisines. Heureusement pour moi, je ne croise personne sur le chemin et je peux me retrouver sous la douche sans aucun problème.
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MessageSujet: Re: Séance surprise [MARIA] Dim 16 Oct - 17:38


- Je.. Je vais rentrer... Et me doucher.

Maria hocha la tête. Il s'en doutait. S'il ne connaissait pas bien Evangeline, il n'aurait pas accepté de la laisser seule après avoir subi un tel choc émotionnel. Il eut été dommage de perdre son précieux disciple pour de telles raisons. Mais il savait qu'elle tiendrait le choc ; qu'elle marcherait bien seule jusqu'à sa chambre, qu'elle ne se noierait pas sous la douche, et que son sommeil ne lui serait pas fatal. Elle avait même plutôt intérêt à se reposer : il avait promis d'autres séances, et il tiendrait parole.
Il la regarda lentement se remettre sur ses pieds et avancer, comme un animal nouveau-né esquissant ses premiers pas. Sans bouger, il l'observa, et lui adressa un petit geste qu'elle ne vit pas en sortant de la cuisine. Bah, de toute façon, ils avaient passé le cap des formalités de ce genre. Il attendit deux minutes avant de se décider à partir, lui aussi. À vrai, il se sentait tout drôle. Il avait un peu forcé sur son pouvoir ces derniers ; il ne faisait donc nul doute que sa petite faiblesse y était liée. Il était curieux de savoir jusqu'où il pourrait aller.
Alors qu'il posait la main sur la poignée, il lui sembla entendre quelque chose derrière lui.
Non, en fait, c'était tout à fait distinct. Des pas.

Il se tourna, en bon psychiatre soucieux de son secret professionnel. Il eut été malheureux qu'apparaisse alors un témoin insoupçonné des remontées de passé d'Evangeline. Ils allaient devoir avoir une petite discussion.
Personne.
Vraiment personne.

D'abord dubitatif, il finit par secouer la tête, son éternel sourire retrouvé.
Il aurait presque cru devenir fou.
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