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Nous avons tous déjà entendu parler de la légende du Triangle des Bermudes, mais que savons-nous sur ces mystérieuses disparitions ? Les Humains ne peuvent pas y répondre, nous habitants de l'Île du Cœur des Bermudes, nous le pouvons. Les pauvres voyageurs n'ont jamais pu franchir la barrière qui les séparent de notre monde. Comble de leur malheur, seuls les navires et autres objets matériels atteignent l'Île. Les voyageurs sombrant alors dans les profondes abysses de l'Océan. A l'heure d'aujourd'hui nous trouvons encore des manuscrits Humains que nous conservons soigneusement. Beaucoup de nos scientifiques se posent une même question : Avons-nous un lien de parenté avec cette espèce ? Les avis sont mitigés, certains prennent l'exemple des Mentalistes, ressemblant traits pour traits aux Humains et d'autres prennent pour exemple les Hybrides et les Nymphes ne pouvant pas descendre de la race Humaine.Lire la suite ?


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Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria]

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MessageSujet: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Mar 5 Juil - 22:29


Cela faisait trois jours que la Battle School avait eu lieu. Trois jours que le CPE du lycée de Xényla se rongeait le sang dans son petit bureau. Trois jours qu'il n'avait pas remis les pieds dans l'appartement qu'il partageait avec Dwayne, de peur de le croiser et de devoir montrer son visage devant lui. Mikhaïl n'avait pratiquement pas dormi depuis cet événement : dès que le pauvre hybride essayait de se reposer un tant soit peu, sa tête se remplissait d'images en rafales du vieil homme terrassé, brisé, en train de se faire dévorer par un immense monstre sans visage, accroupi dans une marre de son propre sang.
Ces trois jours sans sommeil avaient été un véritable enfer pour le jeune requin : il avait honte, il avait mal, il avait peur... Il ne comprenait pas comment faire disparaître ces horribles images de son esprit et pour rajouter à son malaise, les plaies sur ses avant-bras le brûlaient affreusement. Il n'avait pas osé retourner à l'infirmerie après son deuxième combat pour remplacer ses bandages provisoires par quelque chose de plus adéquat, et s'était tout de suite précipité vers la pièce où il travaillait pour s'y enfermer à double tour et se cacher sous son bureau, recroquevillé sur lui-même, serrant son petit Ragnar contre lui. Le jeune homme était resté comme cela pendant ces trois jours, ne se levant que pour chercher quelque chose à manger pour son ami et pour se faire un brin de toilette.

Mais l'hybride se tenait maintenant face à une porte fermée, un vieux post-it froissé fermement logé au creux de son poing droit. Après ces quelques jours de réclusion totale, Mikhaïl était enfin parvenu à rassembler assez de courage pour sortir de son bureau et parcourir les couloirs de l'établissement, à la recherche d'une réponse dont il ne pouvait plus se passer. Il fallait qu'il sache, il fallait que quelqu'un lui dise ce qu'il s'était réellement passé dans cette arène. Que quelqu'un l'aide à retrouver le sommeil et à le débarrasser des visions d'horreur qui le hantaient à toute heure. Et il espérait avoir trouvé la personne idéale pour répondre à ses nombreuses questions.
Le jeune CPE piétinait nerveusement le sol de ses grands souliers vernis, observant la plaque affichée sur la porte et par moment, sa main gauche venait chercher le réconfort de la petite bosse que la carapace de son ami formait dans la poche de son veston. Mikhaïl était incertain : était-il vraiment au bon endroit ? Il déplia doucement le petit papier rose pour comparer le nom qu'il avait écrit dessus à celui qui se trouvait sur la porte face à lui.

Dr. Dorothée Love d'Algue

Dr. M. D. Leowdaeg - Psychologue

Mikhaïl replia le papier, se mordillant l'intérieur de la joue en constatant que les deux noms ne correspondaient pas. Il était pourtant sûr de l'avoir vu ici, cet homme qui l'avait si bien accueilli dans son cabinet il y a de ça quelques années. Peut-être ses derniers psychologues avaient-ils finalement raison, peut-être cet homme si compréhensif n'était-il que le fruit de son imagination après tout... L'hybride soupira de déception, avant de glisser le papier dans sa poche : au moins, il avait trouvé quelqu'un qui devrait être en mesure de l'aider, même s'il n'était toujours pas celui qu'il cherchait. Il toqua ensuite trois coups contre le bois de la porte et tendit l'oreille, légèrement penché en avant. Pas de réponse. Peut-être que le psychologue était de sortie ? Mikhaïl hésitait, la main sur la poignée : peut-être devrait-il tout de même essayer d'entrer, il se pouvait qu'on ne l'ait tout simplement pas entendu frapper après tout.
L'hybride abaissa lentement la poignée de la porte, retenant son souffle. Par chance, le bureau du psychologue semblait ouvert, mais il était également totalement désert : le docteur devait donc être de sortie, comme Mikhaïl l'avait craint. Il passa sa tête dans l’entrebâillement de la porte et avança de quelques pas, refermant la porte derrière lui. Il observa la pièce avec curiosité lorsqu'il commença à la parcourir : celle-ci lui procurait une étrange sensation de sûreté et de réconfort, si bien qu'il en oublia presque qu'il n'y était pas chez lui.

Son regard fut attiré par un grand canapé à quelques pas de lui, vers lequel il se dirigea promptement, un sourire se dessinant timidement sur son visage cerné. Une fois arrivé à ses pieds, Mikhaïl retira ses souliers et s'installa en tailleur sur le cuir confortable. Il retira ensuite son chapeau haut-de-forme pour le poser sagement à côté de lui, avant de poser ses mains sur ses genoux : il attendrait le temps qu'il faudrait, mais il n'avait pas l'intention de quitter cet endroit avant d'avoir une chance d'expliquer son problème à quelqu'un. Il ne pourrait pas supporter un jour de plus sans en parler à quelqu'un capable de répondre à ses interrogations.

____________
J'espère que ça va, vraiment, genre si tu aimes pas surtout tu me le dis et je le change un peu, je sais pas si ça répond à tes attentes °°

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Mer 6 Juil - 22:26


Une cinquantaine de fois n'est pas coutume, Maria errait dans les couloirs à la recherche d'une potentielle victime - patient était le mot officiel. Il avait envie de s'essayer aux nouvelles facettes de son pouvoirs, qui s'étaient démontrées plus qu'utiles au cours de la Battle School. Mais pour cela, il avait besoin d'un sujet qui, au moins, paraissait intéressant. Pas gagné, il était de plus en plus déçu par ce lycée. Peut-être Astrid ? Non, il se la gardait pour d'autres expériences.
Au finak, dépité, il finit par se résigner à retourner dans son bureau. La première personne qui viendrait lui rendre visite serait l'heureuse élue. En marchant, il continuait malgré tout d'observer, une once d'espoir au fond de la poitrine, détaillant avec avidité chaque être passant par là. Il s'amusait de remarquer que les élèves semblaient avoir développé une espèce d'instinct de survie, qui les poussait à tout faire pour ne pas croiser son regard. Dommage, ils ne pouvaient alors admirer ni son beau peignoir violet ni sa nouvelle façon de tresser ses longs cheveux. Un peu réconforté par cette observation, il arriva le coeur plus léger à la porte de son bureau. Tiens, il avait laissé la porte ouverte ?
Il se retrouva figé sur place.
Non, ce n'était tout de même pas ce qu'il croyait.
Ce n'était tout de même pas qui il voyait ?

Maria cligna des yeux, médusé. Incapable de parler, ses yeux, derrière le masque, retournèrent chaque détail de cette apparition qui lui faisait face. Mais il était impossible de se tromper : du rose, du rose partout, un merveilleux haut de forme, les yeux les plus déconcertants qu'on ait vus sur les Bermudes, et probablement une sacrée dentition derrière ces lèvres fines. Il n'y avait qu'une personne qui se présentait sous un jour si atypique, qu'une personne qui s'asseyait de cette façon à peu près partout où elle allait.
Mikhaïl Melor Malenkov. Il se répéta le nom de cet homme dans sa tête. Puis il sourit ; jamais il n'aurait oublié son patient préféré.
Au bord de l'implosion, il referma brusquement la porte derrière lui. Il était au courant qu'un nouveau CPE avait débarqué au lycée, mais, absorbé par d'autres soucis d'ordre personnel et dont le nom débutait par A, il n'avait pas encore pris le temps de se pencher sur la question. S'agissait-il du singulier personnage face à lui ? Ce n'aurait pas été le genre de métier qu'il l'aurait imaginé exercer. Son bonheur grandit encore : ils n'avaient pas échangé deux mots que Mikhaïl le surprenait déjà. En fait, il ne s'était pas senti aussi heureux depuis... il ne se souvenait plus. Depuis très longtemps. Il en oublia même Astrid, quelques instants - son cerveau put au passage prendre une bonne bouffée d'aide avant de replonger. Le psychiatre s'avança de quelques pas, ouvrant les bras, l'air sincèrement radieux - ce qui ne rendait, étrangement, pas son visage plus rassurant que d'habitude.

- Malenkov ! Ça fait un petit moment, n'est-ce pas ?

Il alla s'asseoir sur sa chaise de bureau dotée de roulettes, et d'un habile coup de pied contre le mur se retrouva juste en face de Mikhaïl. Croisant les jambes, il prit le ton d'un parent qui gronde son enfant :

- Mais, dis-moi, j'espère que tu as une bonne raison d'avoir disparu comme ça ? À combien de temps remonte notre dernière entrevue ? Deux ? trois ans ? Je me suis inquiété pour toi, pendant tout ce temps ! Sur quel genre de personnes es-tu tombé, ensuite ? J'espère que tu n'as pas été voir d'autre psy, les trois-quarts sont des incompétents.

Ce détail ne se remarquait presque pas, mais il avait très légèrement froncé les sourcils. Il brûlait de poser des tas de questions à Mikhaïl, à en oublier que ce pauvre homme était venu pour lui parler de ses propres soucis. Mais, alors que son visage prenait des airs dubitatifs, il leva une main comme indiquer un temps mort dans leur conversation - son monologue - et posa la plus importante de toute :

- Tu te souviens de moi, au moins ?

Maria avait un attachement réel pour Mikhaïl, ce qui, en effet pouvait constituer une "chance" rare. Il préférait donc se confronter à une blessante vérité dès maintenant. Avec un peu d'appréhension, il attendit la réponse du grand type.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Dim 10 Juil - 15:06


Mikhaïl rêvassait dans le bureau déserté du psychologue. Combien de temps était-il resté ici ? Une poignée de minutes ? Plusieurs heures ? Il n'en savait rien, mais il appréciait ce moment de tranquillité dans cet endroit si réconfortant. L'hybride n'avait pas bougé depuis qu'il s'était installé, occupant son temps en examinant la pièce sous toutes ses coutures, sans jamais bouger de son canapé. Il se demandait bien à quoi allait bien pouvoir ressembler la personne qui allait l'aider. Sera-t-elle gentille ? Ou plutôt froide ? Peut-être allait-elle être une femme cette fois, ça lui changerait de ses cinq dernier psychologues, ça ne pourrait pas être une mauvaise chose.
Un bruit de claquement de porte interrompit Mikhaïl dans ses pensées. Oh, l'attente était donc enfin finie, sa précieuse aide était enfin arrivée ! L'hybride tourna vivement la tête en direction du fracas qui l'avait arraché à ses rêveries.

Mikhaïl était bouche bée. Le visage de la personne qui se tenait de l'autre côté de la pièce ne pouvait pas être vrai. Et pourtant, l'homme élancé à la longue chevelure violette ne pouvait être que lui. Dorothée. L'hybride était perdu : il avait pourtant vérifié le nom sur la porte, alors comment cette personne pouvait-elle se trouver ici ? Face à lui, l'autre homme resta figé quelques instants, l'observant derrière un masque qui empêchait le CPE de discerner ses yeux. Alors que Mikhaïl restait hébété sur son petit canapé, la personne qui venait d'entrer dans la pièce se décida soudain à bouger, s'avançant vers lui, les bras écartés, et un sourire naissant sur son fin visage et s'élargissant au fil de ses pas.

- Malenkov ! Ça fait un petit moment, n'est-ce pas ?

L'hybride cligna des yeux, décontenancé. Il connaissait son nom. Ça ne pouvait être que lui, et pourtant, il n'en était toujours pas convaincu. N'était-ce pas sa fatigue qui était en train de lui jouer un mauvais tour ? Il se mordit nerveusement la lèvre inférieure, mais ne répondit pas : il suivit silencieusement des yeux le psychologue qui se dirigeait vers son bureau d'un pas déterminé. Celui-ci prit ensuite place sur sa chaise et, prenant appui sur le mur, s'élança sur les petites roues de celle-ci, finissant sa course en face de Mikhaïl.
L'homme aux cheveux violets avait croisé les jambes et se tenait maintenant tout proche de lui, permettant à l'hybride de discerner des yeux qui le fixaient d'un air sévère. Installé confortablement sur sa chaise de bureau, il s'adressa à nouveau à lui, remplaçant son ton enjoué par un air plus accusateur.

- Mais, dis-moi, j'espère que tu as une bonne raison d'avoir disparu comme ça ? À combien de temps remonte notre dernière entrevue ? Deux ? Trois ans ? Je me suis inquiété pour toi, pendant tout ce temps ! Sur quel genre de personnes es-tu tombé, ensuite ? J'espère que tu n'as pas été voir d'autre psy, les trois-quarts sont des incompétents.

Le grand enfant baissa la tête, honteux. S'il se sentait mal lorsqu'il était venu chercher le psychologue du lycée, c'était maintenant pour d'autres raisons qu'il n'osait plus vraiment regarder l'homme qui lui faisait face dans les yeux. Dorothée s'était vraiment inquiété pour lui ? C'était trop beau pour être vrai, c'était comme si tout ce qu'il espérait que cet homme lui dirait quand il le retrouverait devenait réalité. Mikhaïl fixa ses mains, celles-ci tripotant nerveusement le bas de sa chemise, essayant de se convaincre qu'il ne rêvait pas. Et s'il fermait les yeux, allait-il disparaître ? Il ferma ses yeux de toutes ses forces pendant cinq longues secondes, avant de les rouvrir et de relever la tête pour voir si l'homme violet était toujours présent.
Il était toujours là. Pour de vrai. Et il avait levé une main, comme pour indiquer au CPE qu'il était sur le point de lui poser une question capitale, l'air dubitatif.

- Tu te souviens de moi, au moins ?

Mikhaïl se vexa à cette question et adressa à son interlocuteur un regard parfaitement indigné. Comment pourrait-il oublier le seul homme à l'avoir écouté sans jamais remettre en cause la moindre de ses paroles ? Dorothée avait été le seul psychologue à ne pas essayer de le replacer entre les mains d'un centre spécialisé ou de le forcer à changer ses petites manies, il n'aurait jamais pu oublier une telle personne ! L'hybride n'avait plus aucun doute : jamais son esprit n'aurait pu imaginer que cet homme sous-entende qu'il l'ait oublié. L'homme face à lui était donc réel. Bien qui l'avait encore du mal à pleinement le réaliser.
Le CPE tapa de ses petits poings sur ses genoux, avant de s'adresser très sérieusement à l'homme face à lui, affichant un air particulièrement sérieux et concerné.

- Bien sûr que je me souviens !

Il fouilla ensuite la poche de son veston, et tendit fébrilement le petit post-it froissé qu'il y avait rangé un peu plus tôt à son interlocuteur, prenant bien soin de ne pas le déchirer en le retirant de là. Une fois que l'homme eut pris le papier qu'il lui tendait, Mikhaïl l'encouragea d'un signe de tête à le déplier et reprit, la voix tremblante d'émotion.

- Je... Je suis venu vous voir trois... non... Quatre fois ! Mais... J'ai oublié le rendez-vous suivant et... J'ai perdu l'adresse du cabinet. J'ai essayé d'y retourner, mais je me suis perdu, alors j'ai demandé à tout le monde où il était ! Je me souvenais de votre nom... Mais...

Mikhaïl baissa la tête et se remit à jouer avec les bords de sa chemise, évitant le regard de Dorothée. Il avait tellement honte. Il rêvait de retrouver son cher psychologue depuis si longtemps, et maintenant qu'il l'avait face à lui, il n'avait que de bien pauvres excuses à lui adresser pour expliquer sa disparition. Il reprit tout de même son discours, particulièrement concentré sur le mouvement de ses doigts tremblants, d'une voix timide, presque étouffée.

- Mais personne ne vous connaissait... Alors je suis allé voir d'autres psychologues, je leur ai demandé, mais ils ne connaissaient pas ce nom.

Il releva légèrement la tête, fuyant toujours le regard de l'homme en face de lui, de peur de voir un visage en colère face à lui.

- Je sais que j'oublie beaucoup de choses, alors je me suis dit que c'était peut-être pas le bon nom, même si j'étais sûr d'avoir retenu, alors je vous ai décrit aux psychologues suivants que j'ai consulté. Ils m'ont tous regardé bizarrement et m'ont dit que vous n'existiez pas, que vous deviez être dans ma tête, que je ne devais plus essayer de vous chercher.

Il ferma les yeux, puis plaça ses deux mains à l'endroit même où son petit Ragnar sommeillait, au creux de sa poche de veston. Il prit ensuite une profonde inspiration, et se décida enfin à regarder l'homme violet dans les yeux, n'hésitant plus à lui poser la seule question qui lui importait à cet instant précis.

- Mais... Vous êtes réels, hein ? C'est pas juste dans ma tête tout ça ?

Mikhaïl avait presque oublié pourquoi il était dans ce bureau, pourquoi il se sentait si fatigué et pour quelle raison il sentait une immense boule dans son estomac. Dorothée était face à lui, et ça, c'était quelque chose qu'il avait beaucoup de mal à croire, surtout après tant d'années à entendre tout le monde lui dire que son existence était impossible.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Dim 10 Juil - 20:15


Le regard outré que Mikhaïl lui adressa suffit à lui seul à le rassurer.

- Bien sûr que je me souviens !

Mais l'entendre dire lui ôta de la poitrine tout le poids qui y pesait. Conscient des quelques soucis de mémoire de son patient, Maria estimait que c'était une chance d'être ainsi ancré dans ses souvenirs. Une espèce de satisfaction égocentrique s'insinua en lui : même les fous ne l'oubliaient pas.
Il se saisit du petit bout de papier qu'il avait délicatement sortit de la poche de son veston, et, sous l'autorisation de son possesseur, le déplia, curieux de savoir ce qu'il pouvait bien y être noté.

Dr Dorothée Love d'Algue

Maria aurait pu trouver cela amusant mais il tiqua. Mikhaïl n'avait jamais enregistré son prénom comme il fallait, et il avait vite abandonné l'idée de rectifier cette erreur, qui, si cocasse qu'elle fut, ne l'avait jamais fait rire. Après tout, une âme telle que la sienne, on la gardait telle quelle, malgré les quelques défauts qu'elle pouvait présenter. Cela contribuait à la touchante confusion qui touchait l'esprit de son patient. Mais tout de même ; il s'évertuait à faire oublier le "Maria", ce n'était pas pour qu'on détruise tous ses efforts avec un "Dorothée". Pourquoi diable s'obstinait-on à lui donner des noms féminins ?

- Je... Je suis venu vous voir trois... non... Quatre fois ! Mais... J'ai oublié le rendez-vous suivant et... J'ai perdu l'adresse du cabinet. J'ai essayé d'y retourner, mais je me suis perdu, alors j'ai demandé à tout le monde où il était ! Je me souvenais de votre nom... Mais...


Pas étonnant qu'il ait eu du mal à le retrouver, avec un "Dorothée Love d'Algue". Maria s'attendait un peu à ce genre d'explications, et ne s'en étonnait donc pas. C'était si bête, si innocent. Mais à l'époque, perdre son sujet le plus précieux et intéressant l'avait mis dans un tel état de colère et de frustration qu'il avait préféré ne pas chercher d'explication et penser qu'il l'avait abandonné. Réaction puérile au possible, mais la seule qui lui avait permis de passer ce coup dur, d'accepter l'idée de voir de nouveau défiler dans son cabinet de grotesques pantins dont l'âme vide le poignardait de banalité. Heureusement qu'il s'était endurci depuis le temps.

- Mais personne ne vous connaissait... Alors je suis allé voir d'autres psychologues, je leur ai demandé, mais ils ne connaissaient pas ce nom.

Le psychiatre fronça les sourcils. Par contre, ça, ça n'allait pas du tout. Il avait beau ne pas être une figure éminente de la psychiatrie, il avait tout de même droit à sa petite notoriété - notamment par le nombre surprenant de collègues qui le désapprouvaient - et il lui semblait étrange que pas l'un des psychologues en question n'ait pu faire le rapprochement. Il ne voyait qu'une explication : on avait cherché à éloigner Mikhaïl de lui. Cela lui laissait comme un goût d'amertume dans la bouche. De quel droit lui retirait-on un tel trésor ?
Le jeune CPE n'osait pas le regarder. Presque attendri, Maria en oublia un peu son ressentiment : le pauvre s'en voulait. C'était déjà bien.

- Je sais que j'oublie beaucoup de choses, alors je me suis dit que c'était peut-être pas le bon nom, même si j'étais sûr d'avoir retenu, alors je vous ai décrit aux psychologues suivants que j'ai consulté. Ils m'ont tous regardé bizarrement et m'ont dit que vous n'existiez pas, que vous deviez être dans ma tête, que je ne devais plus essayer de vous chercher.

Si Mikhaïl se souvenait encore du nom de certains de ces psychologues-là, il s'assurerait d'avoir une petite discussion avec. Il serra les dents, révolté par le récit qu'on lui livrait. C'était scandaleux.

- Mais... Vous êtes réels, hein ? C'est pas juste dans ma tête tout ça ?

Tandis que Maria ne l'avait quitté des yeux une seule seconde, l'homme rose osa enfin porter le regard sur lui. La question amusa plus Maria qu'autre chose, qui lâcha un petit rire. Il reconnaissait bien là son cher Mikhaïl Melorovitch Malenkov.

- Tu n'as jamais souffert de troubles de ce genre, Misha, pas d'inquiétude. Et si tu as un doute tu pourras poser la question à n'importe qui dans ce lycée, eux non plus ne risquent pas de m'oublier de si tôt.

Ah, tant qu'à faire, il pouvait bien l'appeler par son surnom. Plus question de le lâcher, maintenant retrouvé. Néanmoins, il déplorait la façon dont on l'avait traité après lui. Qui avait osé dire à son patient qu'il souffrait de troubles hallucinatoires ? Bien qu'il n'eut pas été moins intéressant avec, il fallait l'admettre. Penché vers lui, il ajouta, tout sourire, sur le ton de la confidence :

- Mais si j'étais une hallucination, je crois bien que je ne te le dirais pas.

Pour ne pas laisser au trouble le temps de trop s'installer dans l'esprit de l'hybride, il se releva brusquement et s'empressa d'aller griffonner quelque chose sur le premier bout de papier venu - un vieux ticket de caisse.

- Là-dessus, tu as mon numéro de téléphone portable, celui de la maison, celui de ma cousine Miranda - elle est professeure ici, tu as déjà dû la croiser - l'adresse de mon bar préféré, la mienne, et en cas d'urgence le nom par lequel tous les autres bermudiens m'appellent. Ah, et je te déconseille de regarder l'autre côté du côté, ajouta-t-il après s'être enquis de ses anciens achats d'un rapide coup d'oeil. Si avec tout ça tu arrivais encore à me perdre, tu mériterais une médaille.

Une fois les notes entre les mains de Mikhaïl, Maria se rassit sur son siège. Si outrageant le récit de Mikhaïl fut-il, il se sentait toujours plein d'allégresse. Il l'avait retrouvé. Il l'avait retrouvé !

- Bien, en tous cas, ne t'en veux pas. On n'a qu'à dire que cette longue absence n'était qu'un regrettable incident ? Maintenant, l'important, c'est que tu sois de nouveau dans mon bureau. C'est drôle, comme la vie nous fait de belles coïncidences, n'est-ce pas ?

Ce qui était encore plus génial, c'était que maintenant, il pourrait le surveiller même au travail. Il se promit quelques séances d'espionnage supplémentaires. Il avait d'ailleurs une autre question :

- Mais dis-moi, comme t'es tu retrouvé ici ?

La question aurait pu lui être retournée. On avait là le droit à une bien drôle de réunion entre deux personnages particuliers. Maria se sentait dans son élément. Enfin.
[HRP : je suis désolée c'est pas exceptionnel ;w; J'ai rencontré quelques soucis avec google pendant l'écriture *regard accusateur*]

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Mer 10 Aoû - 21:15


Les yeux rivés sur le psychologue, Mikhaïl attendait une réponse à sa question. Il fut légèrement surpris lorsque l'homme face à lui laissa échapper un rire, bougeant légèrement sur sa chaise avant de s'adresser à lui.

- Tu n'as jamais souffert de troubles de ce genre, Misha, pas d'inquiétude. Et si tu as un doute tu pourras poser la question à n'importe qui dans ce lycée, eux non plus ne risquent pas de m'oublier de si tôt.

Le CPE poussa un long soupir de soulagement en entendant ces paroles. Misha. Il l'avait appelé par son surnom. Un timide sourire apparut sur le coin des lèvres de l'hybride : Dorothée se souvenait donc même du nom qu'il lui avait demandé d'employer avec lui ? Mikhaïl ne quittait plus des yeux l'homme masqué face à lui. C'est vrai que personne ne devrait pouvoir oublier une personne si gentille, il aurait dû poser la question à ses collègues plus tôt !
Avant qu'il ne puisse lui répondre, Dorothée se pencha vers lui, un large sourire étiré sur ses lèvres, avant de lui parler à voix très basse.

- Mais si j'étais une hallucination, je crois bien que je ne te le dirais pas.

Mikhaïl cligna des yeux, légèrement décontenancé. Le psychologue marquait un point : il n'avait jamais entendu parler d'hallucinations auditives ou visuelles qui auraient avoué leur nature à la personne qui les aurait. Tordant sa bouche en une moue perplexe, il se gratta le crâne, essayant de chasser cette dernière phrase de son esprit. Ça n'était pas le moment pour douter à nouveau : cet homme était Dorothée. Dorothée Love d'Algue. Le vrai. Pas le simple fruit de son imagination.
Un mouvement rapide tira l'hybride de ses pensées, lorsqu'il perçut du coin de l’œil Dorothée qui s'était levé pour aller récupérer quelque chose sur son bureau. La note de ses frais ? C'était un peu tôt pour ça, ils venaient à peine de se dire bonjour ! Mikhaïl l'observa se pencher sur le bois du meuble pour y attraper un papier. L'hybride se tordait dans tous les sens sur son canapé pour essayer de voir ce qu'il faisait, mais le psychologue ne semblait rien faire de particulier : il était simplement en train de noter quelque chose sur le papier en question.

- Là-dessus, tu as mon numéro de téléphone portable, celui de la maison, celui de ma cousine Miranda - elle est professeure ici, tu as déjà dû la croiser - l'adresse de mon bar préféré, la mienne, et en cas d'urgence le nom par lequel tous les autres bermudiens m'appellent. Ah, et je te déconseille de regarder l'autre côté du côté, ajouta-t-il après avoir jeté un coup d’œil à l'arrière du papier sur lequel il avait griffonné toutes ces informations. Si avec tout ça tu arrivais encore à me perdre, tu mériterais une médaille.

Tout en parlant, Dorothée avait traversé la pièce pour se replacer face à son patient, qui s'enquit bien vite de prendre le papier qu'il lui tendait. Mikhaïl qui n'avait pas quitté le psychologue du regard depuis qu'il s'était levé baissa les yeux pour admirer le trésor que cet homme venait de lui offrir : il n'allait plus jamais perdre Dorothée, ah ça non ! Le CPE serra le petit papier entre ses doigts, infiniment reconnaissant du cadeau qu'on venait de lui faire. Il était si heureux d'avoir enfin de quoi retrouver son psychologue préféré, qu'il en oublia de le remercier, se contentant de fixer son petit papier comme s'il avait peur qu'il ne s'envole. Les autres Bermudiens l'appelaient donc Dorofey Leowdaeg, quel surnom étrange.
Ce fut la voix de Dorothée qui le sortit de ses pensées, le ramenant à la réalité.

- Bien, en tous cas, ne t'en veux pas. On n'a qu'à dire que cette longue absence n'était qu'un regrettable incident ? Maintenant, l'important, c'est que tu sois de nouveau dans mon bureau. C'est drôle, comme la vie nous fait de belles coïncidences, n'est-ce pas ?

Bien que l'homme face à lui était caché par un masque, Mikhaïl avait réellement l'impression que ses mots étaient sincères, sans même avoir besoin de voir ses yeux. Il était pardonné. C'est tout ce qui comptait pour lui. Mais Dorothée avait bien raison, c'était une drôle de coïncidence qui avait décidé de les réunir à nouveau au sein d'un même établissement - qui plus est au moment où Mikhaïl avait le plus besoin de quelqu'un qui puisse l'aider. Le CPE hocha précipitamment la tête, avant d'arracher son regard du bout de papier pour le fixer à nouveau sur l'homme aux cheveux violets.

- Je... Oui, je suppose.

Toujours sous le choc de tout ce qu'il venait de se passer en l'espace de seulement quelques minutes, Mikhaïl laissa un petit temps de silence s'installer avant que Dorothée ne décide de le briser en reprenant la parole.

- Mais dis-moi, comme t'es tu retrouvé ici ?

Mikhaïl se redressa légèrement sur le canapé, les oreilles aussi dressées que le pouvaient l'être celles d'un Bermudien lambda. Un sourire franc apparut pour la première fois depuis plusieurs jours sur son visage : Dorothée voulait savoir comment il était devenu le CPE de ce lycée ? De toutes les personnes qui pouvaient lui poser cette question, il était tombé sur celle dont l'avis comptait le plus pour lui.
Tout ravi de l'intérêt qu'on lui portait, Mikhaïl reposa le petit papier que le psychologue lui avait donné, le posant délicatement sur le haut du chapeau qui trônait à côté de lui. Il se pencha ensuite vers son voisin, ses mains appuyées sur le bord du canapé, toujours assis en tailleur.

- Alors... D'abord, il y avait cette annonce dans le journal. Vous savez Dorothée, je cherche un poste fixe depuis longtemps maintenant, mais on me prend toujours en remplacement et ça dure jamais très longtemps. Je pensais pas avoir ma chance dans un lycée comme celui-là, mais je voulais essayer quand même, et puis il y a eu la lettre d'acceptation de monsieur le Principal. J'étais vraiment content ! Le contrat était mouillé à cause de la pluie et ça bavait un peu, mais on m'a dit que c'était pas grave.

Mikhaïl parlait très rapidement, un tremblement d'excitation dans la voix. On pouvait voir des étoiles briller au creux de ses yeux, tant l'étrange hybride rose aimait son métier : le jour où on l'avait accepté au lycée Xényla avait été le plus beau de sa vie - après celui de sa rencontre avec Ragnar, évidemment -, et il ne pouvait s'empêcher de s'emporter lorsqu'il en parlait. Le CPE s'étala en paroles et en détails inutiles en tout genre concernant son déménagement vers le quartier Nord et l'élaboration de ses valises, lorsque son ton commença à se calmer. Il savait qu'il allait bientôt aborder le véritable sujet de sa visite chez le psychologue.

- Ensuite il y a eu cette réunion bizarre dans le théâtre avec tout le monde, pour un jeu et...

Une boule se noua dans la gorge de Mikhaïl, aussi vite que son entrain avait disparu de son discours. Il s'éloigna un peu du psychologue, se remettant dans sa position d'origine sur le canapé, à une distance respectable de Dorothée. Il ne voulait pas parler, il ne voulait pas se remémorer le peu dont il se souvenait de la Battle School, mais il fallait qu'il continue : c'était pour ça qu'il était venu, il ne pouvait pas arrêter là. Pas encore.
L'hybride expira lentement comme on le lui avait appris pour essayer de garder son calme, puis gigota légèrement sur place, avant de sortir Ragnar de sa poche. Il posa ensuite le petit animal sur la tête du psychologue, se concentrant sur ses petits yeux noirs qu'il connaissait si bien pour se donner du courage. C'est d'une voix très faible qu'il reprit la parole, peu sûr de lui.

- Et... l'autre jeu... monsieur Maldwyyn...

Rien qu'en évoquant le nom du vieux gardien, des images de fontaines de sang et de monstres informes assaillirent à nouveau l'esprit de Mikhaïl qui se recroquevilla le plus possible sur lui-même, ramenant ses jambes contre lui pour cacher son visage derrière celles-ci, ses poings fermés agrippant l'arrière de son crâne. Ses narines s'emplissaient du parfum du sang et il avait l'impression d'entendre les cris de douleurs d'une multitude de personnes, résonnant au fond de son crâne. L'hybride ne comprenait pas ce qu'il lui arrivait.
Sa respiration se fit plus saccadée et son corps se mit à trembler, ses dents claquant entre chacune de ses phrases, rendant la moitié d'entre elles parfaitement incompréhensibles. Mikhaïl sentait les larmes qui lui montaient aux yeux, et les cassures dans sa voix trahissaient l'imminence des sanglots qui risquaient de bientôt le prendre. Mais s'il pleurait, il ne pourrait plus parler, et Dorothée ne pourrait plus l'aider. Il leva donc légèrement la tête, rassemblant tout son courage pour parvenir à la fin de son récit, d'une voix plus forte mais de moins en moins contrôlée.

- …Savais pas qu'il fallait se battre ! J-je voulais pas... j'ai rien fait ! P-pas moi... Mais... le sang... P-personne d'autre...

Mikhaïl essaya de continuer davantage, mais les mots ne voulaient plus sortir, le claquement de ses dents étant devenu trop fort pour tenter d'articuler quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Mar 30 Aoû - 1:57


Il pouvait sentir de là l'engouement traditionnel de Mikhaïl. Le menton entre les mains, il écouta attentivement ce que le jeune CPE avait à lui dire, très intéressé.

- Alors... D'abord, il y avait cette annonce dans le journal. Vous savez Dorothée, je cherche un poste fixe depuis longtemps maintenant, mais on me prend toujours en remplacement et ça dure jamais très longtemps. Je pensais pas avoir ma chance dans un lycée comme celui-là, mais je voulais essayer quand même, et puis il y a eu la lettre d'acceptation de monsieur le Principal. J'étais vraiment content ! Le contrat était mouillé à cause de la pluie et ça bavait un peu, mais on m'a dit que c'était pas grave.

Ah, s'il savait ! S'il y avait un endroit où une personne aussi particulière que lui avait la moindre chance d'être engagée, c'était bien Xényla. En tous cas, c'était la conclusion qu'on pouvait tirer de l'étude des dossiers du personnel. Il nota l'excitation qui paraissait dans sa voix. Le jeune homme aimait beaucoup son métier, il en avait toujours été ainsi. Maria prenait cela comme un point commun des plus intéressants : il fallait dire, ni l'un l'autre n'avait la tête de l'emploi. Ce décalage lui plaisait. Car il en faisait aucun doute que, comme lui, Misha remplissait très bien ses fonctions - avec probablement plus de sérieux, c'est vrai. C'est avec autant d'intérêt qu'il écouta gentiment badiner son cher patient. Après une si longue séparation, tout ce qu'il avait à lui dire piquait sa curiosité. Mikhaïl aurait tout aussi bien pu lui raconter ce qu'il avait mangé au matin que Maria n'aurait pas lâché le moindre bâillement.
Mais Mikhaïl n'était pas venu pour ça, le psychiatre ne s'y laissait pas tromper. Enfin, il sembla qu'on touchait au coeur du problème. L'enthousiasme du CPE retomba comme un soufflé sorti du four.

- Ensuite il y a eu cette réunion bizarre dans le théâtre avec tout le monde, pour un jeu et...

Maria mit une seconde à relier ses mots à la Battle School. Mais ? Il y avait participé aussi ? Comment diable avait-il pu manquer ce grand type coloré ? Il décida de remettre cela sur le dos de son obsession pour Astrid, qui constituait la seule raison valable de cette inattention. Mais il ne comprenait pas ce qu'avait été fabriquer une personne telle que Mikhaïl dans cette arène. "Pour un jeu". Non, en fait, c'était clair. Il n'avait juste pas compris le concept. Maria ne put contenir un sourire un brin rieur - décalé, soit - face à l'éternelle innocence de son cher patient.
Que s'était-il passé ? Maria s'était tant concentré sur ses propres petits exploits qu'il ne savait, au final, pas grand chose de ceux des autres. Par l'Unique, si quelqu'un avait porté la main sur le pauvre garçon face à lui, il allait faire un malheur. Vraiment. Il ne broncha ni ne présenta le moindre signe de surprise quand Mikhaïl déposa sa petite tortue - cet animal était toujours vivant, après tout ce temps ? - sur le sommet de sa tête. S'il en arrivait là, c'est que ce qu'il avait sur le coeur était vraiment grave. Il connaissait cette combine.

- Et... l'autre jeu... monsieur Maldwyyn...

Maldwyyn, le gardien. Le visage de Maria restait impassible, mais il réfléchissait déjà au moyen le plus théâtral et too-much de lui faire avaler son oeil de verre.
Tout aussi pressé qu'il fut d'entendre la suite, il sembla que le manque de sang-froid de son patient ne le lui permit pas. Misha semblait en proie à une terrible panique : ses mâchoires claquaient - geste qui avait, depuis le temps, cessé de l'impressionner -, ses mains tremblaient, et, tout recroquevillé, il tentait en vain d'articuler quelques paroles supplémentaires.

- …Savais pas qu'il fallait se battre ! J-je voulais pas... j'ai rien fait ! P-pas moi... Mais... le sang... P-personne d'autre..

C'était donc bien cela : il ne savait pas. Ce n'était pas la première fois que l'innocence excessive du jeune homme rendait difficile la confrontation au monde réel. Pris d'une espèce d'élan de pitié, Maria mit en place, grâce à son pouvoir, une aura apaisante. C'était là qu'il entrait en jeu.

- Allons, Misha, nous allons démêler tout cela.

Alors qu'il commençait à parler, se mettaient en place dans son esprit tous les mécanismes d'analyse à sa disposition. Pas lui, du sang... qu'est-ce qu'il entendait par là ? S'il avait déjà ses petites hypothèses, il décida d'attendre d'en savoir plus.

- Les règles du jeu n'ont pas été bien précisées, c'est vrai. Mais pour certaines personnes, il paraît logique de se battre. Tu sais bien que nous avons tous une part sauvage en nous ; seulement, chez les hybrides, il semble qu'elle soit moins... contrôlable. Tu as dû en subir l'influence. Vous n'étiez que deux dans l'arène. Il faut accepter Misha, si tu as fait du mal. Au final, ce n'est pas si grave. Monsieur Maldwyyn est grand, s'il a choisi de participer au même jeu que toi, c'est son problème. Mais il faut me le dire aussi.

Il posa les coudes sur ses genoux, mains jointes et penché en avant. Maria avait planté les yeux dans ceux de son interlocuteur.

- De quoi te souviens-tu exactement ? Qu'est-ce que tu penses qu'il est arrivé dans cette arène ?

En effet, il n'avait pas beaucoup de matière pour travailler. Et puis il était important que ça sorte. Puis il fallait dire qu'il était très curieux de savoir comment, précisément, un esprit tel que le sien avait vécu un combat. Par ailleurs, il croyait comprendre que Mikhaïl avait gagné, et en ressentait une espèce de belliqueuse fierté.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Lun 10 Oct - 14:02


La tête fermement enfoncée dans ses jambes, Mikhaïl se laissait totalement porter par les tremblements irrépressibles que ses souvenirs confus lui provoquaient. Il savait qu'il fallait qu'il parle, qu'il donne plus d'informations au psychologue pour qu'il soit en mesure de lui apporter son aide, mais le pauvre hybride n'y parvenait pas. L'homme rose habituellement si souriant et bienheureux sentait ses yeux s'humidifier, sa bouche se tordre dans une grimace de désespoir.
Tout à coup, le CPE sentit l'atmosphère autour de lui se réchauffer, s'apaiser, comme si quelqu'un avait allumé un feu de cheminée. C'était étrange comme sensation, mais surtout particulièrement réconfortant, et le jeune homme savait sans même avoir à formuler la moindre question qui était à l'origine de ce changement. Mikhaïl releva timidement la tête, une fine larme coulant le long de sa joue alors qu'il portait son regard sur l'homme qui n'avait pas cessé de lui faire face. Dorothée. La seule personne capable de calmer tous ses maux.

- Allons, Misha, nous allons démêler tout cela.

Mikhaïl hocha doucement la tête, toujours légèrement tremblant. Oui, si Dorothée l'aidait, il était sûr que tout allait s'arranger, que tout deviendrait plus clair. S'il n'arrivait pas à l'aider à s'y retrouver, personne n'y parviendrait jamais, alors il fallait qu'il soit en mesure de clarifier ce qu'il se mélangeait dans son esprit.

- Les règles du jeu n'ont pas été bien précisées, c'est vrai. Mais pour certaines personnes, il paraît logique de se battre. Tu sais bien que nous avons tous une part sauvage en nous ; seulement, chez les hybrides, il semble qu'elle soit moins... contrôlable. Tu as dû en subir l'influence. Vous n'étiez que deux dans l'arène. Il faut accepter Misha, si tu as fait du mal. Au final, ce n'est pas si grave. Monsieur Maldwyyn est grand, s'il a choisi de participer au même jeu que toi, c'est son problème. Mais il faut me le dire aussi.

L'attention de l'hybride était totalement captivée par les paroles du psychologue. Si Mikhaïl avait généralement tendance à se perdre dans des pensées futiles pendant même qu'on lui parlait, la situation était toute autre lorsqu'il se trouvait face à son ami aux cheveux violets. Dorothée représentait la stabilité pour lui, la voix de la raison. C'est pourquoi le CPE avait réussi à se concentrer, à assimiler absolument tout ce qu'il était en train de lui dire, même s'il ne comprenait pas tout. Comment d'autres personnes pouvaient-elles trouver ça normal de se battre ? Avait-il vraiment lui aussi ce genre de pulsions en lui ? Était-il vraiment capable de faire du mal à qui que ce soit à cause de sa part hybride et sauvage ? Tout cela était parfaitement incompréhensible pour le requin rose.
Mikhaïl vit le psychologue bouger sur sa chaise, avant de se pencher vers lui mains jointes, les coudes posés sur ses genoux. Derrière son masque, l'hybride pouvait sentir que les yeux de Dorothée étaient plantés dans les siens.

- De quoi te souviens-tu exactement ? Qu'est-ce que tu penses qu'il est arrivé dans cette arène ?

Le patient se mordit la lèvre inférieure et tâcha de desserrer l'étreinte de ses bras autour de ses jambes, avant de se replacer doucement en tailleur sur le canapé. Il fallait qu'il reste calme, qu'il prenne une bonne inspiration et qu'il se concentre de son mieux pour dire à Dorothée absolument tout ce dont il se souvenait. Aussi confus et horribles ses souvenirs fussent-ils.
L'hybride leva son regard vers la petite tortue qui trônait sur la tête du psychologue, comme s'il attendait l'approbation de cette dernière pour commencer son récit. Après quelques instants, le jeune homme prit une longue inspiration, ses lèvres se desserrèrent, et il laissa échapper un soupir.

- Je... Je suis entré dans l'arène. Il faisait très chaud, et il y avait beaucoup de monde. Ensuite, D-Dwayne est arrivé, je crois qu'on s'est serré la main, on s'est souhaité bonne chance.

Mikhaïl secoua légèrement la tête, frappant faiblement trois fois sur ses jambes de ses poings serrés pour se donner un peu de courage. Il s'en sortait bien, l'atmosphère adoucie était parvenue à calmer assez les tremblements de sa voix pour que ses paroles deviennent claires. Tout allait bien se passer, il allait réussir à livrer la sincérité de ses souvenirs à Dorothée.

- Il a attaqué en premier. Je le regardais pas, et il m'a fait tomber. Ensuite... Il ferma les yeux, portant ses mains à ses tempes pour mieux se concentrer. Il a changé, il... a commencé à se changer, il avait des grosses griffes et des dents immenses, c'était effrayant. Mais je l'ai fait tomber aussi, j'ai attrapé sa cheville et j'ai réussi à me lever pour m'éloigner.

Sans ouvrir les yeux, Mikhaïl marqua une pause dans son discours pour reprendre son souffle. Il sentait son cœur s'emballer au souvenir de l'action qui avait suivi, mais il fallait qu'il essaye de son mieux de ne pas laisser l'émotion le briser encore une fois. On en arrivait au passage où tout devenait flou pour lui, où son esprit cherchait à se fermer hermétiquement, il ne voulait pas omettre le moindre détail dont il pouvait se souvenir.

- Il... il était pas content. Il s'est levé, j'ai vu ses yeux, il avait l'air tellement furieux, mais j'ai pas bougé. Et... Il ferma ses yeux encore un peu plus fort, faisant de son mieux pour ignorer la peur qui lui prenait à la gorge à la pensée de ce dernier souvenir encore clair pour lui. Il s'est jeté sur moi, avec ses griffes. Mais j'ai pas bougé, j'ai- j'ai tenu bon, mes bras... ça faisait mal, tellement mal, mais j'ai tenu bon.

L'évocation de ce souvenir douloureux semblait faire brûler les plaies non traitées couvrant ses bras de plus belle, comme si la douleur voulait lui rendre la tâche plus difficile encore. Mais il n'allait pas laisser tomber là, il n'allait pas craquer, il fallait qu'il aille jusqu'au bout de ses souvenirs, qu'il fasse son possible pour donner le plus de précisions à propos de ce combat au psychologue. L'hybride n'avait jamais été aussi concentré sur ses souvenirs, si bien qu'il décrivit la suite sans omettre le moindre détail - aussi confus soit-il - que son esprit voulait bien lui rappeler.

- C'est flou, c'est... J'étais en train de me protéger avec mes bras, c'est devenu flou, j'ai fermé les yeux. Je... j'ai l'impression d'entendre un cri horrible, mais c'est pas un cri d'homme c'est... je crois que c'est une- une femme... Du- du sang... et ce goût... ça tourne, ça se mélange... J'ai peur, je veux faire quelque chose et... Quand je rouvre les yeux, je suis en train de tomber sur Mr. Maldwyyn. Et lui... il...

Mikhaïl ouvrit brusquement les yeux, détachant ses mains de sa tête en grelottant de tout son corps, et ce malgré l'impression de chaleur que la présence du psychologue face à lui lui procurait. Il était totalement désorienté, il était terrorisé par ce qu'il venait de revivre en cherchant à tout livrer à son ami. Mais pourquoi tout était si confus dans son esprit ? Pourquoi lui manquait-il autant de morceaux de la scène qui avait dû se dérouler dans cette arène ? Il était pourtant bien là, il n'avait fermé ses yeux qu'une poignées de secondes...
Le CPE se redressa légèrement sur son canapé et décroisa fébrilement les jambes, avant de les laisser le porter vers le sol de la pièce, pour finir à genoux devant le psychologue. Il laissa ensuite tomber sa tête en avant, pour la poser contre les genoux du psychologue assis sur sa chaise, ses mains tremblantes posées juste au-dessus de son crâne, sur les cuisses de l'homme qui devait lui venir en aide.

- Dorothée, pourquoi il y avait autant de sang ? Qu'est-ce que... Il ravala sa salive, prenant enfin conscience de quelque chose. Qu'est-ce que j'ai fait ?

C'était lui. La raison de tout ce sang, de cette ignoble blessure à l'épaule du gardien, de tout. Et il n'avait même pas la décence de se souvenir de ce qu'il avait infligé au vieil homme. Le monstre qu'il voyait depuis deux jours à chaque fois qu'il fermait les yeux... c'était lui-même.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Mar 18 Oct - 18:57


Maria, tout à fait impassible, ne bougeait pas d'un millimètre. Il écoutait, il observait. Un psychiatre ne peut se permettre d'analyser uniquement les paroles de ses patients ; c'était une erreur communément répétée. Tout était important, le moindre tic, le moindre geste, regard baissé ou battement de paupières. L'être vivant émettait à la fois un nombre hallucinant de signaux, et une infime partie de ces messages passait par le langage. Plus encore quand il s'agissait d'un être tel que Mikhaïl.

- C'est flou, c'est... J'étais en train de me protéger avec mes bras, c'est devenu flou, j'ai fermé les yeux. Je... j'ai l'impression d'entendre un cri horrible, mais c'est pas un cri d'homme c'est... je crois que c'est une- une femme... Du- du sang... et ce goût... ça tourne, ça se mélange... J'ai peur, je veux faire quelque chose et... Quand je rouvre les yeux, je suis en train de tomber sur Mr. Maldwyyn. Et lui... il...

Un léger froncement de sourcils. Une vois de femme ? Mr Maldwyyn n'était pas connu pour son timbre fluet. Etrange. Une hallucination ? Il en doutait. De quelle zone de son esprit avait bien pu surgir cette étrange curieuse manifestation ?
Le CPE semblait en proie à un tumulte de sentiments absolument ingérable. Ainsi, le psy ne s'étonna ni ne se troubla de le voir venir chercher le contact. Il le laissa faire. Si c'était ce dont il avait besoin pour continuer, il ne voyait pas le souci. Ce n'était pas lui, Maria Dorofey Leowdaeg, qui allait s'encombrer de la distance de sécurité socialement établie entre les individus mâles adultes de l'espèce bermudienne.

- Dorothée, pourquoi il y avait autant de sang ? Qu'est-ce que... Qu'est-ce que j'ai fait ?

Maria lui offrit un sourire - une fois n'est pas coutume - qui se voulait rassurant.

- Rien de bien grave, Misha, je te l'ai déjà dit. Tu as voulu jouer, tu t'es un peu emporté. Par pur pragmatisme, je te dirais même que tu y as mis les dents.

Dédramatiser la situation ne pouvait faire que du bien à son cher patient. Ce n'était pas si grave. Le gardien avait de toute façon bien besoin d'être un peu remis à sa place, d'après ce qu'il avait entendu.

- En revanche, il y a autre chose que j'aimerais bien éclaircir. Une voix de femme ? Elle te rappelle quelque chose ?

Peut-être que derrière le masque, cet infime changement ne se vit pas ; mais il sembla qu'une lueur s'alluma dans les yeux de Maria. Il s'approcha un peu plus de son sujet d'étude favori.

- Ou bien le sang te rappelle quelque chose ?

Ca, c'était la vraie question. Peut-être même que Mikhaïl, dans le fond, n'évoquait pas réellement la Battle School. Il avait ses hypothèses. Des souvenirs refoulés ? C'était celle pour laquelle il penchait le plus. mais avant de crier au syndrome post-traumatique, il voulait en savoir plus. Il y avait là un filon très intéressant à exploiter. Quelque chose en lui venait de se ranimer. Il repartait à l'aventure dans l'âme de son délicieusement dérangé patient ; et c'était une expédition des plus exaltantes.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Ven 4 Nov - 18:51


Lorsque l'hybride releva la tête pour chercher le réconfort de son ami psychologue, ce fut un visage particulièrement rassurant qu'il put observer face à lui. Ô combien d'années avait-il attendu pour revoir cette figure apaisante ? Mais maintenant Dorothée était là, et il lui souriait : Mikhaïl n'était plus seul à présent, et il espérait ne plus jamais le redevenir.

- Rien de bien grave, Misha, je te l'ai déjà dit. Tu as voulu jouer, tu t'es un peu emporté. Par pur pragmatisme, je te dirais même que tu y as mis les dents.

Malgré sa tentative pour détendre l'atmosphère avec cette petite blague de goût douteux, Dorothée ne parvint pas à faire disparaître le sentiment de culpabilité naissante qui rongeait son patient. Dans quel monde jouer était-il synonyme de blessures et de cris ? Certainement pas dans celui du requin rose, en tout cas. Aller nager dans la rivière, c'était un jeu. Faire prendre son bain à Ragnar - lorsqu'il n'essayait pas de lui mordre les doigts -, c'était un jeu.  Manger l'épaule d'un vieil homme, ça n'était rien de plus que de la barbarie.

- En revanche, il y a autre chose que j'aimerais bien éclaircir. Une voix de femme ? Elle te rappelle quelque chose ?

Penchant légèrement la tête sur le côté, Mikhaïl s'étonna de cette question de la part du psychologue. N'était-ce pas tout simplement quelqu'un dans le public qu'il avait entendu dont il s'était souvenu en repensant à la Battle School ? Il ne voyait absolument pas en quoi ce détail pourrait bien lui rappeler quoi que ce soit, si ce n'était l'horreur que le public avait dû voir dans la partie de sa mémoire dont il n'arrivait pas à se souvenir. Celle où il avait arraché un morceau de son corps au gardien.
Mais avant qu'il ne puisse formuler ses pensées pour les livrer à Dorothée, celui-ci reprit la parole, ayant apparemment quelque chose de plus à lui demander.

- Ou bien le sang te rappelle quelque chose ?

A ces mots, l'emprise que les doigts de l'hybride avaient sur les jambes de son psychologue se resserra légèrement, sans qu'il ne puisse le contrôler. Un bref frisson parcourut alors sa colonne vertébrale, alors qu'il plantait un regard qui traduisait sa confusion dans les yeux masqués de Dorothée.

- Me rappeler quelque chose ?

Pourquoi Dorothée lui posait-il toutes ces questions étranges ? Pourquoi diable le sang aurait-il dû lui rappeler quoi que ce soit ? Jamais de sa vie il n'avait cherché à blesser qui que ce soit avant cette fichue Battle School, jamais il n'avait porté la main sur personne ! Il ne voulait pas que le sang lui rappelle quoi que ce soit, alors pourquoi sous-entendre qu'il le pourrait ?
Mais en même temps, il se souvenait si bien de cette impression indescriptible qu'il avait eu lorsqu'il avait rouvert les yeux sur Dwayne, ce sentiment pour lequel il n'avait pas de mots lorsqu'il avait reconnu les résidus d'hémoglobine dans sa mâchoire... N'avait-il pas simplement fait un rapprochement entre cette blessure sanglante et sa diète à ce moment-là ?

Il cligna des yeux plusieurs fois et chercha ses mots durant quelques longues secondes, ne sachant pas quoi répondre au psychologue.

Le sang lui rappelait-il quelque chose ?

- Non... enfin... je suis pas sûr. Je veux dire...

L'hybride était perdu.
Il s'en rappelait certainement, c'était une évidence, mais n'était-ce pas simplement le goût du sang qu'il avait l'habitude d'avoir en bouche lorsqu'il mangeait à la cantine ? Ses habitudes alimentaires se composaient principalement de viande crue et des poissons frais, n'était-ce pas tout simplement cela qu'il avait senti et dont il se rappelait ? Pourquoi Dorothée cherchait-il un sens plus profond à son souvenir de ce détail, avait-il réellement la moindre importance ?

Mikhaïl secoua la tête, fouillant sa mémoire à la recherche de la moindre information qu'il aurait pu rater. Mais rien n'y fit, il n'y trouvait strictement rien. Plus il la creusait, plus il semblait oublier ce qu'il y cherchait. C'est un regard plein d'excuses qu'il adressa à son ami, alors qu'il reprenait parole d'une voix timide.

- Je sais pas Dorothée, je sais juste que je pensais à ça quand j'ai rouvert les yeux et que Dwayne était blessé. Que maintenant, dès que je ferme les yeux, j'en vois- j'en vois tellement, tout autour de moi...

Malgré l'aura réconfortante dégagée par Dorothée qui lui permettait de ne pas céder à la panique des visions que sa mémoire projetaient à nouveau devant ses yeux, Mikhaïl reposa sa tête contre les genoux du psychologue, y cherchant le refuge comme pour s'en protéger. Il ne voulait plus de tout cela - du sang, des cris et des cauchemars -, tout ce qu'il voulait, c'était de rester ici. Là où personne ne lui ferait de mal, et où il ne ferait de mal à personne, sous le regard bienveillant d'une personne de confiance qui l'aiderait à se sentir mieux.

Sans relever sa tête de l'endroit où il l'avait reposé, l'hybride réfléchit à la première question à laquelle il avait oublié de répondre. Dorothée lui avait demandé si la voix de femme qu'il avait évoqué lui rappelait quelque chose. Lui-même avait été surpris de s'entendre parler de cette voix, de ce cri, mais il n'y avait strictement rien de familier qui s'en dégageait pour lui. Il l'avait entendu plusieurs fois depuis la Battle School, mais jamais avant cela.
Bougeant légèrement sa tête pour la coucher de côté sur les genoux du psychologue, Mikhaïl fixa l'autre bout de la pièce, tout en reprenant la parole.

- Et... La voix de femme, c'est juste un cri. Un cri affreux...

Il déplaça une de ses mains de la cuisse de Dorothée pour la placer contre son visage, tout en refermant les yeux. Ce cri, il ne voulait pas s'en souvenir, il voulait l'oublier, ne plus jamais avoir à l'entendre. Mais si Dorothée pensait qu'il était important, il fallait qu'il fasse un effort pour essayer de s'en souvenir précisément, de faire plus attention à ce qu'il lui évoquait.

Mais comme pour le sang, plus il essayait d'analyser ses souvenirs, plus ceux-ci semblaient vouloir s'échapper, se déformer. Il n'arrivait même plus à savoir si la voix qu'il entendait en se concentrant était réellement la même que celle qu'il avait entendu il y a de ça quelques jours.

- Je suis désolé, je voudrais... mais je sais pas.

A ces mots, il enfoui à nouveau un peu plus son visage contre Dorothée, tentant au mieux de cacher sa honte.

Mikhaïl se sentait mal, il se sentait inutile : il était pathétique. On ne lui demandait pourtant rien de compliqué, mais il était parfaitement incapable de déterminer à présent si tout ce qu'il venait de raconter au psychologue n'était pas tout simplement issu de ses cauchemars, et non des réels faits qui s'étaient déroulés dans l'arène.

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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Dim 6 Nov - 19:57


On pouvait lire dans le regard halluciné de Mikhaïl l'une des expressions favorites de Maria : la confusion.

- Me rappeler quelque chose ?

Eh oui, Misha. Il hocha la tête mais n'ajouta rien. Il observait son sujet qui, troublé, semblait en pleine réflexion. Il cherchait ses mots. Le psychiatre savait, en posant la question, qu'elle allait déclencher ce genre de réaction. Les bonnes questions avaient toujours la réponse plus difficile, après quelques années de métier, on le comprenait dans toute sa dimension. Que pouvait-il bien se passer, là-dedans ? La mémoire de l'hybride avait-elle réellement de sombres secrets à livrer, cachés même à son propriétaire ?
Il était tout excité à cette idée.

- Non... enfin... je suis pas sûr. Je veux dire...

Patient et tout ouïe, Maria ne décrochait toujours pas un mot. Ça devait sortir de soi-même, il n'allait pas faire tout le travail.

- Je sais pas Dorothée, je sais juste que je pensais à ça quand j'ai rouvert les yeux et que Dwayne était blessé. Que maintenant, dès que je ferme les yeux, j'en vois- j'en vois tellement, tout autour de moi...

Dans toute la grâce dont il était capable, Maria fit en sorte d'ignorer le Dorothée, une nouvelle fois. Il restait concentré sur les paroles du CPE, intéressé. Soit le choc traumatique remontait seulement à la Battle School et il se trompait, soit il y avait quelque chose d'autre en dessous. L'âme était composée de tant de couches, savoir où l'on pouvait s'arrêter était parfois bien difficile. Quelque part, Mikhaïl était un être d'innocence. Il ne présentait jamais le moindre signe, la moindre esquisse de violence. Cela dit, Maria ne croyait pas plus aux fantômes qu'à la pureté. Et s'il était nécessaire de le préciser, il ne croyait pas aux fantômes.
Après tout, pour cacher ses murs sales, on les peint d'abord en blanc.

- Et... La voix de femme, c'est juste un cri. Un cri affreux...

Nouvel hochement de la tête. C'était cette voix qui le turlupinait. Soit, ce n'était pas comme si Mikhaïl avait été seul dans cette arène. Peut-être que la voix ne provenait pas de son subconscient, mais de la foule. Ce qui interrogeait la réflexion du psychiatre, c'était pourquoi ce cri en particulier avait retenu l'attention du requin. Pourquoi, parmi tous les autres cris, était-ce celui-ci que sa mémoire avait enregistré et associé au moment où il avait perdu pied. Cela ne pouvait pas rien signifier ; la psyché ne laissait pas de place au hasard, elle était bien trop complexe et intelligente pour ça. Sans compter qu'il se refusait à faire fausse route.

- Je suis désolé, je voudrais... mais je sais pas.

Le pauvre Mikhaïl était littéralement caché dans les plis de son pantalon. Maria leva les yeux au ciel avec ironie.

- Ah, ne t'excuse pas. Ça ne vient pas dans l'immédiat, très bien. Je vais être gentil pour nos retrouvailles et te laisser un peu de répit pour aujourd'hui. Allez, reprends-toi. Nous aurons des tas d'autres séances pour éclaircir tout ça.

Et ça voulait bien dire ce que ça voulait dire. Il se releva, soudain tout plein d'énergie. Il semblait être d'un seul coup retourné dans son personnage. Non sans avoir au préalable - et avec délicatesse - redressé son patient, bien entendu.
Il se dirigea vers son bureau, attrapa le trousseau de clés qui y traînait, et s'en retourna à sa vieille connaissance.

- Prends ton après-midi ; je t'invite ! Je n'aurai pas d'autre consultation de la journée, et depuis le temps, tu dois avoir des tas d'autres choses à me raconter, n'est-ce pas ?

Oh, ça, il en était sûr. Un petit sourire pour agrémenter la proposition, et signifier au passage qu'il lui était plus que fortement conseillé d'accepter. Il allait devoir mettre ses grandes questions sur le passé de Misha de côté, soit, mais d'un autre côté encore, et sans vouloir paraître trop sentimental...
Eh bien. Peut-être que passer du temps avec le requin lui faisait plaisir.
Par l'Unique, ce genre de petits plaisirs simples ne lui allaient pas du tout.

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Maria te retourne le cerveau en Blueviolet
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I ▲ Psychologue
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MessageSujet: Re: Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria] Dim 6 Nov - 21:42


La tête enfouie dans les plis du pantalon de son collègue, Mikhaïl osait à peine respirer. Comment son ami allait-il réagir à ce qu'il venait de lui dire ? N'allait-il pas être déçu ? Comment pouvait-il espérer de lui de ne pas lui en vouloir quand l'hybride lui-même s'en voulait ? Ça n'avait strictement aucun sens.
Mais à la surprise de l'homme rose, ce ne fut pas une voix empreinte de déception qui s'adressa à lui. Au contraire, cette voix était même presque... rassurante ?

- Ah, ne t'excuse pas. Ça ne vient pas dans l'immédiat, très bien. Je vais être gentil pour nos retrouvailles et te laisser un peu de répit pour aujourd'hui. Allez, reprends-toi. Nous aurons des tas d'autres séances pour éclaircir tout ça.

Relevant légèrement la tête de ses bras pour lever les yeux vers le psychologue, Mikhaïl resta silencieux. Même si Dorothée lui disait de ne pas s'excuser, l'hybride s'en voulait tout de même toujours autant de ne pas lui être d'une plus grande utilité. Mais alors qu'il pensait pouvoir à nouveau enfouir son visage dans les genoux de son ami, celui-ci amorça un mouvement dans sa direction, avant de l'aider à se redresser, lui-même quittant son fauteuil.
Sans que le patient ne bouge, l'homme masqué se dirigea vers son bureau, l'abandonnant quelques secondes à son triste sort. Mais avant que le requin n'ait le temps de se morfondre davantage du départ de Dorothée, celui-ci revenait déjà, un trousseau de clefs en main.

- Prends ton après-midi ; je t'invite ! Je n'aurai pas d'autre consultation de la journée, et depuis le temps, tu dois avoir des tas d'autres choses à me raconter, n'est-ce pas ?

C'est un regard plein de reconnaissance et de bonheur que l'hybride adressa au psychologue à l'entente de ces paroles. Dorothée lui proposait d'aller passer un peu de bon temps avec lui, comment pourrait-il refuser une offre pareille ? Mikhaïl savait déjà que le suivre serait le meilleur moyen pour lui de s'engager doucement sur le chemin du rétablissement. L'homme aux cheveux violets allait certainement être capable de lui changer les idées et effacer son horrible impression de culpabilité, ne serait-ce que le temps d'un après-midi.
Le visage habillé d'un timide sourire, le requin rose attrapa son haut-de-forme, avant de le poser délicatement sur le haut de sa tête. Il se dirigea ensuite aux côtés du psychologue, non sans récupérer son précieux Ragnar sur la tête de celui-ci au passage, avant de trépigner quelques secondes sur le sol. Il se sentait mal, c'était une certitude, mais oserait-il ? Dorothée allait-il être d'accord ?

Oh, et puis au diable la bienséance.

Mikhaïl prit une grande inspiration, avant d'entourer Dorothée de ses bras.
Il avait attendu si longtemps, il fallait qu'il lui témoigne de son bonheur de l'avoir retrouvé. Et puis là, comme ça, sachant qu'il allait passer le reste de la journée avec lui, l'hybride se sentait déjà beaucoup mieux.

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II ▲ CPE
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Souvenirs effacés et retrouvailles inespérées [ft. Maria]
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